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Couvrez-vous bien !

en-montagne

Il a fait bien froid ces derniers temps sur une grande partie de la France. (A Marseille, on est un peu en dehors de tout ça, il faut bien le reconnaître !) Alors, avec des températures très en-dessous de 0, on a commencé à entendre des conseils à la radio. Il y a eu des messages du Ministère de la Santé pour rappeler les dangers des poêles qui peuvent dégager du monoxyde de carbone, d’autres pour nous rappeler aussi qu’il y a de plus en plus de sans-abris, que l’hiver rend encore plus vulnérables. Mais il y a eu aussi des messages que j’ai trouvés plus surprenants: je ne pensais pas que nous ayons besoin de quelqu’un qui nous dise comment nous habiller ! (Peut-être est-ce la conséquence de plusieurs hivers plutôt doux ces dernières années.)

Voici un de ces messages:
Froid – Si vous devez sortir

Transcription:
Attention Vague de froid exceptionnel.
Quand on est exposé au froid, cela peut entraîner des risques graves pour la santé, notamment pour des personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques.
Si vous devez sortir, ne faites pas d’efforts physiques intenses. N’oubliez pas de rajouter par-dessus vos vêtements chauds, un coupe-vent imperméable. Cela protège encore mieux du froid. Couvrez bien les parties du corps qui perdent le plus de chaleur : les mains, les pieds, la tête, le cou.
Ceci est un message du Ministère chargé de la santé et de Santé publique France.

Donc il s’agit de faire preuve de bon sens.
Mais parfois, on n’a pas tout prévu ! C’est ce qui est arrivé à ces automobilistes pris dans une tempête de neige en montagne, à un col qui aurait probablement dû être fermé plus tôt à la circulation. Comme le raconte un de ceux qui sont intervenus pour leur venir en aide, ils ont eu bien froid !

Bloqués au col dans la neige

Transcription
Ça a été très, très, très difficile (1), très dur, parce qu’on n’y voyait pas (2), il y avait un vent très violent et ils ont mis énormément de temps. Les secours ont été déclenchés à partir de 20 heures ici, ça s’est terminé à 3 heures du matin. Donc voyez quand même que ça a été un créneau horaire assez important pour pouvoir réaliser cette opération. Pour les naufragés (3), il y a eu de la frayeur, oui. A partir du moment où vous êtes abandonnés sur une route en pleine montagne (4), en pleine tempête (5), enfermés dans une voiture, vous êtes pas très rassurés, et une fois qu’ils ont vu les gens arriver, bon bah je pense qu’ils ont été un petit peu rassurés. Ils étaient pas très fiers (6) en arrivant, mais enfin, ça allait. Ils étaient contents qu’on les sortent de là-dedans, oui, bien sûr. Vous savez, quand vous êtes en montagne, en pleine tempête, en pleine nuit (7) et qu’il fait – 10, c’est pas très chaud et puis la plupart n’étaient pas couverts (8) suffisamment pour pouvoir affronter une nuit à l’extérieur, hein. Il y a eu du stress pour les sauveteurs et puis voilà, quoi ! Et sinon, tout… tout va bien.

Quelques détails :
1. très, très, très difficile : pour renforcer un adjectif, on ajoute l’adverbe très. Ici, comme souvent en français, on va jusqu’à l’utiliser trois fois de suite, en le répétant très vite. En français, il y a des mots qu’on répète trois fois très naturellement ! (Par exemple : non, non, non. / Oui, oui, oui.) Je ne sais pas si c’est la même chose dans d’autres langues!
2. On n’y voyait pas : on pourrait dire aussi On ne voyait pas. Mais très souvent, on ajoute « y » : On n’y voit rien. / On n’y voit pas grand chose. / On y voit mal.
3. Les naufragés : normalement, on utilise ce terme pour les gens victimes d’un naufrage (en mer). Mais les journalistes ont adopté cette expression aussi pour les automobilistes perdus ou bloqués quelque part à cause du mauvais temps : on parle de naufragés de la route.
4. En pleine montagne : en montagne, loin de tout.
5. En pleine tempête : au milieu de la tempête
6. ils n’étaient pas très fiers : c’est une expression qui indique qu’ils ont eu peur. Ce n’est pas le sens habituel de l’adjectif fier. Quand on dit : Je n’étais pas fier / pas très fier, on exprime sa peur, on montre qu’on s’est demandé si tout allait bien se terminer. On dit aussi : Il ne faisait pas le fier.
7. En pleine nuit : au milieu de la nuit
8. ne pas être couvert / assez couvert : on parle des vêtements. Cela signifie qu’on n’est pas habillé assez chaudement. Quand on dit à quelqu’un : Couvre-toi / Couvre-toi bien / Couvre-toi mieux / Couvre-toi davantage, on lui conseille de s’habiller avec des vêtements plus chauds. A l’inverse, on peut être trop couvert, si on porte des vêtements trop chauds pour le lieu ou la saison par exemple.

Un peu de français : n’oubliez pas que lorsqu’on parle des parties du corps, on emploie peu les adjectifs possessifs.
On dit : se couvrir la tête. On ne dit pas : Couvrir sa tête.
On dit : J’ai froid aux mains. On ne dit pas : J’ai froid à mes mains.
On dit : J’ai les pieds gelés. On ne dit pas : J’ai mes pieds gelés.
Donc quand il fait froid, on se couvre bien ! On se protège les mains avec des gants, les pieds avec de bonnes chaussettes dans des chaussures bien chaudes, la tête avec un bonnet ou une capuche et le cou avec une écharpe. Bonnets et écharpes sont redevenus à la mode, même chez les jeunes. Donc ça tombe bien.
Et on attend le printemps !

Ils ont ça dans le sang

Plusieurs fois par an, l’Etablissement Français du Sang vient dans les universités pour que tous ceux qui le souhaitent – étudiants et personnel – donnent leur sang. Depuis les attentats de 2015 à Paris et de 2016 à Nice, davantage de Français se sentent concernés et participent à ces collectes afin que les hôpitaux ne manquent jamais de sang ou de plaquettes pour les malades qui en ont besoin.

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Ce matin, il y avait donc la voiture des médecins chargés de cette collecte garée sur le parking mon l’université. Rouge bien sûr, et avec un slogan percutant : La vie, on a ça dans le sang.

Au sens propre, le sang qui coule dans nos veines est notre vie.
Mais avoir quelque chose dans le sang est aussi une expression qui signifie qu’on a une passion pour quelque chose, que c’est en quelque sorte inné, que cela fait totalement partie de nous. Ce On, c’est nous tous: ces professionnels de la santé qui font bien sûr tout pour protéger la vie des malades ou des blessés – ils ont ça dans le sang. Et tous ceux qui donnent leur sang et ont ce même souci de sauver des vies. Eux aussi ont ça dans le sang.

C’est une expression très forte, probablement parce qu’elle touche au corps.
En voici une autre, tout aussi forte et assez proche : avoir quelque chose dans la peau.
Mais en fait, on l’emploie très souvent à propos de quelqu’un: quand on a quelqu’un dans la peau, c’est qu’on aime cette personne passionnément. On ne peut pas vivre sans elle, c’en est presque déraisonnable.

Les choses peuvent être situées ailleurs dans le corps ! Et là, plus rien à voir avec la passion :
– Si vous dites de quelqu’un qu’il n’a rien dans le ventre, c’est que vous estimez que cette personne est lâche. C’est un jugement péjoratif. Quand on teste quelqu’un, de façon familière, on dit souvent qu’on veut voir ce qu’il a dans le ventre. Il faut qu’il montre ce qu’il a dans le ventre.

Avoir un coup dans le nez signifie qu’on a trop bu, qu’on est ivre. (familier)

Pour en revenir au don du sang, c’est intéressant de répondre à ce questionnaire pour savoir qui peut donner son sang. Toutes ces questions sont posées à ceux qui se présentent lors des collectes.

Aviez-vous écouté Manon sur France Bienvenue ? Elle m’avait expliqué pourquoi elle avait décidé de donner son sang.

Vous en reprendrez bien un peu !

Bonnes résolutions de janvierJ’ai d’abord vu ce panneau publicitaire dans la rue. Puis chez les marchands de journaux, impossible d’échapper à tous ces magazines qui parlent de régime après-fêtes, de bonnes résolutions diététiques et sportives, de détox de janvier. C’est la saison. Une des saisons, puisqu’il y aura nécessairement une autre offensive, printanière celle-là.

Pub IAlors, j’ai immanquablement pensé à cette publicité !

Un chien patapouf – légèrement retouché, espérons-le ! – et son maître sympathique, qui l’encourage sans relâche : « Allez ! Va chercher ! » et ne renonce jamais à s’occuper du bien-être de son compagnon à quatre pattes. Un garçon sympathique aussi parce qu’il aime recevoir ses amis !
Une vraie petite histoire, presque sans paroles, où tout est raconté en quelques plans et une chute réussie.

Et cette chute m’a rappelé une émission de cuisine comme il en fleurit à la télévision. Pas dans la catégorie des émissions culinaires qui mettent l’eau à la bouche dans une atmosphère conviviale, mais dans la catégorie des émissions compétition, évaluation, élimination des mauvais élèves et critiques permanentes et directes. Tout y est scénarisé et monté bien sûr pour créer cette atmosphère de défi qui apparemment est nécessaire pour faire revenir à la cuisine ceux qui ne cuisinaient pas. (C’est le seul avantage que j’y trouve mais personnellement, c’est ce qui fait que j’éteins la télé au bout de cinq minutes!)

