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Voyage de retour

TGV AtlantiqueSi vous avez regardé mes photos sur instagram pendant ces vacances, vous savez que je suis allée en Bretagne à la fin du mois d’août. Voyage en train : TGV entre Marseille et Paris, changement de gare à Paris et TGV entre Paris et Le Croisic. Et l’inverse au retour bien sûr.

Alors, avant de se dire que les vacances sont bel et bien terminées, voici un petit écho des annonces qui sont faites pendant le voyage. Si vous vous déplacez en France par le train, c’est ce que vous entendrez.

Ou ici : Dans le TGV Atlantique

Transcription :
Nous desservirons (1) la gare d’Angers-Saint Laud. Arrivée prévue dans la capitale à 13h20 (2). D’ici quelques instants (3), je passerai parmi vous (4). Si vous n’avez pas composté (5) votre billet ou si vous en êtes démuni (6), merci de me l’indiquer. Mesdames et Messieurs, au nom de TGV, je vous souhaite un agréable voyage (7).
[L’équipe] vous informe que son bar situé voiture 14 se tient à votre disposition (8) pour un service de boissons chaudes et fraîches, en-cas (9) et friandises (10), ainsi qu’une restauration (11) légère à consommer sur place ou à emporter. Nous vous invitons à venir composer vous-même votre menu à partir de 5,90 € : sandwiches, salades, en-cas chauds, plats traiteur, desserts gourmands (12) et boissons fraîches sont au rendez-vous. Vous trouverez également dans notre offre boutique des magazines d’actualité au prix du kiosque (13), et même des tickets de métro, bus et tramway parisiens, vendus à l’unité (14) pour vous faciliter l’accès en gare de Paris-Montparnasse. Mesdames, Messieurs, nous vous remercions de votre attention et nous vous souhaitons un agréable voyage. A tout de suite (15) au bar, voiture 14. Merci.

Quelques détails de vocabulaire et pratiques:
1. desservir une gare : c’est le verbe qu’on utilise toujours à propos des trains. Sinon, de façon plus « ordinaire », on dit simplement que le train s’arrête à Angers par exemple.
2. 13h20 : dans les transports, on utilise toujours le format 24 heures, pour qu’il n’y ait pas de confusion entre le matin et l’après-midi ou la soirée. Quand on parle, dans la vie courante, on dit indifféremment « treize heures vingt » ou « une heure vingt ».
3. d’ici quelques instants : synonyme de dans quelques instants.
4. Je passerai parmi vous : les contrôleurs passent à chaque place pour contrôler les billets. Vous pouvez avoir un billet papier délivré à la gare, un billet que vous avez imprimé chez vous sur une feuille A4, un billet « virtuel » sur une application dans votre téléphone ou enregistré sur votre carte d’abonnement si vous en avez une.
5. Composter un billet : c’est le mettre dans une machine à la gare qui imprime la date et l’heure dessus. Mais on ne fait ça que si on a un billet papier acheté au guichet à la gare ou délivré par une machine automatique à la gare. De toute façon, c’est écrit s’il faut le faire ou pas sur le billet que vous avez.
6. Être démuni : ne pas avoir quelque chose. Style soutenu. Plus simplement, on dit bien sûr : Si vous n’avez pas de billet / Si vous n’en avez pas.
7. Un agréable voyage : c’est la formule toute faite, traditionnelle dans les transports. Quand on parle à un ami, un membre de la famille, etc…, on dit juste : Je te souhaite (un) bon voyage. / Bon voyage / Fais bon voyage.
8. Se tenir à la disposition de quelqu’un : normalement, c’est plutôt une personne qui se tient à la disposition d’une autre. Donc il vaudrait mieux dire : Notre équipe se tient à votre disposition. Ou alors : Un bar est à votre disposition. (avec juste le verbe être)
9. Un en-cas : c’est juste un petit quelque chose qu’on mange au cas où on a faim, pas un sandwich, ni un repas. Ça sert juste à couper la faim quand n’a pas le temps de faire un vrai repas.
10. Des friandises : ce sont normalement des bonbons, des aliments sucrés. Donc là, il s’agit de barres de céréales, ou de barres chocolatées par exemple.
11. Une restauration légère : ce terme signifie qu’on peut prendre des plats légers. Si vous parlez, vous n’utiliserez pas ce terme. Vous direz juste : je voudrais manger léger / J’ai mangé léger ce midi.
12. Un dessert gourmand : normalement, ce sont les gens qui sont gourmands, quand ils aiment bien manger, notamment des plats sucrés. Mais on utilise maintenant cet adjectif à propos des plats eux-mêmes qui vont plaire aux gourmands. Par exemple, prendre un café gourmand au restaurant à la fin du repas, c’est boire un café qu’on vous sert accompagné de petits gâteaux, de chocolats, de petites douceurs (sucrées).
13. Un kiosque : c’est comme ça qu’on appelle les lieux dans la rue, dans les gares ou les aéroports où on achète les journaux et les magazines. (Sinon, ça s’achète chez le marchand de journaux, ce qui désigne une vraie boutique.) Donc ici, elle veut simplement dire que ce n’est pas plus cher dans le train.
14. Des tickets de métro vendus à l’unité : cela signifie que vous les achetez un par un au lieu d’acheter un carnet (de 10 tickets). Donc ils sont un peu plus chers, comme toujours à l’unité. Mais ça peut vraiment dépanner et faire gagner du temps si on est pressé en arrivant.
15. A tout de suite : c’est ce qu’on dit quand on va se voir (ou se parler au téléphone) dans les minutes qui suivent. (Si ce n’est pas le cas, on dit : A tout à l’heure / A plus tard. / A bientôt)

