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Ambiance de rentrée


Rentrée des classes, rentrée universitaire. Pas de doute, nous sommes bien au mois de septembre.
Alors, voici, des échos de ce qu’on peut entendre sur un campus parisien au moment où les derniers étudiants viennent s’inscrire. Où il est question de frais d’inscription, de cursus, et aussi d’activités plus ludiques !

Transcription:

– C’est l’accueil de quoi, ici ? (1)
– C’est la semaine de la rentrée pour les nouveaux étudiants de l’université Pierre et Marie Curie.
– Et on étudie quoi (2), à l’université Pierre et Marie Curie?
– Alors, on étudie la Science, les sciences, donc Physique, Biologie, Chimie, Sciences de la Terre et la Médecine.

– Il y a la queue (3), hein !
– Eh oui ! Mais tous les jours, c’est pareil.
– C’est vrai ?
– Eh oui.
– Mais on peut encore s’inscrire à… à l’université, là ? C’est pas trop tard ?
– Non, non, c’est pas trop tard.
– Et là, c’est quoi, là ?
– La Scolarité centrale (4).
– Donc c’est pour quoi ?
– C’est pour payer les droits…
– Ah !
– … d’inscription, uniquement.
– Et ça coûte combien ? (5)
– Ça dépend.
– Faut (6) que j’aille demander à l’intérieur?
– Oui.
– Je peux y aller alors.
– Allez-y.

– C’est pour les… Combien ça coûte si je veux suivre des cours à l’université ? Qui peut me dire combien ça coûte de… ?
– Je vous dis combien ça coûte.
– Oui.
– Vous revenez à l’université en Licence ?
– Non, non, en 1ère année.
– Eh bah oui ! Donc en Licence (7).
– En Licence, oui d’accord.
– Bah écoutez, ça vous coûtera 262€, je crois.
– Ça va. Pour une année ?
– Oui, pour une année. Nous, on est encore dans des tarifs raisonnables, hein. Ça va, ça s’étale entre 200€ et 600€ pour un diplôme d’Ingénieur. C’est la fourchette (8) sur laquelle il faut compter sur l’enseignement supérieur (9) public.
– Je vous laisse parce que je vois que vous avez votre cigarette à la main. C’est la pause cigarette.
– Voilà, merci !
– Merci, au revoir.
– Au revoir.

– Vous avez l’air de vous ennuyer, mademoiselle.
– L’attente, à la fac (10).
– L’attente à la fac, ça commence ?
– Non, j’ai déjà fait la queue hier.
– C’est vrai ? Et vous recommencez ? Pourquoi ?
– Bah parce que ça fermait. J’étais sous la pluie.
– Ah, d’accord !
– C’est pas grave (11), on recommence !
– Oh bah là, il pleut pas, ça va.
– Ouais, c’est déjà mieux.
– Qu’est-ce que vous venez faire à l’université ?
– Là ? Payer, mes droits d’inscription.
– Ça va vous coûter combien ?
– 393€.
– Ouh là ! Ça va… C’est pas mal (12) ! Ça veut dire que vous êtes pas en 1ère année, hein!
– Non, 3è.
– Ah oui.
– Et vous étudiez quoi, vous ?
– Les Sciences du Vivant.
– Sciences du Vivant ! C’est toute la nature, tout ça, les petites bêtes (13)?
– Ouais, tous les végétaux aussi.
– Vous voulez faire quoi plus tard ?
– Etudier les fonds marins.
– Ah ! Océanographe ?
– Ouais.
– J’ai appris que c’était une des spécialités, ici.
– Ouais, il y a un Master pas mal (14).
– Moi, je suis arrivé en retard, là. Les cours, vous avez commencé quand ?
– 3… 3 septembre, c’était la vraie rentrée.
– Moi, je croyais qu’à la fac, ça commençait en octobre, c’était tranquille.
– Les facs d’Eco (15), pas les facs autres.
– Alors, je vous laisse faire la queue, hein.
– Merci.

– Bonjour.
– Bonjour.
– C’est… c’est la rentrée à la faculté mais c’est quoi ? C’est les cours de danse ?
– Je suis italienne.
– Non mais c’est pas grave, moi je suis français.
– Ah, OK. Très bien.
– Vous parlez un peu le français ?
– Petit peu. Tout petit, petit peu.
– Et vous aussi, vous suivez des cours ?
– Oui.
– Et vous… vous êtes en 1ère année ?
– Oui, je suis en 1ère année.
– De Physique-Chimie aussi ?
– Non. Je suis en Sciences. En fait, j’ai un double cursus, avec Paris IV (16): Science et Musicologie.
Musicologie?
– Et Sciences.
– Ah c’est pour ça que vous écoutez la salsa !
– Oui.
– Ah, d’accord ! Bon et alors, ça… ça se passe bien, la rentrée ?
– Ça va.
– Ça va ?
– Oui.
– Bon. J’hésite à reprendre mes études. Vous me conseillez ?
– Oh oui, je pense que dans une ambiance comme ça, c’est une bonne idée.
– Oui, hein, ça a pas l’air trop intense ! Et… On peut… On doit pouvoir s’amuser, je pense.
– Oui !
– Qu’est-ce qui vous a donné envie de venir à l’université Pierre et Marie Curie ?
– Moi c’était pour le double cursus que je suis en fait, qui est unique en France en fait (17).
– D’accord. Mais est-ce que vous aimez beaucoup travailler pour faire un double cursus ?
– Non, c’est parce que je savais pas vraiment… m’orienter (18) soit en science soit en musique. Et là, je peux faire les deux, donc…
– Je dois dire que c’est assez original. Ça fait un peu grand écart (19), quoi ! Mais vous savez pas le métier que vous voulez faire plus tard ?
– Ingénieur du son.
– Ingénieur du son ?
– Oui.
– Très beau métier !
– Et vous regardez les autres danser mais vous dansez pas.
– Non.
– Pourquoi ? Vous êtes timide ?
– Oui.
– C’est la rentrée, vous connaissez personne ? Vous voulez que je vous invite à danser ?
– Non, c’est bon (20). Merci.
– Oh bah merci !

