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En retard

Voyage TGVIl faut à peu près trois heures en TGV pour aller de Paris à Marseille. C’est presque la porte à côté. Sauf lorsque des imprévus viennent perturber ce trajet si facile et confortable.
Donc mercredi dernier, départ pile à l’heure, comme d’habitude, de la gare de Lyon à Paris, voyage sans encombre, arrivée à l’heure à la gare Saint-Charles de Marseille. Enfin presque. Il s’en est fallu de peu.

Nous nous sommes arrêtés à une centaine de mètres des quais, comme cela arrive parfois pour laisser passer un train en partance. (La gare Saint Charles est un cul-de-sac.) Mais l’arrêt a duré plus d’une heure, avec la gare juste là, à portée de main : colis suspect dans la gare, selon la formule malheureusement souvent utilisée ces temps-ci. Arrêt total du trafic, évacuation du périmètre et arrivée des démineurs, pour un bagage sans propriétaire, déposé là par des gens qui ont soit un curieux sens de l’humour, soit des têtes de linotte ! (Pourtant, des annonces sont diffusées sans cesse dans les gares et dans les transports en commun, demandant aux étourdis de vérifier qu’ils n’ont pas oublié une valise ou un sac dans un coin.)

Donc nous avons pris notre mal en patience, en attendant les nouvelles que nous communiquait le personnel du train au fur et à mesure. Dans ma voiture, il y avait des étrangers qui ont eu du mal à comprendre : situation inhabituelle et son moyen dans les hauts-parleurs. Alors voici les messages diffusés : j’ai manqué le premier, un peu prise de court, mais quand j’ai vu que l’attente s’éternisait, j’ai pensé qu’après tout, cela pourrait faire un petit cours de français, tout en espérant que c’était bien une fausse alerte ! On s’occupe comme on peut !

En retard. Colis suspect

Transcription :

– Mesdames et Messieurs, je vous informe que, actuellement, les démineurs sont sur place en gare de Marseille-Saint Charles (1). La totalité de notre retard à l’arrivée devrait (2) se situer aux alentours de (3) 40 minutes environ. Je répète : actuellement, les démineurs sont sur place en gare de Marseille-Saint Charles. La durée totale de notre retard devrait être de 40 minutes à 50 minutes en gare de Marseille-Saint Charles. Je vous remercie de bien vouloir patienter… en attent[…] (4)… en attendant que notre train puisse repartir.

– Mesdames et Messieurs, je vous informe que les démineurs viennent de faire exploser le colis suspect. (5)
– Et alors ?
– Notre conducteur attend l’ouverture du signal pour pouvoir repartir d’ici quelques instants. Merci de votre compréhension.

– Mesdames et Messieurs, je viens de recevoir une nouvelle estimation de notre retard, qui est passé à une heure quinze.
– Oh putain ! (6)
– L’arrivée prévue en gare de Marseille-Saint Charles se fera donc aux alentours de 15h05, 15h10 à 15h15. Je répète, nouvelle estimation de notre retard qui vient de me parvenir : retard estimé à une heure quinze. Arrivée en gare de Marseille-Saint Charles… Arrivée en gare de Marseille-Saint Charles aux alentours de 15h10 à 15h15. Je vous remercie de votre attention et de votre compréhension.

Quelques explications :
1. en gare de Marseille : c’est la formulation officielle utilisée par la SNCF, avec la préposition en. Bien sûr, cela correspond aux prépositions ordinaires : Nous arrivons en gare Saint-Charles = Nous arrivons à la gare Saint Charles. / Nous entrons en gare = Nous entrons dans la gare. / Il y avait un colis suspect en gare de Marseille = Il y avait un colis suspect dans la gare.
2. devrait : ce conditionnel exprime une éventualité. L’agent de la SNCF n’est pas sûr des délais d’attente.
3. Aux alentours de 40 minutes : autour de 40 minutes. L’agent ajoute encore « environ » ensuite, ce qui est redondant, mais exprime son incertitude.
4. en attendant : l’agent a un peu bafouillé et une fraction de seconde, nous avons cru qu’il disait « attentat », avant qu’il ne se corrige !
5. Un colis suspect : c’est la formule consacrée dans ce genre de situation. En général, il s’agit plutôt de bagages.
6. Oh putain ! : cri du cœur de ce passager qui commence à trouver l’attente un peu longue ! (Comme juste avant, celui qui dit : Et alors ?)

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La petite fugue

TGV sud est

C’est l’histoire d’un petit garçon qui a un jour décidé d’aller prendre le train tout seul, sans rien dire à personne. En écoutant ce petit reportage, on se dit que sa famille a dû passer un très mauvais moment – qui a dû leur paraître une éternité – et que ce petit bonhomme a la détermination tranquille et exploratrice des enfants !

Tout seul en train

Transcription :
– Je m’appelle Célia et je suis en CM1 (1). J’ai neuf ans, je suis née à Bourgoin-Jallieu (2) et mon frère est né à (3) une ville qui se trouve… à Calamar (4), ça se trouve à…
– A Clamart
– A Clamart . Ça se trouve à peu près…
– A Paris.
– Ouais, à Paris à peu près (5). Donc tu vois… Et je sais que mon frère, il aime vachement bien (6) les trains parce qu’un jour, il… Il m’a dit qu’il voulait partir (7) au parc de la Tête d’Or (8), tout seul, pour… pour visiter.
– Comment tu t’appelles ?
– Hans.
– Pourquoi tu as voulu aller voir le train ?
– Je m’ennuyais chez mamie (9). Je voulais prendre le train et j’ai parti ! (10)
– Et mais dis-moi, tu connais le chemin (11) d’ici pour aller chez… à la gare ?
– Bah oui.
– Tu es allé tout seul !
– Oui.
– En marchant ou en courant ? (12)
– En courant.
– Est-ce que tu as regardé à gauche et à droite ? (13)
– Non. Je voulais prendre le TGV ! [quelqu’un va] aller à Lyon, en plus va aller au parc, au parc de la Tête d’Or.
– Tu es monté dans le train, et qu’est-ce que tu as fait ?
– Les contrôleurs, ah bah, ils ont été gentils avec moi.
– Est-ce que tu aurais envie de recommencer à prendre le train ?
– Oui.
– Là, [il] va partir. Il vient où, ce train ? Il va devenir où ? (14)
– Il va à Lyon.
– Ah ! A Lyon.

