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Temps estival

Il avait fait frais en septembre sur une grande partie de la France. Alors quand les températures remontent comme en été, surtout si ça se produit pendant le weekend et dans toutes les régions, les journalistes en parlent à la radio et à la télé ! Un peu de légèreté fait du bien aussi. Ce matin, on pouvait entendre aux infos le témoignage de deux étudiants installés à Marseille depuis peu et qui apprécient cette belle arrière-saison. Profitons !

L’été en octobre

Transcription:
En fait, c’est un peu bizarre parce que en septembre, il faisait froid et là, il fait chaud. Du coup, je comprends pas trop (1) ! J’aimerais bien aller à la plage, profiter un peu mais faut (2) quand même aller en cours. C’est important !

Moi, je viens de la banlieue de Paris, donc ça m’a vraiment changé de venir ici et voir le soleil tous les matins, ça met vraiment le baume au cœur (3). Et donc moi, j’ai tendance à être un peu déprimé quand il pleut, etc. Mais généralement, je me lève beaucoup plus facilement le matin.

Quelques détails :
1. Je comprends pas trop : nous employons souvent « pas trop » à la place de « pas très bien » ou de « vraiment ».
2. faut = il faut (style oral)
3. ça m’a vraiment changé = ça a été un vrai changement pour lui. De façon familière, on dit souvent : ça me change. (= c’est une nouvelle situation pour moi, qui contraste avec avant).
Par exemple : Tu ne vas plus travailler de nuit. Ça va te changer !
4. ça met le baume au cœur : normalement, on dit : ça met du baume au cœur. Cela signifie que ce qui nous arrive, ou ce que quelqu’un nous dit ou fait nous console, nous réconforte, nous fait du bien.
Par exemple : Quand on voit cet élan de solidarité, ça met du baume au cœur.

A propos du français  :
Le premier étudiant vient du Brésil. Son français oral est parfait, dans un contexte ordinaire :
– Il emploie des négations incomplètes : Je comprends pas trop au lieu de Je ne comprends pas trop trop.
– Il emploie , comme nous le faisons très souvent oralement, sans que ce mot ait son sens premier strictement géographique.
– Il omet Il dans Faut aller en cours.
– Il emploie Du coup, très fréquent à l’oral.

Il a juste un très, très léger accent sur certains sons qui nous indique que le français n’est pas sa langue maternelle. Mais c’est infime !
– il faisait. On prononce la première syllabe « fe ».
– un peu

J’ai déjà parlé d’autres accents étrangers ici et ici ou encore ici. Admiration pour tous ceux qui parlent notre langue dans le monde !

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Couvrez-vous bien !

en-montagne

Il a fait bien froid ces derniers temps sur une grande partie de la France. (A Marseille, on est un peu en dehors de tout ça, il faut bien le reconnaître !) Alors, avec des températures très en-dessous de 0, on a commencé à entendre des conseils à la radio. Il y a eu des messages du Ministère de la Santé pour rappeler les dangers des poêles qui peuvent dégager du monoxyde de carbone, d’autres pour nous rappeler aussi qu’il y a de plus en plus de sans-abris, que l’hiver rend encore plus vulnérables. Mais il y a eu aussi des messages que j’ai trouvés plus surprenants: je ne pensais pas que nous ayons besoin de quelqu’un qui nous dise comment nous habiller ! (Peut-être est-ce la conséquence de plusieurs hivers plutôt doux ces dernières années.)

Voici un de ces messages:
Froid – Si vous devez sortir

Transcription:
Attention Vague de froid exceptionnel.
Quand on est exposé au froid, cela peut entraîner des risques graves pour la santé, notamment pour des personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques.
Si vous devez sortir, ne faites pas d’efforts physiques intenses. N’oubliez pas de rajouter par-dessus vos vêtements chauds, un coupe-vent imperméable. Cela protège encore mieux du froid. Couvrez bien les parties du corps qui perdent le plus de chaleur : les mains, les pieds, la tête, le cou.
Ceci est un message du Ministère chargé de la santé et de Santé publique France.