Quelques détails:
1. c’est l’accueil de quoi ? : question très naturelle à l’oral. (Le problème, c’est que ce n’est pas très pratique de la poser autrement ! On peut dire: Qu’est-ce que c’est ici ?)
2. On étudie quoi ? : question elle aussi uniquement orale, équivalente de « Qu’est-ce qu’on étudie ici ?« , qui marche aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. (Style neutre)
3. il y a la queue: il y a beaucoup de monde qui attend son tour devant lui. On dit qu’on fait la queue.
4. la Scolarité: c’est le service de la Scolarité, c’est-à-dire les bureaux qui s’occupent des étudiants d’un point de vue administratif.
5. ça coûte combien ? : c’est la plus façon la plus familière et orale de poser cette question. Un peu moins familier: Combien ça coûte ? Forme neutre : Combien est-ce que ça coûte ? Style soutenu et écrit: Combien cela coûte-t-il ?
6. Faut que… : forme orale de « Il faut que… »
7. une Licence: diplôme en trois ans. Donc on est d’abord en L1, puis en L2, puis en L3.
8. une fourchette (de prix): ce sont les prix compris entre le prix maximum et le prix minimum. On parle aussi souvent d’une fourchette d’âge.
9. l’enseignement supérieur: ce sont les études universitaire. On dit aussi souvent: Le Supérieur.
10. la fac = abréviation familière et très courante de « faculté », qui est synonyme de « université ».
11. c’est pas grave = ça n’a pas d’importance.
12. c’est pas mal: cette expression peut avoir différentes siginfications, selon le contexte. Ici, cela signifie en fait que c’est beaucoup, que c’est cher. Il est surpris par le prix. (Dans d’autres situations: c’est pas mal peut signifier que c’est plutôt bien. Donc c’est un sens totalement différent !)
13. les petites bêtes: une bête, c’est un animal. Ici, c’est une façon familière de parler du monde animal, parce qu’il utilise ce mot pas très scientifique et associé à l’adjectif « petites ».
14. un Master pas mal: cette fois, cela signifie que ce diplôme est plutôt bien, plutôt intéressant.
15. la fac d’Eco: la faculté d’Economie.
16. Paris IV: les différentes universités parisiennes ont toutes un numéro.
17. un double cursus: en France, à l’université, on se spécialise dès la 1ère année. On étudie les sciences ou l’Economie ou les Langues ou la Musicologie, etc… Mais on ne mélange pas les différents cursus, les différentes voies. Donc pouvoir associer des études scientifiques et des études de musicologie n’est pas possible. C’est pour ça qu’elle parle d’un double cursus.
18. s’orienter: pour un élève ou un étudiant, c’est choisir un type d’études, dans un domaine particulier. Il faut choisir son orientation : faire des études scientifiques, littéraires, artistiques, économiques, etc…
19. Le grand écart: c’est ce que font les danseurs ou les danseuses. Ici, c’est une image qui montre que ces deux cursus n’ont absolument rien à voir l’un avec l’autre.
20. Non, c’est bon: c’est une façon plutôt polie de refuser son invitation. Elle veut dire que ce n’est pas un problème si elle ne danse pas, que ça va. (Mais ça le fait rire car en fait, on sent qu’elle ne veut pas vraiment danser avec lui ! Il le prend avec humour.)

Etudiant: la belle vie ou pas ?

AmphiVingt ans, c’est le bel âge ! Ou en tout cas, ça devrait l’être. Mais être étudiant en 2012 n’est pas toujours simple.

Il a fallu trouver la bonne orientation après le bac et être admis là où on voulait aller. Quand on n’a pas obtenu l’école, la classe prépa ou l’IUT de son choix par exemple, on va à la fac. Et ce qui est très surprenant, c’est qu’aujourd’hui, beaucoup d’étudiants, avant même d’y avoir mis les pieds, considèrent qu’ils ne vont pas y réussir ! Ils sont nombreux à afficher un besoin d’être encadrés ou à s’être persuadés qu’ils ne feront rien dans une structure où on n’est pas réellement obligé d’aller à tous les cours, bref, où il faut être relativement autonome. C’est dans l’air du temps. (Et franchement, c’est très agaçant d’entendre ce discours !)

Mais une chose est sûre, fac ou pas fac, c’est que de plus en plus d’étudiants sont obligés de travailler pour financer leurs études et leur logement. Et qu’il y a de la concurrence pour trouver du travail quand on est jeune diplômé.

Il y en a que ça angoisse. Il y en a qui le vivent très bien !
Petits témoignages.


Transcription:
– Je suis étudiante en Master 1 de Communication et je suis aussi la Vice-Présidente des étudiants de l’université.
Est-ce que c’est compliqué, aujourd’hui, d’être étudiant en France et particulièrement à Paris ?
– Vivre avec 400… enfin 300 € de bourse (1) ou 400 € de bourse par mois, c’est pas possible à Paris. C’est très cher (2). Il faut un job impérativement à côté ou être soutenu par ses parents, ce qui est pas le cas de la majorité des étudiants.
Vous êtes soutenue par vos parents ? Vous travaillez à côté ?
– Je suis boursière (3), je suis un peu soutenue par mes parents et j’ai aussi un job (4). Des fois, c’est compliqué. En ce moment, c’est compliqué par exemple ! J’attends que le CROUS (5) me verse gentiment la bourse du mois de mars !

Est-ce qu’on est inquiet, quand on est étudiant, pour son avenir ?
– Oui ! Oui, oui, surtout quand on arrive dans la Licence, quand c’est… voilà, au Master. Se dire « Est-ce que j’ai choisi la bonne filière (6) ? », parce que parfois, on… on ressent, comment dire, la compétition avec ceux qui sont… qui peuvent être en Ecole. (7)
Vous vous sentez un décalage par exemple avec ceux qui font des Grandes Ecoles ?
– Euh oui, parce que quand même, ils ont quand même certains moyens (8) que nous, on n’a pas. Je trouve aussi (9) le souci en France, c’est qu’on regarde beaucoup trop votre diplôme, mais l’expérience, un petit peu moins. Pour le recrutement, c’est voilà: « Ah, vous sortez de telle école ? Bah d’accord. Bon, c’est pas mal. De l’université ? Bon, vous passerez après, hein ! »

Et là, vous avez… vous avez un cours ?
– Oui, on a un cours…
– Un amphi (9) de Droit.
– On est en amphi, voilà. En amphi de Droit. C’est pour ça je me rappelle pas en fait. On est étudiant, on a un peu de travail mais franchement, moi je branle rien (10), voilà. Donc, non, c’est pas compliqué d’être étudiant et on est tranquille vraiment. Moi, je kiffe (11) être étudiant. Si je pouvais être étudiant toute ma vie !
Et vous êtes pas inquiet pour votre avenir ?
– Alors là, pas du tout ! L’avenir s’annonce radieux.

Quelques détails:
1. une bourse: on peut avoir droit à une bourse en fonction des revenus qu’on déclare. (si les parents ont de petits revenus par exemple, ou si on est seul pour payer ses études.)
2. c’est très cher: ce qui est cher, c’est avant tout le logement. Il y a trop peu de chambres en cité universitaire. Il faut donc passer par des propriétaires privés. (Tous les loyers ont énormément augmenté ces dernières années, et pas seulement à Paris, et pas seulement pour les étudiants.)
3. être boursier (ou boursière): c’est toucher une bourse.
4. un job: c’est le terme que les Français ont emprunté à l’anglais pour parler des petits boulots, des emplois d’étudiant.
5. le CROUS: c’est l’organisme qui verse les bourses et qui gère les cités universitaires ainsi que les restos U notamment.
6. une filière: dans le domaine des études, c’est une voie, c’est-à-dire le type d’études qu’on choisit. On peut par exemple suivre une filière scientifique, ou littéraire ou économique, etc… Cela peut aussi désigner le type de structure qu’on suit: la filière grandes écoles, la filière IUT, la filière université.
7. les écoles: ce sont les Ecoles de Commerce, d’Ingénieurs, etc… où on est admis sur concours ou après une sélection plus sévère qu’à l’université. (L’accès à l’université est normalement toujours possible quand on a le Bac.)
8. avoir des moyens: ces écoles ont plus d’argent que les universités, donc les conditions d’études sont meilleures en général.
9. je trouve le souci… : elle aurait dû dire: je trouve que… (mais à l’oral, ça arrive souvent d’oublier certains mots sans que ce soit vraiment gênant.)
10. un amphi: abréviation de amphithéâtre, qui est d’abord le lieu où se déroule ce type de cours avec de très nombreux étudiants dans une même grande salle. Et donc on dit qu‘on a amphi pour dire qu’on a un cours en amphi, par opposition aux TD (Travaux Dirigés) où les étudiants sont en plus petit groupe. (On dit qu‘on a TD de Droit par exemple.)
11. branler: faire. (argot, assez vulgaire). Ce garçon est l’exemple de ces étudiants qui ne travaillent pas beaucoup parce qu’il n’y a pas beaucoup d’heures de cours à l’université. Il devrait travailler de façon autonome mais comme beaucoup, il ne le fait pas ! D’où un taux d’échec très important en 1ère année à l’université car il faut être discipliné, organisé et volontaire. (Ce n’est pas la même chose en IUT ou en école ou en classe prépa. où les étudiants sont très encadrés et suivis.)
12. je kiffe: j’aime (argot, très familier) Ce verbe a d’abord été très populaire chez les jeunes des banlieues. Puis il s’est répandu dans d’autres milieux, mais essentiellement chez les jeunes.