Des explications :
1. le CM1 : c’est l’abréviation de Cours Moyen première année. (Personne n’utilise plus l’expression complète.) Il s’agit de la quatrième année à l’école primaire. (qui en compte cinq)
2. Bourgoin Jallieu : cette ville se trouve dans le département de l’Isère, au sud-est de Lyon.
3. il est né à une ville : il faut bien sûr dire : dans une ville. Sa petite confusion entre les prépositions vient du fait qu’on emploie « à » devant le nom d’une ville.
4. Elle se trompe sur le nom de la ville et se tourne vers un mot qu’elle connaît. Enfant, c’est souvent ce qu’on fait. On ramène tout à ce qu’on connaît et parfois, c’est amusant, comme ici. (Un calamar est une sorte de petite pieuvre. Célia a déjà dû en manger.)
5. à peu près : il faudrait dire « à côté de ».
6. vachement bien : ces mots ne vont pas ensemble ici. C’est l’un ou l’autre ! Dans d’autres situations, on peut dire : C’est vachement bien. (style familier).
Mais ici, avec le verbe aimer, soit on dit : Il aime vachement les trains. (style familier et oral), soit on dit : Il aime bien les trains. Et ces deux phrases n’expriment pas la même instensité : aimer vachement, c’est aimer beaucoup. Aimer bien est moins fort.
7. Partir : on entend souvent les enfants (et certains adultes) utiliser ce verbe au lieu du verbe correct : aller.
8. Le parc de la Tête d’Or : il se trouve à Lyon.
9. Mamie : c’est le nom très fréquent donné aux grand-mères. Mais aujourd’hui, il y en a d’autres utilisés par les familles, par exemple pour en donner un à la grand-mère maternelle et un autre à la grand-mère paternelle. Ou alors parce que des « mamies » se sentent aujourd’hui trop jeunes pour qu’on les appelle ainsi. (En effet, dire d’une femme, c’est une mamie signifie qu’elle est vieille.)
10. J’ai parti : c’est une faute courante quand on est petit ! Il faut un peu de temps pour retenir qu’on dit : Je suis parti.
11. Tu connais le chemin = tu sais comment on y va.
12. En marchant ou en courant : elle pose cette question car les petits citadins apprennent très tôt qu’on ne coure pas dans la rue, qu’on marche tranquillement pour éviter tout danger lié à la circulation.
13. Regarder à gauche et à droite : c’est une autre recommandation très précoce des parents aux enfants en ville : avant de traverser la rue, on regarde bien de chaque côté.
14. Il vient où / il devient où : là aussi, on voit qu’il faut un peu de temps pour qu’un enfant sache bien utiliser tous ces verbes qui se ressemblent.

Pour écouter en entier, c’est ici.

Voyage de retour

TGV AtlantiqueSi vous avez regardé mes photos sur instagram pendant ces vacances, vous savez que je suis allée en Bretagne à la fin du mois d’août. Voyage en train : TGV entre Marseille et Paris, changement de gare à Paris et TGV entre Paris et Le Croisic. Et l’inverse au retour bien sûr.

Alors, avant de se dire que les vacances sont bel et bien terminées, voici un petit écho des annonces qui sont faites pendant le voyage. Si vous vous déplacez en France par le train, c’est ce que vous entendrez.

Ou ici : Dans le TGV Atlantique

Transcription :
Nous desservirons (1) la gare d’Angers-Saint Laud. Arrivée prévue dans la capitale à 13h20 (2). D’ici quelques instants (3), je passerai parmi vous (4). Si vous n’avez pas composté (5) votre billet ou si vous en êtes démuni (6), merci de me l’indiquer. Mesdames et Messieurs, au nom de TGV, je vous souhaite un agréable voyage (7).
[L’équipe] vous informe que son bar situé voiture 14 se tient à votre disposition (8) pour un service de boissons chaudes et fraîches, en-cas (9) et friandises (10), ainsi qu’une restauration (11) légère à consommer sur place ou à emporter. Nous vous invitons à venir composer vous-même votre menu à partir de 5,90 € : sandwiches, salades, en-cas chauds, plats traiteur, desserts gourmands (12) et boissons fraîches sont au rendez-vous. Vous trouverez également dans notre offre boutique des magazines d’actualité au prix du kiosque (13), et même des tickets de métro, bus et tramway parisiens, vendus à l’unité (14) pour vous faciliter l’accès en gare de Paris-Montparnasse. Mesdames, Messieurs, nous vous remercions de votre attention et nous vous souhaitons un agréable voyage. A tout de suite (15) au bar, voiture 14. Merci.

Quelques détails de vocabulaire et pratiques:
1. desservir une gare : c’est le verbe qu’on utilise toujours à propos des trains. Sinon, de façon plus « ordinaire », on dit simplement que le train s’arrête à Angers par exemple.
2. 13h20 : dans les transports, on utilise toujours le format 24 heures, pour qu’il n’y ait pas de confusion entre le matin et l’après-midi ou la soirée. Quand on parle, dans la vie courante, on dit indifféremment « treize heures vingt » ou « une heure vingt ».
3. d’ici quelques instants : synonyme de dans quelques instants.
4. Je passerai parmi vous : les contrôleurs passent à chaque place pour contrôler les billets. Vous pouvez avoir un billet papier délivré à la gare, un billet que vous avez imprimé chez vous sur une feuille A4, un billet « virtuel » sur une application dans votre téléphone ou enregistré sur votre carte d’abonnement si vous en avez une.
5. Composter un billet : c’est le mettre dans une machine à la gare qui imprime la date et l’heure dessus. Mais on ne fait ça que si on a un billet papier acheté au guichet à la gare ou délivré par une machine automatique à la gare. De toute façon, c’est écrit s’il faut le faire ou pas sur le billet que vous avez.
6. Être démuni : ne pas avoir quelque chose. Style soutenu. Plus simplement, on dit bien sûr : Si vous n’avez pas de billet / Si vous n’en avez pas.
7. Un agréable voyage : c’est la formule toute faite, traditionnelle dans les transports. Quand on parle à un ami, un membre de la famille, etc…, on dit juste : Je te souhaite (un) bon voyage. / Bon voyage / Fais bon voyage.
8. Se tenir à la disposition de quelqu’un : normalement, c’est plutôt une personne qui se tient à la disposition d’une autre. Donc il vaudrait mieux dire : Notre équipe se tient à votre disposition. Ou alors : Un bar est à votre disposition. (avec juste le verbe être)
9. Un en-cas : c’est juste un petit quelque chose qu’on mange au cas où on a faim, pas un sandwich, ni un repas. Ça sert juste à couper la faim quand n’a pas le temps de faire un vrai repas.
10. Des friandises : ce sont normalement des bonbons, des aliments sucrés. Donc là, il s’agit de barres de céréales, ou de barres chocolatées par exemple.
11. Une restauration légère : ce terme signifie qu’on peut prendre des plats légers. Si vous parlez, vous n’utiliserez pas ce terme. Vous direz juste : je voudrais manger léger / J’ai mangé léger ce midi.
12. Un dessert gourmand : normalement, ce sont les gens qui sont gourmands, quand ils aiment bien manger, notamment des plats sucrés. Mais on utilise maintenant cet adjectif à propos des plats eux-mêmes qui vont plaire aux gourmands. Par exemple, prendre un café gourmand au restaurant à la fin du repas, c’est boire un café qu’on vous sert accompagné de petits gâteaux, de chocolats, de petites douceurs (sucrées).
13. Un kiosque : c’est comme ça qu’on appelle les lieux dans la rue, dans les gares ou les aéroports où on achète les journaux et les magazines. (Sinon, ça s’achète chez le marchand de journaux, ce qui désigne une vraie boutique.) Donc ici, elle veut simplement dire que ce n’est pas plus cher dans le train.
14. Des tickets de métro vendus à l’unité : cela signifie que vous les achetez un par un au lieu d’acheter un carnet (de 10 tickets). Donc ils sont un peu plus chers, comme toujours à l’unité. Mais ça peut vraiment dépanner et faire gagner du temps si on est pressé en arrivant.
15. A tout de suite : c’est ce qu’on dit quand on va se voir (ou se parler au téléphone) dans les minutes qui suivent. (Si ce n’est pas le cas, on dit : A tout à l’heure / A plus tard. / A bientôt)

