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Brindezingues !

Mon coup de coeur de ces dernières semaines ! Et je vais garder ce livre précieusement, pour ne plus quitter Nathalie et Eugène, les deux enfants / adolescents imaginés par Véronique Ovaldé et dessinés par Joann Sfar. Ce n’est pas une BD, mais une histoire qui naît des mots vivants, poétiques et drôles de l’écrivaine et des illustrations imaginées à partir du texte par le dessinateur. Vous savez, pour les moins jeunes d’entre nous, comme ces livres qu’on lisait enfant, où il y avait au détour des pages couvertes de mots quelques dessins qui tout à coup donnaient vie à ces histoires. (Mais là, il y a beaucoup plus de dessins, dans lesquels on peut se plonger pour regarder une multitude de détails.)

Donc c’est une histoire que j’ai trouvée formidable, très joliment racontée, où s’entremêlent les voix de la jeune et fantasque Nathalie, du timide mais valeureux Eugène, de la mère de Nathalie, des voisines, des parents d’Eugène, d’autres personnages, avec posés par dessus toute cette vie, les commentaires de la narratrice / Véronique Ovaldé. Les dernières lignes de l’avant-dernier chapitre sont très belles, je trouve. Et le dernier chapitre nous prend par surprise et dit toute l’ambiguïté de la vie, avec des mots très simples. (Je ne vous en dis pas plus, pour vous laisser le plaisir de la découverte!) C’est beau, dense et profond, l’air de rien. Un vrai cadeau. Je n’avais pas envie que ça se termine. (Remarquez, on a le temps de partager leur vie, au fil des 150 pages de ce drôle de grand livre.)

Et voici des extraits d’une émission où les deux auteurs, qu’on sent très complices, parlaient de leur travail pour donner vie à cette histoire. Il y avait longtemps que je n’avais pas entendu le mot « brindezingue » dans la bouche de quelqu’un ! (Les mots d’argot, ça va, ça vient.)

A cause de la vie Ovaldé Sfar

Transcription
– Je me suis dit : Mais en fait, ça va être vraiment quelque chose pour nous, pour lui et moi, vraiment un univers où il y a en effet des très jeunes gens, un peu… un peu inadaptés, et je crois que ça nous allait plutôt bien (1). J’imagine que tu étais un jeune garçon pas totalement adapté !
– Il vous ressemble un petit peu, ce Eugène, à la fois timide et qui tout à coup, parce qu’une jeune fille s’intéresse à lui et lui fixe des défis absolument improbables, parce qu’elle est quand même très, très culottée (2), hein, elle lui fait faire des choses… !
– Ce qui est beau, c’est que Véronique a écrit un vrai conte de chevalerie. C’est un jeune homme qui fait tout pour une femme, et puis on verra si il l’a ou pas à la fin, et ça se passe dans notre arrondissement (3), ça se passe dans le dix-huitième arrondissement parisien. Ça, je trouve ça formidable. Moi, comme beaucoup de gens de ma génération, je suis venu à la littérature par Quentin Blake et Roald Dahl et je savais pas à l’époque (4) qu’il y avait un écrivain et un dessinateur, le livre m’arrivait comme ça. Et en lisant le texte de Véronique, j’ai découvert quelque chose qui pour moi était de cet acabit (5), c’est-à-dire que ça s’adresse à tout le monde, puisque ça tape au cœur, puisque c’est émouvant. J’arrive pas à dire si ce livre est joyeux ou s’il est triste, je sais qu’en le lisant, j’ai pleuré. Et… Enfin, en même temps, je suis une énorme éponge, moi, je pleure tout le temps, mais là, c’était de bonnes larmes, si tu veux. Et j’ai fait ce que m’a appris Quentin Blake, j’ai dessiné le personnage, je lui ai demandé si ça lui allait, et après, je suis parti avec le texte et j’ai… Je vois ses phrases, je vois ce qu’elle raconte et on m’a fait l’amitié de me laisser autant de place que je voudrais. C’est en ça que ce livre est un peu atypique, c’est si parfois je veux dilater une petite phrase ou la redire, c’était autorisé. Après je me rends pas compte, j’éprouve un truc, je le dessine et si ça… si ça se communique, tant mieux. (6)
– Oui, parfois même la modifier : il y a le texte, très réussi de Véronique Ovaldé, et puis j’ai remarqué qu’à deux-trois reprises (7), vous prenez une ou deux libertés (8)– vous rajoutez une petite phrase, un sentiment, vous vous appropriez vraiment le texte de Véronique. Vous diriez que c’est un roman ? Un conte ?
– Je sais pas. J’aime bien quand tu dis roman de chevalerie. J’aime assez cette idée, je trouve que c’est assez juste. Roman de chevalerie qui se passe dans un vieil immeuble parisien à ce moment… finalement, les années 80, c’est juste après le vieux Paname (9), et juste avant que ça devienne Paris, dans un vieil immeuble, avec ces deux gamins qui sont à l’orée (10) aussi de l’âge adulte, cette métamorphose-là, métamorphose de Paris, de notre dix-huitième qu’on connaît si bien, et puis de… ce moment de transformation terrible où vous passez de… bah je sais pas, d’une espèce d’enfance un peu solaire, de ce… voilà, et puis, vous allez passer de l’autre côté. Donc c’est un moment un peu dangereux, un peu particulier, vous êtes pas toujours très content de passer ce moment d’adolescence, et il y avait tout ça à la fois dans ce… dans cette histoire. Alors pour moi, c’est une histoire un peu initiatique aussi, hein. Et une histoire d’amour.
– Je trouve que quand on lit tous les défis que la jeune fille lance au garçon, qui est amoureux d’elle, on se dit qu’on aurait aimé avoir une enfance comme ça. Et que chacun… chaque garçon aimerait avoir une fille comme ça, qui lui lance des défis de plus en plus difficiles et qu’il faut chaque fois réussir pour qu’elle continue à s’intéresser à lui, et ça, c’est sublime  !
– Est-ce que c’est pas ça, finalement, être romancière, Véronique Ovaldé : écrire pour réparer le passé, pour qu’advienne enfin ce qu’on aurait tellement aimé faire ?
Tout à l’heure, il disait quelque chose de merveilleusement juste, Romain Gary, quand il disait : Je… Quand j’écris, je veux vivre d’autres vies que la mienne. C’est… Alors, je pense qu’en fait, moi, je… dans ce genre de livre, je vis aussi d’autres enfances que la mienne. Donc je… C’est une espèce d’enfance fantasmée quand même de cette petite (11). Alors, le garçon, vous disiez, Monsieur Pivot, en fait le garçon qui voudrait… Tous les garçons aimeraient bien avoir une jeune fille un peu… un peu folle, brindezingue (12), un peu sauvage ,comme ça, un personnage romanesque (13) qui habite en-dessous de chez soi pour… et puis, qui nous lance des défis et qui nous donne des missions à remplir, bien sûr. Mais aussi, moi, j’aurais adoré être une jeune personne aussi libre que cette gamine, qui a onze, douze ans, qui a onze ans, par là, dans ces eaux-là (14), et qui en même temps, est en effet d’une liberté totale. Elle est… Elle ne va pas à l’école parce que ça ne l’intéresse pas. Elle vit seule avec sa mère, elles vivent dans des cartons (15) parce que les cartons n’ont jamais été ouverts, et elles sont… Et… Et puis elle vit dans un monde imaginaire qui est encore très, très proche de l’enfance. C’est ça que je trouve très beau, c’est ces moments… ce moment où en fait, on est encore avec les oripeaux (16) de l’enfance et puis, bah il va falloir passer de l’autre côté. Et puis là, ils sont… Ils ont pas envie tellement d’y aller, pour le moment.
– C’est un livre remarquable également sur… Il pose beaucoup de questions – c’est pour ça que c’est un bon livre – sur l’âge adulte aussi, quand on se retourne vers l’adolescent un petit peu mélancolique ou fou furieux que l’on pouvait être. Est-ce que c’est une bonne idée, Véronique Ovaldé, vingt-cinq ans plus tard de remettre ses pas dans ceux qui furent les nôtres lorsque nous étions adolescents, de chercher à revoir un premier amour, de chercher à revoir une sensation ?
– Ah non ! Je pense que c’est une très, très mauvaise idée, moi, j’en suis assez convaincue ! Alors moi, je suis… Je suis quelqu’un d’extrêmement mélancolique et en même temps d’un peu brindezingue comme cette jeune fille mais je suis absolument pas nostalgique. Ça n’existe pas, la nostalgie. Donc quand j’écris quelque chose qui se passe en 84, j’ai besoin de… Je réactive quelque chose qui me plaisait de ce moment-là – donc la musique.. J’adore en fait ce que tu as mis sur les murs, tu sais, les affiches qu’il y a sur les murs dans la chambre de la gamine. Moi, j’en parle pas. Joann, il met des affiches partout, sur tous… sur chaque mur – donc il y a Beetle juice, il y a plein de trucs qu’elle écoute, et du coup, qu’elle met, qu’elle affiche. Donc moi, j’ai beaucoup de mal avec le fait de retourner en arrière. C’est quand même… En fait, j’adore la réinventer. J’adore l’invention des choses. Donc moi, je réinvente les choses. Donc moi, j’irais jamais… j’irais jamais faire des pèlerinages sur les lieux… les lieux de mon enfance. Ça me viendrait pas à l’esprit ! (17)

