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Auto-portrait dans l’auto

Je suis tombée sur cette campagne de prévention sur le danger des selfies au volant. 😦
C’est l’occasion de se retrouver une fois de plus confronté à la force de cet appareil qui a envahi nos vies au point qu’il faille diffuser ce genre de message. Et bien sûr, c’est aussi l’occasion de parler du français et de la prononciation de notre langue. Et donc de remettre en route mon blog, quelque peu délaissé ces derniers mois ! Etes-vous toujours là ? J’espère !

Ceux qui ont rédigé ce message jouent avec les mots, pour lui donner la force d’un slogan facile à retenir: L’auto-portrait, oui. Dans l’auto, non.
J’avais presque oublié le mot auto-portrait, à force d’entendre le mot selfie en permanence. C’est vrai que selfie ne désigne que les auto-portraits pris avec un téléphone portable.
Et nous n’employons presque jamais le mot auto dans la vie quotidienne : nous n’achetons pas une auto (ni une automobile) mais une voiture. Nous avons des petites ou des grosses voitures. Certaines villes essaient de limiter la place de la voiture. Nous nous déplaçons en voiture. Jamais en auto. (En revanche, on peut aller au Salon de l’Automobile, pas de la voiture.)

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La vidéo est à regarder ici.

Transcription:
Allez !
Toi, ça va !
Oh, selfie !
[…] les gars !
Attention !

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Près de 7 jeunes sur 10 ont déjà pris un selfie en conduisant.
Malgré les apparences, le danger est bien réel.
Ne laissez pas ce selfie être le dernier.
La route ! La route !

Par curiosité, j’ai mis les sous-titres en regardant la vidéo. Cherchez l’erreur ! Ou plutôt les erreurs.

Première erreur :


– Le système automatique ne reconnaît pas le mot selfie, qui pourtant fait partie du langage de tous désormais, et le transforme en sale fille ! (et en plus avec un devant, incompatible avec le mot fille.)
Ou encore en ce qu’elle fit, ce qui serait vraiment très bizarre puisqu’il s’agit du passé simple du verbe faire, employé aujourd’hui seulement à l’écrit.

Deuxième erreur :

– Il n’entend pas tous les mots, comme le verbe être, oublié ici, sans doute à cause du mot qui précède: le danger est bien réel. C’est vrai que lorsque nous parlons, les deux sons (-er et est) s’enchaînent en général sans pause entre les deux mots.

Ecoutez la différence (infime) lorsqu’il y a une toute petite coupure entre les mots ou pas:

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Troisième erreur :

– Il ne perçoit pas la différence entre est et être: Ne laissez pas ce [selfie] être le dernier. (et non pas est). Bref, il ne connaît pas la grammaire bien sûr. Et il se laisse tromper par un accent très courant dans la majorité des régions de France.
Peut-être se débrouillerait-il mieux avec un accent du sud, dans lequel toutes les syllabes sont prononcées plus distinctement.

Ecoutez la petite différence:

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Les deux dernières erreurs :

– Il entend aptitude au lieu d’attitude.
– Il ne transcrit pas correctement le slogan et confond Donnons et d’un nom, contrairement à une oreille française qui entend bien la différence et sait aussi décider ce qui a du sens ou pas.

Bonne journée ! Et gardez bien les yeux sur la route.

Pour écouter ou ré-écouter comment nous « mangeons » les syllabes et les mots, c’est ici.

Publicités

Un Parisien à la campagne

Ce soir, rugby à la télé – la France joue. Donc les pubs d’avant-match tournent autour des déodorants pour homme, de leurs sous-vêtements et des voitures. Les pubs pour les voitures jouent sur plusieurs registres: certaines exaltent la liberté, les grands espaces et personnellement, me laissent juste le souvenir de belles images, pas de la marque. D’autres racontent de petites histoires plus ordinaires, des histoires de famille. Côté pratique des voitures. En voici une sympathique et pleine d’humour. Chacun est dans son rôle, papa s’occupe du feu, maman étend le linge et le copain de Paris transplanté temporairement à la campagne est comme un ovni incrédule au milieu des salades. Petit clin d’œil aussi à ces citadins qui ont déserté la ville pour emmener leur famille pousser plus près de la nature.

Ford PubCette publicité est ici.

Transcription :
– Oh ouais, tu as eu raison de quitter Paris. Vous êtes bien ici.
– Vous avez pas de salade en sachet ?
– Votre père, il va pas au lavage automatique !
– Non.
– Et donc vous avez pas de sèche-linge !
– Oh ! Vous avez pas de console de jeux! Pfff…
– Et pour les œufs, vous… vous allez pas au supermarché ?
– Hop, tiens. Vous avez pas de charbon de bois non plus.
– Ah, tu as ça sur ta Ford !
– Ça, c’est super pratique. Surtout quand on se sert pas de ses mains. Tu viens ?
Ford Kuga avec hayon mains libres. Une autre façon de voir la vie.

Côté français, c’est parfait pour illustrer certaines petites transformations que nous faisons sans y penser mais qui peuvent gêner ceux qui apprennent le français:
A Paris, on a un sèche-linge. A la campagne, on n’a pas de sèche-linge.
A Paris, les enfants ont une console de jeux pour s’occuper. A la campagne, les enfants n’ont pas de console de jeux.
Un Parisien a du charbon de bois pour allumer un barbecue. Un expatrié en province n’a pas de charbon de bois.

Côté prononciation, on dit un hayon sans faire la liaison.
Quel luxe ! Il fallait y penser, le coffre qui s’ouvre en entier tout seul ( ou presque)!

Les mains dans les poches donc. Une expression à prendre au sens propre, quand on voit le Parisien au tout début, dans le potager: oui, il a bien les mains dans les poches. Et ensuite, il les garde tout le temps dans ses poches ! Pas le moindre petit coup de main pour passer les pinces à linge, ou pour frotter la voiture, ou ramasser du petit bois.

Alors, on en vient à l’autre sens de cette expression, son sens figuré : quand on dit de quelqu’un par exemple qu’il est là, les mains dans les poches, c’est qu’il ne fait rien. Ou encore, si on obtient quelque chose les mains dans les poches, on l’obtient sans faire d’effort, sans rien faire.

Il m’arrive de demander à certains étudiants pourquoi ils viennent en cours les mains dans les poches… Vous savez, ces étudiants qui ont oublié d’apporter de quoi travailler (leur matériel, leur tête et leur motivation) !