La rentrée, en France, c’est comme un nouveau départ, le début d’une nouvelle année, après les vacances d’été.
Je suis contente de vous retrouver !

(Je n’ai pas encore répondu à tous les commentaires récents. Cela ne saurait tarder. A tout à l’heure !)

C’est pas le Pérou

Beaucoup de choses à apprendre avec cette publicité pour un tout nouveau service TGV !

Pérou2

D’abord une expression courante qu’on emploie pour dire que ce n’est pas grand chose, que ça ne rapporte pas beaucoup, que c’est une somme modeste. Effectivement, 10€, ce n’est vraiment pas le Pérou ! Donc tout le monde va pouvoir se payer des voyages en TGV. Et ce ne sera pas pour aller au bout du monde mais pour descendre vers le sud-est de la France.

Et une autre expression: Normalement, avec 10€, on ne va pas bien loin, c’est-à-dire qu’on ne peut pas s’acheter grand chose. Mais là, quand même, on peut s’offrir un beau voyage !
Ouigo On va pas bien loin

– Alors c’est aussi une petite leçon de géographie ! Et voici comment prononcer ces noms de villes.

Petite leçon de marketing, ou comment créer des noms faciles à retenir, si possible avec quelque chose qui ressemble à de l’anglais ! Mélange donc avec ce Oui bien français, qui se prononce comme We, et ce Go bien anglais, mais bien sûr à prononcer à la française. Alors, oui, on y va ! A des prix comme ça, ce serait dommage de s’en priver…

– Mais petite leçon de décodage pour finir ! Avec le low-cost qui arrive dans les trains, il y a le revers de la médaille.

pas le pérou8* Ce ne sera pas 10€ pour tout le monde, puisque c’est à partir de 10€.
* Et ce ne sera pas à partir de la Gare de Lyon à Paris, facilement accessible. Il faudra commencer par aller à Marne la Vallée. Un peu plus loin, un peu plus long, un peu plus cher. Comme lorsqu’il faut aller à l’aéroport.

* Il faudra arriver au moins 30 minutes avant le départ. L’avantage du train (TGV ou pas), c’est justement qu’on peut arriver à la dernière minute ! Cela aussi ressemble donc aux voyages en avion. D’ailleurs, dans la pub, il est question d’embarquement. Normalement, on monte dans un train. Embarquer, voilà un verbe réservé jusqu’à maintenant à l’avion et au bateau.

* Il faudra savoir faire sa valise car la taille est limitée, comme celle des bagages autorisés dans les cabines des avions. Sinon, ce sera plus cher ! Remarquez, on pourra voyager léger puisqu’il fait toujours beau et chaud à Avignon, Montpellier, Marseille… (Enfin presque !)

* Il faudra être prévoyant côté nourriture et boisson. Plus de voiture-bar.
Une économie présentée avec humour:

Ouigo gastronomie
Remarquez, de toute façon, les sandwiches SNCF ne sont pas de grands exemples de gastronomie. Alors, c’est vrai qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Beaucoup de voyageurs l’avaient déjà compris !

Voyage en TGV

Nous y voici donc ! C’est la fin des vacances d’été. Dans quelques jours, ce sera l’agitation de la rentrée: à nouveau des embouteillages pour aller travailler, la cohue dans les supermarchés pour l’achat des dernières fournitures scolaires, le réveil qui sonne un peu trop tôt, le rythme à reprendre.
Allez, pour prolonger un peu l’atmosphère des vacances, je vous emmène prendre le TGV et écouter les annonces qui sont faites au cours du voyage. C’est comme dans les avions, ce n’est pas toujours bien audible ni très facile à comprendre quand on est étranger. Comme ça, vous serez prêts à prendre le train en France !


Transcription:
(Le voyage aller)
Messieurs-dames, bonjour. Bienvenue dans le train 2916 (1) à destination de Paris-Gare de Lyon (2). Ce train partira à 15h28.

Mesdames-Messieurs, l’iDTGV (3) et le TGV 6122 à destination de Paris va partir. Attention au départ, attention à la fermeture automatique des portes.

Bonjour. La SNCF et iDTGV ont le plaisir de vous recevoir à bord de l’iDTGV 2916 à destination de Paris-Gare de Lyon. Notre arrivée est prévue à Paris à 18h41. Notre temps de parcours jusqu’à Paris sera aujourd’hui de trois heures et treize minutes. Je m’appelle Jimmy. Je suis votre superviseur (4) aujourd’hui sur ce TGV (5). Nous vous rappelons que l’idTGV est entièrement non-fumeur, y compris sur les plates-formes ainsi que dans les toilettes. Pour des raisons évidentes de sécurité, tous vos bagages doivent être […] étiquetés (6) et positionnés (7) dans les espaces qui leur sont destinés. Les plates-formes et les couloirs (8) doivent être dégagés de tous bagages pouvant en gêner l’accès. Durant toute votre présence à bord, les téléphones portables doivent être positionnés (9) en mode silence et l’ensemble de vos appels passés depuis les plates-formes (10).
Si vous voyagez en espace zen (11), nous vous informons que ces espaces sont dédiés au calme et à la tranquillité. Pour votre confort, nous avons le plaisir de vous proposer dès à présent la voiture-bar dans la voiture numéro 14 au [niveau] supérieur. Nous vous invitons à venir découvrir notre carte ainsi que nos divers services. Si vous voyagez en espace zap, un service de restauration à la place vous sera également proposé ultérieurement. Durant ce voyage, nous sommes à votre disposition pour répondre à vos attentes. Merci d’avoir préféré lesTGV. Très bon voyage.