La rentrée, en France, c’est comme un nouveau départ, le début d’une nouvelle année, après les vacances d’été.
Je suis contente de vous retrouver !

(Je n’ai pas encore répondu à tous les commentaires récents. Cela ne saurait tarder. A tout à l’heure !)

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Les vacances

Batz
Vendredi, les lycéens de terminale ont découvert les résultats du bac. C’était aussi le dernier jour de classe pour les écoliers et les collégiens. Début des grandes vacances, bien nommées puisqu’elles vont durer huit semaines: rentrée des classes le 3 septembre pour les élèves. Certains adultes trouvent ça trop long ! Mais pas leurs enfants !

Transcription
– Moi, je vais aller chez ma mamie (1) à Lyon et puis après, je vais aller… Mes parents vont venir me chercher et après, ils vont m’emmener chez mon autre mamie, à Dijon.
– J’ai hâte (2) parce que l’école, quand même (3), hein ! Des fois, c’est bien parce qu’on fait des choses drôles. Mais à un moment, ça devient chiant (4) et si il y avait pas de vacances, eh ben, j’irais pas à l’école tous les jours.
– Des fois, c’est un peu ennuyeux, par exemple les évaluations, les dictées.
– On passe son temps à sortir (5) plutôt que de rester chez nous. Voilà. On voit des amis, on sort.
– Vu que pendant les cours, il faut que je bosse (6), j’ai pas le temps de faire du vélo, bah je compense avec les vacances. Donc je fais du vélo tout le temps, voilà. Je me suis mis un but (7) sur certaines figures que je réussisse (8) et voilà. Alors je suis à fond (9) dedans.
– Du roller et aller avec les autres pour rouler. C’est le mieux. Après, je reste chez moi, je joue à la Play (10).