Des explications :
1. ça nous allait bien = ça nous convenait bien / ça nous correspondait bien.
2. Être culotté : c’est avoir du culot, c’est-à-dire oser faire des choses interdites, défier les interdits. (familier)
3. un arrondissement : Paris, Lyon et Marseille sont divisées en arrondissements. A Paris, il y en a vingt. Si un Parisien dit par exemple : c’est dans le 15è / j’habite dans le 18è, tout le monde comprend qu’il parle du quinzième ou du dix-huitième arrondissement.
4. À l’époque = à ce moment-là (pour parler d’une période qu’on présente comme déjà un peu lointaine)
5. de cet acabit : de ce genre-là (familier)
6. tant mieux : cette expression signifie que c’est bien et qu’on est content de la situation.
7. À deux, trois reprises : deux ou trois fois
8. prendre des libertés : par exemple, prendre des libertés par rapport au texte d’origine signifie qu’on ne reste pas totalement fidèle au texte. On peut aussi prendre des libertés par rapport à un règlement.
9. Paname : c’est le surnom en argot de Paris, qui renvoie à l’image d’un Paris traditionnel, avant tous les changements de notre époque en quelque sorte.
10. À l’orée de : au début de… ( au sens premier du terme, il s’agit de l’orée de la forêt, c’est-à-dire là où commence la forêt, d’où son sens figuré.)
11. Cette petite : cette enfant
12. brindezingue : un peu folle (argot). On n’entend plus ce terme très souvent.
13. Romanesque : comme dans un roman. Ce terme évoque l’idée d’aventure, de vie pas ordinaire. On peut l’employer à propos d’une histoire ou de la vie de quelqu’un par exemple, mais aussi à propos d’une personne.
14. Par là / dans ces eaux-là : ces deux expressions familières signifient la même chose : environ, à peu près (à propos d’un chiffre, d’une quantité, d’une somme d’argent par exemple ou de l’âge de quelqu’un comme ici)
15. elles vivent dans des cartons = elles vivent au milieu des cartons (de déménagement) dans leur appartement.
16. des oripeaux : des vêtements, en général usés et dont on devrait donc se débarrasser. (Ce mot est toujours au pluriel.)
17. ça ne me viendrait pas à l’esprit : je ne peux absolument pas avoir cette idée, je ne peux absolument pas faire ça, ça m’est totalement étranger. On dit aussi : ça ne me viendrait pas à l’idée.

La vidéo entière, extraite elle-même de l’émission de télévision La Grande Librairie, est à regarder ici.

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Ah bon ? Y a foot ce soir ?

A Marseille, le foot, on connaît. Difficile d’y échapper. Et on s’en est bien rendu compte avec les violences des hooligans déchaînés ce weekend au centre-ville. Une chose est sûre, il est partout et sert à tout, même là où il paraît le plus incongru.

Et comme le foot et la gastronomie ne vont pas tout à fait ensemble et qu’il faut se nourrir – à défaut de boire – pendant les matches, les marques de surgelés n’allaient pas laisser passer l’occasion.

Donc voici une pub reçue par mail, avec, comme souvent, jeux de mots, expressions, formules. Bref du français en action. C’est le bon côté des pubs !

Foot et surgelés

C’est foot, alors restons dans le registre du foot : à l’heure du coup d’envoi du match, il faut être prêt devant sa télé. Donc c’est aussi l’heure du coup d’envoi – un peu avant – pour les commandes par internet de bonnes pizzas surgelées.

Les enfants regardent aussi (davantage de garçons que de filles en France) . Ambiance familiale. Tout le monde vit à l’heure du foot. (Il paraît qu’on est parti pour une cinquantaine de matches, en un mois…)

Foot et glaces pour enfants

Alors, voici des glaces pour les enfants, qui ne resteront pas sur la touche, c’est-à-dire pour nos petits qu’on n’oublie pas, qu’on fait participer à l’événement. Rester sur la touche, c’est regarder ses coéquipiers courir sur le terrain lorsqu’on est le joueur puni pour faute ou le joueur remplaçant qui attend son heure sur le banc de touche. Des jolies glaces comme des ballons de foot bien sûr.

Mais le foot s’est glissé dans un tout autre univers, sur un compte instagram qu’on pouvait penser imperméable à cet événement sportif ! Humour, second degré, téléscopage de deux mondes.

Foot et musée Rodin

Mais aussi téléscopage des styles : je n’aurais pas pensé à employer le qualificatif de « beaux mecs » à propos des sculptures de Rodin ( et pas forcément non plus à propos des footballeurs!) , même s’il a effectivement travaillé certains de ses modèles comme des athlètes. Terme un peu trop familier ! Tout comme le ton, oral, du « Y’a » qui nous interpelle au début de la phrase. Humour décalé, pour « dépoussiérer » les musées ?

A ce propos, je ne sais pas pourquoi on trouve très souvent écrit : Y’a, avec cette apostrophe qui n’a pas de sens, et qui tend probablement à restituer le côté oral de « Il y a » prononcé ainsi quand on parle de façon familière. L’apostrophe sert en général à indiquer qu’on a supprimé une lettre, comme par exemple « que » qui devient qu’. Mais ici, il ne manque rien entre Y et a.