Donc il s’agit de faire preuve de bon sens.
Mais parfois, on n’a pas tout prévu ! C’est ce qui est arrivé à ces automobilistes pris dans une tempête de neige en montagne, à un col qui aurait probablement dû être fermé plus tôt à la circulation. Comme le raconte un de ceux qui sont intervenus pour leur venir en aide, ils ont eu bien froid !

Bloqués au col dans la neige

Transcription
Ça a été très, très, très difficile (1), très dur, parce qu’on n’y voyait pas (2), il y avait un vent très violent et ils ont mis énormément de temps. Les secours ont été déclenchés à partir de 20 heures ici, ça s’est terminé à 3 heures du matin. Donc voyez quand même que ça a été un créneau horaire assez important pour pouvoir réaliser cette opération. Pour les naufragés (3), il y a eu de la frayeur, oui. A partir du moment où vous êtes abandonnés sur une route en pleine montagne (4), en pleine tempête (5), enfermés dans une voiture, vous êtes pas très rassurés, et une fois qu’ils ont vu les gens arriver, bon bah je pense qu’ils ont été un petit peu rassurés. Ils étaient pas très fiers (6) en arrivant, mais enfin, ça allait. Ils étaient contents qu’on les sortent de là-dedans, oui, bien sûr. Vous savez, quand vous êtes en montagne, en pleine tempête, en pleine nuit (7) et qu’il fait – 10, c’est pas très chaud et puis la plupart n’étaient pas couverts (8) suffisamment pour pouvoir affronter une nuit à l’extérieur, hein. Il y a eu du stress pour les sauveteurs et puis voilà, quoi ! Et sinon, tout… tout va bien.

Quelques détails :
1. très, très, très difficile : pour renforcer un adjectif, on ajoute l’adverbe très. Ici, comme souvent en français, on va jusqu’à l’utiliser trois fois de suite, en le répétant très vite. En français, il y a des mots qu’on répète trois fois très naturellement ! (Par exemple : non, non, non. / Oui, oui, oui.) Je ne sais pas si c’est la même chose dans d’autres langues!
2. On n’y voyait pas : on pourrait dire aussi On ne voyait pas. Mais très souvent, on ajoute « y » : On n’y voit rien. / On n’y voit pas grand chose. / On y voit mal.
3. Les naufragés : normalement, on utilise ce terme pour les gens victimes d’un naufrage (en mer). Mais les journalistes ont adopté cette expression aussi pour les automobilistes perdus ou bloqués quelque part à cause du mauvais temps : on parle de naufragés de la route.
4. En pleine montagne : en montagne, loin de tout.
5. En pleine tempête : au milieu de la tempête
6. ils n’étaient pas très fiers : c’est une expression qui indique qu’ils ont eu peur. Ce n’est pas le sens habituel de l’adjectif fier. Quand on dit : Je n’étais pas fier / pas très fier, on exprime sa peur, on montre qu’on s’est demandé si tout allait bien se terminer. On dit aussi : Il ne faisait pas le fier.
7. En pleine nuit : au milieu de la nuit
8. ne pas être couvert / assez couvert : on parle des vêtements. Cela signifie qu’on n’est pas habillé assez chaudement. Quand on dit à quelqu’un : Couvre-toi / Couvre-toi bien / Couvre-toi mieux / Couvre-toi davantage, on lui conseille de s’habiller avec des vêtements plus chauds. A l’inverse, on peut être trop couvert, si on porte des vêtements trop chauds pour le lieu ou la saison par exemple.

Un peu de français : n’oubliez pas que lorsqu’on parle des parties du corps, on emploie peu les adjectifs possessifs.
On dit : se couvrir la tête. On ne dit pas : Couvrir sa tête.
On dit : J’ai froid aux mains. On ne dit pas : J’ai froid à mes mains.
On dit : J’ai les pieds gelés. On ne dit pas : J’ai mes pieds gelés.
Donc quand il fait froid, on se couvre bien ! On se protège les mains avec des gants, les pieds avec de bonnes chaussettes dans des chaussures bien chaudes, la tête avec un bonnet ou une capuche et le cou avec une écharpe. Bonnets et écharpes sont redevenus à la mode, même chez les jeunes. Donc ça tombe bien.
Et on attend le printemps !