Donc ce gentil maître qui aime faire à manger pour ses amis devrait probablement aller voir Norbert !

affreux fondant
Le concept de l’émission, comme on dit, c’est que Norbert dit leurs quatre vérités à des gens ordinaires qui font semblant d’être très satisfaits de leurs talents culinaires et qui découvrent grâce au franc parler de Norbert qu’ils étaient en fait absolument nuls. Et si on aime le style de l’émission, on apprend comment bien faire, grâce à plein de trucs et astuces.
Mais ça pourrait vous plaire aussi parce que c’est une vraie leçon de français oral!
Voici un petit extrait de cette émission en cliquant ici.

Ou juste le son si ce n’est pas accessible de votre pays ou quand ça aura disparu du site de l’émission. (Mais il manquera le gâteau, les couleurs et les mimiques. Dommage!)
Affreux fondant

Transcription :
– Bleu.
– Toi, ça te rappelle un peu le côté Arts Plastiques (1), non ? Bah c’est comme quand tu es sur ta palette et que tu mélanges tes couleurs.
– Voilà. La coloration, c’est vraiment mon truc (2), ma touche perso (3). On me reconnaît dans mes gâteaux.Quand il y a de la couleur, on sait que c’est moi.
– Et quand il y a du chewing gum en guise de (4) dressage (5) aussi. C’est carrément de l’élastique au sucre, son glaçage ! Tu m’étonnes (6) que son pote (7) Olivier en ait ras le bol (8) de s’en coller plein les dents.
– Juste à l’étaler (9), un peu… voilà, un peu à l’arrache (10).
– Là, ça te plaît, là !
– Là, ça me plaît, c’est bien lisse, c’est joli, donc là, j’aime bien. Le glaçage que j’ai réalisé, là pour le coup (11), il était vraiment bien. Il coulait un petit peu, c’était joli. Il était épais mais pas trop et le bleu était bien soutenu. Donc c’est exactement ce que je voulais.
– Ton gâteau, c’est un tableau…
– Voilà.
– … blanc.
– Ouais, là je peux…
– Là, tu vas pimper (12), là !
– Ouais, là, je vais… Ça va exploser, là !
– Là, c’est quel courant artistique, là ?
– Là, c’est un gâteau surréaliste. Voilà, puis on peut y voir ce qu’on veut. C’est le concept du surréalisme.
– Surréaliste (13), c’est ça ! J’aurais pas dit mieux.
– Donc là, il me reste juste à écrire un petit message. Je vais juste écrire : Mangez-moi. Voilà, comme ça, ça donnera encore plus envie.
– Ah, tu as mal fait le « i » quand même, hein ! Correctement, correctement.
– Il est très bien ! Donc là, c’est prêt.
– Ça fait… Il y a un mai. Mangez mai.
– Mais non, c’est un O ! Mon œuvre est terminée.
– Ouah ! Elle a même coloré de la crème anglaise (14) en rose !
– J’ai fait un joli raccord de couleurs entre les roses. Je suis plutôt satisfaite de moi. Je trouve ça joli. L’idée, c’était vraiment de faire un gâ[…] … un dessin qui se mange en fait. Sur le dressage, je pense vraiment que j’ai été épatante (15), que c’était, voilà, très coloré et très joli. Voilà, bon, ça a un petit peu bavé (16), c’est pas très grave (17). Non, il est très bon ! Il est bien fondant donc l’oeuvre est parfaite. Mon gâteau, là, c’est mon bébé. Il peut pas décevoir normalement. Si moi je le trouve bon, il est universellement bon, je dirais !
– Eh bien, goûtons l’oeuvre alors ! C’est sec et farineux. C’est la sécheresse dans ma bouche. Il me faudrait dix litres de sa crème trop liquide pour rattraper ça ! Et puis c’est beaucoup trop sucré, le glaçage est super dur et très désagréable à manger. Ah, et j’ai failli (18) m’étouffer avec sa déco !(19)

Quelques détails :
1. les Arts Plastiques : ce terme désigne la peinture, la sculpture, le dessin, etc.
2. c’est mon truc : cette expression familière montre que c’est quelque chose qu’on aime faire et qu’on pense faire correctement.
3. Perso : abréviation familière et orale de personnelle.
4. En guise de = comme. Mais en guise ajoute l’idée que c’est quelque chose qui remplace, qui est utilisé à la place d’autre chose.
5. Le dressage : en cuisine, c’est la façon dont on termine un plat, la façon dont on le dispose dans l’assiette ou dont on le présente.
6. Tu m’étonnes : cette exclamation exprime précisément l’inverse. Cela signifie que Norbert n’est absolument pas étonné, tellement c’est mal fait. Cela n’a en fait rien de surprenant.
7. Son pote : son copain (familier et oral)
8. en avoir ras le bol de quelque chose : en avoir assez, ne plus supporter. (très familier)
9. juste à l’étaler : il manque le début de la phrase, à cause du montage de cette vidéo d’extraits significatifs. Elle a dû dire : Il (me) reste juste à l’étaler.
10. À l’arrache : elle veut dire qu’elle fait comme elle peut. (très familier). Normalement, cette expression orale signifie qu’on termine quelque chose au dernier moment, comme on peut.
11. Là pour le coup : on entend sans cesse cette expression actuellement, même si elle ne signifie pas grand chose ! Elle veut dire en gros : dans cette situation-là.
12. pimper : dans certains magazines, ce verbe est employé entre guillemets (car angliscisme ?) pour indiquer qu’on donne un aspect plus attirant à quelque chose, qu’on renforce un effet.
13. surréaliste : cet adjectif peut faire référence au surréalisme. Mais familièrement, on l’emploie aussi pour décrire quelque chose de tellement incroyable que ça paraît irréel. Quand on dit : C’est surréaliste !, on veut dire que ce n’est pas possible, qu’on n’y croit pas. C’est en général péjoratif. C’est ce qu’exprime Norbert.
14. La crème anglaise : c’est le nom français d’une crème sucrée faite avec du lait et des œufs.
15. épatante : excellente, parfaite.
16. Ça a bavé : ça a coulé
17. c’est pas grave : ce n’est pas important. (familier)
18. j’ai failli m’étouffer: je me suis presque étouffé
19. la déco : abréviation orale de décoration.

Corps à corps

Il se passe beaucoup de choses à l’Opéra de Paris, côté danse, grâce à toutes les initiatives de Benjamin Millepied, Directeur du Ballet de l’Opéra. Atmosphère de changement, ouverture.
Trois scènes: Garnier, Bastille et la 3è scène sur internet.
Des créations comme Relève, avec le corps de ballet.
Des documentaires sur le travail qui aboutit à ces oeuvres.

RelèveCliquez ici pour regarder la bande annonce de Relève

Les regarder danser rend heureux.
Les écouter parler de leur travail et du corps des danseurs aussi.
Voici d’abord Angelin Preljocaj, passionnant comme toujours, dans tout ce qu’il fait et dit.
Puis Benjamin Millepied, dans un autre style.

Ecrire la danse – Le corps, A. Preljocaj

Transcription:
La danse, c’est un art fabuleux, qui a une force incroyable, qui devrait marquer l’histoire de l’humanité et on est là à se dire : Ah oui, c’est éphémère. Mais c’est pas plus éphémère, je vous le répète, que la musique, hein, ou que le théâtre ou que n’importe quoi. La seule différence, c’est que on n’a… On s’est pas soucié de noter ça. Et si on va plus loin encore, je peux vous dire pourquoi. C’est lié à la religion, parce que en fait, si on réfléchit bien (1), l’écriture de la musique, pourquoi elle s’est développée ? Parce que c’est les prêtres qui ont commencé à noter les chants grégoriens, et c’est eux qui avaient le pouvoir de l’écriture et du savoir. Et on a toujours noté la musique parce qu’elle transcendait Dieu, la conscience religieuse. Mais le corps, objet du péché, il était hors de question de noter ça. C’est pour ça qu’on a toujours mis ça à l’écart. Donc tout ça peut très bien s’expliquer. Mais on va pas continuer avec ces conneries (2) !