Et pour finir, juste le son, si vous n’accédez pas à cette publicité, pour le ton incrédule du visiteur qui va de surprise en surprise – Mais enfin, comment est-ce possible ? Et pour la petite pique de la fin pour celui qui « ne se sert pas de ses mains »:
Les mains dans les poches

Les idées larges

Pub Citadine aux idées larges

C’est bien, je passe devant un abri-bus où les publicités affichées sont renouvelées chaque semaine. Certaines sont belles, d’autres sont sans grand intérêt, d’autres encore jouent avec les mots. Et ça, ça me plaît ! Les publicitaires ont des trouvailles verbales.

Avoir les idées larges, cela signifie d’habitude qu’on est ouvert d’esprit, qu’on est tolérant. Rien à voir avec une voiture. Les voitures n’ont pas d’idées.

Mais lorsque cette voiture appartient à la catégorie que les constructeurs automobiles ont baptisé « les citadines », on peut détourner le sens de l’expression, parce qu’une citadine, c’est aussi une femme qui vit en ville, et qui peut effectivement avoir les idées larges.

Alors, je retiens le message !
Avec ses idées larges :
– cette voiture doit être spacieuse.
– ses concepteurs ont dû être inventifs pour en faire une voiture bourrée d’astuces, parfaitement adaptée à sa vie en ville.

Mais j’avoue que sur le moment, je n’ai même pas retenu sa marque !
Je suis bon public pour la publicité mais médiocre consommatrice en général.

2A et 2B

Si nous étions le 1er avril, j’aurais cru à un poisson d’avril !
Cependant, ce titre de presse n’a pas l’air d’une plaisanterie…

plaques corses
* faire fureur: être très populaire, très à la mode.

Reprenons donc l’histoire depuis le début:
– La France est divisée en départements qui portent tous un numéro, en fonction de l’ordre alphabétique: l’Ain (01), l’Aisne (02), l’Allier (03), etc. On retrouve ces deux chiffres dans le code postal de nos adresses.
– Jusqu’en 2009, le numéro d’immatriculation de nos voitures se terminait pas les deux chiffres du département de notre domicile.
– Nos plaques minéralogiques françaises ont été transformées en plaques européennes, indépendantes de notre lieu de résidence.
– Certains (ou beaucoup) ont râlé face à la disparition du numéro de département. Alors, pour ne pas trop les brusquer, il a été admis qu’on pouvait ajouter malgré tout ces deux chiffres sur nos plaques, accompagnés en général d’un écusson ou d’un petit symbole de la région choisie.
– Et grande nouveauté, on était même libre de mettre n’importe quel numéro, indépendamment de l’endroit où on habite vraiment.

Donc désormais, voici ce qu’on peut se dire en voyant un numéro de département sur une voiture :
– soit elle a été immatriculée dans ce département-là, mais ça ne veut pas dire que les gens à qui elle appartient sont de cette région. Ils l’ont peut-être simplement achetée là-bas et n’ont pas vu la nécessité de changer la plaque juste pour ces deux chiffres facultatifs.
– soit ce numéro a été choisi par nostalgie par ses conducteurs, obligés de vivre ailleurs que dans cette région où ils ont peut-être leurs racines. Un numéro choisi par amour pour ce département. (A Marseille, on voit beaucoup de voitures en 2A ou 2B, parce que les Corses sont nombreux à vivre ici: Marseille est à une nuit en bateau d’Ajaccio, Calvi ou Propriano.)

Plaques 2A et 2B

Donc une preuve d’attachement – ou un peu plus !

plaques corses nationalistes

Du moins, c’est ce que je pensais jusqu’à la lecture de cet article :

Plaques corses force

Alors, tous les 2A et 2B qu’on voit circuler à Paris ou à Lyon ne sont pas de pauvres Corses obligés de « monter » travailler là-haut parce qu’il n’y a pas de travail dans leur île ?

Il s’agirait plutôt d’être à la hauteur de la (mauvaise) réputation des automobilistes français ? La route comme terrain d’agressivité pour certains ?
Et cerise sur le gâteau, le cliché du Corse qui ne se laisse pas faire ? C’est ce qui transparaît dans ces témoignages:

Transcription :
– C’est ce côté rebelle, le côté un petit peu… du logo qui peut plaire aussi, par rapport à d’autres logos. Et ce côté où les gens pensent qu’ils vont pas se faire embêter. C’est souvent des personnes masculines et ça va souvent être pour des grosses voitures.
– On peut choisir et pour des raisons aussi de vol et de machin (1), on se fait moins suivre en voiture.
– Selon les villes où on va, à Paris, Lyon, Grenoble, pour tout ce qui est les footeux (2), on n’est pas… Les voitures sont moins abîmées.

1. Machin : on peut utiliser ce mot à l’oral quand on ne veut pas donner plus de détails. (familier)
2. les footeux : les passionnés de foot. (familier) Elle veut dire que parfois, certains supporters des clubs de foot s’en prennent aux voitures immatriculées dans les départements « adversaires », notamment quand leur équipe perd face à l’ennemi juré, comme lorsque Paris et Marseille s’affrontent!

Transcription:
– Est-ce que c’est pas pour la mauvaise réputation des Corses, qui se laissent pas marcher sur les pieds (1) ?
– Non, ils ont pas… Ils ont bonne réputation, les Corses. Ils sont très aimables, ils sont très gentils.
– Puis peut-être parce que les Corses, ils ont le sang chaud (2).
– Mais bon, ça reste des Parisiens ! (3)

1. ne pas se laisser marcher sur les pieds : ne pas se laisser faire, défendre son honneur, etc…
2. avoir le sang chaud : s’énerver facilement, se mettre en colère immédiatement.
3. ça reste des Parisiens: cette Corse veut dire que ce n’est pas la plaque qui fait de vous un vrai Corse !

Bon, tout cela ne repose sans doute pas sur grand chose. (Où sont les vrais chiffres, les statistiques ?) Somme toute, un sujet facile dans la presse.
Mais quand même, je ne vais plus regarder les plaques d’immatriculation de la même manière ! (J’ai tendance à oublier que souvent, la voiture est bien plus qu’un moyen de transport et que dans ce domaine, l’affectif et l’irrationnel ne sont jamais très loin.)

Mais peut-être avoir les plaques magiques qui protègent de tout et repoussent les méchants nous aurait-il évité, un matin, de retrouver notre voiture dans cet état il y a quelques jours !