Bon, en attendant, y a 80 minutes que le match du jour est commencé et les beaux mecs de l’équipe de France ne brillent pas en face des beaux mecs de l’équipe albanaise au stade Vélodrome de Marseille ! A l’heure où j’écris, y a toujours 0-0. Mais qu’est-ce qu’ils font, tous ces beaux mecs avec leur ballon rond ?

L’envers du décor

Trajet Ateliers Berthier Opéra Garnier
Une carte d’aujourd’hui pour illustrer le trajet que faisaient autrefois ceux qui travaillaient à la fabrication des décors de l’Opéra de Paris. Ces toiles immenses étaient peintes aux ateliers Berthier, puis roulées avec précaution et transportées à pied par les grands boulevards parisiens.

L’an dernier, l’Opéra a renoué avec la tradition, pour garder trace de son histoire. Cela donne ce petit film magique !

3eme scène The walking landscape
Cliquez ici pour regarder Le paysage qui marche

Les pinceaux qui dansent sur la toile.
Trois regards qui se posent sur le château qu’ils ont peint dans une forêt féérique.
Les pieds qui se mettent en marche en cadence et les bras qui font les bons gestes dans un ensemble parfait.
Les sourires étonnés et ravis des passants qui suivent cet étrange objet de plus de vingt mètres de long dans sa marche vers la grande entrée de l’Opéra.
La toile qu’on monte sur la scène, la toile qu’on déroule, la toile qu’on découvre.
Un ballet d’images qui s’accordent à la musique de ballet et aux échos de la ville.
Le décor mis en scène est devenu spectacle.

Toute cette histoire est racontée ici, dans un beau texte très riche qui nous plonge dans les coulisses de cette aventure.
J’en ai enregistré une partie :
De Berthier à Garnier

L’envers du décor :
Normalement, cette expression renvoie au côté négatif d’une situation : montrer l’envers du décor, c’est faire tomber les illusions.
Mais ici, l’envers du décor est si beau !

Et après

Le chat du rabbin

Après le 13 novembre, tout a été dit, tout continue à être dit. Encore une fois, on tente de comprendre comment marche le monde. Explications géo-politiques, économiques, religieuses, philosophiques, sociologiques, psychologiques, pour penser ce qui dépasse l’entendement. Juste après les attentats, Joann Sfar, le dessinateur du Chat du rabbin, répondait à chaud aux questions d’Augustin Trapenard à la radio, et c’était une façon de poser le problème.

Joann Sfar et le 13 novembre

Transcription:
Quand on s’attaque à la France, Joann Sfar, à Paris, quand on s’attaque à des gens attablés à des terrasses de café, réunis dans une salle de concert ou dans un stade pour un match de foot, on s’attaque à quoi ?
– Moi, ce qui me paraît important, c’est de savoir que les mitraillettes ont tué indifféremment des Arabes, des blancs, des noirs, des gens de toutes les couleurs, de toutes les religions. Tout le monde est victime pour peu (1) qu’il adhère à notre mode de vie, qui consiste à ne pas considérer la religion d’autrui, qui consiste à tout partager. Alors, je suis le premier à m’insurger quand on demande aux Musulmans de France de se justifier, parce que c’est des citoyens comme les autres, ils ont pas le droit… Ils ont pas à le faire et en même temps, il y a dix mille individus radicalisés sur notre sol. On tolère les jeunes gens qui reviennent de combats en Syrie, on les laisse se promener dans la rue. Et il y a un désarroi, et (2) des imams, et des professeurs, et des gens des quartiers qui savent que quand ils signalent un individu (3), il ne se passera rien. Moi, ça fait un an que je parle dans les écoles, dans les lycées, que je rencontre des gens, et les gens se sont sentis lâchés (4) par l’administration, pas par méchanceté idéologique mais par manque de moyens. Donc il me semble qu’il est temps d’épauler (5) ceux qui, quelle que soit leur religion, quelle que soit leur couleur, ont envie de se lever contre ce retour à l’âge du bronze (6) et de la violence. Il y a un relais citoyen qui est essentiel, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, chacun doit apprendre à se protéger, je parle pas physiquement (7), je parle idéologiquement. Il me semble qu’il faut rappeler que notre spiritualité, c’est les musées. Notre sexualité, elle mérite pas qu’on crache dessus, on n’est pas des dépravés (8). On est un pays où les hommes et les femmes sont libres, on est un pays où des hommes et des femmes de même sexe ont le droit de s’embrasser. S’il y a des gens que ça rend malades, tant pis pour eux. Maintenant, c’est dommage qu’on ait laissé aussi… On fait la leçon aux Musulmans de France mais c’est pas les Musulmans de France qui ont laissé le Qatar financer nos stades de foot. Je… Je veux dire nos élites se sont vendues à des pays de l’âge du bronze pour des raisons d’argent, de la même manière qu’à d’autres époques, on se vendait à toutes sortes d’occupants.
Qu’est-ce qui la menace, l’unité, aujourd’hui à votre avis ?
– Tout. Tout. Moi j’ai très peur aussi du passage à l’acte de l’extrême droite, qui nous pend au nez (9).
La récupération ? (10)
– Bien sûr. Et il faut savoir qu’on n’est pas sous menace pendant deux jours ou pendant trois jours, on va être sous menace pendant des années, c’est-à-dire qu’il va y avoir… Moi, je pense au GIA. Je pense à l’Algérie. Les amis qui me comprennent le mieux, ce sont les Algériens qui disent : «  Au début, on se moquait des barbus du GIA et après, on a eu deux cent mille morts. » Et donc regarder l’Algérie d’il y a vingt ou trente ans, c’est comprendre très bien là où on se trouve aujourd’hui. Il faudrait des mesures éducatives pour encadrer ces gosses. Quand un…. A Nice, quand un gamin… quand on a empêché un gamin de partir pour le djihad, on impose… on lui impose une heure de psychanalyste par semaine. J’ai dit la phrase la plus con (11) du monde. J’ai dit : « Faudrait des profs de gym (12). » Il y a des gamins qui sont paumés (13), qui ont envie d’encadrement, qui ont envie de violence, évidemment qu’il faut des bibliothèques, évidemment qu’il faut des profs de gym. Quand j’ai… J’ai commencé ma carrière comme Aide aux devoirs (14) à Bagnolet, il y avait huit stades de… huit stages de foot pour 800 élèves. Et on me disait : « En donner cent, ça coûterait trop cher ». Vous imaginez ce qu’on aurait économisé à l’époque si on avait encadré cette jeunesse! Il y a pas un enfant qui préfère l’islamisme à la culture. Ils tombent dans l’islamisme quand il y a pas de bibliothèque ouverte dans leur quartier. Je… Je… On va encore dire que je suis naïf. Mais moi, je peux pas tenir une arme, je peux pas faire la protection, mon seul métier, c’est de faire des dessins. Et je crois que notre… Je crois qu’il faut avoir confiance dans notre art, dans notre littérature, dans notre civilisation. La littérature, c’est plus riche que la pensée religieuse. Et ça, il faut oser le dire, parce que c’est assez curieux, ce qui s’est passé. J’ai commencé à mettre sur internet : « Ne priez pas pour nous, pensez » (15), ou je sais plus quoi, et ce sont des religieux américains protestants qui s’en sont pris à moi (16). Donc je me dis, c’est marrant, il y a une résurgence de la pensée médiévale du « Si tu pries, ça va te protéger ». C’est très bien, c’est la spiritualité, mais c’est pas là-dessus que s’est construit (16) la France. Moi je veux pas des idées du Front National, je veux pas des idées des radicaux religieux. Donc il va bien falloir être capable de développer nos idées à nous, même si elles ont l’air faibles parce que ‘elles contiennent du doute, mais ce doute, c’est notre force.