Quelques détails :
1. ma mamie : c’est comme ça que beaucoup d’enfants appellent leur grand-mère.
2. J’ai hâte : je suis impatient. (Mais on utilise beaucoup plus souvent l’expression avoir hâte qu’être impatient) Cette expression est souvent suivie d’un verbe à l’infintif introduit par de : J’ai hâte d’être en vacances. / J’ai hâte de partir en vacances.
Si on parle de quelqu’un d’autre, cette expression est suivie de que et du subjonctif : J’ai hâte que les vacances commencent. / J’ai hâte que nous fassions les valises. / J’ai hâte que les enfants soient en vacances.
3. Quand même : on utilise souvent cette expression pour sous-entendre une restriction. Ici, il veut dire que bien sûr, l’école fait partie de la vie mais malgré tout, ça ne lui déplairait pas s’il n’y en avait pas !
4. Chiant : pénible, ennuyeux. Très familier, à ne pas employer dans n’importe quelle situation. D’ailleurs, si les parents de ce garçon étaient là, ils lui diraient probablement de surveiller son langage pour répondre à un adulte qui lui pose des questions.
5. Sortir : cela signifie sortir avec les copains et copines, donc s’amuser.
6. Bosser : travailler (familier)
7. je me suis mis un but : normalement, on dit plutôt : Je me suis fixé un but.
8. Des figures que je réussisse : ce n’est pas très bien dit non plus. Mais ça passe à l’oral. Il faudrait dire par exemple: certaines figures que je veux réussir.
9. Être à fond dans une activité : passer beaucoup de temps à faire cette activité, avec intensité et passion.
10. La Play : abréviation très courante de la Play Station.

Ça tombe bien !

Fin d’un long weekend pour beaucoup de Français. C’est que cette année, par le hasard des dates, deux jours fériés se suivaient dans la même semaine: le 8 mai et l’Ascension. Et comme c’était un mercredi et un jeudi, c’était l’occasion de faire ce que nous appelons Faire le pont, c’est-à-dire prendre aussi le vendredi pour enchaîner avec le weekend. Cette année, c’est bien tombé !

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Mais bien sûr, tous les ans, invariablement, il y en a pour nous expliquer que ça tombe très mal. Rendez-vous compte, l’économie est en danger, avec tous ces Français qui ne pensent qu’à se reposer. Quelle calamité, ces jours fériés qui tombent en mai-juin ! Eh oui, le 1er mai, fête du travail et le 8 mai tombent toujours en mai, et qui plus est, le même jour de la semaine … L’Ascension est toujours un jeudi, le lundi de Pentecôte – sans surprise un lundi – est (plus ou moins) férié aussi, en mai ou juin selon les années.

Ces gardiens de notre productivité oublient en général de dire que cela s’équilibre au fil du temps et que certaines années, le 1er et le 8 mai tombent le weekend. Tout comme Noël et le Jour de l’An.
Ils oublient aussi de mentionner que de plus en plus de Français travaillent ces jours-là, dans les magasins et les supermarchés, parce que ce serait dommage quand même de ne pas pouvoir consommer, acheter, dépenser !
Ils oublient aussi que la terre ne va pas s’arrêter de tourner pour ça.

Long weekend donc, et beaucoup de monde à Marseille, touristes (c’est bon pour l’économie!) et Marseillais, pour flâner du côté des nouveaux musées de la ville, installés dans des lieux rendus au public ou du côté du Vieux Port, qui vient de faire peau neuve, avec son ombrière aux multiples reflets.