(Dans le train du retour vers Marseille)
Mesdames-Messieurs, bonjour. Votre chef de bord vous souhaite la bienvenue à bord de ce train à destination de Marseille-Saint Charles (12). Nous vous rappelons que l’étiquetage des bagages est obligatoire afin qu’ils ne soient pas considérés comme des colis abandonnés. Pour vous restaurer (13), un bar est ouvert en voiture 4. Si vous n’avez pas composté votre billet (14), merci de nous le signaler. Pour la tranquillité et le respect de tous, nous vous invitons à éviter toutes nuisances sonores et à utiliser vos téléphones portables depuis les plates-formes. Dans quelques instants, nous allons venir à votre rencontre. N’hésitez pas à faire appel à nous pour le bon déroulement de votre séjour à bord. La SNCF-TGV membre de l’Alliance Rail Team vous souhaite un bon voyage.

(Merci monsieur)

Quelques explications:
1. le train 2916: il dit « vingt-neuf seize », comme en anglais. Mais le plus souvent, on dit plutôt « deux mille neuf cent seize », comme on l’entend plus loin.
2. Paris-Gare de Lyon: ce TGV qui vient de Marseille arrive à la Gare de Lyon, la grande gare parisienne qui dessert le sud-est de la France ainsi que la Suisse par exemple.
3. l’iDTGV: c’est une filiale de la SNCF. Ils ont certains wagons dans les TGV et proposent des prix qui peuvent être plus bas que ceux de la SNCF. On achète ses billets sur internet. Pour un voyageur, c’est en fait la même chose de voyager dans les wagons iDTGV ou TGV, qui sont attachés et tirés par la même motrice. On choisit en fonction du prix et des places disponibles.
4. un superviseur: ça ressemble à un anglicisme. C’est l’équivalent à la SNCF de « Chef de bord ». (Avant on disait juste contrôleur, et beaucoup de gens emploient encore le terme).
5. sur ce TGV: normalement, on dit « dans ce TGV » ou « à bord de ce TGV ». Influence de l’anglais encore ?
6. étiquetés: il faut attacher une étiquette avec son nom et son n° de téléphone aux valises ou sacs qu’on dépose dans les emplacemenst en bout de wagon ou au milieu.
7. positionnés: plus naturellement, on dit « placés », ou rien du tout !
8. les couloirs: c’est le terme utilisé pour désigner l’allée entre les sièges. On peut choisir son siège côté couloir ou côté fenêtre au moment de la réservation.
9. positionnés en mode silence: plus naturellement, on peut dire juste « doivent être en mode silence ».
10. les plates-formes: c’est l’espace au bout des wagons, séparé par une porte.
11. en espace zen / en espace zap: les iDTGV ont inventé le concept de voitures plus ou moins calmes. On choisit quand on réserve. En fait, il y a souvent très peu de différence !
12. Saint-Charles: c’est le nom de la gare principale de Marseille.
13. se restaurer: manger quelque chose. C’est un terme plutôt recherché.
14. composter son billet: c’est placer son billet dans une machine à la gare qui le composte, c’est-à-dire qui inscrit l’horaire et des codes sur le billet. Il faut faire ça avant de monter dans le train, sauf quand on a réservé certains billets qu’on imprime soi-même sur une feuille ordinaire. Si on ne le composte pas, on peut avoir une amende. Ce sera vérifié dans le train par le contrôleur.

Trente ans déjà !

Grand weekend de voyage en France ! Vacances de printemps et weekend de Pâques: il y a du monde sur les routes mais c’est aussi la cohue dans les gares. Alors bien sûr, les TGV sont pleins. Ces trains ont vraiment changé les déplacements des Français.
Ils ont aujourd’hui 30 ans. Les premiers ont circulé en 1981 entre Paris et Lyon.
Voici quelques échos de ce moyen de transport qui fait vraiment partie du paysage français.


Transcription:
A l’époque, nous étions 70 conducteurs en France à conduire le TGV. Et nous étions regardés un peu comme de… comme quelqu’un de… d’extraordinaire. C’était vraiment l’événement. Nous étions des conducteurs déjà chevronnés (1). On avait l’habitude de… de conduire des trains, à vitesse maximum 260. On est formés au TGV et puis après, à la ligne à grande vitesse, où tout est nouveau. Le profil de ligne est très différent, des rampes, des pentes comme on n’a pas l’habitude de voir. Et puis, la vitesse: 260, en 81 qui sera portée en 83 à 270 (2). Donc après, Paris-Lyon en 2 heures, c’était… c’était vraiment un challenge à tenir. Et c’est une aventure extraordinaire pour nous.

Ça laisse quand même des sensations particulières, hein, surtout que un train, c’est quand même une grosse masse qui se déplace, hein, 380 tonnes à 300 km/h. C’est vrai que c’est… ça reste des fois impressionnant.

C’était des vitesses qui étaient inatteignables à l’époque, quoi. Ça a été une révolution parce que ça a permis de rapprocher des villes qui étaient à… pour l’époque, très, très, très loin. Il y a vraiment ce développement du territoire, des grandes villes qui n’existaient pas même et qui depuis l’arrivée du TGV se sont très… enfin, se sont énormément développées, quoi. Les gares redevenaient, en fait devenaient des… des coeurs de vie… de (3) coeurs de vie, quoi.

Là, l’avantage, c’est… ça me permet de travailler à Paris et puis d’avoir une vie de weekend, je dirais, au vert (4), quoi, voilà.

C’est 1,7 milliards de clients qui ont pris le TGV, 83% des Français. Et en fait, ce qu’ils nous disent, ces clients, parce qu’on les a interrogés, c’est que ça a changé leur vie. Ça a changé leurs relations avec la famille, ça a rapproché les familles, donc ça a été pour tous les Français et pour tous les cheminots (5) qui ont contribué, une magnifique aventure.