Les danseurs et leur corps Benjamin Millepied

Transcription:
– La notion d’accompagnement du danseur… Vous avez tenu à (3) ce qu’il y ait plus de médecins et plus de kinés (4) par exemple au quotidien avec eux. Mais il y avait déjà un suivi médical du temps de Brigitte Lefèvre.
– Il y avait… Il y avait deux kinés effectivement. En fait, ce qui existe pas… Mais en fait, ce qui existe pas du tout en France, en fait même carrément du tout, du tout (5), c’est la spécialité de la médecine de la danse pour le ballet.
– C’est ça que vous faites entrer à l’Opéra ?
– En fait oui… C’est pas fini parce que je… On n’est pas arrivé au bout du projet pour l’instant. On a aujourd’hui un médecin du sport, un chirurgien qui aujourd’hui sont là quotidiennement. Les danseurs peuvent s’appuyer sur eux. On a… Mais cette spécificité vraiment pour moi de la médecine de la danse, la spécialité de savoir, comme c’est le cas pour un athlète d’athlétisme, qui existe à travers le monde, hein, qui existe en Angleterre, qui existe même aujourd’hui à Monte Carlo, au Danemark, tout ça, on est encore en train d’amener ça à l’Opéra de Paris, j’ai pas encore réussi, je suis pas arrivé encore au bout de ce projet.
– Je comprends mieux pourquoi vous avez…
– Et que moi, j’ai bénéficié (6) pendant plus de vingt ans, hein, et que tous… tous les danseurs dans toutes les compagnies du monde… Ce que ça veut dire, ça veut dire on commence à avoir mal quelque part, on a quelqu’un qui va vous faire le bon strap, va vous dire : « Ouais, tu peux continuer mais faut faire tel exercice. » C’est un suivi, c’est… c’est.. c’est… On peut pas faire ce métier aujourd’hui sans. C’est comme les planchers, danser sur des planchers qui sont adaptés vraiment à la danse, en 2015, quand ça existe partout dans le monde entier, même dans les petites écoles de banlieue, c’était très, très important de changer ça à l’Opéra de Paris. Et il faut encore le faire à l’Ecole (7) parce que c’est pas encore le cas à l’Ecole.
– Est-ce qu’il y a moins d’accidents depuis que… Est-ce qu’il y a moins d’accidents depuis que vous êtes, là, grâce à ces changements de plancher et à cette médecine ?
– C’est une culture du corps de… de… qui doit aussi… qui doit évoluer, qui doit changer, c’est-à-dire que les danseurs doivent apprendre… C’est un rapport au cours, c’est-à-dire que c’est aussi… Il faut être au cours tous les jours, c’est une question de maintien (8), c’est une question de savoir s’étirer, savoir avoir quelqu’un qui vous suit. Ça va prendre du temps. Aujourd’hui, oui, je pense qu’il y a moins de blessures mais on a encore du travail à faire.
– On vous voit aux petits soins (9) avec les danseurs et avec leur corps, vous leur parlez beaucoup de la nécessité de prendre soin d’eux parce que leur corps va travailler longtemps – ils sont jeunes, ceux à qui vous vous adressez. On vous voit même saisir le pied d’une jeune fille et lui faire volontairement mal pour qu’elle sente bien son pied !
– Non, c’est qu’elle a un problème au pied que je connais très bien parce que moi, je me suis déchiré la voûte plantaire (10) pendant ma carrière, les deux, donc l’aponévrose, donc c’est quelque chose que je connais très bien, donc c’était juste des indications sur ce qu’il faut faire, des straps pour des entorses (11), des choses comme ça, je les ai tellement faits que je peux les faire comme… Donc ça, c’est normal mais ce… C’est… c’est en fait, c’est des carrières qui vont très vite, et on a notamment… on a une maturité, hein, bon voilà, une compréhension du travail, tout ça, qui… qui grandit. On va… On gagne de l’expérience mais en même temps, le corps, c’est un déclin physique, donc ce qui est dur, c’est justement de pas se retrouver à 35 ans où justement, on n’est plus en manière… enfin en capacité (12) forcément de ce qu’on avait quand on avait 25 ans et de se rendre compte que c’est à ce moment-là que : « Ah mince (13) ! Mais en fait, j’aurais vraiment dû m’occuper de mon corps et j’aurais vraiment dû être au cours tous les jours . » Donc il faut… Il y a un accompagnement. Il faut qu’ils aient conscience du travail qu’ils doivent faire tous les jours et il faut qu’ils aient conscience de leur… comment ils doivent s’occuper de son corps… de leur corps et tout ça. Donc ça, c’est… c’est… On est, nous, responsables… En fait, faut pas oublier, voilà, on est… On a cette responsabilité-là d’éduquer, comme on a la responsabilité d’éduquer à l’Ecole sur plein de sujets, c’est pareil pour… pour la compagnie. (14)

Quelques détails:
1. si on réfléchit bien : si on analyse les choses en profondeur
2. ces conneries : ces bêtises, ces idioties ( très familier)
3. tenir à : vouloir vraiment quelque chose parce qu’on estime que c’est très important. Par exemple : Je tiens à m’occuper des jeunes. / Je tiens à ce que les jeunes soient aidés.
4. Un kiné : abréviation de kinésithérapeute. Les kinés sont les spécialistes qui s’occupent de la rééducation physique après un accident par exemple, ou quand on a des problèmes de mobilité.
5. Du tout, du tout  = pas du tout. Il ne répète pas « pas » parce qu’il l’a dit juste avant.
6. J’ai bénéficié : il manque un pronom : J’en ai bénéficié / J’ai bénéficié de ça.
7. L’Ecole : il s’agit de l’école de danse de l’Opéra de Paris.
8. Le maintien : c’est la façon de bien se tenir physiquement.
9. être aux petits soins avec quelqu’un : être très attentif à cette personne, tout faire pour bien s’en occuper.
10. La voûte plantaire : c’est la partie sous le pied.
11. Une entorse : c’est lorsqu’on se tord la cheville par exemple. On dit qu’on se fait une entorse.
12. Être en manière / être en capacité : ces formulations ne sont pas très françaises. On dit plutôt : être capable de…
13. Ah mince ! : c’est une exclamation orale. (mais pas vulgaire)
14. une compagnie : dans le domaine artistique, c’est une troupe de danseurs ou d’acteurs.

L’émission entière est ici.

Ils courent, ils courent

BasketsVous courez ? Moi, non. Je préfère le vélo. Mais ces deux activités ont en commun le fait qu’il faut peu de choses pour s’y mettre. Un peu plus pour le vélo, mais comme la course à pied, on peut y aller quand on veut, où on veut. Nul besoin d’être inscrit dans un club.
Deux jambes, des chaussures, et c’est parti ! Et ça, c’est vraiment agréable.

Ils courent

Transcription :
– C’était le néant sportif ! (1) Je suis une ex-nulle (2) en sport. Je n’ai… Je n’ai jamais accroché (3) à un sport. Le sport, ça a toujours été une contrainte pour moi, c’était juste une matière à l’école. Je l’avais… Je me souviens d’ailleurs d’aversion particulière pour les séances d’athlétisme à l’école. Et je me suis mise (4) à la course à pied il y a un peu moins de deux ans, comme de nombreuses personnes (5), parce que… parce que je suis accessoirement(6) aussi maman de trois enfants. Mon petit dernier arrivait sur ses deux ans, j’avais un boulot très prenant et j’avais en vacances envie de prendre un peu de temps pour moi. Donc j’ai fait avec ce que j’avais sous la main (7), à savoir mes baskets (8), dix ans d’âge. Et puis au bout d’une, deux, trois sorties, j’ai accroché et je me suis vite rendu compte qu’il se passait quelque chose quand j’ai commencé à prendre une baby-sitter pour aller courir et pas pour aller faire les magasins (9). Et puis je me suis vite… enfin en quête de (10) challenge, je me suis inscrite à des courses. J’ai connu, voilà, la soif de dépassement de soi et le bonheur que c’est de passer une ligne d’arrivée. Et neuf mois après, en fait, je courais mon premier marathon en 3 h 44 de bonheur intense, et depuis…
– On a du mal à vous croire, notamment en régie (11), ils ont beaucoup de mal à vous croire parce qu’ils se disent que s’ils couraient un marathon, au bout d’un ou deux kilomètres, ils seraient… bah ils seraient pas vivants tout simplement ! 3h44 !
– Il faut qu’ils essayent, hein, tout bêtement ! (12)
– Je ne suis pas sûr qu’ils soient…
– Vous vous rendez compte, une anti-sportive, elle a été… Voilà, d’un seul coup, elle a découvert ce plaisir-là, parce que c’est vraiment du plaisir quand même la course. C’est une communion avec la nature, c’est une communion. Il faut courir dans la nature, à la base. Alors, les marathons, c’est vrai que c’est citadin (13), mais il y a aussi un plaisir d’être dans un environnement formidable, quoi !
– Mais 3h 44, c’est incroyable quand même !
– Ah, c’est formidable ! Pour un premier marathon, c’est super ! Bravo !

– Je voulais simplement signaler que pour moi, la course a révolutionné pratiquement ma vie. J’ai commencé à courir il y a dix-huit mois. J’ai… J’avais 45 ans et un petit peu… enfin beaucoup de surpoids. J’ai donc commencé à courir pour perdre du poids. Ça a été diaboliquement (14) efficace, j’ai perdu vingt kilos à peu près. Et ça m’a permis de découvrir en fait beaucoup de choses de ma personnalité, j’ai remis en cause (15) mon… ma façon de m’alimenter. J’ai remis en cause ma façon… mon appréhension (16) avec la nature. J’ai découvert que le fait d’aller courir le matin, à 6 heures ou 7 heures du matin, bah ça permettait de… Excusez-moi, je suis un petit peu ému de passer à l’antenne.
– Non, non, mais tout va bien, Christian.
– Ça me permettait de… bah d’être en relation avec… avec la nature, d’être en relation avec le temps, et du coup, j’ai modifié mon équilibre alimentaire, j’ai modifié pas mal de choses dans ma vie, et aujourd’hui, je me sens vraiment très, très bien grâce… grâce à la course, et j’ai couru le marathon de Paris dimanche, simplement après dix-huit mois de course. Je voulais simplement aussi préciser que, contrairement à ce qu’on peut penser, la course est quand même un… une activité sociabilisante, même si on pense qu’on va courir tout seul. Voilà, moi j’ai l’habitude de courir avec mes collègues à midi en allant… pendant la pause du déjeuner, le weekend avec mon frère, etc. Et donc pour moi, la course n’est absolument pas une activité égoïste.