Bénévolat

J’ai plusieurs étudiants qui, chaque semaine, donnent de leur temps pour s’occuper d’enfants ou de jeunes. Ils les aident à faire leurs devoirs, à s’en sortir à l’école quand ils sont en difficulté. Ils ont choisi de le faire dans le cadre d’associations bénévoles. Donc ils ne se font pas payer. Générosité, altruisme, envie de donner leur chance à tous. Ce petit reportage m’a fait penser à eux.


Transcription:
– Tant qu’on fait des exercices, moi je suis d’accord avec toi, c’est vrai, c’est dur les maths. On peut pas comprendre tous les exercices. Mais maintenant, faut au moins que tu aies essayé, tu vois, que tu as écrit sur un papier ce que tu as essayé de faire.
– On a rempli ça.
– Ça, tu le connais.
– Hein?
– Ça, tu le connais.
– Ah, je sais pas si je le connais mais… Si je le relis, je peux te l’expliquer. Je lis ? Une molécule est constituée de plusieurs atomes liés entre eux. Chaque molécule…

– Rachid B. Donc j’ai 22 ans. Moi je suis actuellement étudiant en MSG Sorbonne (1). Et puis je suis également bénévole à l’AFEV (2). En fait, quelque part, on a tous un petit peu dans la tête des petites idées altruistes et tout, et il y a un moment où il faut les mettre…. faut les mettre en pratique. Et puis moi, c’était vraiment ça, je pensais qu’il y avait des… des choses qui allaient pas, qu’il y avait, bon, en gros (3)… On avait vu ça en Terminale (4), en sociologie, des déterminismes. Et puis il y a un moment où on se dit que, ben, faut lutter contre ces déterminismes. En fait, ouais, bah c’est… c’est vraiment ça, l’AFEV, c’est aider les élèves qui ont des difficultés. Bon, les difficultés, ça peut être par exemple, être trois dans une… dans… dans la même chambre, c’est-à-dire qu’on n’a pas à disposition un bureau. On peut pas travailler tout le temps. On peut pas travailler à l’heure qu’on veut également. Ça, c’est des… en fait, c’est des handicaps (5) que beaucoup de personnes ne… ne remarquent pas mais ça joue beaucoup (6). Etre juste à plusieurs dans la chambre, moi je me rappelle que quand on était plus jeunes, on était trois dans une chambre, et puis ça joue beaucoup. On peut pas travailler à 22 heures: il y en a un autre qui veut dormir. On peut pas… On peut pas travailler à 16 heures parce qu’il y en a un autre qui écoute la musique. Et puis ça fait que on a une marge beaucoup plus faible, pour travailler. Donc ouais, je pense qu’il y a des populations qu’on devrait aider plus que d’autres.
Lire la Suite…

Etudiante à Paris

Paris fait rêver les touristes, français ou étrangers. Mais elle fait également rêver les étudiants du monde entier. C’est le cas de cette jeune Egyptienne, entendue il y a quelques jours à la radio. Elle est inscrite dans une des universités parisiennes. Mais en plus, elle vit à la Cité Internationale Universitaire où se côtoient étudiants français et etudiants venus de tous les pays. Une expérience unique au dire de* tous ceux qui ont eu la chance d’être logés là.
Un très joli témoignage, dans un français parfait.

Transcription:
Bonjour mademoiselle (1), je peux vous demander ce que vous faites ?
– Je suis étudiante.
En quoi ?
– En criminologie.
Super, ça !
– Oui.
Et vous venez d’où ?
– De l’Egypte. (2)
Et votre prénom ?
– Rana.
Rana.
– Oui.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de venir à Paris pour étudier la criminologie ? On est réputés pour ça à Paris ?
– Oui, oui. C’est une très bonne formation, à l’université Paris II. Et j’ai… j’ai fait toutes mes études en français. Donc c’est pour ça que j’ai voulu venir en France pour… pour faire le Master (3).
Et vous avez fait vos études en français en Egypte ?
– Oui. Oui, oui.
Parce que vous êtes d’une famille d’ambassadeurs ? Ou… ?
– Non, non, non. Famille normale.
Normale ? Ah bon (4) ?
– Oui.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire toutes vos études en français ?
– Mes parents m’ont ins[…] inscrit (5) dans une école française. Et j’ai fait la… la faculté (6) de Droit, section française.
Vous dites une famille normale… C’est quand même un petit peu peut-être la classe privilégiée, pour aller étudier dans une école française, non ? Je sais pas, moi…
– Non. Pas vraiment.
Non ?
– Je pense (7) les classes moyennes ont accès à différentes écoles, que ce soit français, ou allemand ou anglais.
Vous venez d’arriver à Paris ?
– Non, je suis arrivée l’année dernière, en septembre dernier. Et j’ai fait le Master et j’ai une soutenance (8) en septembre.
Vous avez pas vécu le… la Révolution en Egypte ? Vous étiez ici, vous.
– Oui. J’étais ici malheureusement. Je voulais être… vraiment être là-bas. Mais ici, j’ai essayé de participer aussi comme je pouvais.
Vous êtes contente ?
– Oui. Très, très contente.
Qu’est-ce que ça a changé concrètement depuis que Hosni Moubarak n’est plus en place ?
– Alors ça a changé énormément de choses. Je sens maintenant que les… les Egyptiens ont plus le sentiment de… de… de la patrie, qu’ils demandent aussi ce qu’ils veulent, qu’ils demandent leurs droits. Et… et d’un autre côté, c’est bien parce que ça veut dire qu’on n’accepte plus la corruption et on veut un nouveau changement, un… un bon régime.
Vous avez de la famille encore là-bas, j’imagine ?
– Oui, toute ma famille.
Et donc, ils vous disent: »Il faut vraiment que tu reviennes, Rana. La vie en Egypte a complètement changé. »
– Oui, bien sûr. Et moi je veux… je veux revenir (9) en Egypte. Je veux vivre là-bas. C’est très important pour moi.
Et quand vous parlez de l’Egypte, c’est le Caire ou c’est… ?
– Le Caire, oui. Je suis du Caire.
Et alors là, vous faites la queue (10) pour… à la Caisse d’Allocations Familiales de Paris (11) parce que… ?
– Je veux refaire mon dossier parce que je… je l’avais arrêté pour le mois d’août et je veux que ça continue.
Pour un an encore.
– Oui, oui.
D’accord.
– Exactement.
Et alors qu’est-ce qui vous a plu à Paris ?
– Tout. Tout. C’est vraiment très, très joli (12). Moi, je vis à la Cité (13). J’ai vraiment de la chance parce que je… je pense que trouver un logement à Paris, c’est très, très difficile. C’est vraiment bien parce que on rencontre toutes les cultures et je sens que maintenant, j’ai… j’ai vraiment des amis presque de partout (14). J’ai… j’ai connu (15) des Indiens, des… des Marocains, des… des Norvégiens, vraiment de partout et c’est… c’est très, très bien parce que je… je… C’est sûr que chacun a un… a un minimum de stéréotypes à propos de… des pays et… Et avec ça, ça change vraiment. Et je découvre vraiment la réalité.
Bon et alors, vous avez pas rencontré l’amour à Paris ?
– Si, en fait, j’ai rencontré un garçon hongrois. Et… Oui, c’est… c’est vraiment mon premier grand amour.
Super !
– Oui.
Et il étudie quoi, votre ami ?
– Management. (16)
Super. D’accord.
– Oui, et maintenant, il veut faire le commerce du vin.
Ah d’accord ! Mais alors, vous avez pas peur, là ? Lui, il est hongrois, vous êtes égyptienne. Où est-ce que vous allez faire votre vie ?
– Oui, ça, c’est… ça c’est une question qu’on se pose. Mais maintenant, on est étudiants et on essaye juste de… de se connaître, et après, on verra comment ça va se passer (17).
D’accord. C’est « Choukran », on dit en… ?
– Oui, exactement. Choukran.