Quatre roues en moins
Quatre parpaings en échange de quatre roues…
« Elle va marcher beaucoup moins bien, forcément ! » – (Bourvil, dans Le Corniaud)

Pair ou impair ?

Circulation alternée Comm gouv

Il fait très beau sur la France depuis quelque temps. Tout le monde revit ! Mais le revers de la médaille, c’est que ce temps calme et stable laisse la pollution stagner notamment sur les grandes villes. Alors, pour que l’air redevienne plus respirable dans la capitale, les Parisiens ont dû abandonner leur voiture au garage lundi. Mais pas tous, selon le principe de la circulation alternée, en fonction de la plaque d’immatriculation de leur véhicule, terminée par un chiffre pair ou impair.
Personne en France n’est habitué à ce genre de mesure, alors les réactions étaient mitigées, même si les transports en commun étaient gratuits pour tout le monde depuis quelques jours. Voici quelques échos des « privés de voiture ». Il reste du chemin à faire ! (à pied bien sûr !)

Transcription:
– Ça va être difficile pour les Parisiens, pour ceux qui utilisent la voiture tous les jours pour… pour travailler.
– Les entreprises, les camions, on n’a qu’un numéro (1) en fait, nous. On peut pas choisir son côté, quoi.
– Pour moi qui vais de Vanves à Orly, ça va être un peu difficile, quoi, le long de la semaine (2) mais je vais être obligé de prendre les transports. Enfin, si ça dure pas trop longtemps, ça va.
– Bah moi, je travaille à dix minutes de chez moi, donc je peux me débrouiller (3). Mais mon mari, c’est impossible.
– Moi, j’ai une voiture hybride (4) donc ils vont pas m’empêcher de rouler.
– C’est encore une invention à bon compte (5) pour emmerder (6) les gens et montrer qu’ils font quelque chose alors qu’ils font rien depuis deux ans ! (7)
– Là où j’habite, il y a pas de transports en commun, 25 km. C’est la voiture ou je peux pas venir, parce que mes horaires en plus correspondent pas pour l’école de mes enfants. Donc j’ai pas le choix.
– Non, c’est… c’est une très, très mauvaise idée. Bah ça fait perdre du temps, se lever plus tôt, puis marcher. C’est du grand n’importe quoi ! (8)
C’est compliqué juste avant les élections (9) de faire un truc comme ça (10), mais si ils estiment que c’est la seule solution pour que la pollution baisse sur Paris, voilà.
– Vu les seuils de pollution qu’on atteint, oui, ça me paraît être une bonne chose. Ce qu’il aurait fallu, c’est peut-être arrêter le programme des diesels (11) avant ou mettre en place les filtres à particules beaucoup plus tôt. Mais la situation aurait été bien différente si les mesures qui auraient été nécessaires avaient été prises au bon moment.
– Je trouve ça très bien ! On devrait même interdire toutes les voitures personnelles. Ceux qui peuvent prendre les transports devraient prendre les transports. C’est hyper important (12). Je me demande pourquoi on l’a pas fait plus tôt. Moi, je peux plus respirer, quoi ! J’ai des enfants, tout le monde tousse, enfin c’est… c’est insupportable !
Très content aussi, Hicham. Il est chauffeur de taxi.
– La circulation alternée, ça se passe comment pour vous ?
– Pour nous, ça se passe très bien (13). On a… On ressent qu’il y a beaucoup moins de circulation sur Paris (14). J’ai pu faire beaucoup plus de courses (15) ce matin. J’ai commencé à 5 heures, j’ai dû (16) faire sept, huit courses, alors que d’habitude, je suis à quatre, cinq. Mais nous, ça nous arrange (17), hein, faut le dire clairement. Si… si les gens ne peuvent pas circuler, ils prennent… ils prennent le taxi, les transports en commun, etc.

Quelques détails :
1. un numéro : il s’agit du numéro d’immatriculation des véhicules, qui est pair ou impair.
2. Le long de la semaine : normalement, le long de est une expression utilisée pour parler d’un lieu : le long de la rivière / le long de l’autoroute. Ici, il devrait dire : tout au long de la semaine, qui marche pour parler du temps. Par exemple : tout au long de l’année / tout au long de la vie.
3. Je peux me débrouiller = je n’aurai pas trop de problèmes, je vais trouver une solution, donc c’est faisable.
4. Les voitures hybrides (électriques et à essence en même temps, comme les Toyota Prius) avaient le droit de circuler car moins polluantes.
5. À bon compte : qui ne vaut pas grand chose. Il veut dire que ça n’est pas compliqué pour le gouvernement de prendre cette décision, que ça les dispense de vraiment réfléchir au problème en profondeur.
6. Emmerder : poser des problèmes aux gens, les embêter. (plutôt vulgaire)
7. depuis deux ans : il fait allusion à la date de l’élection de l’actuel gouvernement il y a deux ans. Il n’a pas dû voter pour eux, ou en tout cas, il ne votera pas pour eux aux prochaines élections !
8. C’est du grand n’importe quoi : c’est vraiment nul, ça n’a aucun sens. (familier) D’habitude, on dit juste : C’est n’importe quoi / N’importe quoi. Donc là, c’est encore plus fort.
9. Les élections : dimanche, ce sont les élections municipales, pour choisir les conseils municipaux et les maires de toutes les communes de France.
10. Un truc comme ça : quelque chose comme ça (familier)
11. le programme des diesels : les Français ont beaucoup de voitures diesel, encouragés par les différences de prix entre l’essence et le gasoil pendant longtemps. (Mais l’écart de prix est devenu plus faible récemment.)
12. hyper important : c’est encore plus fort que super important. (oral uniquement)
13. ça se passe très bien  = tout va très bien.
14. Sur Paris : encore cet emploi bizarre mais qui devient ordinaire de « sur » devant le nom des villes. On doit dire : à Paris. Je ne comprends toujours pas quelle nuance cela apporte et pourquoi tout le monde dit ça !
15. Faire des courses : le déplacement d’un taxi pour transporter un client s’appelle une course.
16. J’ai dû : ici, le verbe devoir n’exprime pas l’obligation mais la supposition. Il n’est pas tout à fait sûr du nombre exact.
17. Ça nous arrange = c’est pratique et positif pour nous (les chauffeurs de taxis)

Ministère de l ecologie
Et pour tout savoir, voici les infos données par le Ministère du Développement Durable en cliquant ici.