Trois jours et une lecture

Il y a les livres qu’on attend de retrouver chaque jour (ou chaque soir) et dans lesquels on aimerait rester longtemps, en savourant le temps passé dans ces autres vies. Trois jours et une nuit n’est pas de ceux-là. On lit, le plus vite possible, tard, comme emporté jusqu’à la dernière page.
Parce qu’on veut connaître la clé de ce roman noir, très noir, parce qu’on veut terminer le puzzle en plaçant la dernière pièce. Parce qu’on est dans la tête d’Antoine à qui il est arrivé quelque chose de terrible, parce qu’on est bousculé par ses sentiments et ses pensées. Parce qu’il faut aller jusqu’au bout pour tenter d’estomper ce sentiment de malaise qui ne nous laisse pas de répit.

L’écriture très précise porte cette histoire implacable, où la tempête est partout, dans les têtes mais aussi dans la réalité des grandes tempêtes de Noël 1999. Une tragédie en trois actes, où le héros est ballotté par un enchaînement de circonstances, et où on cherche la réponse à la question qu’il / que le narrateur se pose : « Il avait menti et on l’avait cru. Était-il tiré d’affaire pour autant ? »

Trois jours et une nuit
Voici comment en parlait Pierre Lemaître à la télévision il y a quelque temps. Un modèle d’interview car on en sait assez pour avoir envie de lire cette histoire sans qu’elle nous soit dévoilée par son auteur dans une mauvaise paraphrase orale. Et aussi parce qu’il y est question de la façon dont les livres s’écrivent.

L’interview est à regarder ici.

En voici quatre extraits :

L’art d’entrer dans le vif du sujet :
Trois jours et une nuit 1Présentation

Transcription:
Il suffit parfois de quelques secondes pour qu’une vie bascule, hein, même quand on est un adolescent, un adolescent sans histoire (1), comme Antoine par exemple. Voilà, prenez Antoine. Il a douze ans. C’est un bon garçon, Antoine, hein, pas bagarreur, sympa, le genre de type qui construit des cabanes dans les bois, qui est timide avec les filles et qui un beau jour, par accident, tue l’un de ses petits camarades. Nous sommes en 1999, souvenez-vous, c’est le moment où la France est ravagée par cette grande tempête qui n’a laissé aucune région indemne. Nous, lecteurs, bah nous savons qui a commis le crime, dès les premières pages : c’est Antoine. Ce que nous ne savons pas en revanche, avant la dernière page, et même avant la dernière ligne, c’est comment Antoine va se débrouiller face à l’enquête, face à la culpabilité, face aux fantômes du passé.

La parole de l’écrivain :
Trois jours et une nuit 2 Un roman noir

Transcription:
– Comment est-ce qu’on écrit cela ?
– Eh bien, d’abord, c’est parce que on fait une claire distinction entre le roman policier et le roman noir.
– Ah !
– Dans le roman policier, si ça avait été un roman policier, je ne m’y serais pas pris (2) de la même manière. Dans le roman policier, vous avez besoin d’un mystère pour savoir qui a fait les choses. Si vous voulez écrire l’histoire d’un crime, c’est ce que vous faites. Mais moi, j’écris pas l’histoire d’un crime, moi, j’ai écrit l’histoire d’une faute. Il a douze ans – bien sûr que c’est un crime – mais nous, adultes, qui lisons cette histoire, nous voyons bien que c’est un crime du point de vue médico-légal. Mais du point de vue de la justice humaine, c’est une faute. C’est un accident, dramatique, mais c’est un accident qui a cette portée terrible, c’est que, au fond, la destinée de cet enfant va se jouer à un moment où la destinée n’existe pas encore. A douze ans, l’avenir n’existe pas. Ce qui existe, c’est demain, mais ce que je ferai à dix-huit ans, ce que je ferai à trente ans, quand j’aurai des enfants, tout ça, c’est abstrait. C’est quoi ? Ça n’existe pas ! On vit dans l’instant présent. Or il a le sentiment (3), tout de suite, dès qu’il commet ce crime, qu’il a fait quelque chose qui engage plus que ce qu’il peut comprendre. En fait, la destinée se joue avant même qu’il ait le sentiment de ce que c’est que la destinée.
– La réaction d’un enfant…
– Et là… juste pour finir. Et là, on est plus dans le roman noir, où la question n’est pas tellement de savoir comment ça va… comment on en est arrivé là, mais qu’est-ce qu’on fait quand c’est arrivé.