Quelques explications:
1. mademoiselle: on utilise ce terme pour les femme pas mariées, donc souvent avec des jeunes filles (parce qu’on imagine qu’elles sont trop jeunes pour être mariées.) Mais son usage est controversé en ce moment en France, notamment quand on est plus agée, quand on doit cocher la bonne case sur des formulaires. (Madame, mademoiselle ou monsieur). Effectivement, la plupart du temps, personne n’a besoin de savoir si vous êtes mariée ou pas. On ne fait pas cette distinction pour les hommes. Alors pourquoi la ferait-on pour les femmes ? Cependant, à l’oral, c’est naturel de dire « mademoiselle » à quelqu’un de jeune. (Et ça peut presque être flatteur quand on est un peu plus âgée ! ça veut dire que vous ne faites pas votre âge.)
2. de l’Egypte: on dit plus souvent « d’Egypte« . Quand on dit d’où on est, d’où on vient, c’est beaucoup plus courant de ne pas utiliser « de l’ / de la » mais juste de ou d’ devant le nom du pays. (de France, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, etc…)
3. le Master: les universités françaises ont adopté le terme anglais pour désigner ce diplôme après la Licence. (avant on parlait de Maîtrise)
4. Ah bon ? : C’est une des manières d’exprimer la surprise.
5. m’ont inscrit: il faut dire m’ont inscrite quand on est du sexe féminin. (On accorde le participe passé avec m’, qui représente ici Rana, donc une fille.)
6. la faculté de Droit = l’université (en Droit). On utilise plus souvent l’abréviation: la fac de Droit. On peut dire: aller en fac de Droit, être en fac de Droit, faire la fac de Droit.
7. je pense: il faut dire je pense que
8. une soutenance: c’est un examen oral à l’université où on présente son travail de recherche devant un jury de plusieurs personnes. On a d’abord rendu un dossier écrit et le jour de la soutenance, on le présente et on répond à des questions.
9. revenir en Egypte: ce n’est pas le bon verbe. Il faut qu’elle dise: retourner en Egypte, car elle n’est pas là-bas en ce moment.
10. faire la queue: attendre son tour derrière d’autres personnes.
11. La Caisse d’Allocations Familiales: cet organisme verse des aides aux familles mais aussi pour le logement des étudiants. Il faut donc y déposer un dossier pour toucher des allocations.
12. c’est très joli: on dit aussi (et peut-être plus souvent): c’est très beau.
13. la Cité Internationale Universitaire de Paris: elle accueille essentiellement des étudiants du monde entier.
14. presque de partout: on dit aussi: de presque partout.
15. J’ai connu: ce verbe est un peu bizarre ici, à cause du passé composé employé. Plus naturellement, on dit: J’ai fait la connaissance d’Indiens. Ou alors: J’ai rencontré des Indiens. (Si on veut vraiment garder le verbe connaître, il faut le mettre au présent: Maintenant, je connais des Indiens.)
16. Management: il vaut mieux dire le management, avec un article devant.
17. comment ça va se passer: on peut dire aussi: comment ça se passe, au présent.

* au dire de: d’après / selon quelqu’un

Avant l’été, j’avais eu une discussion très sympathique avec Zakari: lui aussi vient d’ailleurs et se dit qu’un jour, il aimerait bien poursuivre sa vie dans son pays d’origine.

Dédicaces

Louise est étudiante.
La littérature, c’est son domaine. Elle aime donc lire.
Mais elle aime aussi rencontrer les auteurs des romans qu’elle lit.
Et se faire dédicacer ces livres. Brèves rencontres.
Alors, il y a quelques semaines, elle était au Salon du Livre qui a lieu tous les ans à Paris au printemps.


Transcription:
– Je suis étudiante en anglais à la Sorbonne Nouvelle. Je dévore les livres, vraiment. Bon j’en ai souvent donc qui sont imposés donc par la fac (1), que donc je suis obligée de lire. Parfois, j’ai de bonnes surprises. Parfois, c’est un peu plus pénible. Mais quand je lis vraiment pour mon plaisir un livre que j’ai choisi, ça se passe très, très rapidement. J’aime bien relire les livres aussi. Et donc en attendant la prochaine dédicace (2) qui va se passer à côté avec Nicolas Fargues, j’attends en lisant Cédric (3).
– Qu’est-ce qui vous plaît dans la dédicace ?
– La rencontre avec les auteurs. On a quand même… Alors, ça dépend avec lesquels, mais on a quand même le temps de leur parler, d’essayer de discuter avec eux.
– Alors, Nicolas Fargues, par exemple, qu’est-ce que vous avez perçu dans son écriture que vous avez retrouvé dans… en… en le rencontrant ?
– J’ai[…]… j’aime beaucoup comment il écrit. Donc j’ai eu l’occasion (4) de le rencontrer plusieurs fois. Souvent on a eu le temps de discuter un peu de comment (5) il est arrivé a écrire son dernier bouquin (6), donc « Tu verras ».
– Qu’est-ce qui vous plaît dans son univers, dans ce qu’il raconte ?
– C’est quelqu’un d’assez moderne, en fait. J’aime beaucoup. Et dans la façon dont il écrit, je trouve qu’il… qu’il est assez proche de ses lecteurs. Il a une façon de narrer (7) son histoire en fait qui inclut le lecteur dans sa narration. Par exemple dans son livre « J’étais derrière toi », enfin (8), c’est vraiment un personnage qui s’adresse à son lecteur comme si c’était son ami. On a l’impression d’être avec lui et d’être autour d’un café et qu’il nous raconte son histoire en fait, du début jusqu’à la fin.
– Pour vous la littérature, c’est donc une… une rencontre avec… avec un univers et avec l’auteur, le créateur ?
– Voilà, exactement. En fait, c’est à chaque fois un univers différent. Donc moi, je me suis spécialisée en littérature. Donc j’ai écrit un mémoire sur Emily Brontë, qui elle, pareil (8), a un univers assez… assez fascinant et très particulier. Bon évidemment, je ne pourrai jamais lui poser de questions, en fait, et je suis plutôt dans les recherches de ce qu’elle a voulu nous faire passer comme message. Et… oui, c’est pour ça que je m’intéresse particulièrement aux livres.
– Quand vous lisez, vous voyagez en leur compagnie ?
– Voilà, c’est ça, exactement.