Quelques détails:
1. chevronné: qui a beaucoup d’expérience
2. 270 = 270 kilomètres heure. (Aujourd’hui, les TGV roulent à environ 300 km/h.)
3. de coeurs de vie: construction bizarre ! Je ne sais pas pourquoi il se corrige: la première formulation , avec « des« , était la bonne.
4. au vert: à la campagne, loin de la ville.
5. les cheminots: ce sont les conducteurs de trains. Ce mot vient de l’expression « chemin de fer ».

Dire les nombres:
1981: mille neuf cent quatre-vingt un. Quand c’est une date, on dit aussi: dix neuf cent quatre-vingt un.
1,7 milliard: un virgule sept milliard. On peut dire aussi: un milliard sept
83 %: quatre-vingt trois pour cent

Harmonie dans l’équipe !

TGV refletTGV pro: dernier épisode de la saga d’Eric et de ses collaborateurs.
Où on apprend les effets des pizzas sur Jack.
Où on voit Eric sous un autre jour.
Où on observe les relations entre Virginie et Sonia.
Où on constate que le stagiaire n’a toujours pas son mot à dire*.

Pour regarder, cliquez ici.

Transcription:
– La grande nouveauté de cette plateforme, qu’est-ce que c’est ? Une immersion totale et en trois dimensions pour le joueur ainsi qu’une grande précision du mouvement.
– Il a pas les bonnes bottes.
– Ouais, j’avoue, il y a pas les lacets qui dépassent sur le côté.
– Ils ont pas dû avoir la licence tout simplement.
– Psst ! Psst ! C’est bien ?
(rires)
– De quoi ? (1)
– Non, non, c’est pas ça. C’est que c’est juste un peu bizarre que vous ayez choisi le troll, Eric.
– Mais non, mais ils ont dû échanger leurs costumes parce que Jack rentrait (2) plus dedans.
– Ça va (3), j’ai un peu forci (4) depuis les essayages. Le stress.
– Ouais, et les pizzas.
– Bon, ça a rien à voir, non, non, non. C’est le stress, ça m’ouvre l’appétit.
– Eh ben pourquoi tu es souvent stressé, alors !
– Bon, c’est pas la question. Alors ?
– J’ai mangé qu’une pizza cette semaine. C’était une végétarienne en plus. Ah non, je suis désolé, ça…
– Stop !
– Qu’est-ce… Qu’est-ce que vous en pensez, hein ?
– Non, c’est bien, c’est super.
– Vous êtes sûrs ?
– Ouais.
– Ça vous va très bien.
– Très bien.
– On est d’accord, hein, alors. Je démarre par la prés (5). Ensuite, vous enchaînez tous les deux avec la démo.
– Pff ! Il se fatigue jamais, lui ? Ça fait […] Il va nous faire rater notre train si il continue.
– Eric, excusez-moi, mais les trolls, ils portent pas de montre.
– Euh ouais, ils ont un petit sablier (6) qu’ils retournent pour voir le temps qui passe.
– Je suis désolé, c’est une précision importante sur le costume.
– Ah, eh, Virginie ! Les fées non plus, elles ont pas de montre.
– Il veut vraiment nous faire rater notre train, hein!
– C’est pas grave (7), j’appelle la SNCF.
– Non, c’est bon, je vais le faire. On prendra le prochain.
– Ou celui d’après.
– Ou le suivant.
– Ou celui encore d’après.
– Bon ça va, c’est pareil.
– Non c’est pas pareil.
– Chut ! (8)
– Ouais, on vous remboursera. C’est possible que pour vous. Moi, par exemple, je dis ça. Je dis rien mais… Non, non, mais du coup, je… enfin, je me suis dis que je pourrais peut-être y aller (9), quoi. Comme ça, vous perdez pas votre temps et on se retrouve sur Paris (10). C’est vrai que j’ai quand même pas grand chose à faire ici et… Je… je… Je vais rester.

Quelques explications:
1. De quoi ? = Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? (familier, et un peu agressif)
2. rentrer dans un vêtement (ou des chaussures): pouvoir le / les mettre car c’est la bonne taille. On dit souvent: « Je ne rentre pas dedans ».
3. ça va: on dit ça quand on voit que les autres sont critiques par rapport à nous. On dit ça sur un ton agacé en général, pour dire: « Arrêtez de me critiquer » / « Arrêtez de vous moquer de moi. »
4. j’ai un peu forci: c’est une façon atténuée de dire carrément: « J’ai grossi ».
5. la prés.: abréviation de « présentation », mais utilisée seulement dans certains milieux professionnels.
6. un sablier: un petit objet avec du sable qui s’écoule quand on le retourne et qui permet de mesurer une durée.
7. C’est pas grave: ça ne fait rien, pas de problème. (très fréquent)
8. Chut: onomatopée pour demander à quelqu’un de se taire.
9. je pourrais y aller: je pourrais m’en aller / Je pourrais partir. Y, ici, ne désigne pas un lieu précis. C’est comme quand on dit: « Bon, j’y vais. »
10. sur Paris: à Paris. Ce n’est pas correct d’utiliser « sur » dans ce cas mais beaucoup de gens le font…

* avoir son mot à dire: avoir le droit d’exprimer son opinion

Ambiance professionnelle

Ambiance confortable, préservée de l’agitation de la gare ».
C’est comme ça que la SNCF vend son service « Salon grands voyageurs », réservé aux professionnels qui se déplacent pour leur travail et qui n’ont pas envie d’attendre sur le quai, au milieu de la foule. Un avantage auquel sont habitués les clients des compagnies aériennes mais récent dans les TGV.

Voici donc le troisième épisode des aventures d’Eric et de ses collaborateurs, qui attendent tranquillement leur TGV à la Gare de l’Est à Paris. Tranquillement… Enfin, presque !

Pour regarder, c’est ici.

Transcription:
– Chéri, tu as oublié ça.
– Oh non !
– Bah ouais.
– Bon bah écoute, c’est pas grave (1). Je t’envoie un coursier.
– Et je te mets tes gâteaux préferés aussi avec, hein, d’accord.
– OK. Bon, je dois aller… Je dois te laisser. Je t’embrasse, ma puce (2). Je t’aime.

– Eh Mat. Pour combien tu vas voir Eric ? Tu lui tires les cheveux.
– 20 €.
– Tu es sérieux, là ?
– Bah ouais. Pourquoi ?
– C’est… C’est… c’est rien, 20€ ! C’est pas ça, le jeu. Même moi, je peux te les donner.
– Franchement, ça vaut pas plus, hein.
– Bon d'[…]… d’accord. Tu vas le voir. Tu lui claques son ordi sur les doigts, mais genre trop fort (3), tu vois. Tu prends ses écouteurs, tu lui mets dans le pif (4). Pour combien tu fais ça ?
– 25, allez 25.
– 25… 25 €, c’est rien du tout ! C’est… C’est nul (5) de jouer avec toi.
– Chut ! (6)
– Comment c’est tout pourri (6) de jouer avec vous, franchement !
– Et… Et vous, Virginie ? Vous, Virginie.
– Fais gratuit, je sais que je ne risque rien.
– Modestie. Modestie.
– Ciao.