Quelques détails :
1. le néant sportif : le néant est un terme très fort pour décrire un état de vide absolu. Donc elle veut dire qu’elle ne faisait vraiment jamais de sport.
2. Être nul(le) en quelque chose : ne pas être bon du tout. (plutôt familier)
3. accrocher : s’intéresser à quelque chose. On peut l’utiliser à propos de sports mais aussi pour d’autres choses qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Par exemple : J’ai commencé à faire du théâtre et j’accroche vraiment. / Je n’accroche pas du tout à ce genre de films, de livres. Ou encore : J’ai vu ce film. Mais je n’ai pas du tout accroché. (plutôt familier)
4. se mettre à quelque chose / à faire quelque chose : commencer à faire quelque chose, démarrer une activité. Par exemple : Il s’est mis au dessin, au piano, à la cuisine, au français,, etc.
5. comme de nombreuses personnes : plus souvent, on dit : comme beaucoup de gens.
6. Accessoirement : ce terme signifie que c’est en plus du reste. Donc ici, elle l’emploie de façon plutôt ironique car on imagine bien que ce qui compte, c’est d’abord le fait qu’elle ait trois enfants ! Elle veut juste insister sur le fait qu’elle doit trouver le temps de tout concilier : sa famille et sa passion pour la course à pied.
7. Avoir quelque chose sous la main : pouvoir utiliser quelque chose qu’on a déjà, sans avoir à se le procurer. Par exemple : J’ai fait un gâteau tout simple parce que j’avais juste sous la main deux œufs, du beurre, de la farine et du sucre.
8. Des baskets : c’est le nom que les Français donnent souvent aux chaussures de sport.
9. Faire les magasins : aller dans les magasins pour s’acheter des vêtements, des chaussures, etc. (C’est différent d’aller faire les courses, ce qui signifie qu’on va acheter de quoi manger et entretenir la maison).
10. En quête de : à la recherche de
11. en régie : ce sont qui travaillent à la technique à la radio, tous ceux qui s’occupent du son et de la retransmission à la radio. Ils sont en régie, pas directement dans le studio d’enregistrement.
12. Tout bêtement : tout simplement (un peu plus familier)
13. citadin : qui se fait en ville, pas à la campagne
14. diaboliquement : ici, cela signifie très. On ne l’emploie pas souvent en fait. Donc cet homme veut souligner le fait que c’est presque impossible à croire et pourtant, ça a extraordinairement bien marché pour lui.
15. Remettre en cause quelque chose : critiquer et changer quelque chose.
16. Mon apprehension de la nature : normalement, appréhension signifie crainte, peur. Mais je pense qu’ici, il veut parler de sa manière d’appréhender la nature, c’est-à-dire sa façon de la percevoir et de la vivre.

L’émission tout entière est ici. Vous pourriez la télécharger et l’écouter en allant courir !

Eté comme hiver

Baignade par tous les temps

Même quand on habite Marseille, c’est la saison où on oublie un peu que la plage n’est pas loin. La mer s’est refroidie, les maîtres-nageurs sont partis, le parfum des produits solaires s’est dissipé sur le sable qui semble moins accueillant. Pourtant, comme dans beaucoup d’autres endroits en bord de mer, il y a des gens – souvent pas si jeunes que ça – qui continuent à se baigner ! Pas longtemps, mais chaque jour, été comme hiver. Comme un rituel qui paraît leur faire du bien, mi-défi, mi-plaisir répété avec régularité, sous l’oeil des frileux qui passent par là en se disant que ce n’est vraiment plus de saison. Voici un écho de ces baigneurs acharnés, cette fois-ci sur la côte basque, entendus il y a quelques jours à la radio. Ils avaient l’air en pleine forme !


Eté comme hiver

Transcription :
– Ça s’appelle comment, cet endroit (1)?
– Ici, nous sommes au Port Vieux à Biarritz.
– Bonjour à tous et bienvenue au Port Vieux à Biarritz, où il fait très beau (2) et… Mais vous vous baignez toute l’année ?
– Toute l’année, tout à fait (3).
– En plein hiver (4) aussi ?
– En plein hiver. C’est le but de notre association.
– Le but, c’est de se baigner, quelle que soit la température de l’eau ?
– Exactement. C’est… C’est ce qu’on aime.
– Et alors, elle est à combien (5), la mer, l’hiver, quand vous vous baignez ?
– Eh bah ça peut aller jusqu’à 10°, 8 °. Voilà.
– Vous restez combien de temps dans l’eau ?
– Oh, à peu près dix-quinze minutes.
– Et vous avez un site, Les Ours Blancs ?
– Oui, il y a un site, Les Ours Blancs, vous pouvez le trouver sur internet. Vous faites (6) Les Ours Blancs, Biarritz, et vous verrez, on a un site internet, avec toutes les informations (7).
– Et pourquoi Les Ours Blancs ? Vous avez pas des têtes d’ours !
– Peut-être, mais les ours se baignent l’hiver, c’est pour ça, hein, dans l’eau très froide, et c’est ce que… ce que nous faisons.
– En tout cas, ça conserve (8), hein ! Vous êtes en forme olympique !
– On est tous comme ça ! On est tous comme ça. Ça conserve, en effet.
– Et vous êtes combien d’ours blancs ?
– Cent cinquante. On est une association de 150 personnes (9).
– Et ça… Elle a quel âge, cette association ?
– Elle a… Elle va avoir… Elle a, cette année, 85 ans.
– Bah vous les faites pas (10), dites-donc (11) !
– Bah oui, que voulez-vous (12), ça conserve !
– Ah oui !
– Venir nager avec une bande de fondus (13) tous les jours, quoi, c’est ça le but, hein, pendant… pendant quarante-cinq minutes, une heure, selon le… la température de l’eau.
– Le 1er janvier, c’est… Le plaisir est le même ?
– Ah bah même mieux ! On se caille (14), il doit y avoir un petit côté maso (15) là-dedans, quelque part (16). Mais non, non, il y a… il y a rien d’héroïque à ça. C’est ce que je répète souvent. Si on le fait tous les jours, il y a aucun problème, quoi. Voilà. Bien moins difficile que d’aller se foutre (16) dans… Remplir sa baignoire d’eau froide et à se mettre dedans. Ça, j’en (17) serais incapable !

Quelques détails :
1. Cet endroit : écoutez la prononciation de Cet. Il dit : « C’t’endroit », au lieu de bien prononcer toutes les syllabes. Dans le sud de la France, on dit bien : Cet endroit. On fait la même chose au féminin : Cette plage, cette dame, cette association.
2. Il fait très beau : Biarritz est presque à la frontière avec l’Espagne, sur la côte atlantique. Il y fait souvent très doux en hiver.
3. Tout à fait : c’est ce qu’on dit pour montrer qu’on est complètement d’accord avec ce qui vient d’être dit.
4. En plein hiver : en plein milieu de l’hiver, au cœur de l’hiver. On le dit aussi à propos de l’été : En plein été. Mais très rarement à propos de l’automne, et jamais à propos du printemps ! (sans doute parce qu’il ne s’agit pas des extrêmes. Et pour le printemps, parce que ça ne sonnerait pas bien!)
5. elle est à combien ? : c’est la question qu’on pose pour avoir la température de l’eau. A combien est l’eau / la mer ? Si c’est pour connaître la témpérature (de l’air), on demande : Combien fait-il ? (Ou plus oralement : Il fait combien ? )
6. Vous faites… : à propos d’internet, on peut dire aussi : Vous tapez
7. les informations : contrairement à l’anglais, ce mot peut s’utiliser au pluriel. On pourrait dire aussi : les renseignements.
8. Ça conserve : cela signifie que ça aide à rester jeune, que la personne ne fait pas son âge, paraît plus jeune. On utilise aussi le participe passé : Il / elle est bien conservé(e).
9. 150 personnes : avec un nombre, on ne peut pas utiliser le mot gens.
10. Vous ne les faites pas : vous ne paraissez pas avoir cet âge-là, vous paraissez plus jeune. On dit : Il a 70 ans mais il ne les fait pas.
11. Dites-donc : C’est une exclamation pour exprimer sa surprise et mettre en valeur ce qu’on vient de dire. Si on tutoie la personne, on dit : dis-donc. Par exemple: Tu as beaucoup de courage, dis-donc !
12. Que voulez-vous : ce n’est pas une vraie question, c’est simplement une expression qui signifie à peu près : Oui, c’est vrai. / Vous avez raison, c’est comme ça. On peut l’utiliser avec quelqu’un qu’on tutoie : Que veux-tu.
13. Un fondu : un vrai passionné. Ce terme d’argot s’emploie à propos de quelqu’un qui est fou d’une activité.
14. Se cailler : se geler, avoir très froid. (argot)
15. maso : c’est l’abréviation de masochiste, qui signifie qu’on fait quelque chose volontairement alors que ça nous souffrir. (familier)
16. quelque part : ici, ce mot n’a pas son spatial mais signifie : en quelque sorte, d’une certaine manière.
17. Se foutre : se mettre (très familier et oral).
18. J’en serais incapable : en remplace « de se mettre dans une baignoire pleine d’eau froide ». On l’emploie car l’expression être incapable est suivie de « de ».

Je vous ai enregistré les deux façons de prononcer cet / cette :


La prononciation de Cet ou Cette

cet endroit : J’aime bien cet endroit.
cet hôtel : On est bien dans cet hôtel.
cet acteur: J’adore cet acteur.
cet appareil photo : Tu l’as payé combien, cet appareil photo ?
cet après-midi : Tu es là cet après-midi ?

cette année : C’est quoi tes projets cette année ?
cette semaine : Je vais à Paris cette semaine.
cette fille : Tu la connais, cette fille ?
cette femme : On pourrait demander à cette femme.
cette association: J’ai jamais entendu parler de cette association.
cette émission : J’écoute souvent cette émission.

Et pour écouter en entier ce reportage à la radio, c’est ici.

Dans mon assiette

Dans mon assiette

Dans mon assiette colorée, fraîcheur des tomates et des concombres. L’été approche !

Mais au sens figuré, dans mon assiette, signifie autre chose:
Dire de quelqu’un qu’il n’était pas dans son assiette hier revient à dire que cette personne n’était pas en forme, qu’elle ne se sentait pas très bien.
Par exemple: Je ne suis pas dans mon assiette. Je crois que je vais rester tranquillement à la maison.
(Cette expression s’emploie toujours à la forme négative.)
J’espère que vous n’aurez pas à l’employer en français !