Quand il y a du ciel

Margeride
Il est belge. Cinéaste.
Il dit aimer faire parler les autres.
Mais dans cette émission, c’était lui qui parlait, des ciels qu’il aime, de sa façon d’écrire ses histoires, de choses qui me parlaient à moi.
Avec son accent belge.
Je partage avec vous, maintenant que je suis un peu moins débordée par le travail !

Transcription:
Tout… tout commence dans les voitures. Après, je me mets à mon bureau pour faire l’acte de rédiger donc, mais tout vient dans la voiture. Mais je trouve que la voiture est un… une espèce de (1) bureau mobile, comme ça, parfait. Pour écouter la musique, c’est un endroit parfait et j’aime bien écouter de la musique avec ce paysage qui défile. Nous, on faisait beaucoup la route (2) avec mon père, quand j’étais petit, entre la région germanophone, là, que j’ai évoquée, où je suis né et les Ardennes, d’où mes parents venaient. Et tous ces trajets qu’on faisait toutes les semaines, qui étaient des longs trajets – il y avait pas d’autoroute – moi, je me nourrissais. Voilà, le paysage qui défile me nourrissait. Ce que j’aime beaucoup… J’aime bien quand… quand c’est dégagé, voilà. J’aime bien les… J’aime bien les hauts plateaux. Voilà. Il y a… Il y a un dégagement vers l’horizon et j’ai besoin de ça. C’est pour ça que j’habite un peu en hauteur ici parce que j’ai besoin de voir. Quand je me promène, j’aime bien avoir du ciel, j’aime bien qu’il y ait du ciel autour de moi.

Nous, on est quand même un peu à la… en Belgique, on est un peu à la frontière entre… entre deux cultures. On parle français, donc on est de culture française. Mais on est moins… on est moins porté sur le verbe (3). Voilà, la France porte un patrimoine millénaire. On sent vraiment l’importance du verbe, du phrasé, et le cinéma français est très verbeux (4)… est très… est très porté sur (5) le verbe. Le… J’ai l’impression que dans… dans le nord, on est plus porté sur le corps aussi. Et nous, on est un peu à la limite des deux. Donc moi, j’aime bien jouer avec le corps. C’est pour ça que dans mes films, il y a pas énormément de dialogues non plus. J’écrème (6) beaucoup parce que j’aime pas quand les choses sont dites. J’aime bien quand les choses sont… sont devinées.
Et j’adore me… me plonger dans les histoires. J’ad[…] J’ai… J’ai une faculté d’écouter les gens et de les faire parler. En fait, c’est pas difficile de faire parler quelqu’un : il suffit… il suffit de se taire en fait. J’aime bien écouter les récits de vie, ça, c’est sûr ! J’adore les récits de vie. Et … et parfois, je me dis : il y a des gens qui vivent des vies mais incroyables (7) ! Voilà. Et c’est… c’est toutes ces écoutes qui me poussent à croire ce que je crois.

Quelques détails :
1. une espèce de… : on dit aussi: une sorte de.
2. faire la route : faire le trajet (en voiture)
3. le verbe : les mots en général, les discours, le fait d’exprimer sa pensée par des mots.
4. Verbeux : qui parle beaucoup, et même trop, en utilisant plus de mots que nécessaire. On parle d’un orateur verbeux, d’un style verbeux par exemple.
5. Être porté sur quelque chose : être très attiré par quelque chose
6. écrémer : au sens propre, c’est enlever la crème du lait. Au sens figuré, c’est retirer ce qui est en trop, alléger.
7. Des vies mais incroyables ! : mais placé devant un adjectif n’a pas son sens habituel. Il sert à renforcer cet adjectif qui le suit. C’est une tournure orale, et on insiste aussi sur l’adjectif avec le ton de la voix.

En quelques mots, on sait qu’il est belge, ou en tout cas pas du sud de la France !
En Belgique (et en France ailleurs que dans le sud), on « mange » les syllabes. Ecoutez par exemple à nouveau comment il prononce les phrases suivantes:
– On f[ai]sait beaucoup la route
– quand j'[é]tais p[e]tit
– J’ai b[e]soin de voir

Si vous voulez comparer avec un accent plus « sudiste »:Alors, qu’est-ce que vous trouvez le plus facile à comprendre ?

Jamais sans elle

Elle est vraiment petite.
Les mauvaises langues* l’appelaient autrefois un pot de yaourt.
Elle ne faisait pas particulièrement rêver.
Elle est redevenue à la mode.
Apparemment, on peut tout faire avec elle. Vraiment tout !
Etranges, ces objets ou ces marques qu’on croyait disparus pour toujours avec leur époque.
Puissance du marketing !


Pour la regarder, c’est ici.

Transcription:
Qu’aimez-vous faire de votre temps libre ?
J’aime aller au cinéma, aller au restaurant, aller faire mes courses, faire un billard entre amis et lire dans un endroit tranquille.
Ne vous arrive-t-il jamais de lever le pied ?
Si, si quelquefois. Mais jamais sans ma 500.

lever le pied: ralentir, au sens propre quand on conduit. On lève le pied de l’accélérateur. Mais aussi au sens figuré, ce qui signifie vivre à un rythme plus calme, cesser de s’agiter dans tous les sens. Bonne question pour un pilote de Formule 1 !

* être mauvaise langue: dire du mal de quelque chose ou de quelqu’un, être médisant.

Pubs et ballon ovale

La Coupe du Monde de Rugby a démarré il y a quelques jours. La France est bien sûr une nation de rugby ! Surtout le sud-ouest du pays. Il y en a qui se lèvent tôt pour regarder les matchs, décalage horaire oblige. C’est loin, la Nouvelle Zélande !
Les constructeurs automobiles aussi célèbrent l’événement, en sortant des séries spéciales, aux couleurs du XV de France. Et ensuite, il faut faire de la pub pour ces modèles. Plutôt marrant.

Pour regarder, c’est ici.