Quelques détails:
1. la fac: c’est la façon courante et plutôt familière de parler de l’université. (C’est l’abréviation de « faculté », qu’on utilise rarement en entier.) Louise est donc en fac d’anglais.
2. une dédicace: c’est lorsqu’un auteur signe ses livres pour les lecteurs qui le lui demandent. On dit qu’il dédicace ses livres.
3. Cédric: c’est une BD.
4. j’ai eu l’occasion: beaucoup d’anglophones qui parlent français disent: « J’ai eu l’opportunité de… », mais c’est « occasion » qui est le plus naturel pour nous. Cependant, l’influence de l’anglais sur le français fait que vous entendrez des Français utiliser « opportunité ».
5. discuter de comment: style familier et oral, pour dire « discuter de la façon dont il est arrivé… »
6. un bouquin: un livre (familier). On utilise aussi le verbe « bouquiner » au lieu de « lire ».
7. narrer: raconter (style soutenu)
8. enfin: on entend à peine ce mot, mais il est là, comme très souvent en français oral.
9. qui elle, pareil…: qui elle aussi / qui elle, même chose…

Marche ou crève: la vie en prépa

Après le bac qui marque la fin des études secondaires, la très grande majorité des élèves français continuent et deviennent étudiants. On peut aller à l’université, dans un IUT* ou en classe prépa.
Une prépa, c’est une classe préparatoire à une Grande Ecole: deux ans de travail énorme avant de passer un concours d’entrée dans une de ces écoles. Le principe d’un concours, ce n’est pas seulement d’atteindre un certain niveau mais c’est d’être parmi les meilleurs car il n’y a qu’un nombre limité de places.
Alors, c’est « Marche ou crève ! » *: deux ou trois années entre parenthèses*, sans sorties avec les copains, sans vraies vacances. C’est « travail, travail, travail », sinon aucune chance de réussir…

Je ne garde pas un excellent souvenir de ma prépa au Lycée Henri IV à Paris ! On y acquiert une puissance de travail, on y apprend des tonnes de choses, c’est sûr. Mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps ! Quand on en sort, on respire enfin.


Transcription:
Nous sommes dans un des lycées les plus prestigieux de Paris. Dans cette classe, ils viennent de toute la France pour réussir. [ Alors on passe à l’exercice…]
Ces étudiants deviendront ingénieurs ou peut-être grands patrons, la future élite du pays. Mais avant d’en arriver là, ces jeunes de 18 ans doivent faire des sacrifices.
– Nos journées, elles se résument à quatre heures de maths le matin, quatre heures de physique l’après-midi. Même entre les deux, à la pause (1), on se dit: « Tiens, j’ai oublié de faire ça. »
– On s’arrête jamais. Et si on… si on a une période d’inattention, à la fin, on est largué (2) très rapidement en cours.

Cours magistraux (3), devoirs personnels (4), ils travaillent souvent plus de 60 heures (5) par semaine, le double d’un étudiant à l’université. Mais le plus dur, c’est de garder confiance en soi.
– Toute notre scolarité, on nous a dit: « Tu es le meilleur dans ta classe. Tu vas être super fort. Tu dois faire une prépa (6). Et quand on arrive en prépa, on est en fait… on est au milieu de tous ces gens-là à qui on a dit: « Tu es le meilleur ».
– Alors là, on se rend compte qu’au final, bon, on n’est… Ouais, on n’est pas si bon que ça.
– Ça blesse un peu l’amour-propre (7) quand même quand on voit… quand on voit les notes (8) qui descendent.
– Il y a cette espèce de (9) petit sentiment de culpabilité qui s’installe, parce que en fait, tu as, pour ainsi dire… On n’est jamais au bout du travail. On n’est jamais au bout du travail qu’on nous donne. Il y a toujours quelque chose d’autre à faire. Donc résultat (10), le temps que tu prends pour t’amuser, c’est autant de temps que tu investis pas dans le travail.

Dans cette classe, trois élèves sur 45 ont abandonné depuis le début de l’année. Et le phénomème n’est pas marginal. Sur les 80 000 étudiants en prépa, un sur cinq ne va au bout des deux ans en Science. En Lettres (11), presque un sur deux décroche (12). Pour l’équipe enseignante, c’est avant tout la motivation qui est en cause (13).
– Les bons élèves de terminale qui sont un peu indécis sur leur orientation (14), les parents leur disent: « Oh bah, va en prépa, puisque tu peux aller en prépa. De toute manière, la prépa, ça mène à tout. » Si ces élèves qui ne sont pas motivés, qui sont… parce que c’est pas leur projet, pourquoi changeraient-ils de vie ? Pourquoi modifieraient-ils leur fonctionnement ? Pourquoi diminueraient-ils leur temps de loisirs ?

– Le réflexe naturel de ces jeunes, c’est de commencer à sacrifier les heures de sommeil. D’abord les heures de loisirs. Ensuite, les heures de sommeil qui se rétrécissent (15). Alors, si les… si le temps de sommeil se rétrécit, ils sont de plus en plus fatigués, de plus en plus vulnérables au stress.
Certains arrivent à changer leurs habitudes, s’accrochent (16). Michel M., lui, a préféré continuer ses études à l’université. C’est l’option choisie par la plupart des étudiants qui abandonnent leur prépa.

Quelque explications:
1. à la pause: à l’heure du déjeuner, il y a une pause d’au moins une heure. (comme pour la plupart des Français)
2. être largué: être perdu, ne plus réussir à suivre et comprendre. (familier)
3. un cours magistral: c’est un cours pendant lequel les étudiants prennent en notes le cours que le professeur délivre sans interaction entre lui et ses élèves.
4. les devoirs personnels: c’est tout le travail que les étudiants doivent fournir après les cours.
5. plus de 60 heures: c’est le total si on ajoute les heures de cours qu’il faut suivre et les heures nécessaires pour faire le travail personnel. C’est bien plus que quelqu’un qui a un emploi. (Les Français font entre 35 et 40 heures par semaine à peu près.)
6. une prépa: une classe préparatoire aux grandes écoles. On dit qu‘on va / qu’on est en prépa, ou qu’on fait une prépa. (familier)
7. l’amour-propre: l’estime qu’on a de soi-même
8. les notes descendent: Ces études sont d’un niveau très élevé. Donc c’est difficile d’avoir d’aussi bonnes notes qu’avant le bac. Pour certains élèves, c’est la première fois de leur vie qu’ils ont de « mauvaises » notes.
9. une espèce de = une sorte de (On emploie l’un ou l’autre indistinctement.)
10. Résultat, … = la conséquence, c’est que… (familier)
11. être en Lettres: faire des études littéraires (du français, de la philosophie, des langues, de l’histoire, etc…), par opposition à ceux qui sont en Science. Il y a des prépas littéraires et des prépas scientifiques.
12. décrocher: renoncer, abandonner parce qu’on ne réussit plus à suivre.
13. être en cause: être la raison d’une situation
14. l’orientation: ce sont les choix qu’on fait quand on est élève ou étudiant. On s’oriente vers tel ou tel type d’études.
15. se rétrécir: diminuer. La première fois, elle prononce ce verbe comme s’il n’y avait pas d’accent aigu sur le premier « e », ce qui n’est pas correct. On entend parfois cette prononciation.
16. s’accrocher: persévérer, faire beaucoup d’efforts pour ne pas abandonner et décrocher.