– Et voilà ! D’une main, je l’ai éclaté, Gossbo75 !
– Ah !
– Ça va, Eric ?
– Non, j’étais sur mon rapport. Un bug (7).
– Mathieu ?
– Hm ?
– Vous connaissez un certain Megageek ?
– De nom (8), ouais.
– Il fera un bon testeur (9), non ?
– Ouais, faut voir. Gossbo75 (10).
– Ouais, bon bah ça va ! C’est le pseudo de mon fils.
– Ouais, et en même temps, il a cinq ans, votre fils, Eric.
– Bon bah Vincent, allez me chercher un café.
– Toujours moi !

Quelques explications:
1. c’est pas grave = ça ne fait rien. On dit ça tout le temps pour dire que ce n’est pas un problème.
2. ma puce: surnom affectueux très courant, pour les enfants, ou les femmes. Pourtant, une puce, c’est plutôt un parasite !
3. mais genre trop fort: style très familier, utilisé par les jeunes surtout. Vincent veut juste dire: »Très fort ».
4. le pif: le nez (argot)
5. c’est nul de jouer avec toi: ce n’est vraiment pas bien. (familier)
6. Chut!: onomatopée pour demander à quelqu’un de se taire.
7. pourri: synonyme de « nul ». (familier)
8. un bug: c’est le terme anglais. On a essayé de nous imposer « bogue » pour ne pas utiliser de l’anglais. Mais personne ne dit « bogue ». Et il y a aussi le verbe bugger, qu’on prononce « beuguer »: Mon ordi a buggé.
9. connaître quelqu’un de nom: c’est quand on n’a jamais rencontré cette personne. On en a juste entendu parler.
10. un testeur: celui qui teste les jeux vidéos par exemple.
11. Gossbo75: dans ce pseudo, il y a 75, qui est le numéro de Paris, sur les plaques d’immatriculation des voitures. (Eric est parisien). Il y a aussi « gossbo », qui vient de l’expression « beau gosse », à l’envers et avec une orthographe plutôt phonétique. Un beau gosse, c’est beau jeune homme, dans un style familier. (Ce n’est jamais un enfant dans ce cas.)
Ce qui les fait rire, c’est qu’Eric s’est choisi ce peudo, avec beaucoup de modestie ! Et c’est pour ça qu’il dit que c’est celui de son fils et qu’il s’énerve: il est démasqué !

Et pour finir, voici les portraits d’Eric, Vincent et Mathieu qu’on trouve sur le site, avec quelques expressions sympas:

Vincent. Ne s’investit pas que dans les photocopies. Le stagiaire type: vingtaine boutonneuse*, style négligé, gamer dans l’âme* et grand copain de Mathieu. Malgré sa bonne volonté évidente, Vincent passe le plus clair de son temps* à voyager en 2nde, ce qui le prive de côtoyer Virginie qu’il considère comme la femme parfaite.
Des expressions:
*la vingtaine boutonneuse: il a à peu près 20 ans et encore des boutons, comme les ados.
*gamer dans l’âme: les jeux vidéo, c’est sa passion.
* passer le plus clair de son temps à faire quelque chose: passer la majorité de son temps à faire ça.

Mathieu, le concepteur. A la pointe* en matière de références. Le geek* de l’équipe pour qui la naissance du monde a commencé avec l’invention du tout premier personal computer. De son cerveau fécond, peuplé de trolls et de robots, émergent tous les jours des nouveaux concepts de jeux.
Des expressions:
*être à la pointe: être très moderne, être à l’avant-garde, connaître les évolutions les plus récentes dans un domaine, souvent technologique.
* le geek: dans le domaine de l’informatique et des jeux vidéos, ce sont les termes anglais qui sont utilisés tout le temps.

Eric, le directeur général. Sérieux, connaît ses dossiers sur le bout des doigts*. Patron d’une petite entreprise de jeux vidéo, il est de la génération ante-nerd*. Il est fasciné par la technologie à laquelle il ne comprend pas toujours tout. Il admire ceux qui la font et la pensent. Convivial et souriant, il n’en reste pas moins un homme à poigne* qui dirige sa PME* d’une main de fer*.
Des expressions:
* connaître quelque chose sur le bout des doigts: connaître quelque chose parfaitement.
*ante-nerd: antérieure aux « nerds », ces fous d’informatique.
* un homme à poigne: un homme qui dirige ses affaires avec autorité et une grande fermeté.
* une PME: une entreprise qui fait partie de la catégorie des  petites et moyennes entreprises.
* diriger quelque chose d’une main de fer: diriger quelque chose de façon très autoritaire.

Blague de potache !

TGVDans l’épisode précédent de la série publicitaire pour la SNCF, il était question du service de restauration réservé en première aux voyageurs détenteurs d’un billet TGV Pro (comme professionnel). Un service auquel on n’a pas droit quand on est simple stagiaire, condamné à voyager en seconde !

Et ça ne s’arrête pas là: après un voyage confortable, vous trouverez même un taxi qui vous attend à la gare. Plus besoin de faire la queue en descendant du train ! Il suffit de donner votre nom. Simple comme bonjour ! Enfin, pas pour tout le monde…

Voici donc un autre épisode de la série:

Pour le regarder, cliquez ici.

Transcription:
– Merci. Désirez-vous des taxis à votre arrivée, messieurs-dames ?
– Oui, s’il vous plaît. Je vous dépose ? (1)
– A quel nom, s’il vous plaît ?
– Richard.
– Prénom ?
– (Virginie)
– Merci.
– Pour vous ?
– Oui. Moi, j’en veux un au nom de Sonia Rize, s’il vous plaît.
– Merci.
– Pour vous, monsieur ?
– Non, merci, non. J’ai laissé ma voiture à la gare parce que j’ai… je dois aller chercher mes enfants parce qu’ils sont chez Maminouche (2).
– Monsieur ? Un taxi ?
– Oui, s’il vous plaît. Au nom de Mathieu.
– Parce que Florence a un cours d’aqua-gym (3). En fait elle peut pas aller les chercher.
– Prénom ?
– Mathieu.
– Vous vous appelez Mathieu Mathieu ? Est-ce… Il me faut votre nom de famille.
– (inaudible)
– Pardon ?
– (inaudible)
– Excusez-moi, j’ai pas bien entendu.
– Oui, on n’a pas entendu, hein !
– Je vais vous l’écrire, ça sera plus simple.
– Bien sûr.
– Voilà.
– Proute Mathieu.
– Ça se prononçait Prouté au 17è siècle et puis, ils ont viré (4) l’accent.
– Bon voyage.
– Merci.
– Bon voyage, messieurs-dames.
– C’est vrai que ça vous fait encore rire (5)? Après cinq ans, ça vous fait encore rire ?
– Oui !
– Je suis consterné !