Transcription:
– Démarrage du test.
(sifflement admiratif)
– Belle bagnole (1), hein ! Ils ont même mis l’écusson à droite, regarde.
– Comme sur le maillot.
– Eh, les gars (2), vous avez vu la sellerie ? Imprimé anglais, hein. Ça nous rappelle des bons souvenirs, ça, hein !
– Heureusement (3) qu’on avait le GPS pour rentrer !
– Surtout la clim (4), hein, parce qu’on n’était pas frais (5), hein !
– Regarde la cocotte (6). Trop mignon sur l’appuie-tête.
– Ça, les gars, c’est une voiture de gentlemen.
– Les gars, oh ! Quand vous voulez (7) pour le test ! Bande de chiffes molles (8) !
Renault Mégane XV de France, testée et approuvée par le XV de France.

Quelques explications:
1. une bagnole: une voiture (argot)
2. les gars: façon familière de s’adresser à un groupe de garçons ou d’hommes.
3. Heureusement que… : c’est une chance que…
4. la clim: abréviation de climatisation. C’est devenu le mot courant quand on parle.
5. on n’était pas frais: on était fatigué, soit à cause d’un effort physique, mais souvent aussi parce qu’on a trop bu ! Référence ici à la troisième mi-temps, typique du rugby, c’est-à-dire l’après match où les joueurs font la fête.
6. une cocotte: une poule (mot familier employé par les enfants) En fait, l’emblème de la France dans le sport, c’est un coq.
7. Quand vous voulez ! : on dit souvent ça ( ou C’est quand vous voulez) quand on attend que quelque chose commence et qu’on s’impatiente.
8. une chiffe molle: c’est une personne qui a un caractère faible, peu de personnalité. (insulte) Evidemment, cette pub joue sur le cliché du rugbyman très viril et plein de force.
9. Bande de… : c’est comme ça qu’on commence une insulte qui s’adresse à plusieurs personnes à la fois. Par exemple: Bande de nuls ! Bande de paresseux !

Et pour finir, petit clin d’oeil à nos amis néo-zélandais dans cette autre pub, pour les paris sportifs cette fois: le haka des jockeys, poids-plumes face aux gros costauds du rugby, ça vaut le détour !

Faites gaffe aux camions !

Il y a beaucoup de jolis villages en France. Historiquement, ils se sont développés autour de leur rue principale, où c’était bien d’avoir sa maison. Mais aujourd’hui vivre sur cette rue principale n’est bien souvent plus un avantage: les voitures, les camions ont envahi cet espace qui était le coeur du village. Difficile de s’y déplacer à pied, difficile d’éviter les embouteillages, impossible d’échapper au bruit et à la pollution…
La solution, c’est une déviation. Mais il n’y en a pas partout.
C’est le cas dans cette petite ville de 3000 habitants dans l’Hérault. Une jolie rue, de jolies maisons anciennes avec des balcons, typiques de la région, du soleil parce qu’on est dans le sud. Un petit coin de paradis ? Pas tout à fait.
Ambiance sonore et témoignages d’habitants qui en ont assez.


Transcription:
Cinq mètres, c’est la distance entre les deux maisons. Un camion moyen fait 2,50 mètres (1) de large. Alors forcément… (2)
– Il y a un camion qui a essayé d’en croiser un autre et finalement, il est parti avec un morceau de notre balcon. Heureusement, il s’est arrêté et donc on a pu faire un constat (3), mais les dégâts sont là, quoi.

Et ce n’est pas la première fois. Sur cet axe passent en moyenne 300 camions (4) par jour: des véhicules qui vont vers le port de Sète ou les entrepôts de carburants à Frontignan. A l’heure de la sortie de l’école, c’est tous les jours le même cauchemar pour les mamans.
– On chevauche (5). Quand il y a… on peut pas passer au… sur le chemin, eh beh, on est obligé d’empiéter un peu sur la route. Donc faut faire toujours gaffe (6) aux voitures, aux camions, aux cars, à tout.
– Ma fille qui arrive du collège (7) ici, elle part à pied donc jusqu’à la maison et… Je… Ça me fait peur quand même, hein. Au bout d’un moment, ça prend… ça prend la tête (8) vraiment.

D’autant que (9) les trottoirs sont inexistants et la vitesse souvent excessive.
– Il y a quelques bornes qui délimitent le… ce qu’on… ce qu’on ne peut pas appeler un trottoir, dans la mesure où il y a aucun obstacle, il y a aucune bordure. Donc… Et les camions roulent allègrement (10) sur ces bornes en plastique.
– Deux fois j’ai manqué (11) me faire écraser ! Quand les camions se croisent, ils passent là-dessus. En plus ça, c’est de la guimauve. (12) Moi je le dis au Maire.

Depuis 12 ans, les riverains (13) de la route départementale N°2 attendent une déviation, un projet bien avancé selon le Conseil Général de l’Hérault puisque le chantier était programmé en 2010 mais qu’il n’a pu être réalisé faute de moyens (14). Villeveyrac ne fait pas partie des priorités du département.

Quelques détails:
1. 2,50 mètres ou 2,50 m: on écrit ça comme ça et on dit: « Deux mètres cinquante ».
2. forcément: obligatoirement, nécessairement.
3. faire un constat: c’est remplir les papiers officiels pour les compagnies d’assurance, pour se faire rembourser les travaux nécessaires pour réparer les dégâts.
4. passent en moyenne 300 camions: Deux remarques:
– le journaliste fait la liaison entre passent et en. Ce n’est pas fréquent dans une conversation normale. Mais là, c’est le commentaire qu’il a préparé et écrit, donc ce n’est ni improvisé ni spontané. Dans ce cas, il y a davantage de liaisons.
– Le signe que c’est un style plus écrit aussi, c’est l’ordre des mots: le verbe est en premier puis le sujet alors que c’est une phrase affirmative. Jamais on ne dira ça spontanément. Dans une conversation, on dirait: Il y a en moyenne 300 camions qui passent par jour.
5. on chevauche: ici, cette dame veut dire qu’elle est obligée de marcher par moment sur la route elle-même. Elle passe à cheval sur le trottoir et sur la route.
6. faire gaffe à quelque chose: faire attention à quelque chose. (familier)
7. le collège: ça veut dire que sa fille a entre 11 et 15 ans.
8. ça prend la tête = ça cause des soucis, c’est une préoccupation. (familier)
9. d’autant que = d’autant plus que: et surtout puisque
10. faire allègrement quelque chose: c’est le faire régulièrement, sans se poser de questions.
11. J’ai manqué me faire écraser: j’ai failli me faire écraser / je me suis presque fait écraser.
12. la guimauve: c’est une sucrerie très molle et souple. Donc dire « C’est de la guimauve », ça signifie que ces bornes ne sont pas solides. Donc les véhicules peuvent passer dessus sans être endommagés. Donc  les piétons ne sont pas protégés.
13. Un riverain: quelqu’un qui habite à côté de…
14. faute de moyens: par manque de moyens financiers

Soirées arrosées

Dans un pays réputé pour ses vins, ce serait un paradoxe si les Français ne consommaient pas d’alcool. Mais à quel âge commencer ? Quels alcools boire ? Pourquoi ?
Les jeunes ont toujours considéré la consommation d’alcool comme un signe d’émancipation. Ce qui est nouveau, c’est le besoin de boire des alcools forts dans une soirée pour se retrouver soûl le plus vite possible, les filles comme les garçons. Et ça, c’est nouveau aussi. Bref, des pratiques qui ressemblent de plus en plus à ce qui se passe de l’autre côté de la Manche. Et ce n’est pas ce qu’on pouvait importer de mieux !