Dans un nuage de fumée

Fumer Cinéma

Dimanche matin: j’écoute le début de la conversation entre Sophie Marceau et Rebecca Manzoni à la radio. Elles fument toutes les deux. Je me dit que c’est surprenant de démarrer une émission comme ça. Je ne vis pas entourée de fumeurs. Autour de moi, dans le fond, seuls mes étudiants fument, dehors, dès le matin avant d’aller en cours. Puis je me dis que c’est étonnant que Sophie Marceau fume. Je ne l’imaginais pas fumeuse.

Dimanche soir: je me laisse prendre par le film de Claude Sautet, Les choses de la vie. Je me souviens de l’histoire, de la musique mais j’ai oublié les détails, depuis tout ce temps. Alors je regarde, la vie des années 70, les vêtements, les coiffures, les voitures.
Et je ne vois plus qu’une chose : Michel Piccoli qui fume, dans tous les plans. Il fume en mangeant, il fume en conduisant, en travaillant, en parlant, en téléphonant, en se disputant avec Romy Schneider, en buvant du vin, de la bière, en écrivant la lettre de rupture qu’il n’enverra finalement pas. Il fume en perdant le contrôle de sa voiture. Je ne le vois plus jouer, je le vois craquer une allumette, allumer une cigarette, demander du feu à sa femme ou à son fils, aspirer la fumée, la rejeter, écraser son mégot dans un cendrier, ou le jeter par la fenêtre de sa voiture. Pas un plan sans fumée qui embrume les visages, pas un plan sans fumeurs, hommes et femmes. C’est comme si leur gestuelle occupait tout l’espace. Etre acteur ou actrice, c’est fumer. En ce temps-là. Je n’avais jamais remarqué à quel point. Nous ne remarquions pas ces choses-là, fumer était la norme, indiscutée, partout. J’ai vraiment du mal à voir autre chose dans ce film. C’est devenu trop envahissant, et très monotone !

Alors, je repense à ce que racontait Sophie Marceau ce matin à la radio et ça correspond tout à fait :

Ou ici: Sophie et fumer
Transcription :
– Je peux vous piquer (1) une cigarette ?
– Ouais, alors j’en ai… plus !
– Il y en a plus. OK. C’est pas grave. (2)
– Je vous en roule une ?
– Allez ! Vous fumez et vous les roulez !
– Ouais.
– Ça fait longtemps ?
– Ça fait depuis que j’ai treize ans, à peu près. J’ai toujours fumé. J’ai toujours voulu fumer. Ma première cigarette, j’avais cinq ans. Mais c’était épouvantable. Je me suis étouffée… enfin, bon.
– Non mais… Vous aviez cinq ans mais…
– Ouais, ouais, parce que je trouvais… Je sais… Mes parents fumaient. Et mon père… J’adorais ça, j’adorais les paquets de Gitanes (3), comme ça. Je trouvais ça très beau. Et…
– Là, vous venez de passer un petit coup de langue sur le papier.
– Ouais. Ah oui, je suis une grande pro (4) ! Je peux rouler mes cigarettes partout. Et puis c’était des maïs… C’était quoi, des maïs jaunes sans filtre, à l’époque, vous imaginez ? Et j’ai pris la cigarette et puis j’ai fumé. Enfin, j’ai fumé une taffe (5), quoi, j’ai… j’ai étouffé et puis j’ai laissé tomber l’affaire (6) jusqu’à mes treize ans. Puis j’ai… j’ai arrêté. Et puis après, voilà, j’ai fumé en m’arrêtant tout le temps, puis je vais ré-arrêter un jour parce que c’est pas bon ! Il faut pas fumer ! C’est vraiment dégueulasse (7) ! Alors ça, c’est sûr !
– Mais pourquoi vous avez dit : J’ai toujours voulu fumer ?
– Ouais, je trouvais ça magnifique. J’adorais le geste, je trouvais que c’était très beau. Il y avait une forme de… ouais, de… de liberté. C’est très con (8) à dire parce que il y a pas plus dépendant que le tabac. Puis dans les films, les gens fumaient encore beaucoup, non ?
– Bad ! Pas bien !

Quelques détails :
1. piquer : voler. (argot) On utilise aussi ce mot comme ici, juste pour dire prendre, de façon familière. (Parce qu’on sait bien qu’on ne va pas rendre cette cigarette.)
2. C’est pas grave : ça n’a pas d’importance / ça ne fait rien. C’est ce qu’on emploie le plus souvent à l’oral.
3. Les Gitanes : une marque de cigarettes très populaire, avec une Gitane dessinée sur le paquet.
4. Une pro : abréviation de une professionnelle. (plutôt familier). Cela signifie qu’on sait parfaitement faire quelque chose, parce qu’on l’a beaucoup fait.
5. Une taffe / une taf : une bouffée. (= J’ai aspiré une fois) (argot)
6. laisser tomber l’affaire : cesser de faire quelque chose, y renoncer. (familier)
7. c’est dégueulasse : c’est dégoûtant et en plus ici, mauvais pour la santé. (très, très familier)
8. c’est très con = c’est très bête, c’est complètement idiot. (très familier)

Dans 20 ou 30 ans, peut-être aurons-nous la même impression en revoyant des films où les gens ont toujours un téléphone portable à la main !

Deux poids, deux mesures

Yaourt nature Yaourt vanilleApparemment, il y a deux poids deux mesures selon l’endroit où on habite en France. Deux poids deux mesures, cela signifie qu’on n’est pas traité de la même façon. Petit détail de la vie quotidienne mais plutôt surprenant !
Transcription :
Les consommateurs d’Outre-Mer (1) peuvent constater que plusieurs produits de consommation courante – spécialités laitières (2) ou sodas – ont une concentration en sucre supérieure à celle des mêmes produits de marque identiques vendus en France hexagonale (3). Et si certains avancent que des facteurs culturels, socio-économiques expliquent en partie ces différences, il ne faut pas sous-estimer la responsabilité des industriels de l’agro-alimentaire dans la progression de ce fléau qu’est l’obésité. A titre d’exemple, en Guadeloupe et en Martinique, 8,9 % (4) des enfants de 5 à 14 ans souffrent d’obésité et 14 % de surpoids. En Polynésie française, ces pourcentages sont respectivement de 18 et de 15 %.

Quelques détails :
1. l’Outre-Mer : ce terme désigne les départements (les DOM) et les territoires (les TOM) français dans le monde.
2. Les spécialités laitières : il s’agit des yaourts, des fromages blancs, des petits-suisses, des crèmes dessert, qui occupent une très grande place dans les supermarchés français, en plus des rayons réservés aux fromages. (Les Français consomment beaucoup plus de laitages que de lait en fait.) Comparé à d’autres pays, on trouve beaucoup de laitages natures, c’est-à-dire non sucrés. Mais il y a aussi beaucoup de préparations sucrées, dont beaucoup d’enfants et d’ados font leur dessert.
3. La France hexagonale : ce terme désigne le territoire français en Europe, à cause de sa forme d’hexagone.
4. 8,9 % : on dit : Huit virgule neuf pour cent. La virgule est l’équivalent français du point dans d’autres pays dans les nombres décimaux.

Mannequins à Cayenne

Mannequins à Cayenne

Et ensuite, il faut que les femmes ressemblent à ces mannequins ?

Mais qu’y a-t-il dans nos assiettes ?

Fait maison, c'est meilleur !

Fait maison, c’est meilleur !

Régulièrement, nous nous apercevons que ce que nous mangeons n’est pas tout à fait ce que nous pensions avoir acheté ! Du cheval à la place du boeuf annoncé, trop de gras, trop de sucre, trop de sel, des colorants, des conservateurs, des exhausteurs de goût. Bref, il faut avoir de bons yeux, un peu de temps et lire les étiquettes. Et si en plus, les étiquettes nous mentent !
Alors, tout à fait d’accord avec la conclusion pleine de bon sens de Jeanne, l’autre jour à la radio, dans son bel accent martiniquais.

Transcription:
Choquant, parce qu’on met… On ne sait même plus ce qu’il y a dans nos assiettes ! Donc raison de plus (1) pour ne plus prendre de produits surgelés (2).

Je ne suis pas très surprise parce que de plus en plus, les produits qu’on nous sert, on ne sait pas trop ce qu’ils contiennent, d’où ils viennent. Et moi, ce que je peux dire, c’est que de plus en plus, je consomme mon produit local. Ça revient plus cher (3), certes (4). Mais c’est normal, puisque nous produisons moins (5) et nos coûts de production sont plus élevés que les grossistes… enfin les… les… les gros producteurs. Si je veux faire du steak haché pour mes enfants, j’achète de la viande et je hache à la maison. Et puis, il faut que nous réapprenions, nous les femmes mais aussi les hommes, hein, à cuisiner, préparer des bons petits plats (6). C’est meilleur !

Quelques détails :
1. Raison de plus pour faire quelque chose (ou ne pas faire quelque chose) : On emploie cette expression telle quelle, pour justifier de façon plus catégorique ce qu’on fait ou pas : Raison de plus pour rester à la maison. / Raison de plus pour ne pas oublier. / Raison de plus pour refuser.
2. Les produits surgelés : on peut dire aussi simplement : les surgelés.
3. Revenir plus / moins cher : coûter plus / moins cher.
4. Certes = c’est sûr / c’est vrai.
5. Moins : on n’est pas obligé de prononcer le « S » à la fin du mot. C’est une habitude régionale (dans le sud de la France par exemple)
6. un bon petit plat : on emploie souvent cette expression, même si le plat servi n’est pas spécialement petit en quantité. Associer bon et petit, c’est une façon très positive de décrire quelque chose (souvent dans le domaine alimentaire). Par exemple : Je t’ai préparé un bon petit dîner / Je prendrais bien un bon petit dessert.