Musée

Marseille L' Ombrière du Vieux Port

Une chose est sûre, c’est que ces jours fériés sont d’abord des jours de congé ! Certains et certaines sont un peu dans le vague quant au pourquoi de ces dates. (Ce qui reflète la place de la religion catholique et montre que les Français n’ont pas tous retenu les cours d’histoire !) A écouter ici:Transcription :
– Je me suis pas posé la question, je vous avouerais !
– Non non, je suis pas au courant (1). Il y a un jour férié ?
– Ben oui. C’est l’Ascension.
– Oui, oui, c’est l’Ascension, non ?
– Bien sûr, le 8 mai, c’est la fin de la deuxième guerre mondiale. Comme d’habitude, depuis toujours (2), un défilé et un hommage, sous l’Arc de Triomphe, au Soldat Inconnu.
– Le 8 mai ? L’Ascension !
– Alors, attendez, le 8 mai 45, c’était la Libération de Paris (3).
– C’est la Pentecôte, c’est ça ? Ou l’Ascension. Je sais plus. Je sais pas exactement.
– Moi, je sais pas. Tout ce que je sais, c’est que je bosse (4) pas !
– Bah, la Libération de 45. On fête la victoire, de l’arrêt de la guerre entre l’Allemagne et les pays alliés.
– Ça représente d’abord des souvenirs personnels puisque à cette époque-là, j’avais neuf ans et je venais de recevoir, sur les maisons que j’habitais, à deux reprises (5), des obus qui venaient de je ne sais où et où j’ai failli (6) perdre ma grand-mère d’une part et ma petite sœur d’autre part. Pour moi, c’est fondamental, d’une part parce que j’ai vécu cette période et puis d’autre part pour les jeunes générations. Ils ont besoin – et j’ai une petite fille qui a dix ans et qui a besoin de savoir – et donc il est important pour les générations qui viennent derrière nous que ces cérémonies se poursuivent dans le temps.

Quelques détails :
1. ne pas être au courant : ne pas savoir
2. depuis toujours : en fait, le 8 mai n’a plus été un jour férié pendant longtemps. Il a été rétabli en 1981.
3. la Libération de Paris : c’est en fait en août 1944. Le 8 mai 45 est le jour où a été annoncée la capitulation de l’Allemagne.
4. bosser : travailler (familier)
5. à deux reprises : deux fois
6. j’ai failli (+ verbe) : c’est presque arrivé mais finalement, non. Par exemple : J’ai failli l’appeler. Mais finalement, je me suis débrouillée toute seule. / Il a failli perdre la vie en faisant l’ascension de l’Everest. On emploie ce verbe (faillir) au passé composé uniquement aujourd’hui. (Parfois au plus-que-parfait: il avait failli… et au passé simple dans les romans: il faillit…)

Des vacances pour tous les enfants

C’est le début des grandes vacances: la rentrée des classes aura lieu début septembre. Mais que font donc les enfants en juillet et août ?
Ils partent avec leurs parents. Mais cela ne représente en général que trois semaines de cette longue période sans école. Alors, pour certains, les grands-parents prennent le relais. Pour d’autres, ce sont des journées bien occupées au centre aéré du quartier ou un séjour en camp de vacances.
Mais il y a aussi plusieurs millions d’enfants qui ne partent pas du tout. C’est pour cette raison que des associations se démènent tous les ans pour leur organiser de petits séjours dans des familles bénévoles, prêtes à donner de leur temps, partager leur maison et leur quotidien pour offrir une pause à ces enfants.
Voici le témoignage touchant d’une petite fille qui mérite elle aussi des vacances et sait les apprécier.


Transcription:
C’était tellement bien que je me suis… Pfou là là ! Tellement c’était bien, je sais pas quel mot mettre dessus ! Je trouve pas le mot. Au moins, j’avais quelques chose à raconter. Il y a plein de filles, elles sont parties en vacances et tout ça. Elles disaient: « Moi, je suis partie (1) à la plage, je suis partie à la piscine (1), je suis partie chez ma tante (2). » Des fois, je pleurais parce que je voyais tous les enfants en train de partir, et moi, comme de par hasard (3), c’était moi je partais pas (4). On faisait du vélo, on partait… On est partis au zoo (5). J’ai pu connaître des autres enfants (6), que je connaissais pas. Tu es comme leur propre fille. Et du coup, c’est ça qui m’a… que j’ai bien aimé. En plus, c’était grand, on avait notre chambre toutes seules et tout ça. C’était bien ! Je me rappellerai toute ma vie de ces vacances (7).
Le seul bémol (8), sa mère, restée à la maison.
Elle est courageuse! Tous les efforts qu’elle fait pour nous ! C’est tellement difficile. C’est un peu injuste que il y en a (9) qui ont (10) de la chance et qui peuvent partir et que il y en a qui ont (10) pas de chance et qui peuvent pas partir.
Sauf que sa maman vit avec 1000 € par mois.