Transcription:
– Ça m’arrive de boire, ouais. Je bois, je sais pas, de….de la bière, du… ou du vin, de l’alcool plus fort. Un peu… Je bois un peu ce qui me tombe sous la main (1).
– Les garçons sont quand même plus… plus endurants, quoi. Ils se font des espèces de petits… je sais pas…
– Défis.
– Non, non. Ils se mettent généralement à plusieurs et c’est à qui… à qui boira le plus (2). Non, c’est un peu ça.
– Non, non.
– Si, si !
– Ça… ça dépend des spécimens (3), hein !
– Les filles, des fois…
– Faut pas l’écouter. Non mais c’est à cause de ça qu’il y a des préjugés à la con (4) !
– Non, on est plus… On est plus délicates, même beaucoup…

Si je bois de l’alcool, moi, justement, dans… dans ce genre de soirées et tout, c’est… c’est un peu quelque chose de… pas d’obligatoire, mais… mais… mais oui, pour se sentir à l’aise, pour… Ça… ça facilite un peu les liens avec… avec des gens avec lesquels (5) je suis pas particulièrement proche. La première fois que j’ai… que j’ai pris une cuite (6), dans mon souvenir, c’était plus par accident que… que volontairement, parce que justement, plus par… parce qu’on s’amuse, parce que voilà, sans forcément se rendre… se rendre compte des effets de l’alcool tout de suite. Et… Puis d’un coup, ben, on se retrouve un peu… un peu fait (7).

Dites-nous d’abord tout de suite si les jeunes boivent de plus en plus ou pas ?
Les jeunes boivent à peu près autant qu’avant, mais plutôt à la recherche d’ivresse. Et c’est cette recherche d’ivresse qui est un élément relativement nouveau. Et ce que l’on (8) voit qui est inquiétant, c’est des jeunes qui sont devenus dépendants vers 20 -25 ans, qui ont commencé tôt et qui ont eu des consommations très rapidement très importantes et qui sont devenus alcooliques, alcolo-dependants très tôt. Il y en a. C’est terrible, parce que quand on est… C’est les formes les plus graves de dépendance. Ceci dit, c’est rare, c’est-à-dire que pour devenir dépendant aussi vite, il faut une très grande vulnérabilité personnelle, mais chez la plupart des gens, pour se… devenir accroché (9) à l’alcool, il faut 15 – 20 ans, ce qui rend bien difficile ce que nous allons essayer de dire aujourd’hui, c’est-à-dire à partir de quand, quand on consomme à 15- 20 ans, peut-on dire: « Oui, mais tu te mets en danger, tu deviendras alcoolique à 30 – 35. »
Je crois que les parents doivent faire comprendre à un enfant que les ivresses, ça n’est pas anodin (10), que les ivresses répétées, c’est inquiétant. Et eux-mêmes, s’inquiéter s’il consomme d’autres produits, ou s’il a besoin de boire pour être bien avec autrui (11). Si les gens ne devaient retenir qu’une… qu’une seule idée, c’est que boire, même quand on a 14 -15 – 16, ça ne doit pas aller avec conduire, prendre la mobylette, prendre le scooter ou prendre la moto. Se tuer en rentrant de boîte (12), de bar, d’une soirée, c’est quand même 2000 – 2500 morts et dix fois plus d’handicapés, cassés. Donc un message, si les parents doivent dire quelque chose à leurs enfants, c’est: « Par pitié, débrouille-toi (13) pour ne pas prendre le scooter, la mobylette ou la voiture quand tu as bu. »

Quelques explications:
1. ce qui me tombe sous la main: ce que je trouve, ce qui est disponible. (familier)
2. c’est à qui boira le plus: c’est la surenchère entre eux. Ils cherchent tous à surpasser les autres, donc ici à consommer le plus d’alcool possible. Il y a une compétition.
3. spécimens: ici, il veut dire « les personnes ». On utilise normalement ce mot pour les animaux par exemple.
4. à la con: stupide (plutôt vulgaire)
5. avec lesquels: c’est ce qu’il faut dire mais on dirait qu’il prononce « laquelle », ce qui ne marche pas ici.
6. prendre une cuite: être totalement saoul. (argot)
7. être un peu fait: être un peu ivre. (familier)
8. l’on: ajouter « l » devant « on » donne un un style plus soutenu. C’est plutôt rare à l’oral. Mais ici, il s’agit d’une conversation sérieuse, qui aborde un sujet grave, d’où le style de ce médecin.
9. accroché: dépendant.  Souvent on dit juste « accro« .
10. anodin: ordinaire et sans conséquence, banal.
11. autrui: les autres (style plus soutenu)
12. une boîte: une boîte de nuit, une discothèque. On dit qu’on va / qu’on sort en boîte.
13. Débrouille-toi pour… : Trouve une autre solution.

* une soirée arrosée / un repas arrosé : c’est une soirée ou un repas où les gens boivent beaucoup.

Vraiment pas content !

Cela se passe dans une voiture.
C’est très court.
Mais c’est intense !
Eh oui, au volant, les émotions se libèrent, à travers des mots plutôt crus en général !
Petite scène de la vie quotidienne prise sur le vif.