Quelques détails:
1. déposer quelqu’un: le transporter dans sa voiture (ou partager un taxi) quelque par en allant soi-même ailleurs.
2. Maminouche: ça doit être la grand-mère. Souvent, on appelle sa grand-mère « mamie ».
3. l’aqua-gym: cours de gym où on fait des mouvements dans une piscine, pour rester en forme.
4. virer: enlever, ôter (familier)
5. Proute: Ils sont morts de rire car quand on entend ce nom, on pense à « prout » qui est le nom familier donné par les enfants aux pets. Il se prononce comme « Proute »: on entend le « t » à la fin. Evidemment, on peut imaginer que Mathieu a souffert de s’appeler comme ça quand il allait à l’école. Et ça continue, même avec les adultes, que ça amuse comme des gamins ! C’est pour ça qu’il conclut par « Je suis consterné ». Il y a des noms difficiles à porter !

* une blague de potache: c’est une plaisanterie pas très fine, comme en font les élèves.

Vive les voyages d’affaires !

En France, le TGV est en concurrence avec l’avion sur certains trajets. Alors, la SNCF développe en première classe des services reservés aux professionnels, à ceux qui voyagent pour affaires : réservation de taxi, repas servi à votre place, wifi et salons spéciaux à la gare, etc…

Voici leur nouvelle campagne de pub sur internet, en plusieurs épisodes, qui met en scène les salariés, le stagiaire et le PDG* d’une PME*.

Petit voyage en TGV.
Petit témoignage sur la vie en entreprise et les rapports entre les gens au travail !
De l’humour.
Une tranche de vie, comme on dit.

Premier épisode à l’heure du petit déjeuner:

Il suffit de cliquer ici.

Transcription:
– Bon et puis, je vous rappelle pour terminer que pour que l’on remporte ce marché, il faut évidemment que nous soyons les plus compétitifs.
– Hum…
– Hypothèse: que nous offrions nos produits.
– Hum, hum…
– Ou bien que nous donnions notre accord.
– Hum, hum…
– OK.
– Bonjour messieurs-dames (1).
– Bonjour.
– Ah! Bonjour !
– Vous désirez ?
– Alors, on va prendre 5 petits déjeuners avec 3 cafés et 2 thés, s’il vous plaît.
– Six. Je vais en prendre deux parce que j’ai pas déjeuné ce matin.
– Oui, bah comme tout le monde! Non, cinq.
– Ah donc carrément (2), vous avez… vous avez à manger et tout, quoi ! C’est énorme ! (3)
– Et pour vous, Monsieur ?
– Ah non, moi je suis… je suis pas en Pro première. Je suis le stagiaire (4). Je suis là pour les dossiers du…
– Virginie, qu’est-ce qui s’est passé avec… ?
– Vincent.
– Vincent.
– Je sais pas, les stagiaires ont toujours voyagé en seconde (5).
– Oui, ben, c’est pas normal. C’est pas normal !
– Enfin ! (6)
– Servez-le, mademoiselle, s’il vous plaît. On va vous surclasser (7). Allez voir le chef de bord (8).
– Attendez Eric, c’est ridicule !
– Servez-le, mademoiselle, s’il vous plaît.
– Bien sûr.
– Bon, bah je vais voir le chef de bord.
– J’y vais ! Dommage, dommage… (9)
– Allez-y, allez-y. Asseyez-vous. Asseyez-vous. Commandez, commandez. Donnez-lui une petite carte, mademoiselle, s’il vous plaît. Quelle honte ! Hein, je… Vraiment, je… je m’excuse. On… On est tous désolés, hein…
– Vincent.
– Vincent.
– Vous désirez ?
– Ah, non, non, non ! J’ai… J’ai pas du tout faim, en fait.

Quelques détails:
1. messieurs-dames: c’est ce qu’on dit quand on s’adresse à plusieurs personnes des deux sexes, quel que soit le nombre d’hommes et de femmes. Même s’il n’y a qu’un homme et plusieurs femmes ou l’inverse, on utilise les mots pluriels.
2. Carrément: on dit ça quand on est surpris par une situation. (familier). Ici, il ne s’attendait pas à ce qu’on puisse être servi dans le train, comme dans un avion. = Vous êtes en première Pro et en plus, vous avez votre repas servi !
3. C’est énorme ! : c’est génial et incroyable. (familier, et jeune)
4. le stagiaire: en France, dans certaines études, il faut faire un stage en entreprise. Mais évidemment, on est le petit débutant, ce qui fait que là, il n’est pas traité comme les autres salariés de l’entreprise.
5. en seconde: en seconde classe. ( Les billets sont moins chers évidemment qu’en première).
6. Enfin! : ici, ce « enfin » exprime la protestation de Virginie. Elle est choquée et gênée par l’attitude de son chef, qui la désavoue.
7. surclasser quelqu’un: le faire voyager en première alors qu’il n’a qu’un billet de seconde. Quand on le fait dans le train, au dernier moment, ça coûte cher !
8. le chef de bord: c’est comme ça qu’on appelle maintenant le contrôleur.
9. Dommage: Sonia veut dire que c’est dommage pour Virginie de perdre la face comme ça, c’est embêtant pour elle. Mais elle est ironique. (On apprend dans la présentation individuelle des personnages que les deux femmes ne s’apprécient pas particulièrement. Et aussi que Sonia rêve de devenir chanteuse, d’où sa petite « chanson ».)

* un PDG : Président Directeur Général
* PME : Petites et Moyennes Entreprises. Le sigle est devenu le nom qu’on utilise pour parler de ce type d’entreprises.