Quelques détails:
1. je suis partie à la plage / je suis partie à la piscine: ce n’est pas correct ici. Il faut dire: Je suis allée à la plage / à la piscine. Beaucoup d’enfants se trompent dans l’utilisation de partir et aller.
2. Je suis partie chez ma tante: là, ça peut marcher, car c’est comme dire: Je suis partie en vacances chez ma tante. On peut dire aussi: Je suis allée chez ma tante.
3. comme de par hasard: « de » est en trop. C’est simplement: Comme par hasard.
4. c’était moi je partais pas: il faudrait dire soit: C’était moi qui ne partais pas, soit: Moi je partais pas.
5. on est partis au zoo: il faut dire « On est allés au zoo. »
6. des autres enfants: il faut contracter et dire: d’autres enfants.
7. se rappeler de quelque chose: ce n’est pas la bonne construction. Il n’y a pas « de » après ce verbe. En fait, la faute est fréquente car on dit: se souvenir de quelque chose, avec « de », d’où la confusion entre les deux verbes.
8. le seul bémol: un bémol est un signe en musique qui baisse une note. Au sens figuré, cela veut dire qu’il y a un élément qui empêche que la situation soit parfaite. On pourrait employer une autre image: La seule ombre au tableau, c’est que…
9. que il y en a qui… : il faudrait dire: Qu’il y en ait qui
10. qui ont: elle fait une liaison interdite entre qui et ont, en rajoutant le son « z », comme s’il y avait un « s » au bout de « qui ». C’est une faute qu’on entend notamment chez les enfants, qui mélangent avec « ils ont », où on est obligé de faire la liaison.

Plus de peur que de mal

Les TGV, comme l’indique leur nom, roulent vite, très vite. Les voies sur lesquelles ils circulent sont donc très protégées pour éviter toute collision avec quoi que ce soit. Mais ce weekend, fait rarissime, un TGV Atlantique, parti de La Rochelle, a eu un accident. En fait, il était encore sur une portion de voie classique où la vitesse maximum n’est que de 200 km/h environ. L’avantage, c’est qu’il n’était pas à pleine vitesse. L’inconvénient, c’est que sur les voies classiques, il y a encore des passages à niveau, là où les routes traversent les voies ferrées, ce qui est source d’accidents. Tout le monde s’en tire sain et sauf. Mais quand même, les passagers ont eu très peur ! Et puis aussi, il faut dire que ça tombait mal* car ce weekend était très chargé: ce sont les vacances scolaires d’hiver en France.

Voici donc un petit aperçu de ce qui s’est passé pendant ce voyage plutôt mouvementé.
Puis mes commentaires sur la façon de parler habituelle des journalistes qui présentent les infos à la radio ou à la télé.


Transcription:
Les passagers du TGV La Rochelle-Paris ont eu pour certains la peur de leur vie. Vers 21h15 hier soir près de Niort, le train a pulvérisé une voiture qui était restée coincée sur les voies. Son conducteur avait eu le temps de s’échapper. Le train, lui, a déraillé mais pas complètement. Il n’y a pas eu de blessés mais près de 300 personnes (1) ont dû être évacuées. Sur place, le reportage d’Anne-Laure L.
Sous la pluie vers une heure et demie du matin, les passagers du TGV accidenté arrivent enfin en gare de La Rochelle. Deux bus ont été affrêtés par la SNCF(2). A leur descente, des passagers qui ont eu plus de peur que de mal (3), comme Caroline et Julie.
– Moi, j’étais dans le bar avec… enfin la… la voiture-bar avec mes deux fils. Et puis, on est… On était en train de commander. Puis tout à coup, ça a bougé, mais (4) de façon hyper-violente. C’est très impressionnant, très, très impressionnant !
– Il y a eu un basculement (5)… Le train a eu des basculements, comme si on perdait l’équilibre et puis on se remettait sur les rails. Et c’est…ça… ça nous a fichu les jetons (6)!