Les étincelles qui déclenchent l’écriture:
Trois jours et une nuit 3 De quoi se nourrit l’écrivain

Transcription:
– Comme dans Au revoir là-haut, après le livre, il y a ce que souvent, vous autres, romanciers, faites – et c’est très agréable pour nous, les lecteurs, il y a les remerciements, gratitude. Et là, vous remerciez pêle-mêle (4) Georges Simenon et Marc Dugain, Umberto Eco et Homère, l’auteur de True Detective et Jean-Paul Sartre – c’est un petit peu comme chez Orsenna, c’est très éclectique, hein, de Pizzolato à Jean-Paul Sartre. Qu’est-ce que vous leur avez emprunté ? De par… dans votre passé, puis par l’écriture d’un livre comme celui-ci.
– Quand on écrit, je pense que… là, ça serait intéressant de savoir comment mes confrères, ma consoeur travaillent, mais quand j’écris, moi, je repère assez facilement que un mot m’est venu de quelque chose que j’ai lu quelques jours avant, ou que j’ai lu il y a longtemps, mais le mot est resté et je sais que quand j’emploie une expression, je sais dans quoi je l’ai vue, dans quoi je l’ai lue. Si j’emprunte un trait de caractère à un personnage, je sais que je le prends dans un film que j’ai vu, dans… Voilà. On… On… Moi, je bricole avec des tas de choses que ma mémoire…
– Qui vous ont nourri.
– Oui. Que la mémoire me… me… Et chaque fois que je le vois, ça m’amuse de le noter et de me dire : « Tiens, ça, je l’ai pris à Amin Maalouf, ça, je l’ai pris à Marc Dugain, ça, je l’ai pris à Sartre. » Ça m’amuse de le faire et puis ça me paraît honnête à la fin de dire : « Bah voilà, je cite ceux que j’ai pu repérer. Vous savez, j’ai eu beaucoup de chance parce que la première ligne de la première page du premier livre que j’ai écrit, c’est une citation de Roland Barthes, qui dit : « L’écrivain est quelqu’un qui arrange les citations en retirant les guillemets. »
– Ouais !
– C’était la défintion dans laquelle je me reconnaissais.
– Pas mal quand même, attendez !
– Et en fait, je suis resté fidèle à cette idée, parce que plus j’écris de livres, et plus cette définition de la littérature, je me l’approprie, je la trouve très juste.

Comment un livre échappe à son auteur:
Trois jours et une nuit 4 Je vais le relire

Transcription:
– Ce qui est formidable, c’est une petite vie comme ça, et puis en même temps, il y a des éléments dès le départ, parce qu’il y a la forêt, qui joue un rôle énorme, et il y a la tempête. Donc il y a des gens qui sont perdus, comme ça – parce que même les adultes sont perdus comme des enfants, il y a quelque chose qui les dépasse – et comment est-ce qu’on peut être humain dans… face à des éléments qui sont tellement plus forts que nous. Et on chemine comme ça, comme des sortes d’insectes, comme ça, poursuivis par une sorte de malédiction. Non, non, c’est passionnant !
– Ça me donne envie de le relire ! (Ces mots sont ceux de l’auteur!)
– C’est passionnant !