* un IUT: un Institut Universitaire de Technologie. On obtient un DUT (diplôme universitaire technologique) en 2 ans.
* Marche ou crève: cette expression insiste sur le côté pénible et difficile d’une situation. « Crever », c’est mourir. (familier)
* une année entre parenthèses: une année un peu à part, pendant laquelle on ne vit pas pleinement les choses.

Vous pouvez aussi aller écouter Mathilde qui a répondu à mes questions à propos de son année de prépa sur France Bienvenue.

Les Misérables, Dumas et le catalogue de La Redoute

Comment s’évader quand on est ado et qu’on vit en pleine campagne, avec des rêves plein la tête ?
Que se passe-t-il le jour où on peut enfin s’installer à Paris ?
Ce sont quelques-uns de ces souvenirs que Zabou Breitman, comédienne et cinéaste, racontait l’autre jour  avec son énergie, ses mots, sa diction un peu précipitée et ses rires.


Transcription:
Vous avez eu quelle adolescence, vous ?
Ben moi je suis… C’était un peu… J’ai une petite frustration. Je me suis retrouvée un peu à la campagne sans… Voilà, il y avait juste un bal de temps en temps le samedi. Donc l’adolescence de 13 à 17, c’était un petit peu à la campagne dans un prieuré (1) du 14è siècle qui tombait un peu en ruine. Mais… Mais je m’ennuyais beaucoup. Et j’ai inventé des histoires dans cet endroit délabré où il y a quand même des inscriptions de la Révolution Française (2) à… à… sur le mur de la porte de ma chambre qui… était dans un donjon, hein, où il faisait très, très froid l’hiver. Et il y avait écrit dessus à la peinture rouge : « La justice jusqu’à la mort » Et ça date de la Révolution Française.
Il y avait ça écrit sur la porte de votre chambre ?
Ouais. Tous les jours en allant me coucher, je voyais écrit « La justice jusqu’à la mort ». C’est quand même un sacré truc (3) quand vous vivez avec ça. Donc… Voilà, alors j’étais plongée dans les… dans la SF (4), dans les polars (5), dans le fantastique, dans Les Misérables de Victor Hugo, dans Dumas (6), dans… dans Tchékov, dans… dans tout, quoi ! Et la Redoute ! La Redoute. Je lisais beaucoup La Redoute.(7)
La Redoute ?
Ah oui, vous pouvez pas savoir ce que j’ai aimé La Redoute ! J’étais à la campagne. J’avais pas de magasins. Et je me souviens quand je recevais… Je me souviens de la réception d’un maillot de bain orange ! Je peux vous dire que… ! C’est un grand magasin, hein, La Redoute. Vous entrez dans le magasin. Il y a le bon chic, bon genre (8). Il y a ceux qui sont comme ci, ceux qui sont comme ça, ceux qui sont… Les jeunes, les moins jeunes, les sexy. Et donc je continue à aimer ça, hein ! J’ai toujours aimé ça.
Et alors quand vous êtes rentrée à Paris, ça a dû être une sacrée délivrance !(3)
Euh… Oui. C’était une délivrance. En même temps, j’ai eu du mal à… à (9) renouer avec Paris. Je me suis retrouvée (10) à la fac (11). Mais en fait, je me suis tellement ennuyée avant que je ne voulais plus m’ennuyer. Donc voilà, ce qui s’est passé, c’est que du coup j’ai un peu raté la fac, parce que je pouvais plus, quoi ! Etre en amphi (12)… Je pouvais plus ! En fait, je supportais plus.
Fallait faire. (13)
Fallait faire. Absolument ! Et d’où peut-être une forme d’hyper-activité parce que je pense que j’aimais bien fa(…)… fabriquer, faire dans le sens de… oui, c’est bien de faire – fabriquer, dans le sens de fabriquer.
Vous pouvez être autoritaire sur un tournage ? (14)
Oh je suis vachement (15) autoritaire !
Ah ouais ?
Oh ouais !
Genre ?
Genre autoritaire ! Genre super autoritaire ! Ah ouais, ouais ! Je gueule (16) alors !
Ah ouais ?
Oh ouais, ça m’est arrivé de gueuler. Alors ouais… Mais être autoritaire, en fait, c’est pas vraiment ça. Gueuler, c’est après, quand c’est un peu tard. Donc je pense que je ne suis pas assez… Je manque de fermeté. Etre ferme… on peut être très calme et très ferme. C’est souvent plus respecté d’ailleurs qu’être… de rigoler (17) tout le temps et d’un coup, s’énerver d’un coup, parce qu’évidemment, c’est comme ça, hein. Moi je m’énerve d’un coup et… Mais bon, après, ça m’énerve de m’énerver. Et je m’en veux. (18)

Quelques détails :
1. un prieuré : un couvent. Beaucoup ont été vendus à des particuliers.
2. La Révolution Française : 1789-1799.
3. un sacré truc : quelque chose d’incroyable et d’important (familier) / une sacrée délivrance : une vraie délivrance, un vrai soulagement.
4. la SF : la science fiction
5. un polar : un roman policier (familier)
6. Alexandre Dumas : il a écrit par exemple Les trois Mousquetaires, La reine Margot, Le Comte de Monte Cristo. Tout le monde ou presque a lu un de ses romans. A l’époque où il n’y avait pas encore de littérature spécialisée pour les enfants et les ados comme aujourd’hui, il était très lu par les jeunes.
7. La Redoute = le catalogue de la Redoute. C’est une entreprise de vente par correspondance. Ils vendent de tout : vêtements, mobilier, jouets, electro-ménager, etc… Pendant très longtemps, ils ont été les seuls dans ce domaine avec leur concurrent : Les Trois Suisses. Toutes les familles ou presque avaient l’un ou l’autre catalogue, ou les deux ! Les choses ont changé avec l’arrivée des vendeurs sur internet. Mais c’est toujours une véritable institution en France.
8. le bon chic bon genre : un style de vêtements très classiques et bourgeois.
9. avoir du mal à faire quelque chose : avoir des difficultés / trouver ça difficile.
10. se retrouver quelque part : arriver quelque part un peu par hasard.
11. la fac : l’université (abréviation familière de faculté)
12. un amphi : abréviation de « amphitéâtre ». C’est le nom donné aux grandes salles où ont lieu des cours avec de très nombreux étudiants. Il y a des cours d’amphi et des TD (=Travaux Dirigés), c’est-à-dire des cours en plus petits groupes.
13. Fallait faire = Il fallait faire (Il fallait agir) C’est familier et oral (et très fréquent) d’omettre « Il ».
14. un tournage : la période où un cinéaste tourne un film, avec ses acteurs. On dit : sur un tournage / sur le tournage de « Potiche ». On dit aussi : pendant le tournage.
15. vachement : très (familier et oral)
16. gueuler : crier (argot, très familier)
17. rigoler : rire (familier)
18. Je m’en veux : je me fais des reproches, je regrette d’avoir agi comme je l’ai fait.