Quelques explications :
1. pour peu que : simplement parce que, juste parce que
2. et… et…. et : la répétition de « et » devant chaque terme de l’énumération sert à les mettre en valeur, donc à souligner ici que tout le monde est démuni.
3. Un individu : une personne, quelqu’un. Mais ce terme n’est pas tout à fait aussi neutre et a une nuance négative en général.
4. Se sentir lâché : se sentir abandonné, pas soutenu.
5. Épauler : apporter de l’aide, un appui.
6. L’âge du bronze : c’est un moyen d’exprimer l’idée d’un retour aux premiers temps de l’Humanité, à la Préhistoire.
7. Je parle pas physiquement : il vaudrait mieux dire : Je ne veux pas dire physiquement.
8. Un dépravé : quelqu’un qui n’a aucune morale.
9. Ça nous pend au nez : cette expression signifie que quelque chose nous menace et risque vraiment de se produire. Il y a de fortes chances que cela nous arrive. On l’emploie à propos de quelque chose de négatif.
10. La récupération : c’est lorsqu’un parti politique utilise des événements pour faire basculer les gens dans son camp. L’extrême-droite utilise des tragédies comme celle des attentats à Paris pour développer ses thèses racistes, nationalistes, sécuritaires et extrémistes et trouve plus facilement un appui dans la population.
11. La phrase la plus con : la phrase la plus stupide. (très familier)
12. un prof de gym : un prof (professeur) de sport. C’est l’expression qu’on emploie très souvent, même s’il ne s’agit pas de gymnastique, mais de tous les sports.
13. Être paumé : être perdu, au sens propre ou au sens figuré. (familier) Au sens figuré, cela signifie qu’on ne sait pas quoi penser, qu’on n’a pas de repères.
14. Aide aux devoirs : ce sont des gens qui aident les élèves à faire leurs devoirs après la classe, dans les milieux défavorisés, pour leur donner toutes les chances de réussir.
15. Sur internet : il a un compte instagram où il a posté des dessins, qui ont été critiqués.
16. S’en prendre à quelqu’un : critiquer, attaquer quelqu’un
17. s’est construit… : il faudrait accorder au féminin: Ce n’est pas là-dessus que s’est construite la France. Il y a inversion du sujet et du verbe, comme souvent en français. On peut dire de façon tout à fait équivalente: Ce n’est pas là-dessus que la France s’est construite. Il n’y a pas de nuance particulière.

L’émission entière est ici.

Il faut voir ou revoir le film Tombouctou.

Paris

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Oui, nous apprendrons à nos enfants le plaisir de marcher libres dans les rues, de s’asseoir aux terrasses des cafés, de danser et de chanter. Nous remplirons leurs têtes de tout ce qui est du côté de la vie, de l’intelligence et de la beauté. Nous ferons en sorte qu’ils grandissent avec la certitude que tous les rêves et les espoirs leur sont permis, dans cette vie, sur cette terre. Nous leur permettrons d’imaginer que lorsqu’on a vingt ans, tout est à construire, rien n’est à détruire dans la haine et la barbarie.

Entendus ce matin à la radio, quelques échos tout simples, le jour d’après :
Vendredi 13 novembre 2015

Transcription:
– Ça en fait beaucoup de peine. Voilà. J’ai beaucoup de peine (1). Très bizarre. Même si j’ai… j’ai perdu personne et tout ça, mais je me dis… ça aurait pu arriver à ma fille, mes enfants qui devaient être… voilà, quoi, ça aurait pu arriver à eux (2), quoi. Je suis retourné (3). Je sais pas comment j’agirais si un jour, ça arrivait un truc comme ça.

– Dans ma tête, il y a un tas de choses qui se passent mais voilà, après, voilà, c’est triste. C’est juste je trouve pas les mots pour exprimer le… ce que ça… parce que c’est douloureux aussi. Franchement, moi je comprends pas ce qui se passe. On est dans un monde… dans un monde noir. C’est terrifiant, c’est…
Vous êtes en état de choc ?
Ouais, ouais, comme tout le monde, hein. Comme tout… voilà. Comme tous les Parisiens et comme tous les êtres humains. Nous surtout, les Parisiens, parce qu’on vit ici, c’est horrible. Personne n’est à l’abri (4), après, voilà. Pourquoi tuer comme ça, gratuitement ? Mais pourquoi (5) ? Mais pourquoi ? Franchement, c’est pour quoi ? Voilà.

– Malgré tout, vous, toutes les trois, vous avez tenu à (6) venir, un samedi soir, prendre un verre ici (7). Pourquoi c’est important pour vous ?
– On voulait pas rester enfermées chez nous, pour… enfin, à rien faire, on se serait senties mal. Enfin, moi, je sais que je… déjà, d’être toute seule, j’avais pas envie d’être toute seule. Rester chez nous ce soir, c’était leur donner un peu raison (8), et avoir peur et rester cloîtré (10), c’était leur donner raison et on n’a pas envie de leur donner raison, même si ça nous touche beaucoup forcément et que c’était un peu dur, oui, de sortir… enfin, on n’était pas rassurées quand on est sorties mais tout ne s’arrête pas parce que… parce qu’ils ont décidé de semer la terreur un peu partout.

Quelques explications :
1. avoir beaucoup de peine : avoir beaucoup de chagrin, être profondément triste. L’expression de base, c’est avoir de la peine. Et donc on peut nuancer : avoir un peu de peine – avoir beaucoup / énormément de peine.
2. Arriver à eux : normalement, on dit : ça aurait pu leur arriver. Pour insister, on dit : ça aurait pu leur arriver à eux. C’est ce qu’il voulait dire mais à à l’oral, et dans l’émotion, il s’est concentré sur « à eux » uniquement.
3. être retourné : être bouleversé.
4. Être à l’abri : être en sécurité, à l’écart du danger, protégé.
5. Mais pourquoi ?/ Mais pour quoi ? : on peut le comprendre et donc l’écrire de deux manières différentes. La deuxième question signifie qu’on se demande au nom de quoi, au nom de quelle cause de tels actes sont commis.
6. Tenir à faire quelque chose : vouloir vraiment le faire, juger que c’est nécessaire de le faire.
7. Prendre un verre : cette expression exprime l’idée de se retrouver à plusieurs dans un café, pour partager un bon moment ensemble.
8. Leur donner raison : ici, elle veut dire que cela signifierait qu’on se laisse dominer par eux, qu’on ne réagit pas.
9. Rester cloîtré : rester enfermé, sans sortir du tout.