Sur le trottoir devant la gare, les passagers semblent un peu perdus. La question, c’est de savoir où ils vont aller.
– Bah en fait, moi j’habite à Paris et là, j’ai aucun endroit où dormir. Donc on va voir ce qu’on peut faire.

Des agents de la SNCF en gilet rouge dirigent les voyageurs.
– Les personnes qui sont en couple, déjà.
– On est mineurs (7), nous.
– Alors, les personnes… Monsieur, là. Les personnes les plus âgées pour les… par rapport aux jeunes…

Par groupes, ils se dirigent vers:
– Un hôtel.
– Un hôtel à côté de la gare.
Et c’est avec quelques heures de sommeil à peine que tous pourront reprendre le TGV ce matin.

Et du monde dans les trains, il va y en avoir ce weekend, mais aussi sur les routes. C’est le premier chassé-croisé (8) de ces vacances de février et la zone B (9) commence ses congés. Bison Fûté (10) a colorié ce samedi en rouge (11) en Rhône-Alpes et dans le quart nord-est du pays.

Quelques explications:
1. près de 300 personnes : à peu près 300 personnes. Les TGV simples transportent environ 300 passagers. Les duplex (à deux étages) doubles peuvent transporter plus de 1000 passagers d’un coup.
2. la SNCF : c’est l’entreprise qui assure le transport en train des voyageurs et d’une partie des marchandises et gère le réseau ferré français.
3. ils ont eu plus de peur que de mal : c’est une façon de dire que tout le monde est sain et sauf, après une grosse frayeur.
4. mais de façon hyper violente: ce « mais » sert à renforcer la suite.
5. un basculement: le train a basculé, s’est penché.
6. ça nous a fichu les jetons : ça nous a fait très peur. (argot, donc familier)). On peut dire aussi: On a eu les jetons.
7. être mineur : ne pas être majeur, c’est-à-dire ne pas avoir encore 18 ans.
8. un chassé-croisé: c’est quand on échange en même temps sa place avec d’autres personnes. On l’emploie pour parler de la circulation en période de vacances, quand par exemple certains quittent Paris au début de leurs congés et croisent ceux qui rentrent. Par exemple, il y a le chassé-croisé des juilletistes – ceux qui sont en vacances en juillet – et des aoûtiens – qui partent en août. Ne circulez pas à ce moment-là si vous pouvez éviter!
9. la zone B: pour les vacances scolaires d’hiver, la France est divisée en 3 zones géographiques qui ne partent pas en vacances en même temps. C’est pareil pour les vacances de printemps.
10. Bison Fûté: le trafic est observé et régulé par le Ministère des transports qui donne des conseils aux automobilistes en période de grands départs en vacances ou de retours. Bison Fûté est la mascotte qui personnifie cet organisme. Etre fûté, c’est être malin, savoir se débrouiller. C’est un mot familier.
11. en rouge: les jours sont classés noirs, rouges, oranges, ou verts selon la densité de la circulation. (du plus chargé au très fluide) C’est annoncé à l’entrée des autoroutes, à la radio, à la télévision.
* ça tombait mal: ce n’était vraiment pas le bon moment.

Transcription de mes commentaires:
Alors, avec ce petit enregistrement, je voulais revenir sur une façon de parler typique de la radio actuellement, une diction qui est très reconnaissable, pas dans toutes les émissions de radio mais dans certaines, et notamment comme les infos. Et on retrouve ça aussi à la télé, au… dans le journal télévisé, dans le JT. Et cette façon de…de parler un peu particulière, c’est le fait de ne pas faire de pause naturelle à la fin des phrases, d’enchaîner justement ces phrases sans respirer du tout au bon moment. Alors, je vous fais ré-entendre un premier passage.

Lire la Suite…

Y aura-t-il de la neige à Noël ?

Question classique à cette saison. Un Noël blanc a quelque chose de plus. Le traîneau du Père Noël sans la neige, c’est quand même moins poétique… et moins pratique !
Mais c’est aussi une interrogation plus terre à terre* pour les stations de ski ! Une belle neige dès décembre, et c’est l’assurance d’attirer les vacanciers pour les congés de fin d’année et de bien préparer la pleine saison en février et mars.