C’est trop cher en France !

Les jeunes Français aiment de plus en plus aller étudier à l’étranger. Evidemment, une de leurs grandes motivations, c’est de parler anglais couramment, donc l’étranger, ce sont souvent les pays anglophones.
Mais pas seulement. Les raisons de partir peuvent être bien différentes. C’est le cas des jeunes qui veulent devenir kinésithérapeutes* par exemple: le problème, c’est que la formation en France est ouverte à un nombre limité de candidats qui doivent d’abord passer le barrage d’un concours difficile. C’est le cas aussi des étudiants en Arts Plastiques, qui veulent devenir designers, architectes d’intérieur, stylistes.

Alors, si ailleurs, c’est plus ouvert, pourquoi ne pas s’expatrier ? Si en plus, c’est moins cher que dans certaines écoles françaises très sélectives… Et si ce n’est pas trop loin…


Transcription:
– Bon, c’est un cours de quoi, alors ? (1)
– Arts Plastique, Aménagement – Arts Plastiques.
– Vous êtes en première année ?
– Deuxième.
– Deuxième. Quelle filière ? (2)
– Création d’intérieurs.
– D’accord. Vous êtes français ou belge ?
– Belge ?
– Ouais.
– Vous êtes rares alors, ici.
– Bah, on est trois ou quatre, je pense.
– Trois- quatre dans la classe ?
– Ouais, sur 22 je pense.

– Vous êtes française ou belge ?
– Française.
– Pourquoi vous avez choisi de faire vos études en Belgique ?
– Bah déjà (3) par rapport à l’école, qui est une très bonne école.
– Il y a des différences financières aussi ?
– Oh oui ! Plus d’écoles privées en France, qui sont en plus très, très chères généralement.
– Il y a aussi des filières gratuites en France, il y a les Beaux Arts, les Arts Déco, ça c’est… ça, c’est pas cher.
– Ouais. C’est aussi beaucoup plus dur d’y rentrer.
– Donc si je comprends bien, en France, soit c’est trop dur d’y entrer, soit c’est trop cher. Il y a pas de juste milieu. (4)
– Non. C’est toujours ça. Ou alors, c’est très dur d’y rentrer et c’est très cher aussi.
– Par exemple ?
– J’avais… Je m’étais renseignée sur Camondo qui est une excellente école et c’est… C’est un… sur concours (5). C’est très, très dur d’y rentrer et c’est du 9000€ à l’année (6).
– Donc ça, c’est pas possible pour vous.
– Non.
– Les parents peuvent pas suivre derrière (7).
– Ah non ! Faut quand même pas abuser ! (8)

– Ici, le minerval est à 800 € par an.
– Le… ?
– Le minerval. C’est la somme à payer pour toute l’année en fait.
– D’accord. La scolarité, quoi.
– Voilà, exactement.
– Les frais de scolarité, le minerval. J’ai appris un mot! La plupart des Français ici rentrent chez eux le soir ? Il y a pas beaucoup d’implication dans la vie belge…
– En fait, il y a… Il y a un train qui s’arrête directement donc à Froyennes qui dessert toute l’école. Donc ouais, les trains sont bondés (9)le matin. Pas mal de personnes (10) aussi kotent sur… kotent sur Tournai.
– Kotent ?
– Kotent. Le kot en fait, c’est « k-o-t », c’est un logement étudiant.
– Ça c’est un mot belge aussi.
– Exactement.

– Vous êtes en quelle filière ?
– Stylisme de mode. Première année.
– Vous payez un loyer moins cher à Tournai qu’à Paris, j’imagine.
– Bah, 500 € pour un appartement à Paris qui en vaudrait dans les 1200-1300 (11), voire même plus. Enfin tout dépend le quartier (12) mais… Donc oui, bon, ça va mais… mais ça reste Tournai (13), quoi. Ça reste Tournai.

– Le bistrot (14) en face de l’Ecole Saint Luc, alors.
– Oui.
– Qu’est-ce que vous pensez, vous, de tous ces Français à l’école Saint Luc ?
– Tant qu’il y a de la place pour les Belges, ça nous dérange pas, quoi.
– C’est vrai que… que ça fait bizarre de pouvoir dire d’une école qu’il y a plus de 80 % d’étudiants qui ne sont pas belges. C’est l’Etat belge qui paye les salaires des profs et… et des membres du personnel de cette école-là, quoi. Ça c’est le… c’est le négatif entre guillemets (15) qui n’en est pas pas vraiment un*. Mais c’est vrai qu’il y a du positif à côté. Ça fait vivre Tournai, la région et… et voilà, quoi. Ces gens-là, ils font leurs courses ici dans la région.
– Donc c’est bon pour le commerce.
– Donc voilà, il y a pas que du négatif. Il y a autant de positif que de négatif. Et donc je pense qu’on n’a pas à se plaindre.

Quelques explications :
1. C’est un cours de quoi ? : question typiquement orale et tout à fait naturelle. Sinon, on pourrait dire : Qu’est-ce que c’est comme cours ?
2. une filière : une voie particulière dans un cursus d’études. Par exemple, à l’université ou au lycée, on parle de filière scientifique, de filière littéraire.
3. déjà : ici, c’est l’équivalent de « premièrement ». C’est la première raison d’une liste.
4. le juste milieu : un compromis, une solution équilibrée qui n’est pas dans les extrêmes.
5. un concours : un examen très sélectif car il y a un nombre de places fixés d’avance. Donc avoir un bon résultat ne suffit pas, il faut être dans les premiers. On dit que l’entrée dans ces écoles est sur concours.
6. c’est du 9000 € : en rajoutant « du » devant la somme à payer, on indique que c’est une somme approximative, qui tourne autour des 9000 €. (familier). On dit aussi « c’est dans les 9000 €. »
7. ils ne peuvent pas suivre derrière : ils n’ont pas les moyens financiers. (familier)
8. Faut pas abuser = Il ne faut pas abuser / exagérer.
9. bondé : très plein. On utilise cet adjectif pour les moyens de transports : un train / un métro / un bus bondé.
10. Pas mal de personnes : un nombre plutôt important de gens.
11. dans les 1200-1300 : elle dit juste «dans les mille deux – mille trois » au lieu de « mille deux cents – mille trois cents ». Elle a utilisé « cent » juste avant dans « 500 », donc on comprend de quoi elle parle. Elle évite de répéter « cent » , mais c’est très oral.
12. Tout dépend le quartier : de plus en plus de gens, notamment les jeunes, disent ça au lieu de « Tout dépend du quartier » qui est la forme correcte. (dépendre de / du…)
13. ça reste Tournai : ce n’est que Tournai = une petite ville comparée à Paris.
14. un bistro / un bistrot : un café. (familier). L’autre mot familier très utilisé, c’est «un troquet».
15. entre guillemets : on emploie cette expression pour atténuer un mot ou le nuancer.

* un kinésithérapeute = c’est la personne qui vous fait faire de la rééducation, c’est-à-dire qui vous réapprend à vous servir de vos bras, de vos jambes, de vos muscles après un accident par exemple. La plupart du temps, on utilise l’abréviation : un kiné.