Alors, chantons:
rien ne vaut la vie
« La vie ne vaut rien, Mais moi quand je tiens dans mes deux mains éblouies les deux jolis petits seins de mon amie, alors là je dis, rien, rien, rien, rien ne vaut la vie. »
Alain Souchon

Bleu blanc rouge

Bleu blanc rouge

Bleu, blanc, rouge, dans cet ordre, ce sont les couleurs du drapeau français. Donc j’ai des tasses très patriotiques ! Fête Nationale oblige ! Nous sommes le 14 juillet.

Le 14 juillet :
– c’est la date de la prise de la Bastille, pendant la Révolution Française. Tous les petits Français connaissent cette histoire, de façon plus ou moins caricaturale. Cela fait partie de notre mythologie: symbole de la fin de la monarchie absolue et de l’arbitraire royal, pour simplifier.
– c’est un des jours fériés en France. On dit juste « Le 14 juillet ». (Au passage, je n’ai jamais bien compris pourquoi les Américains l’appellent « Bastille Day ». Ils pourraient dire The 14th of July, comme nous disons Le 4 juillet en parlant de leur Fête Nationale.)
– Pour un certain nombre de Français, cette date coïncide avec le début de leurs vacances d’été, pour une durée variable, deux ou trois semaines en général. En fait, maintenant, les vacances ne sont plus aussi homogènes qu’il y a quelques années où en gros, elles s’étalaient du 14 juillet au 15 août. Désormais, c’est plus variable et plus fractionné.
– Cette année, comme c’est un lundi, ça tombe bien ! Les weekends prolongés sont appréciés par ceux qui ne sont pas encore ou plus en vacances.
– C’est une journée marquée par des défilés militaires dans certaines villes et à Paris sur les Champs Elysées. (Je n’y suis jamais allée.)
– C’est le jour où sont tirés des centaines de feux d’artifice dans tout le pays. (Dans certaines communes, le feu d’artifice du 14 juillet est tiré dans la nuit du 13 au 14 !)
– Et dans beaucoup de villes et villages, il y a ensuite un bal dans la rue. On dit toujours « le Bal du 14 juillet », comme autrefois, alors qu’il n’y a plus beaucoup de bals par ailleurs.

Et pour ceux qui auraient envie, voici un enregistrement où je vous parle un peu plus de cette fête : (Mais toute seule, alors c’est peut-être un peu plus ennuyeux !)

Le 14 juillet

Transcription :
Alors, le 14 juillet, donc, c’est la Fête Nationale en France, et après les défilés et les commémorations de la journée, le soir, bah il y a donc le feu d’artifice, le feu d’artifice du 14 juillet et ça fait vraiment partie des traditions françaises. Ils sont tirés partout en France, dans toutes les communes, à des horaires variables parce que en fait, il faut qu’il fasse nuit.
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Pair ou impair ?

Circulation alternée Comm gouv

Il fait très beau sur la France depuis quelque temps. Tout le monde revit ! Mais le revers de la médaille, c’est que ce temps calme et stable laisse la pollution stagner notamment sur les grandes villes. Alors, pour que l’air redevienne plus respirable dans la capitale, les Parisiens ont dû abandonner leur voiture au garage lundi. Mais pas tous, selon le principe de la circulation alternée, en fonction de la plaque d’immatriculation de leur véhicule, terminée par un chiffre pair ou impair.
Personne en France n’est habitué à ce genre de mesure, alors les réactions étaient mitigées, même si les transports en commun étaient gratuits pour tout le monde depuis quelques jours. Voici quelques échos des « privés de voiture ». Il reste du chemin à faire ! (à pied bien sûr !)

Transcription:
– Ça va être difficile pour les Parisiens, pour ceux qui utilisent la voiture tous les jours pour… pour travailler.
– Les entreprises, les camions, on n’a qu’un numéro (1) en fait, nous. On peut pas choisir son côté, quoi.
– Pour moi qui vais de Vanves à Orly, ça va être un peu difficile, quoi, le long de la semaine (2) mais je vais être obligé de prendre les transports. Enfin, si ça dure pas trop longtemps, ça va.
– Bah moi, je travaille à dix minutes de chez moi, donc je peux me débrouiller (3). Mais mon mari, c’est impossible.
– Moi, j’ai une voiture hybride (4) donc ils vont pas m’empêcher de rouler.
– C’est encore une invention à bon compte (5) pour emmerder (6) les gens et montrer qu’ils font quelque chose alors qu’ils font rien depuis deux ans ! (7)
– Là où j’habite, il y a pas de transports en commun, 25 km. C’est la voiture ou je peux pas venir, parce que mes horaires en plus correspondent pas pour l’école de mes enfants. Donc j’ai pas le choix.
– Non, c’est… c’est une très, très mauvaise idée. Bah ça fait perdre du temps, se lever plus tôt, puis marcher. C’est du grand n’importe quoi ! (8)
C’est compliqué juste avant les élections (9) de faire un truc comme ça (10), mais si ils estiment que c’est la seule solution pour que la pollution baisse sur Paris, voilà.
– Vu les seuils de pollution qu’on atteint, oui, ça me paraît être une bonne chose. Ce qu’il aurait fallu, c’est peut-être arrêter le programme des diesels (11) avant ou mettre en place les filtres à particules beaucoup plus tôt. Mais la situation aurait été bien différente si les mesures qui auraient été nécessaires avaient été prises au bon moment.
– Je trouve ça très bien ! On devrait même interdire toutes les voitures personnelles. Ceux qui peuvent prendre les transports devraient prendre les transports. C’est hyper important (12). Je me demande pourquoi on l’a pas fait plus tôt. Moi, je peux plus respirer, quoi ! J’ai des enfants, tout le monde tousse, enfin c’est… c’est insupportable !
Très content aussi, Hicham. Il est chauffeur de taxi.
– La circulation alternée, ça se passe comment pour vous ?
– Pour nous, ça se passe très bien (13). On a… On ressent qu’il y a beaucoup moins de circulation sur Paris (14). J’ai pu faire beaucoup plus de courses (15) ce matin. J’ai commencé à 5 heures, j’ai dû (16) faire sept, huit courses, alors que d’habitude, je suis à quatre, cinq. Mais nous, ça nous arrange (17), hein, faut le dire clairement. Si… si les gens ne peuvent pas circuler, ils prennent… ils prennent le taxi, les transports en commun, etc.