Alors cette année, la réponse est oui ! Les premières stations ont ouvert leurs pistes ce weekend, même à basse altitude, comme dans les Vosges, où tout le monde se frotte les mains**. (et pas parce qu’ils ont froid.)
(J’en ai profité aussi pour parler de l’accent qu’on entend dans cet enregistrement.)


Transcription:
Oh bah, elle est extra (1), la neige (2)! Il y en a 70 cm en haut et 60 en bas. De la neige fraîche, bonne, belle qualité. Ben là, on a poussé de la neige parce qu’on a produit cette nuit(3). Donc il faut pousser les tas, étendre et puis relisser derrière pour que les skieurs puissent se faire plaisir.
Plus de 800 paires de chaussures, les skis, pareil (4). Les raquettes, les luges, les casques. Tous les ans, on a toujours des skis et des chaussures neufs (5), pour que tout soit prêt pour l’ouverture de la station.
C’est que du bonheur !(6) Ça nous permet d’ouvrir la saison sans le grand stress comme l’an dernier : on a ouvert pile pour les vacances de Noël (7). Donc là, ça va nous permettre de roder (8) un peu tout, pour les vacances. On a déjà plus d’un mètre de neige avec la neige artificielle. Donc les vacances sont assurées et une bonne partie de janvier. Même si il y a un redoux qui arrive, on a le temps de voir venir (9).
Ce weekend sera un avant-goût (10) d’une saison qui démarrera à plein régime (11) le 15 décembre.

Quelques détails :
1. extra : super.
2. Elle est extra, la neige ! : Cette structure où on commence par le pronom (elle) alors qu’on n’a pas encore mentionné le nom dont on parle (la neige) est fréquente à l’oral. Ça sert à mettre en valeur ce qu’on dit, comparé à la structure normale : La neige est extra.
3. On a produit cette nuit : les stations de ski utlisent les canons à neige pour les pistes les plus basses en altitude.
4. pareil : même chose (style oral)
5. des skis et des chaussures neufs : l’accord de l’adjectif au masculin est bon puisque quand on a deux noms, un au masculin et un au féminin, c’est le masculin qui l’emporte. Cependant, on essaie dans ce cas de placer le nom masculin le plus près de l’adjectif, et non l’inverse comme ici, parce que ça nous fait quand même un peu bizarre d’entendre « des chaussures neufs ».
6. C’est que du bonheur : cette expression est devenue à la mode, notamment parce que certains animateurs à la télé l’utilisaient tout le temps.
7. pile pour les vacances : exactement au début des vacances, pas avant.
8. roder : tester, vérifier que tout marche bien et faire les ajustements nécessaires pour être bien prêt.
9. On a le temps de voir venir : on est tranquille pour un petit moment. On a l’assurance que ça va aller pour le moment. On n’est pas obligé de se faire du souci.
10. un avant-goût : une première expérience de ce qui va se passer plus tard.
11. à plein régime : à fond, à pleine force. (On l’utilise pour les machines, les moteurs et aussi au sens figuré comme ici.)

* terre à terre : pas poétique du tout, matériel.
** se frotter les mains : être content de la situation, se réjouir.

Eruption volcanique et pagaille dans les airs

Un volcan islandais qui entre en éruption, des images incroyables comme toujours avec les volcans. Mais aussi la vie qui se complique sérieusement pour les Islandais. Et un nuage de cendres, de glace, de vapeur d’eau qui obscurcit le ciel sur une zone impressionnante et empêche les avions de voler. Tous les aéroports européens ou presque, grands et petits, sont paralysés depuis plusieurs jours. Roissy et Orly, les 2 grands aéroports parisiens, n’y échappent pas.

Et ça tombe mal pour les voyageurs et les compagnies aériennes en cette période de plus forte activité du fait des vacances de printemps. Dans ce petit reportage, certains voyageurs sont carrément désabusés, et ça s’entend! D’autres ont finalement de la chance.