Transcription :
– Bon on va se rentrer (1), hein !
– Ouais, ouais, parce que je crois que…
(- Au moins un derrière.)
– Merde ! Putain ! (2)
– Ah, on s’est planté ! (3)
– Ah ! Je me suis pris une prune ! (4) Non, bah, ça y est (5), j’y ai droit. (6)
– Ah ! Il y a le radar.
– Ah bon beh, ça va me coûter cher, cette affaire-là ! Deux points (7) !… A me faire parler (8), là ! Alors que je le connais, ce radar, nom de dieu ! Ah nom de dieu (9), je l’avais pas vu marcher depuis longtemps, celui-là, mais j’y ai droit. Y avait pas (10) une voiture à côté de nous ?
– Non, je sais pas. J’ai pas fait attention. (11)
– Si jamais (12) on est deux, je l’aurai peut-être pas, quoi…

Quelques explications :
1. se rentrer : retourner à la maison. Normalement, il suffit de dire «Bon, on va rentrer / Bon, on rentre » . Mais c’est très fréquent de dire ça comme ça, de façon familière. On dit aussi : « Allez, on se rentre ».
2. Merde ! : cette exclamation est évidemment un juron , pas très poli, mais très fréquent. Pour rester plus poli, on peut dire : « Zut ». Quant à Putain, c’est également impoli, mais très fréquent notamment chez les hommes. Les femmes le disent beaucoup moins.
3. se planter : se tromper (argot). Elle croit qu’il s’est trompé de direction.
4. une prune : une amende (argot) . On pourrait juste dire : « J’ai pris une prune». Mais de façon plus familière, on utilise le verbe : se prendre.
5. ça y est : c’est fait.
6. J’y ai droit : Je ne peux pas y échapper. Et donc ici, ça veut dire : je vais recevoir cette amende. Je me suis fait prendre par le radar.
7. deux points : il va perdre 2 points sur son permis (qui en compte 12 au maximum). Selon les infractions au code de la route, on perd plus ou moins de points. (Et on paie une amende). Et évidemment, quand on n’a plus aucun point, on n’a plus le droit de conduire.
8. à me faire parler : parce que vous m’avez fait discuter. Il veut dire que du coup, il était distrait et n’a pas fait attention à sa vitesse.
9. Nom de dieu ! : c’est un autre juron, comme « Putain ». En général, les jurons sont liés soit à la religion, soit au sexe.
10. Y avait pas… ? : Une phrase plus correcte serait : « Il n’y avait pas… ? » Mais tout le monde dit ça comme ça.
11. J’ai pas fait attention : je n’ai pas remarqué. (parce que je ne regardais pas ça)
12. Si jamais : au cas où.  Pas facile à entendre car il parle très vite et mange les mots !

A propos de la prononciation : comme d’habitude, certaines syllabes sont avalées et peu audibles. Pourtant, c’est comme ça que nous parlons !
Je crois devient j’crois.
cette affaire-là devient c’t’ affaire-là.
depuis devient d’puis
je sais pas devient chais pas.
Evidemment, n’écrivez jamais ça ! Ce n’est pas possible en français.

Vous pouvez aller écouter Romain sur francebienvenue1 : lui aussi s’est pris une prune il y a quelque temps !

Et ça, c’est une…?

Les petits Français apprennent énormément de choses dans les imagiers : le nom de tout ce qui nous entoure… et aussi, sans s’en rendre compte, si ces noms sont masculins ou féminins ! C’est simple comme bonjour ! Il suffit de commencer tôt et ça se fait en douceur.

Voici une pub pour une des voitures de chez Renault – la Kangoo. Elle a eu beaucoup de succès. La voiture aussi d’ailleurs, en version utilitaire ou familiale, pour son côté pratique ! Ce petit gars et son papa, plongés dans la lecture d’un de ces livres pour les petits, ont attendri et fait rire tout le monde !


Transcription:
– Alors, dis-moi, qu’est-ce que c’est, ça ?
Un éléphant.
– C’est quoi, ça ? (1)
Une vache. C’est un crocrodile. (2)
Un… ?
– Un crocrodile.
– Oui !
– Le crocrodile, ça mord !
– Et ça, une… ? (3)
– Une maison. Un avion.
– Et ça, c’est une… ?
– Kangoo !
– Non. Ça, tu sais.
– Kangoo !
Il y a une manière simple de voir la vie.
– C’est quoi ? C’est une… ?
– Kangoo !
Il y a sûrement une manière simple de concevoir l’automobile.
– Une kangoo !
Kangoo, c’est tout simple et ça va tout changer. Kangoo est équipée du double airbag.

Petites remarques :
1. C’est quoi, ça ? : Vous voyez, c’est une manière très naturelle de poser cette question ! (au lieu de dire : Qu’est-ce que c’est, ça ?)
2. un crocrodile : tous les petits ont du mal avec le mot « crocodile » et rajoutent ce « r » dans la deuxième syllabe.
3. Et ça, une… ? : et voilà comment nous apprenons le genre des mots ! Des heures et des heures de répétition, c’est vrai, jour après jour, mais juste pour le plaisir, avec quelqu’un qui nous souffle « un » ou « une » , « le » ou « la ». Alors, à force, ça rentre tout seul !

Facteurs électriques !

Même à l’heure des emails (pardon, des courriels !) et des SMS, le facteur continue à faire partie de notre vie quotidienne, ne serait-ce que* pour mettre dans notre boîte aux lettres nos factures et nos impôts à payer !

Pendant longtemps, il a fait sa tournée à vélo. Les chiens aimaient bien courir après le vélo du facteur dans les campagnes. Le facteur appréciait moyennement.
Puis selon les endroits, on lui a donné une mobylette ou une voiture. Jaunes parce que la couleur de la Poste, c’est le jaune.
Aujourd’hui, comme la mode est au développement durable et aux énergies renouvelables, la fée électricité est passée par là et aide les facteurs à se déplacer : voitures et vélos électriques – encore très chers – au programme. C’est dans l’air du temps*.
Premières impressions de ces nouveaux utilisateurs écolos* !