A l’aide

Avoir des enfants, ça change la vie. Et c’est pour la vie. Grands bonheurs, chemins inexplorés sans cesse renouvelés.
Mais aussi des inquiétudes, plus ou moins grandes, d’abord face à ces tout-petits solides et fragiles à la fois, plus tard aux côtés de ces enfants qui doivent se faire leur place dans notre monde, puis de ces adolescents en quête d’eux-mêmes, en quête de tout.
Cette campagne de pub se fait l’écho de ce que beaucoup de parents sont amenés à vivre, plus ou moins profondément.
Parce que quand on a des enfants, c’est pour la vie, pour leur vie.
Parce qu’on tient à eux comme à la prunelle de ses yeux*.

Transcription:
Brigitte a un problème avec la drogue. Pourtant, elle n’en consomme pas. C’est sa fille, Marion, qui fume du cannabis. Elle s’isole, elle rate ses examens. Alors Brigitte a décidé de demander de l’aide. Grâce à elle, Marion va s’en sortir (1).

Transcription:
Michaël prend de la cocaïne. Ses parents se doutent de (2) quelque chose. Mais on ne parle pas de ça à la maison. Son frère pense qu’il n’a pas de leçons à donner. Et sa petite amie, elle trouve que ça fait rock. Voilà, tous ceux qui aiment Michaël ne font rien, alors qu’ils pourraient l’aider.
Oui, contre les drogues, chacun peut agir.
Pour être aidé, appelez Drogues Info Service

Quelques mots:
1- s’en sortir: réussir quelque chose. Se tirer d’une situation difficile ou dangereuse. Résoudre un problème.
2- se douter de quelque chose: pressentir quelque chose, avoir idée qu’il se passe quelque chose, même si on ne sait pas exactement tout.

* J’y tiens comme à la prunelle de mes yeux: c’est ce que j’ai de plus précieux au monde.

Quelques chiffres:
La consommation de cannabis des jeunes français est une des plus élevées d’Europe. Ainsi, avec 31 % des 16 ans scolarisés déclarant avoir déjà expérimenté le cannabis et 15 % qui déclarent une consommation au cours du mois, la France se situe parmi les tout premiers pays européens (respectivement à la 5ème et 3ème place pour les deux indicateurs)

Fatigue et frustration

Les centres commerciaux et les supermarchés sont paraît-il pratiques: un seul endroit pour tout trouver, des parkings gratuits, de la musique en fond sonore pour nous détendre, un lieu clos à l’abri du froid ou de la chaleur. Le paradis sur terre ! Sauf que si on écoute les gens qui y travaillent toute la journée, ce n’est pas nécessairement le même son de cloche*. Comme ce serait bien si tout le monde pouvait avoir le sentiment de faire son travail dans de bonnes conditions ! Témoignages entendus à la radio.


Transcription:
Qu’est-ce que vous faites comme travail ici ? Toi Sébastien, tu fais quoi ?
– Alors moi, je travaille à Carrefour au rayon Fruits et Légumes. Donc je mets en… en rayon mes produits.
Bah tu travailles dans la verdure (1) !
– Oui ! Mais le problème, c’est que on travaille sous une lumière artificielle parce qu’on n’a pas accès à la lumière du jour. C’est… C’est assez pesant (2). En plus, c’est une lumière qu’ils ont refaite récemment, qui est très agressive. Et puis après, on… on vit aussi dans le…dans le frais, parce qu’on est entourés de… de frigos (3), de…de congélateurs. Et donc on a souvent un choc thermique quand on… quand on sort ou quand on va… Nous, on est sur deux niveaux. Alors quand on va au niveau 3, il fait très, très chaud, alors qu’au niveau 4, au rayon alimentaire, il fait très frais.
Et toi Marie-Hélène, qu’est-ce que tu fais ici au centre (4) ?
– Alors, moi je travaille au service après-vente de la FNAC.
Qu’est-ce qui est le plus fatigant dans ton travail ? Qu’est-ce qui est le plus pénible ?
– Le stress permanent. Le stress permanent, parce que on est stressés par notre hiérarchie (5) qui nous met toujours plus la pression. On est stressés par les clients qui sont donc exigeants, et ça, on peut le comprendre.
Ouais, mais le client est roi, non ?
– Non. Le… le client est roi… si on veut ! Mais ça n’empêche pas un minimum de respect pour les salariés qui sont là pour s’occuper d’eux. Et aussi le… le stress chaque fois qu’on va voir nos… nos supérieurs en leur disant: « Bon là, ça va pas. On manque de monde (6). » La réponse, elle est simple, hein ! « Si tu es pas content, il y a de la place ailleurs. »
– Il y a également aussi le stress du lieu en fait, avec énormément de monde dans le centre commercial, et quand on arrive dans des périodes comme Noël ou le Jour de l’An, le magasin est totalement rempli. Il y a une foule immense. On ne peut pas tra[…]… travailler et c’est vrai que c’est assez étouffant.
– On se sent oppressés en fait.
– On est oppressés.
Vaut mieux pas (7) être hôtesse de caisse et agoraphobe (8), quoi !
– Non, surtout pas.
– Je pense qu’il faut… Ouais, c’est très difficile.
Est-ce que vos conditions de travail pèsent sur votre santé ?
– Travaillant tout le… tout au long de la journée, le mal de dos qui se ressent énormément le soir, parce que c’est vrai qu’on doit porter certaines fois des colis qui font 20 kg. Et il existe des… des gestes « postures et sécurité » (9), mais on ne peut pas les mettre en pratique à chaque fois parce que sinon, on perdrait trop de temps, parce que là, notre chef, il est derrière (10). Et il dit: « Allez-y. Faut… Faut se dépêcher. Faut faire ci, faut faire ça. »
Est-ce que vous devenez irritables aussi ? J’ai vu ce mot-là dans l’enquête (11).
– Oui, oui. Tout à fait, oui. On a beaucoup de mal (12) le soir en rentrant… enfin, moi personnellement, j’ai un gamin qui bouge beaucoup. Quand je rentre le soir, il… Il faut qu’il soit beaucoup plus calme ! On a du mal à… à supporter qu’il bondisse dans tous les sens, qu’il fasse du bruit, que… Oui, on est irritables. Même vis-à-vis des clients, hein, le… le… dans la journée. C’est vrai que le matin pendant… dès qu’on commence le boulot, pendant deux heures, je… j’allais dire, on est relativement normaux, mais…
C’est ça, on est normaux !
– A peu près pendant deux heures et puis après, c’est vrai qu’on… on retombe dans une situation où effectivement (13), on est particulièrement irritables du fait de (14) ne pas pouvoir travailler correctement.
Est-ce que vos patrons ont pu jeter un coup d’oeil (15) à cette enquête et…et vous ont promis de changer des choses ?
– Alors, il faut être clair, hein, je pense qu’il faut pas se voiler la face (16): les patrons en ont rien à faire (17) des débouchés de l’enquête et des résultats, de savoir que les salariés vivent une certaine pénibilité. Ils s’en fichent complètement. Eux, ils sont là, il faut le dire, hein, pour faire du pognon (18), qu’il y ait de la rentabilité, que le chiffre d’affaires se fasse et que nos actionnaires soient bien contents. Voilà !
Pour supporter tout ça, vous touchez combien tous les mois ?
– Alors moi, personnellement, en net (19), je touche 3000… 1000. 3000 ! 1300 € à peu près.
Et toi ?
– Moi à Carrefour, je suis à peu près… un peu moins de 1100 € net par mois.

Quelques explications:
1. la verdure: tout ce qui est vert dans la nature: arbres, feuilles des arbres, plantes.
2. pesant: lourd, pénible à supporter.
3. un frigo: abréviation de frigidaire. (familier)
4. au centre = dans ce centre commercial.
5. notre hiérarchie = nos supérieurs hiérarchiques, ou plus familièrement, nos chefs.
6. on manque de monde: on n’a pas assez de personnel. On n’est pas assez nombreux pour faire le travail.
7. Vaut mieux pas: très correctement, il faut dire: Il vaut mieux ne pas… (style oral)
8. agoraphobe: cet adjectif s’applique à quelqu’un qui ne supporte pas d’être au milieu de la foule.
9. postures et sécurité: ce sont les précautions qu’il faut prendre quand on fait certains gestes pour ne pas se faire mal. (notamment au dos, par exemple quand on porte des objets lourds, ou quand on fait des gestes répétitifs)
10. il est derrière: il nous surveille.
11. l’enquête: il fait référence à un questionnaire qui a été donné aux salariés sur leurs conditions de travail.
12. avoir beaucoup de mal à faire quelque chose: faire quelque chose avec beaucoup de difficulté.
13. effectivement: c’est vrai que…
14. du fait de… : parce que…
15. jeter un coup d’oeil à / sur quelque chose: regarder rapidement.
16. Il ne faut pas se voiler la face: il ne faut pas se raconter de mensonges / Il faut regarder la réalité telle qu’elle est et ne pas se bercer d’illusions. (La face, c’est le visage.)
17. Ils en ont rien à faire de… : Ils s’en moquent complètement / ça ne les préoccupe absolument pas. (familier) C’est la forme plus polie de: Ils en ont rien à foutre.
18. le pognon: l’argent (argot). Faire du pognon: gagner de l’argent.
19. en net: il y a le salaire brut et le salaire net, c’est-à-dire ce que touche réellement un salarié quand on a déduit de sa paye les cotisations sociales comme l’assurance maladie, la cotisation pour la retraite par exemple.