Quelques détails :
1. un numéro : il s’agit du numéro d’immatriculation des véhicules, qui est pair ou impair.
2. Le long de la semaine : normalement, le long de est une expression utilisée pour parler d’un lieu : le long de la rivière / le long de l’autoroute. Ici, il devrait dire : tout au long de la semaine, qui marche pour parler du temps. Par exemple : tout au long de l’année / tout au long de la vie.
3. Je peux me débrouiller = je n’aurai pas trop de problèmes, je vais trouver une solution, donc c’est faisable.
4. Les voitures hybrides (électriques et à essence en même temps, comme les Toyota Prius) avaient le droit de circuler car moins polluantes.
5. À bon compte : qui ne vaut pas grand chose. Il veut dire que ça n’est pas compliqué pour le gouvernement de prendre cette décision, que ça les dispense de vraiment réfléchir au problème en profondeur.
6. Emmerder : poser des problèmes aux gens, les embêter. (plutôt vulgaire)
7. depuis deux ans : il fait allusion à la date de l’élection de l’actuel gouvernement il y a deux ans. Il n’a pas dû voter pour eux, ou en tout cas, il ne votera pas pour eux aux prochaines élections !
8. C’est du grand n’importe quoi : c’est vraiment nul, ça n’a aucun sens. (familier) D’habitude, on dit juste : C’est n’importe quoi / N’importe quoi. Donc là, c’est encore plus fort.
9. Les élections : dimanche, ce sont les élections municipales, pour choisir les conseils municipaux et les maires de toutes les communes de France.
10. Un truc comme ça : quelque chose comme ça (familier)
11. le programme des diesels : les Français ont beaucoup de voitures diesel, encouragés par les différences de prix entre l’essence et le gasoil pendant longtemps. (Mais l’écart de prix est devenu plus faible récemment.)
12. hyper important : c’est encore plus fort que super important. (oral uniquement)
13. ça se passe très bien  = tout va très bien.
14. Sur Paris : encore cet emploi bizarre mais qui devient ordinaire de « sur » devant le nom des villes. On doit dire : à Paris. Je ne comprends toujours pas quelle nuance cela apporte et pourquoi tout le monde dit ça !
15. Faire des courses : le déplacement d’un taxi pour transporter un client s’appelle une course.
16. J’ai dû : ici, le verbe devoir n’exprime pas l’obligation mais la supposition. Il n’est pas tout à fait sûr du nombre exact.
17. Ça nous arrange = c’est pratique et positif pour nous (les chauffeurs de taxis)

Ministère de l ecologie
Et pour tout savoir, voici les infos données par le Ministère du Développement Durable en cliquant ici.

Parisien, célibataire et carnivore

Côté repas, il est à l’opposé de Patrick et Christine.
Mais comme eux, il trouve tout ce qu’il faut pour manger à Paris.
Et à Paris comme dans beaucoup de grandes villes du monde entier, on peut voyager dans son assiette !
Il s’appelle Julien, il est le seul maître à bord dans son appartement et il n’aime pas les poivrons.

Il raconte sa vie avant Paris et ses nouvelles habitudes parisiennes:

Julien à Paris

Transcription:
Deux, trois fois par semaine, elle rentrait à 9 heures, des trucs comme ça (1), quoi. Et dans ces cas-là, là c’est moi qui faisais à manger pour mes frangins (2) mais c’était, voilà, des patates (3) et des nuggets (4) au four, un plat de pâtes. Enfin, voilà, fallait (5) que ça… Je faisais pas la cuisine, quoi. Et puis en même temps, c’est aussi depuis que j’habite à Paris, disons que dans le sens, là où j’ai grandi chez ma mère, il y avait rien. Je pouvais pas aller manger dehors (6) sans prendre ma voiture. Et j’avais pas la voiture (7), donc c’était soit j’allais avec des amis qui avaient la voiture, on allait au McDo (8), des trucs comme ça, mais qui était au bled (9) d’à côté, quoi. Donc quand je suis arrivé à Paris, il y avait un truc, je trouvais ça génial, c’est : tu descends (10), tu prends à bouffer (11), tu remontes, c’est super, quoi ! Parce que moi, toute ma jeunesse… Enfin même ma mère, jamais elle pouvait dire : « Oh, ce soir, j’ai la flemme (12) de faire à bouffer, on va prendre une pizza. » Non. Enfin, la pizza, tu l’attends une demi-heure. On mangeait tout le temps, tout le temps à la maison. Donc c’est du fait que j’ai vécu seul parce… Mais c’est quand je suis arrivé à Paris, enfin, ces deux choses en même temps, et je trouvais ça vachement (13) bien, quoi, qu’on me fasse à manger en bas. Bah, je suis dans le quartier africain de Paris, enfin, je suis… Elle est… Tu as… Moi, je suis vraiment dans les rues du quartier africain. Juste derrière, c’est… tu as le quartier maghrébin (14). Enfin, moi, je suis Afrique noire. Juste derrière, tu as le quartier maghrébin. Tu vas un peu vers Gare du Nord (15), qui est à cinq-dix minutes à pied à peine (16), là, tu as tous les Pakistanais, les Indiens et tout. Et puis, bon, tu as pas mal de Chinois au milieu de tout ça, quoi. Donc c’est assez exotique, ouais. C’est… Moi (17), tu peux prendre du mafé à emporter en bas, quoi. Donc tu vas avoir tout ça à Paris, quoi.
Bah j’aime bien les voyages. Après, l’Inde, c’est le premier voyage que j’ai fait, et puis j’ai vraiment apprécié. Je sais qu’à chaque fois que j’y retournerai, je serai – enfin, à moins que ça change beaucoup – mais j’y serai toujours bien. Après, l’Inde, par exemple pour la bouffe (18), c’est que tu as 80 % de végétariens en Inde et que moi, c’est l’inverse, alors que j’adore la viande et les légumes, j’ai plutôt du mal (19), quoi. Donc c’était un truc, bon, fallait s’adapter un peu. Et bon, ça m’est arrivé d’avoir du riz au citron et aux poivrons – A la base (20), le poivron, j’aime pas, je mangerais pas du poivron. Tu me donnes un truc avec du poivron, j’aime pas – Je peux pas dire que j’ai adoré, mais ça allait, ça allait, tu vois, c’est… bon… Il y a pas mort d’homme (21), quoi ! C’est… c’est pas mauvais (22), c’est… Mais j’aurais su ce que c’était, je l’aurais pas commandé, tu vois. Le riz, le citron, ça va. Le poivron, ça m’emmerde (23).
Enfin, j’allais dire j’espère… Je pense qu’un jour… enfin, si un jour, j’ai une vie de famille, etc… je pense que ça changera, par… par la force des choses (24) de toute façon. Mais en plus, je pense que ça… Je le ferai de bon cœur (25), dans le sens où ça me changera, quoi. Mais tant que j’ai pas de raisons, bah ça me convient comme ça, quoi. Tout simplement.