Petite remarque sur les stages et les stagiaires en France:
Tout le monde insiste sur la nécessité pour les jeunes de faire un stage pendant leurs études, afin d’être plus vite opérationnels dans leur premier vrai emploi. Le gouvernement a voté une loi imposant le paiement de 417,09 € par mois aux stagiaires qui font un stage de deux mois ou plus dans la même entreprise. Royal !(Avant, les stagiaires n’étaient pas payés, alors qu’ils travaillent réellement.) 
Le problème, c’est que maintenant, beaucoup d’entreprises ne veulent plus prendre de stagiaires, disant que ça leur coûte trop cher…

Plus de peur que de mal

Les TGV, comme l’indique leur nom, roulent vite, très vite. Les voies sur lesquelles ils circulent sont donc très protégées pour éviter toute collision avec quoi que ce soit. Mais ce weekend, fait rarissime, un TGV Atlantique, parti de La Rochelle, a eu un accident. En fait, il était encore sur une portion de voie classique où la vitesse maximum n’est que de 200 km/h environ. L’avantage, c’est qu’il n’était pas à pleine vitesse. L’inconvénient, c’est que sur les voies classiques, il y a encore des passages à niveau, là où les routes traversent les voies ferrées, ce qui est source d’accidents. Tout le monde s’en tire sain et sauf. Mais quand même, les passagers ont eu très peur ! Et puis aussi, il faut dire que ça tombait mal* car ce weekend était très chargé: ce sont les vacances scolaires d’hiver en France.

Voici donc un petit aperçu de ce qui s’est passé pendant ce voyage plutôt mouvementé.
Puis mes commentaires sur la façon de parler habituelle des journalistes qui présentent les infos à la radio ou à la télé.


Transcription:
Les passagers du TGV La Rochelle-Paris ont eu pour certains la peur de leur vie. Vers 21h15 hier soir près de Niort, le train a pulvérisé une voiture qui était restée coincée sur les voies. Son conducteur avait eu le temps de s’échapper. Le train, lui, a déraillé mais pas complètement. Il n’y a pas eu de blessés mais près de 300 personnes (1) ont dû être évacuées. Sur place, le reportage d’Anne-Laure L.
Sous la pluie vers une heure et demie du matin, les passagers du TGV accidenté arrivent enfin en gare de La Rochelle. Deux bus ont été affrêtés par la SNCF(2). A leur descente, des passagers qui ont eu plus de peur que de mal (3), comme Caroline et Julie.
– Moi, j’étais dans le bar avec… enfin la… la voiture-bar avec mes deux fils. Et puis, on est… On était en train de commander. Puis tout à coup, ça a bougé, mais (4) de façon hyper-violente. C’est très impressionnant, très, très impressionnant !
– Il y a eu un basculement (5)… Le train a eu des basculements, comme si on perdait l’équilibre et puis on se remettait sur les rails. Et c’est…ça… ça nous a fichu les jetons (6)!

Sur le trottoir devant la gare, les passagers semblent un peu perdus. La question, c’est de savoir où ils vont aller.
– Bah en fait, moi j’habite à Paris et là, j’ai aucun endroit où dormir. Donc on va voir ce qu’on peut faire.

Des agents de la SNCF en gilet rouge dirigent les voyageurs.
– Les personnes qui sont en couple, déjà.
– On est mineurs (7), nous.
– Alors, les personnes… Monsieur, là. Les personnes les plus âgées pour les… par rapport aux jeunes…

Par groupes, ils se dirigent vers:
– Un hôtel.
– Un hôtel à côté de la gare.
Et c’est avec quelques heures de sommeil à peine que tous pourront reprendre le TGV ce matin.

Et du monde dans les trains, il va y en avoir ce weekend, mais aussi sur les routes. C’est le premier chassé-croisé (8) de ces vacances de février et la zone B (9) commence ses congés. Bison Fûté (10) a colorié ce samedi en rouge (11) en Rhône-Alpes et dans le quart nord-est du pays.

Quelques explications:
1. près de 300 personnes : à peu près 300 personnes. Les TGV simples transportent environ 300 passagers. Les duplex (à deux étages) doubles peuvent transporter plus de 1000 passagers d’un coup.
2. la SNCF : c’est l’entreprise qui assure le transport en train des voyageurs et d’une partie des marchandises et gère le réseau ferré français.
3. ils ont eu plus de peur que de mal : c’est une façon de dire que tout le monde est sain et sauf, après une grosse frayeur.
4. mais de façon hyper violente: ce « mais » sert à renforcer la suite.
5. un basculement: le train a basculé, s’est penché.
6. ça nous a fichu les jetons : ça nous a fait très peur. (argot, donc familier)). On peut dire aussi: On a eu les jetons.
7. être mineur : ne pas être majeur, c’est-à-dire ne pas avoir encore 18 ans.
8. un chassé-croisé: c’est quand on échange en même temps sa place avec d’autres personnes. On l’emploie pour parler de la circulation en période de vacances, quand par exemple certains quittent Paris au début de leurs congés et croisent ceux qui rentrent. Par exemple, il y a le chassé-croisé des juilletistes – ceux qui sont en vacances en juillet – et des aoûtiens – qui partent en août. Ne circulez pas à ce moment-là si vous pouvez éviter!
9. la zone B: pour les vacances scolaires d’hiver, la France est divisée en 3 zones géographiques qui ne partent pas en vacances en même temps. C’est pareil pour les vacances de printemps.
10. Bison Fûté: le trafic est observé et régulé par le Ministère des transports qui donne des conseils aux automobilistes en période de grands départs en vacances ou de retours. Bison Fûté est la mascotte qui personnifie cet organisme. Etre fûté, c’est être malin, savoir se débrouiller. C’est un mot familier.
11. en rouge: les jours sont classés noirs, rouges, oranges, ou verts selon la densité de la circulation. (du plus chargé au très fluide) C’est annoncé à l’entrée des autoroutes, à la radio, à la télévision.
* ça tombait mal: ce n’était vraiment pas le bon moment.

Transcription de mes commentaires:
Alors, avec ce petit enregistrement, je voulais revenir sur une façon de parler typique de la radio actuellement, une diction qui est très reconnaissable, pas dans toutes les émissions de radio mais dans certaines, et notamment comme les infos. Et on retrouve ça aussi à la télé, au… dans le journal télévisé, dans le JT. Et cette façon de…de parler un peu particulière, c’est le fait de ne pas faire de pause naturelle à la fin des phrases, d’enchaîner justement ces phrases sans respirer du tout au bon moment. Alors, je vous fais ré-entendre un premier passage.

Lire la Suite…

Dormir comme un loir


Bercé par le rythme sans à-coups du TGV,
Vous pouvez dormir comme un loir,
Vous pouvez dormir comme une marmotte !
Ils s’occupent de tout !

Finalement, il y a plein d’avantages à prendre le train !
Arrivée au coeur des villes.
Aucune obligation de se présenter à la gare des heures en avance.
De l’espace pour se poser… et se reposer.
Les Français aiment le train !

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