* Ce n’est pas le même son de cloche: ce n’est pas la même opinion, la même vision des choses.

Un silence assourdissant

Vous pensiez que seules les personnes âgées avaient des problèmes d’audition ? C’est vrai que nos oreilles, comme nos yeux, ne vieillissent pas toujours très bien ! Mais dans notre monde bruyant, où chacun peut se promener avec sa musique dans les oreilles, où les concerts vous en mettent plein les oreilles, où les boîtes de nuit forcent sur les décibels, certains jeunes sont touchés et leur audition est en danger.
Je le vois chaque année – ou plutôt je l’entends – quand mes étudiants travaillent au labo de langues, casque sur les oreilles: certains mettent le son à fond. C’est soi-disant pour mieux comprendre. En fait, c’est qu’ils ont déjà perdu, à 20 ans, une partie de leurs capacités auditives. Ils entendent moins bien. Ou, paradoxe, ils entendent trop.
Voici un témoignage entendu à la radio l’autre jour.

Transcription:
– Tu m’entends bien ?
– Ouais, ça va.
– Alors, dis-moi de quelle oreille tu souffres.
– Alors en fait, j’ai un problème de… enfin des acouphènes (1) et sifflements aux deux oreilles. C’est un peu pire à gauche qu’à droite. Mais c’est plutôt assez réparti dans les deux en fait.
– Comment est-ce que tu t’es rendu compte que ça n’allait pas ?
– Ben en fait, la première fois que je m’en suis rendu compte, c’est quand j’avais 18 ans, quand j’avais un petit sifflement la nuit quand je m’endormais, donc dans ma chambre, parce que quand j’étais jeune, enfin adolescent, j’écoutais beaucoup les MP3 et très fort. Donc je suis allé la première fois voir un ORL (2) qui m’a dit que c’était dû (3)… c’était dû à ça et qu’il fallait que j’arrête. Donc j’ai réglé mon MP3 pour qu’il se bloque automatiquement au maximum à 50 % (4) de la puissance possible.
– Ah c’est possible ? Tu peux… tu peux régler ça sur ton lecteur ?
– Ouais. Sur les… Enfin du moins sur les… sur certains modèles, ouais. Donc il y a deux ans, je suis allé chez des amis pour une soirée. Là, on a branché mon iPod, enfin mon MP3 iPod sur la chaîne hifi pour mettre de la musique. Donc on a débloqué le son à 50 % pour régler sur 100%, et réglé sur la chaîne hifi. Et là donc, bon la soirée s’est passée. Et le soir, quand je les ai… Quand je l’ai repris, j’avais oublié qu’il avait été déréglé… enfin… réglé au maximum. Et donc quand je l’ai mis dans mes oreilles pour mettre la musique, pour prendre le RER (5), bah je me suis pris (6) 100% en fait de puissance, donc 105 décibels, je crois. Donc là, bah, juste après ça, j’ai eu un … mon acouphène, les sifflements qui se sont aggravés. Je suis passé d’un sifflement très léger que j’entendais que (7) la nuit et qui était pas trop dérangeant à celui-là que j’ai aujourd’hui, qui donc, bah, fait que… que je l’entends tout le temps, quand je prends la voiture, quand je sors. Et en plus, j’ai aussi développé une légère hyperacousie qui…
– Oh c’est technique, ton truc, hein !
– Ouais, ouais, un petit peu ! C’est… En fait, l’hyperacousie, c’est juste qu’en fait, on a… on est plus sensible aux sons. On est moins tolérant aux sons forts.
– Quel genre de sons ?
– Bah je peux plus aller au cinéma, parce que ça, ça fait mal aux oreilles. Avant, j’y allais une fois par semaine. Maintenant, j’y vais plus du tout, j’ai plus le droit. Et surtout, ça me fait mal. Le RER, quand il freine, avec les… les crissements de freins entre autre. C’est extrême, mais même prendre une douche, faut mettre (8) des bouchons.
– Ah ouais ! Carrément ! C’est le bruit de l’eau qui est insupportable.
– Voilà, en fait, c’est le bruit de l’eau en fait, quand… quand elle tombe en fait et que… qu’elle heurte le… le sol. Le sèche-cheveux, l’aspirateur, en fait tous les sons qui sont justement aigus. Bah je peux même quasiment plus rien faire parce que je peux même plus aller dans un McDo (9) en fait, parce que je peux plus vraiment… Avant, j’avais travaillé là-bas. Maintenant; je peux plus y travailler parce que c’est trop… Ouais, c’est bruyant, les machines, les bips, les machins (10) comme [ça]… Et donc ça m’empêche de bosser (12). Ce qui fait que (13) j’ai beaucoup de mal à (14) trouver un boulot (15), puisque je peux pas avoir de boulot bruyant. Pour les sorties (16), c’est pas évident non plus, voir des amis, machin (17), etc…, bah, boîtes de nuit, pas possible. Même les bars, bah c’est bruyant, donc faut mettre des bouchons. Le sport, j’ai dû arrêter, donc voilà éviter aussi. Donc ça fait qu’on se retrouve vite à plus faire grand chose finalement et à se retrouver un peu bloqué.
– Oh là, là ! Mais quand on a 23 ans, c’est juste la galère (17), ça !
– Ah ouais, c’est horrible. C’est catastrophe… Enfin, c’est catastrophique.
– Donc là, pendant que tu me parles, ça siffle.
– Voilà (18).
– Ouah, OK. C’est insupportable. OK. Et donc ça, c’est que tu as toute la journée, hein.
– C’est ça. C’est ce que j’ai, voilà, du réveil…
– Et tu dis ça avec le sourire !
– Ouais, j’ai appris à en sourire, malheureusement, parce que de toute façon, en fait ouais, quand on voit d’où ça vient, c’est… c’est pas triste, mais ouais, c’est aberrant, enfin, ouais. C’est aberrant, quoi. C’est…

Quelques explications:
1. des acouphènes: des bruits, bourdonnements, sifflements que certains entendent dans leurs oreilles, alors qu’il n’y a pas de bruit.
2. un ORL: un oto-rhino-laryngologiste: c’est un médecin spécialisé dans les maladies des oreilles, du nez et de la gorge. Evidemment, tout le monde emploie le sigle plutôt que l’expression complète !
3. c’est dû à ça: ça a été causé par ça / c’est le résultat de cette situation.
4. 50%: on dit donc « cinquante pour cent ». Mais à l’écrit, on utilise toujours juste le symbole.
5. le RER: le Réseau Express Régional, c’est-à-dire les lignes de métro qui desservent les banlieues et villes autour de Paris, à partir du centre de la capitale.
6. je me suis pris… : j’ai reçu… (familier)
7. que j’entendais que la nuit = que je n’entendais que la nuit, c’est-à-dire seulement la nuit. (familier, avec l’omission de « ne »)
8. faut mettre… = il faut mettre… (familier et oral, mais très fréquent)
9. un McDo: un restaurant McDonalds. Les Français utilisent tout le temps cette abréviation, jamais le nom complet. On dit qu‘on mange, qu’on va au McDo.
10. un machin: un truc, quelque chose (familier). On utilise ce mot quand on ne veut pas faire l’effort de chercher le mot précis.
11. bosser: travailler (familier)
12. ce qui fait que = et donc, le résultat, c’est que…
13. avoir du mal à faire quelque chose: avoir des difficultés à faire quelque chose. On peut avoir un peu de mal, du mal, beaucoup de mal à faire quelque chose.
14. un boulot: un travail (familier)
15. les sorties: les soirées entre amis par exemple. On dit qu’on sort avec ses copains.
16. machin: c’est une autre façon d’utiliser ce mot familier. Ici, il ne veut pas entrer dans tous les détails et généralise comme ça. C’est un peu comme dire « etc… », ce qu’il fait d’ailleurs juste après.
17. c’est la galère: c’est très embêtant, c’est un vrai problème, c’est compliqué. (familier). On peut dire aussi : « C’est galère« .
18. Voilà = c’est ça. On l’utilise souvent pour approuver ce que quelqu’un vient de dire, qu’il a formulé exactement ce qu’on pense.

Manque de sommeil

Les Français, gros dormeurs ? C’est ce qui ressort régulièrement de certaines enquêtes, qui montrent aussi que nous consacrons plus de temps à nos repas. (C’est vrai qu’une pause déjeuner « digne de ce nom » reste souvent dans les habitudes même quand on travaille et que les repas occupent toujours une place importante dans la vie de famille.)
Prendre le temps de dormir, donc. Prendre le temps de la convivialité.
Peut-être est-ce juste prendre le temps de vivre.

Mais ce n’est pas vrai à tous les âges de la vie ! Pour les ados, prendre le temps de dormir serait plutôt totalement le contraire de prendre le temps de vivre. A chaque âge son rythme !

Voici ce qu’en disent un adolescent et deux adultes:Transcription:
Aurélien a 17 ans. A quoi ressemble le matin pour lui ?
Je mets mon réveil et je mets mon portable. Des fois, j’en mets un autre aussi, on sait jamais (1). Et puis, j’ai mes parents qui sont derrière moi (2). Le matin, c’est le moment que… que je redoute le plus, en fait. Est-ce que je serai à l’heure ? La plupart du temps, je suis en retard, la plupart du temps. Plus de cinq minutes, bah, ils (3) nous refusent des cours et on reste dehors.

Aurélien a une passion: la guitare. Il explique quand il peut et aime s’y conscrer.
En général, ça… ça commence à 10 heures et demie – onze heures et ça peut finir à une heure et demie – deux heures. J’essaye de… de rester dans ma moyenne de 4 heures de musique par jour, voilà. Par nuit.