Des explications :
1. des trucs comme ça : cette formule très orale et familière est très vague. Ici, cela signifie qu’il pense à des situations identiques, où sa mère n’était pas là au moment des repas.
2. Un frangin : un frère (argot) Au féminin, c’est une frangine, donc une sœur.
3. les patates : ce sont les pommes de terre (familier)
4. des nuggets : les Français ont adopté le terme américain car c’est ce qui est écrit sur les paquets de surgelés. (ou quand on mange au MacDo). Des nuggets en français, ce sont des pépites, mais pour nous, en cuisine, ce terme désigne des pépites de chocolat qu’on met dans les gâteaux.
5. Fallait : il manque le sujet du verbe : Il fallait… (tournure uniquement orale et familière)
6. manger dehors = manger ailleurs qu’à la maison. On dit aussi : Manger à l’extérieur.
7. J’avais pas la voiture : normalement, on dit Je n’avais pas de voiture. Mais souvent, à l’oral, on dit « la voiture» pour généraliser et paradoxalement, avec ce « la », on ne pense pas à une voiture en particulier.
8. Aller au McDo : les Français abrègent toujours ce nom. Et on emploie « au », comme lorsqu’on dit : je vais au restaurant / au café.
9. Un bled : une petite ville / un village, avec l’idée que c’est un endroit qui n’est pas très passionnant. (argot)
10. tu descends : il emploie ce verbe pour dire qu’on sort dans la rue en bas de chez soi. (car on habite en appartement, donc souvent en étage). Et ensuite, on remonte chez soi.
11. bouffer : manger (argot, très familier)
12. avoir la flemme : ne pas avoir l’énergie de faire quelque chose et donc ne pas avoir envie. (familier) : Il faudrait que j’aille courir. Mais j’ai la flemme. On peut dire aussi : je n’ai pas le courage.
13. Vachement : très (très familier)
14. maghrébin : on emploie ce mot pour désigner les pays du Maghreb, donc d’Afrique du nord. (Tunisie, Algérie, Maroc.)
15. vers Gare du Nord : Il ne dit pas: vers la Gare du Nord. Très souvent, on ne met pas les articles devant les noms de lieux à Paris car en fait, pour se repérer, on pense d’abord aux stations de métro : Tu vas à Champs Elysées / Tu descends à Châtelet / J’habite à Bastille. / Je travaille vers République.
16. C’est à 5 minutes à peine : ce n’est même pas à 5 minutes. Il faut 5 minutes grand maximum, normalement un petit peu moins.
17. Moi : il veut dire dans mon cas, donc ici, dans mon quartier.
18. La bouffe : la nourriture (argot)
19. j’ai du mal : c’est difficile pour moi => je n’apprécie pas.
20. À la base : on entend beaucoup cette expression maintenant, comme s’il y avait une influence de l’anglais avec basically. Cela signifie Au départ. On parle d’une situation qui est la base et on va montrer qu’elle évolue en quelque sorte.
21. Il y a pas mort d’homme : cette expression familière signifie que ce n’est pas grave dans le fond, qu’il n’y a pas de conséquences si importantes que ça.
22. C’est pas mauvais : quand on utilise cette expression à propos de nourriture, cela veut dire que c’est mangeable, mais qu’on n’apprécie pas tant que ça.
23. Ça m’emmerde : ça m’énerve, ça ne me plaît pas. (vulgaire)
24. par la force des choses : obligatoirement, sans qu’on ait vraiment le choix.
25. De bon cœur : avec envie, sans rechigner.

Detail personnel et de prononciation:
à la maison, nous aimons tous les poivrons. (Prononcez tous avec son « s », parce que je veux parler de tous les membres de la famille, pas de tous les poivrons. A l’écrit, c’est ambigu !) Donc nous aimons les poivrons. Mais sans la peau !

Parce que crus et avec la peau, franchement, c’est très moyen. Donc il faut prendre le temps de les placer juste sous le grill du four, puis quelques minutes dans un sac en plastique et ensuite, c’est un jeu d’enfant de les éplucher. Comment résister alors à des poivrons tout fondants ?

Les poivrons à griller

C’est un choix

Courses et cuisine

Passer le moins de temps possible à faire les courses ? Et donc aller au supermarché afin de tout trouver au même endroit ?
Passer le moins de temps possible à cuisiner ? Et donc acheter essentiellement des plats tout prêts, des conserves, des surgelés afin de ne pas avoir à réellement préparer ce qu’on met dans son assiette ?

Chacun a sa propre façon d’aborder la question.
Chacun a ses priorités, en fonction de son budget, de son temps, de ses goûts, de son âge, de son éducation, des traditions familiales.
C’est aussi une question de partage des tâches domestiques !

les courses de Patrick Viméo
Pour aller faire les courses avec Patrick et Christine dans leur quartier à Paris, chez le boucher, le pâtissier et au marché, voici cette petite vidéo:

Transcription :
– Je m’organise avec ma femme, là.
– Ouais, ouais.
– Il y a du collier d’agneau (1). Je prends du collier ou pas ?… Si, si (2), il y en a. Filet mignon (3), alors.
– Il y a une liste. Il y a une pré-liste si tu veux, et Patrick me téléphone pour me dire ce qu’il a acheté comme viande et en fonction de (4) ce qu’il a acheté comme viande, j’achète les légumes. Voilà.

– Alors, à qui le tour (5) ? Bonjour.
– C’est à moi. Bonjour. Alors, je voudrais trois kilos d’oranges pour faire du jus. Merci. C’est parfait.

– A la base, l’organisation, c’est parce qu’on a des commerçants (6)… certains commerçants à certains endroits, d’autres commerçants à d’autres endroits.
– Je peux pas acheter la viande sur le marché (7), par exemple. C’est pas terrible (8).
– Je dirais pas que c’est le meilleur boucher de Paris mais il travaille très bien et il a de la très bonne viande. Et il est pas loin de la maison, donc on en profite (9). Bouche à oreille (10), chez les commerçants. Justement tu leur dis : « Vous, vous allez où ? » Donc tu fais un essai. Et c’est comme ça que tu arrives à trouver des bons commerçants, quoi.

– J’ai quatre variétés. J’ai de la Lisbonne, Conférence, la Beurré Hardy et la Williams (11).
– Mettez (12) quatre Conférence … Ouais, quatre Conférence.

Par rapport à la grande surface (13), c’est que tu as un conseil (14) par rapport à ce que tu achètes, tu vois. Bon, même si tu as du fromage à la découpe (15) en grande surface, tu as pas forcément la connaissance du produit que… que la personne vend. C’est un employé, on lui dit : « Tu vends ça. » Il est pas forcément fromager de formation (16). Donc il te donne ce que tu lui demandes, en terme de (17) quantité, mais en terme de qualité de produit, il est pas forcément à même (18) de te conseiller comme tu peux être conseillé là.

A Paris, tu peux trouver dans tous les quartiers (19) des bons commerçants. Moi, je me souviens dans le 17è … bon, j’étais… c’est vrai que ça remonte un petit peu à loin (20), mais il y avait un excellent boucher qui faisait venir des veaux de Corrèze (21), donc les veaux sous la mère de Corrèze, déjà quand j’étais tout gamin (22) à Paris. A côté de Bastille… de République, je veux dire, il y avait un marché où il y avait aussi de très bons produits frais. Pareil, j’avais fait le tour (23) un petit peu et j’avais fini par trouver des… des bons commerçants, hein.

La pâtisserie, c’est le petit plaisir du weekend. Petit plaisir du weekend, avec un petit gâteau… un petit gâteau pour le repas du samedi soir.