L’accent des deux femmes du café: c’est un accent belge. Evidemment, les Belges diront qu’ils n’ont pas d’accent ! En tout cas, nous Français, nous situons tout de suite cette manière de parler  chez nos voisins de l’autre côté de la frontière ! Et comme vous l’avez entendu, certains mots sont employés uniquement en Belgique.

* Et pour finir, quelque chose qui n’est ni belge ni français:
une liaison « interdite« , entre vraiment et un dans « pas vraiment un« , avec un « z » parasite très tentant, comme si vraiment se terminait par un « s » !

Un français (presque) parfait

David est anglais, Rafaela et Laura sont italiennes. Tous les trois sont étudiants à Paris. C’est très intéressant de les entendre comparer leurs pays respectifs à la France. Stages, coût de la vie, avantages accordés aux jeunes, voici quelques points qu’ils ont évoqués.

Et surtout, ils ont fait ça dans un français quasi parfait, surtout David et Rafaela : expressions, tournures de phrases très naturelles, avec juste une petite pointe d’accent anglais ou italien par-ci par-là. Ils ont dépassé le stade du français appris à l’école et adopté la manière de parler des Français. Intégration parfaite ! Bravo !


Transcription:
– Est-ce que c’est la même chose en Angleterre, les stages non rémunérés ?
– Non, en fait, c’est plus rémunéré en Angleterre, oui. Vaut (1) mieux être payé parce qu’en Angleterre aussi, il faut payer pour les études. Faut (1) payer au moins, je sais pas (2), 3 000 € par an, pour les études. Moi, j’ai (3) fait un stage ici mais j’étais pas très bien payé. Mais c’était pour l’expérience.
– Est-ce que vous avez l’impression que c’est plus facile d’être jeune en Italie qu’ en France ?
– Les loyers sur (4) Paris, c’est cher, ça c’est clair (5). Mais je pense que ça, c’est Paris. Mais par contre, c’est vrai qu’on a quand même pas mal d’aides (6) pour les étudiants : des bourses et des… Ce qui existe pas en Italie. Donc, voilà.
– La société française est plus clémente envers les jeunes que la société italienne ?
– Ouais, je pense, ouais. Je pense que oui. Après, il y a des côtés différents, c’est-à-dire que en Italie, c’est un peu plus facile peut-être de connaître des gens quand on est à la fac (7). C’est plus jeune, l’ambiance à la fac, lorsqu’ici (8), c’est un peu plus sérieux, un peu plus… Mais bon… Pour des possibilités de travailler, tout ça, c’est mieux d’être en France, je pense.
– Vous êtes d’accord avec ça ? Financièrement, c’est plus dur, l’Italie ?
– Oui, c’est plus dur, parce que le logement ici est cher, mais pour les autres choses, on a par exemple beaucoup de possibilités pour les jeunes, par exemple dans les musées, dans les cinémas, on a beaucoup de réductions. Par contre, en Italie, on n’a pas ça.
– Je pense que la France est beaucoup plus socialiste. Elle aide beaucoup plus les gens qu’en Angleterre. En France, tout  est moins cher pour les moins de 26 ans par exemple. En Angleterre, c’est jusqu’à l’âge de, je sais pas (2), 21 ans. Mais…
– On est jeune plus vieux en France, alors ?
– Oui, bah parce qu’on fait des études jusqu’à 26-27. Et après, on cherche un travail. Mais en Angleterre, c’est à l’âge de 21 ans, même avant. C’est… C’est ça, la différence aussi.
– En Italie aussi, le tarif Jeunes, c’est jusqu’à 21 ans,  pas plus ?
– Je pense jusqu’à 18 (9). Non, il n’y a pas (10) pour les musées. Pour les musées, il n’y a pas de tarif réduit pour…
– Et dans les transports , alors ? C’est jusqu’à quel âge qu’on est jeune ?
– Dans les transports, il y a (11). Si tu es un étudiant universitaire, il y a beaucoup de choix dans les transports et aussi dans les cinémas et dans les musées. Mais tu dois toujours amener ta carte et démontrer la chose (12).
– C’est pas une question d’âge, c’est une question de statut d’étudiant.
– C’est ça, c’est ça.
– Allez, on retourne voir le concert . C’est parti ! (13)

Quelques détails sur leur français: ce qui est parfait et ce qui l’est un peu moins.
1. Vaut mieux… /Faut… : comme beaucoup de Français à l’oral, David ne dit pas « Il ». Il a bien intégré la leçon ! Son français oral est très naturel.
2. je sais pas : dire « je sais pas » permet de chercher ce qu’on va dire, de faire une sorte de petite pause. Ici, c’est parce que David cherche le prix des études. Il utilise « je sais pas » exactement comme un Français et prononce ça comme nous le faisons : « Chais pas ». C’est parfait !
3. Moi, j’ai… : ça aussi, c’est très français de dire « Moi, je… »au lieu de dire juste « Je ».
4. sur Paris : c’est comme « à Paris », qui est l’expression correcte. Mais on dit  souvent ça comme le fait Rafaela. C’est une expression qui est devenue à la mode. Rafaela aussi a un français très naturel.
5. c’est clair = Expression très employée notamment par les jeunes depuis quelques années. Avant, on disait plutôt : « C’est sûr ».
6. pas mal d’aides : beaucoup d’aides (financières) = des allocations, des bourses, etc…
7. la fac : abréviation de faculté, mot que personne n’emploie jamais en entier. = l’université. (plutôt familier)
8. lorsqu’ici : un Français dira : « alors qu’ici ». Rafaela mélange les 2 expressions.
9. jusqu’à 18 : pour nous, c’est bizarre de s’arrêter après 18. Il faut dire « jusqu’à 18 ans ».
10. Il n’y a pas pour les musées : on comprend parfaitement mais ce n’est pas correct en français. Il faut dire : « Il n’y a pas de tarif Jeunes » ou « Il n’y en a pas», avec « en » qui remplace « de tarif Jeunes ». Difficile ce petit mot en en français.
11. Il y a : on ne peut pas terminer la phrase comme ça. On doit dire : « Dans les transports, il y a un tarif Jeunes ». Ou alors, pour ne pas répéter « tarif Jeunes », il faut dire « Dans les transports, ça existe ».
12. démontrer la chose : on comprend mais ce n’est pas très  naturel de dire ça comme ça. Il vaut mieux dire : « Tu dois toujours avoir ta carte avec toi pour le prouver. » Ou alors, « Tu dois toujours montrer ta carte d’étudiant ». Le verbe démontrer n’a pas ce sens. De plus, en français, on évite d’employer le mot chose trop souvent. Il y a un autre exemple un peu avant quand Laura dit:  pour les autres choses. C’est plus naturel de dire : pour le reste.   
13. C’est parti ! : on dit ça juste avant de faire une activité pour bien marquer le début de cette activité.

Transcription de mes commentaires sur leur prononciation:
Voilà, alors, juste un petit commentaire sur la façon de parler de ces trois jeunes étrangers, qui ont donc des accents français quasiment parfaits. Laura, la deuxième italienne, a un accent italien un petit peu plus marqué. Mais en ce qui concerne David et Rafaela, c’est quasiment parfait. Voilà. Et je me suis dit que ça serait peut-être intéressant de vous dire à quoi, nous, Français, on reconnaît qu’en fait, ce ne sont pas des francophones. Et voilà. Ce sont en fait de tout petits détails.

Lire la Suite…

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