Le point du vue du père:
En général, à dix heures, dix heures, il est plus… il est plus là, il est là-haut. Donc il bouquine (4), il écoute de la musique tranquillement, ça fait pas trop de bruit. Il a pas d’amis dans la chambre. Si il téléphone à 10 heures et demie, je vais monter, je vais dire: « Dis-donc (5), il est un peu tard. » Et puis après, je veux dire, c’est… c’est… c’est dans ses mains. Qu’est-ce que… Enfin, c’est dans ses mains, ouais, je sais pas, dans ses hormones. Bah qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse (6) ? Après, il dort ou il dort pas.

L’avis du médecin généraliste:
– Vous en voyez défiler (7) quand même, des… des ados, dans votre cabinet.
– Tout à fait. Des adolescents, oui, oui, oui. Il y a un certain nombre de… d’adolescents. Et surtout, je trouve de plus en plus d’adolescents qui ont des problèmes de sommeil de ce type. Et… et…
– De ce type, par rapport aux [?]
– De ce type, c’est-à-dire qui se couchent de plus en plus tard, qui se réveillent, bah, avec difficulté donc le matin. Et on y… Enfin, il y a vraiment des causes liées d’une part à la méconnaissance du sommeil et le fait que on doive dormir à l’adolescence. C’est le cadet des soucis des adolescents (8). Et puis la deuxième chose, c’est… Il y a vraiment une hyper-stimulation maintenant le soir: il y a les consoles de jeux, il y a les ordinateurs, il y a le téléphone portable qui sonne très, très tard chez les adolescents. Le fait d’aller se coucher, c’est pas du tout un impératif pour l’adolescent. Il a envie de faire autre chose.
– Ouais.
– Il se laisse prendre par son activité.
– Ouais.
– Mais après, il y a éventuellement (9) des… des… l’impossibilité de revenir en arrière, parce qu’au fur et à mesure (10), quand on se couche de plus en plus tard, on n’arrive pas à s’endormir plus tôt comme ça, du jour au lendemain (11).
– Mais alors, vous, le… le médecin, vous nous dites… Combien d’heures de sommeil (12) a besoin un ado, pour être en forme (13) ?
– Il y a… Il y a pas de règle absolue par rapport à ça. Mais en gros (14), autour de… Un adolescent… quand on a fait des expériences où on les laisse dormir la quantité de sommeil qui serait totalement nécessaire pour qu’ils soient en forme, toutes les études montrent qu’on arrive autour de dix heures. Or il y a aucun adolescent…
– Comme les plus petits, alors ? Parce qu’on dit ça aussi pour les plus petits.
– Oui. Pendant l’adolescence, c’est la période de la vie où on a le plus besoin de sommeil, à part à l’enfance, bien sûr.

Quelques explications:
1. on sait jamais: Normalement, on dit « On ne sait jamais« . Il veut dire que malgré ses précautions, il n’est pas totalement sûr de se réveiller à l’heure.
2. être derrière quelqu’un: ici, c’est au sens figuré. Il veut dire que ses parents surveillent ce qu’il fait.
3. ils: les professeurs
4. bouquiner: lire (familier)
5. Dis-donc: c’est une façon de s’adresser à quelqu’un. On peut prononcer le « c » à la fin de « donc » ou pas.
6. Qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ?: C’est une façon de reconnaître une certaine impuissance. Cela signifie: « Je n’y peux rien, c’est comme ça. »
7. voir défiler des ados: voir beaucoup d’ados passer dans son cabinet.
8. c’est le cadet de leurs soucis: ils ne s’en préoccupent absolument pas. Ils s’en fichent totalement.
9. éventuellement: ce n’est pas systématique mais ça peut arriver.
10. au fur et à mesure: peu à peu, à mesure que le temps passe.
11. du jour au lendemain: immédiatement / instantanément
12. combien d’heures de sommeil… : la question devrait commencer par la préposition « de », obligatoire avec « avoir besoin » = De combien d’heures de sommeil a besoin un ado ?
13. être en forme: être en bonne santé et se sentir bien, plein d’énergie.
14. en gros: pour résumer / pour simplifier / sans entrer dans les détails. On peut dire aussi « globalement« .

Soirées arrosées

Dans un pays réputé pour ses vins, ce serait un paradoxe si les Français ne consommaient pas d’alcool. Mais à quel âge commencer ? Quels alcools boire ? Pourquoi ?
Les jeunes ont toujours considéré la consommation d’alcool comme un signe d’émancipation. Ce qui est nouveau, c’est le besoin de boire des alcools forts dans une soirée pour se retrouver soûl le plus vite possible, les filles comme les garçons. Et ça, c’est nouveau aussi. Bref, des pratiques qui ressemblent de plus en plus à ce qui se passe de l’autre côté de la Manche. Et ce n’est pas ce qu’on pouvait importer de mieux !


Transcription:
– Ça m’arrive de boire, ouais. Je bois, je sais pas, de….de la bière, du… ou du vin, de l’alcool plus fort. Un peu… Je bois un peu ce qui me tombe sous la main (1).
– Les garçons sont quand même plus… plus endurants, quoi. Ils se font des espèces de petits… je sais pas…
– Défis.
– Non, non. Ils se mettent généralement à plusieurs et c’est à qui… à qui boira le plus (2). Non, c’est un peu ça.
– Non, non.
– Si, si !
– Ça… ça dépend des spécimens (3), hein !
– Les filles, des fois…
– Faut pas l’écouter. Non mais c’est à cause de ça qu’il y a des préjugés à la con (4) !
– Non, on est plus… On est plus délicates, même beaucoup…

Si je bois de l’alcool, moi, justement, dans… dans ce genre de soirées et tout, c’est… c’est un peu quelque chose de… pas d’obligatoire, mais… mais… mais oui, pour se sentir à l’aise, pour… Ça… ça facilite un peu les liens avec… avec des gens avec lesquels (5) je suis pas particulièrement proche. La première fois que j’ai… que j’ai pris une cuite (6), dans mon souvenir, c’était plus par accident que… que volontairement, parce que justement, plus par… parce qu’on s’amuse, parce que voilà, sans forcément se rendre… se rendre compte des effets de l’alcool tout de suite. Et… Puis d’un coup, ben, on se retrouve un peu… un peu fait (7).

Dites-nous d’abord tout de suite si les jeunes boivent de plus en plus ou pas ?
Les jeunes boivent à peu près autant qu’avant, mais plutôt à la recherche d’ivresse. Et c’est cette recherche d’ivresse qui est un élément relativement nouveau. Et ce que l’on (8) voit qui est inquiétant, c’est des jeunes qui sont devenus dépendants vers 20 -25 ans, qui ont commencé tôt et qui ont eu des consommations très rapidement très importantes et qui sont devenus alcooliques, alcolo-dependants très tôt. Il y en a. C’est terrible, parce que quand on est… C’est les formes les plus graves de dépendance. Ceci dit, c’est rare, c’est-à-dire que pour devenir dépendant aussi vite, il faut une très grande vulnérabilité personnelle, mais chez la plupart des gens, pour se… devenir accroché (9) à l’alcool, il faut 15 – 20 ans, ce qui rend bien difficile ce que nous allons essayer de dire aujourd’hui, c’est-à-dire à partir de quand, quand on consomme à 15- 20 ans, peut-on dire: « Oui, mais tu te mets en danger, tu deviendras alcoolique à 30 – 35. »
Je crois que les parents doivent faire comprendre à un enfant que les ivresses, ça n’est pas anodin (10), que les ivresses répétées, c’est inquiétant. Et eux-mêmes, s’inquiéter s’il consomme d’autres produits, ou s’il a besoin de boire pour être bien avec autrui (11). Si les gens ne devaient retenir qu’une… qu’une seule idée, c’est que boire, même quand on a 14 -15 – 16, ça ne doit pas aller avec conduire, prendre la mobylette, prendre le scooter ou prendre la moto. Se tuer en rentrant de boîte (12), de bar, d’une soirée, c’est quand même 2000 – 2500 morts et dix fois plus d’handicapés, cassés. Donc un message, si les parents doivent dire quelque chose à leurs enfants, c’est: « Par pitié, débrouille-toi (13) pour ne pas prendre le scooter, la mobylette ou la voiture quand tu as bu. »

Quelques explications:
1. ce qui me tombe sous la main: ce que je trouve, ce qui est disponible. (familier)
2. c’est à qui boira le plus: c’est la surenchère entre eux. Ils cherchent tous à surpasser les autres, donc ici à consommer le plus d’alcool possible. Il y a une compétition.
3. spécimens: ici, il veut dire « les personnes ». On utilise normalement ce mot pour les animaux par exemple.
4. à la con: stupide (plutôt vulgaire)
5. avec lesquels: c’est ce qu’il faut dire mais on dirait qu’il prononce « laquelle », ce qui ne marche pas ici.
6. prendre une cuite: être totalement saoul. (argot)
7. être un peu fait: être un peu ivre. (familier)
8. l’on: ajouter « l » devant « on » donne un un style plus soutenu. C’est plutôt rare à l’oral. Mais ici, il s’agit d’une conversation sérieuse, qui aborde un sujet grave, d’où le style de ce médecin.
9. accroché: dépendant.  Souvent on dit juste « accro« .
10. anodin: ordinaire et sans conséquence, banal.
11. autrui: les autres (style plus soutenu)
12. une boîte: une boîte de nuit, une discothèque. On dit qu’on va / qu’on sort en boîte.
13. Débrouille-toi pour… : Trouve une autre solution.

* une soirée arrosée / un repas arrosé : c’est une soirée ou un repas où les gens boivent beaucoup.

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