Des explications :
1. le collier d’agneau : ce sont les morceaux au niveau du cou de l’agneau. Il faut faire mijoter cette viande. Pour apprendre à connaître tous ces termes bouchers, si vous êtes plutôt carnivore, cliquez ici. Vous saurez quoi choisir si vous faites vos courses en France !
2. Si, si : c’est la réponse qu’on fait à une question négative. Voici ce que sa femme a dû lui demander : Il n’y a pas de filet mignon ? / Et du filet mignon ? Il n’y en a pas ?
3. Un filet mignon : c’est un morceau de porc ou de veau, bien tendre.
4. En fonction de la viande qu’il a achetée : selon la viande… Ils marient donc bien sûr légumes et viande.
5. A qui le tour ? : c’est ainsi que les commerçants demandent qui ils doivent servir, dans quel ordre. Parfois, ce n’est pas très clair, notamment au marché où les gens font souvent la queue de façon pas très organisée. Et on répond donc : C’est à moi. Si ce n’est pas notre tour, on indique à qui c’est : C’est à ce monsieur / C’est à cette dame.
A Marseille, on entend souvent une question synonyme : Ça vient à qui ? Et on répond : ça vient à moi.
6. Les commerçants : quand on utilise ce mot, c’est qu’on veut parler des petits commerces.
7. Sur le marché : on peut dire aussi (plus souvent) : au marché. Par exemple: Je fais mes courses au marché. / Je trouve ma viande au marché.
8. C’est pas terrible : ce n’est pas vraiment bien. / La viande n’est pas très bonne. (C’est une remarque négative)
9. on en profite : cette expression montre qu’on a conscience qu’on a un avantage, qu’on est dans une situation favorable. Par exemple : Il fait beau. On en profite ! La semaine prochaine, ils annoncent du froid. / Il y a des prix intéressants dans ce magasin aujourd’hui. Il faut en profiter.
10. Le bouche à oreille : c’est lorsque des infos, des nouvelles se propagent parce que les gens en parlent aux autres, sans passer par des journaux officiels, par exemple. Les gens se transmettent ça directement, par les réseaux sociaux par exemple.
11. Conférence, Beurré Hardy, etc… : Ce sont quelques unes des variétés de poires.
12. Mettez quatre poires : on peut dire aussi : Mettez-moi 4 poires. / Je vais prendre 4 poires.
13. Une grande surface : c’est un supermarché ou un hypermarché, par opposition aux petits commerces. On dit par exemple: Il font leurs courses en grande surface. / Les grandes surfaces n’ont pas le droit d’ouvrir le dimanche.
14. Tu as un conseil : on peut dire aussi : Tu as des conseils. Au singulier, ici, c’est le moyen de généraliser, pour parler de la fonction de conseil en quelque sorte.
15. Du fromage à la découpe: on dit plus souvent du fromage à la coupe : cela signifie que le fromage est coupé devant vous, par opposition au fromage pré-emballé par les entreprises qui les vendent.
16. Être fromager de formation : avoir été formé à ce métier spécifique et donc avoir des compétences précises dans ce domaine.
17. En terme de = en ce qui concerne
18. être à même de faire quelque chose : être capable de faire quelque chose / avoir la possibilité de faire quelque chose. Par exemple : Il s’y connaît en informatique. Il sera à même de t’aider à acheter un nouvel ordinateur.
19. Les quartiers : ce sont les différents endroits dans une ville, avec leurs caractéristiques propres. Pour les désigner à Paris par exemple, on utilise le numéro de l’arrondissement (le 17è par exemple) ou leur nom. Par exemple, on dit : J’habite à Nation / à République, etc… / Je travaille dans le 17è.
20. Ça remonte à loin : c’était il y a longtemps. On peut dire aussi par exemple : ça remonte à l’année dernière / ça remonte à longtemps / ça remonte à il y a dix ans.
21. La Corrèze : c’est un département rural du centre de la Fance, où il y a des agriculteurs et des éleveurs.
22. Un veau sous la mère : c’est un veau qui est resté avec sa mère et a été nourri à son lait, et non pas avec des aliments industriels. La viande est donc meilleure.
23. Quand j’étais tout gamin : quand j’étais encore tout petit, quand j’étais enfant.
24. Faire le tour : c’est explorer un lieu. Ici, cela signifie qu’il avait fait le tour des commerçants, qu’il était allé dans différents commerces pour comparer leurs produits.

Pour entrer dans d’autres vies quotidiennes, toutes les vidéos sont ici :
portraits, façon de faire les courses et de cuisiner.
Tous les âges et des styles de vie variés.
Je vais en explorer d’autres et partagerai avec vous celles qui m’accrochent !

Vous pouvez aussi écouter Romain sur France Bienvenue.
Il a une autre méthode pour ses courses.

Le monde à l’envers

Chatenay Malabry, l’arboretum de la Vallée-aux-Loups

Un beau et froid dimanche de janvier
A Paris, ou presque
Un ciel très bleu, une fois n’est pas coutume
De beaux reflets, l’hiver

Petit détail : normalement, l’expression « C’est le monde à l’envers » s’emploie au sens figuré pour décrire une situation où les rôles de chacun dans la société sont inversés par rapport à d’habitude.
Une secrétaire qui gagne plus que son patron? Mais c’est le monde à l’envers !

Neige à Paris et en Ile-de-France : dur, dur !

Mardi 7 décembre : Les prévisionnistes de Météo France annoncent de très fortes chutes de neige sur l’Ile-de-France pour le lendemain à la mi-journée. Un bulletin d’alerte orange est lancé.

Mercredi 8 décembre au matin : tout va bien. Froid mais pas de neige à l’horizon.
Midi : les premiers flocons tombent sur Paris et sa région. De très gros flocons. Ils avaient donc raison à Météo France ?
Milieu de l’après-midi : il y a déjà 10 cm de neige dans Paris et 20 dans certains endroits autour de la capitale. Les premiers bouchons se forment sur les routes et les autoroutes.
En fin d’après-midi : paralysie presque totale du trafic routier et aérien. Les bus ne peuvent plus circuler.
Grosse galère pour de nombreux Franciliens. La nuit de mercredi à jeudi sera longue, froide et inconfortable pour beaucoup d’entre eux.

Jeudi 9 décembre :
Notre premier ministre, en voyage en Russie, déclare que Météo France n’a pas bien anticipé et pas assez prévenu… Il ne manque pas d’air* ! (Même quand on habite à Marseille, on avait entendu parler de cet « épisode neigeux de forte intensité » qui allait toucher la région la plus peuplée de France.)

Certains journalistes et hommes politiques posent alors la question des moyens en hommes et en équipements, de plus en plus limités par une politique de restrictions budgétaires et de démantèlement des services publics, au service de tous les citoyens.

C’est quand, la fin de l’hiver ?
(Pour ceux d’entre vous qui en ont assez de l’ambiance hivernale de ce blog, allez faire un petit tour à l’Ile de la Réunion avec Amandine et Olivia sur francebienvenue1 !)


Transcription:
Je suis partie de Plaisir vers deux heures moins le quart et là, je suis coincée en fait, sur l’autoroute A12 depuis bientôt deux heures. Et c’est complètement bloqué. On est à l’arrêt. C’était un peu drôle au début. Mais c’est vrai que là, je vois… bah, les heures passer et je commence à être inquiète et à me dire qu’il va falloir que je me prépare psychologiquement à peut-être passer la nuit dans ma voiture, parce que j’ai vraiment l’impression que c’est ce qui va se passer. Tant qu’il fait jour, bah ça va. Je regarde la neige tomber. Je pense que ce sera déjà un peu plus compliqué dès qu’il va faire nuit. J’ai mon fils de quatre ans qui… est sorti à 4h et demie du… du centre de loisirs (1). Donc pour l’instant, il a une voisine qui s’en occupe mais ça va être un peu… un peu problématique. Il va falloir que je m’occupe de trouver un plan B.
Lire la Suite…

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