Transcription :
Voilà, alors, Roissy et… et Orly, c’est ce que l’on vient d’apprendre, ne rouvriront pas avant demain dans la matinée. C’est ce qu’indique la Direction Générale de la… de l’Aviation Civile. Alors, je vous refais le film (1) pour bien comprendre ce qui passe ici dans la tête des passagers notamment. Normalement, on disait l’aéroport devrait… devait rouvrir aujourd’hui à 14 heures. Et puis finalement, ça a été reporté à 20 heures, en disant peut-être ce sera plus tard. Et donc maintenant, on apprend que c’est demain matin, et pourquoi pas encore plus tard. Et c’est ça qui est le plus difficile pour les passagers ici. Bien évidemment pour ceux qui habitent à Paris, eh bien, ils rentrent chez eux et puis ils espèrent partir un petit peu plus tard. Mais pour ceux qui viennent… Par exemple là, je viens de voir des gens qui viennent de Saint Etienne, qui sont montés à Paris, avec les grèves à la SNCF. Ils arrivent épuisés ici. Ils pensaient pouvoir partir. Leur avion devait partir après 23 heures. Eh bien non, ils sont coincés. Et ils ne savent pas quand ils pourront repartir. C’est ça le plus difficile, c’est cette notion d’expectative et de ne pas pouvoir savoir quand le trafic reprendra.

Et en tout cas, concrètement dans les allées de cet aéroport, Guillaume, vous avez constaté que il vaut mieux être passager de certaines compagnies que d’autres en matière de prise en charge. (2)
Voilà. Bon après, le résultat évidemment est le même : on ne peut pas partir. Mais c’est vrai que dans la manière d’être accueilli, il y a une différence entre Air France et les grandes compagnies, et puis les compagnies low-cost. Air France est la première ici en terme de trafic : 60 % du trafic. Derrière, vous avez Easy Jet. Chez Air France, il y a plusieurs heures de file d’attente mais il y a du personnel pour vous accueillir. Regardez chez Easy Jet ce que ça donne (3):

– Moi je me suis présentée au guichet Easy Jet. Mais en fait, ils en ont rien à foutre. (4)
– Le seul interlocuteur finalement que vous avez, c’est cette borne, c’est ça ?
– C’est la borne informatique, oui. Et puis… et puis le désarroi, quoi. Voilà, mais bon, ça dérange personne. Du côté humain, tout le monde s’en fout. Tu parles aujourd’hui à des machines, et voilà.

Allez, la petite pastille qui va faire des envieux : il y a, disons, quelques avions qui ont pu décoller cet après-midi. Mais vraiment ils sont très rares, et notamment un qui partait vers les Seychelles. Et une dame a eu beaucoup de chance. Elle a téléphoné à Air Seychelles. Et voici ce qu’elle a appris : elle pouvait partir. Elle est en train de monter dans l’avion à l’heure où je vous parle. Regardez.

– On n’y croyait pas. On était resté à la maison. Et puis on a téléphoné. On nous a dit : « Venez vite, ça part ». Donc on est arrivé en quatrième vitesse (5), voilà.
– Bon courage.
– Donc on va profiter des petits poissons et du soleil. On pensera bien à vous !

Mais cet avion, il a été avancé. Et une vingtaine de passagers n’ont pas été prévenus et en ce moment même, ils sont en train de râler (6) juste derrière cette vitre. Ils sont en train de râler parce que l’avion a été avancé. On a fermé les portes pour eux alors…

Quelques détails :
1. je vous refais le film : je vous redis tout ce qui s’est passé.
2. la prise en charge : la façon dont on s’occupe de vous, dont on vous prend à charge.
3. voici ce que ça donne : voici ce qui se passe.
4. Ils en ont rien à foutre : ils s’en fichent complètement. (très, très familier).
5. en quatrième vitesse : très vite, à toute allure. (familier)
6. râler : protester, se plaindre (familier).

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