Transcription :
– Heureusement qu’il y a ce signal, sinon, on n’entend rien du tout.
– Du tout. Ou alors on a le petit avertisseur-piétons mais qui ressemble un peu étrangement à une sonnerie de téléphone. Alors ça prête à confusion (1). Mais autrement, c’est vraiment un bel outil de travail. Ça a donné un bon coup de jeune (2) à l’entreprise Poste.
Plus à faire le plein (3), juste à rebrancher le véhicule pour la nuit. Jérémie Copec forme des facteurs parisiens aux nouvelles voitures. Le silence peut être un peu déstabilisant au début mais on y prend goût(4), assure-t-il.
– « C’est moins stressant. C’est moins fatigant » : c’est les premiers retours, hein, que les agents nous disent. Et puis pour la petite anecdote en fait, tous les véhicules électriques sont dotés d’autoradios. On a des agents qui conduisent sans mettre la musique, rien. Ils écoutent le silence.
La Poste est aussi en train de généraliser le vélo électrique. David en a un pour faire sa tournée de vingt kilomètres dans la région de Saint Etienne.
– C’est le jour et la nuit (5); ça monte,  ça descend, on s’arrête dans les lotissements (6), dans les boîtes aux lettres, on redémarre. Donc l’assistance électrique apporte un plus. On est vraiment moins fatigué en fin de tournée.
La Poste doit commander l’année prochaine 10 000 voitures électriques. Dans trois ans, elles représenteront le quart de de sa flotte.

Quelques détails :
1. ça prête à confusion : on peut confondre (cet avertisseur et un téléphone) et se tromper.
2. donner un coup de jeune : revitaliser et donner une image plus jeune et dynamique.
3. Plus à faire le plein = on n’a plus à… Ce n’est plus nécessaire de…
4. prendre goût à quelque chose : apprécier quelque chose de plus en plus et ne plus pouvoir s’en passer.
5. C’est le jour et la nuit : c’est un changement radical, un contraste total, très positif. Ce vélo a changé la vie de David.
6. un lotissement : un groupe de maisons individuelles. Chaque maison est construite sur un lot – c’est-à-dire un terrain – d’où le mot « lotissement ».

* ne serait-ce que : au moins
* c’est dans l’air du temps : c’est la tendance actuelle.
* écolo : abréviation de « écologiste » = quelqu’un qui défend la nature, la qualité de l’environnement. (familier, très utilisé)

Je la veux, un point c’est tout !

 L’univers des automobilistes français a longtemps été très simple: il y avait ceux qui ne juraient que par Citroën, ceux qui leur préféraient les Renault et ceux qui étaient plutôt Peugeot. Et puis les autres, qui regardaient vers l’Allemagne ou l’Italie, ou vers le Japon et la Corée plus tard.
Choix raisonnés, raisonnables, rationnels? Pas sûr! Les constructeurs automobiles le savent bien, qui construisent l’imaginaire et les rêves des conducteurs à longueur de pubs.
En voici deux, sur le thème « On n’échappe pas à son destin » et « C’est plus fort que moi, c’est plus fort que tout. »
Versions 2008 et 2009.

La publicité de 2008: cliquez ici pour la regarder.
Souvenez-vous comme vous disiez que « Les filles, c’est nul ! »,
quand vous disiez que vous n’achèteriez jamais de mobile,
quand vous pensiez ne jamais avoir besoin d’un ordinateur.
Souvenez-vous quand vous lui promettiez de ne jamais en aimer une autre,
quand vous juriez de ne jamais vous couper les cheveux,
quand vous disiez ne pas vouloir d’enfant.
Souvenez-vous quand vous disiez que Renault, ce n’était pas pour vous.

Nouvelle Renault Mégane. Il est temps de changer.

Pour regarder la publicité de 2009

– Elle vous plaît ?
– Ouais.
– Famille nombreuse ?
– Non
– Ah… Vous voulez partir en weekend avec vos amis ?
– Non.
– Je sais : vous avez rencontré une fille sur internet. Elle a deux enfants et un énorme chien.
– Non.
– Excusez-moi, mais vous avez vraiment besoin de cette voiture ?
– Non. Mais je la veux.

Nouvelle Renault Mégane Estate.

Deux détails:
– Un point c’est tout : il n’y a pas à discuter.
– C’est nul : ce n’est pas intéressant / c’est sans intérêt. (familier)

Putain d’accent !

Nom : Cantona
Prénom : Eric
Profession(s) : ex-footballeur, peintre, acteur, philosophe à ses heures perdues, casseur de supporter…

Bref, inclassable.
Bien connu des Français. Très populaire en Angleterre.
Un personnage.
Et un putain* d’accent du sud ! Pas celui que vous apprenez dans les manuels de français.

Il est excellent dans cette pub pour la Renault Laguna. On l’y retrouve tout entier :
La grande gueule. ( On parle fort dans le sud de la France. )
La brute ( fragile, forcément. )
Le beau parleur
L’esthète, le mélomane, le poète…
Le défenseur des nobles causes. ( Ah, l’écologie, la sécurité routière ! )

Il a la « tchatche » des Marseillais. Il est très fort, Cantona !
Et ils sont très forts, ces publicitaires qui lui font jouer du « Cantona », après Ken Loach dans « Looking for Eric ».

Transcription :
On m’a demandé de vous parler de la nouvelle Renault Laguna. Et vous savez quoi ? J’ai accepté. Et moi quand je parle, je parle efficace.
Justement , parlons-en d’efficacité. Seulement quatre litres neuf au cent, dans sa version Berline Eco 2. Ça vous parle ?
Et si je vous dis qu’elle ne rejette que 130 grammes de CO2, ça, c’est efficace… pour la conscience.
Un système audio haute définition, avec son spatialisé… Rien n’est trop beau pour Mozart. Tu l’achèterais la voiture, toi ? Bah oui ! Evidemment.
 Et le système de navigation Carminat DVD avec Bluetooth se commande d’un doigt. Un doigt ! Magique !
Je vous ai parlé de la qualité de finition de la nouvelle Renault Laguna ?
Et des huit airbags, avec doubles capteurs dans les ailes ? C’est important, la sécurité. Surtout quand on est fragile. Comme moi…
Ah, j’oubliais l’essentiel. En exclusivité mondiale, le système « four control », quatre roues directrices. Une exclusivité Renault pour une maniabilité et une précision de conduite exceptionnelles.
Bon, assez parlé ! Le mieux, c’est encore de l’essayer.
Moi, cette voiture, elle me donne envie de rouler libre. Comme le mistral*. Comme un cheval sauvage. Comme un…
Bon, au revoir.

* Le mistral, c’est le vent du nord qui souffle à Marseille ( et dans la vallée du Rhône )
* un putain d’accent : « putain de » sert à renforcer ce qu’on dit. Mais c’est très, très familier. Ici, ça veut dire que Cantona a un très fort accent.

Et pour le plaisir et ne pas oublier que les Français sont nuls en anglais, la même publicité dans un anglais impeccable !
Evidemment.

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