Quelques détails :
1. un garçon sans histoire : un garçon qui ne pose pas de problème, avec qui tout se passe bien, sur qui on n’a rien à dire en fait, « normal ». On peut utiliser cette expression à propos de quelqu’un mais aussi à propos d’un lieu : C’est une petite ville sans histoire. Ou encore à propos d’une période : Nous avons passé des vacances sans histoire. / ça a été un voyage sans histoire.
2. s’y prendre : procéder d’une certaine manière. Par exemple : Je ne sais pas comment m’y prendre avec lui. Il est difficile à comprendre. / Comment tu t’y es pris pour obtenir cette couleur ? / Elle ne sait pas s’y prendre avec les ados.
3. Avoir le sentiment que : avoir la certitude que, être intimement convaincu de quelque chose.
4. pêle-mêle : en désordre, sans organisation, sans tentative de structurer les choses. Au sens propre : Les valises étaient entassées pêle-mêle dans le hall de l’aéroport. / Toutes ses affaires étaient pêle-mêle sur son lit. Au sens figuré : Je te donne mes idées pêle-mêle.

Question pour Edelweiss qui aime les romans de cet écrivain :
as-tu lu celui-ci ? 😉

Noël au balcon

Gelée

Il n’a pas encore fait vraiment froid.
Peu de neige en montagne.

Alors, Noël au balcon, Pâques au tison ?
Proverbe bien connu, dans un sens ou dans l’autre selon les années, mais qui ne se vérifie pas toujours bien sûr. On verra s’il fait froid à Pâques !

* un tison : c’est un morceau de bois qui a commencé à brûlé et qui continue à se consumer. Donc dans ce dicton, il évoque l’idée du feu qu’on fait dans la cheminée parce qu’il fait froid dehors. (A part dans cette expression, aujourd’hui, on emploie ce mot très rarement en fait.)
Avez-vous le même genre de dicton dans vos langues respectives ?
Je vous souhaite un Joyeux Noël, avec ou sans neige !

On verra demain

Ciel tourmenté

De temps en temps, je tombe par hasard sur des explications à propos du français qui ne me paraissent pas correspondre tout à fait à ce que nous disons. Ainsi, j’ai lu récemment que le futur simple n’exprimait pas un avenir proche, par opposition aux formes avec « aller » (Je vais l’appeler ce soir) ou au présent (Je l’appelle ce soir).

Pourtant, nous disons souvent: On verra demain / On verra ça demain. / Je terminerai cet après-midi. / Nous en parlerons tout à l’heure. / Tu m’expliqueras tout ça après-demain. / Je l’appellerai ce soir.

Dans nos conversations quotidiennes, le futur simple, plus qu’un problème de proximité ou d’éloignement, exprime souvent comme une promesse, un engagement, un rendez-vous que l’on prend avec quelqu’un ou avec soi-même:
On verra demain: On est dans l’attente et en général, c’est la promesse qu’on reviendra sur le sujet, sur le problème. (C’est aussi un moyen de se débarrasser de quelqu’un !)

Je terminerai cet après-midi. C’est ce qu’on dit par exemple quand on n’a pas le temps ou pas l’envie de finir maintenant ce qu’on est en train de faire.

Nous en parlerons tout à l’heure: c’est comme dire à quelqu’un que ce n’est pas vraiment le moment mais que le sujet sera bien abordé.

Tu m’expliqueras tout ça après-demain: c’est comme une sorte de rendez-vous.

Je l’appellerai ce soir : et ici, comme un engagement ou une décision qu’on vient de prendre.

Très bien mais, me direz-vous, quel rapport avec la photo du jour ?
C’est que la météo se raconte au futur. Et un futur pas très lointain, même si certains aimeraient déjà savoir s’il fera froid en mars, si le printemps sera beau et si nous aurons chaud cet été. Mais ça, ce n’est pas encore prévisible.
Donc si vous voulez entendre des verbes au futur, écoutez la météo !
Futur avec « aller » puisque ces prévisions s’appuient sur un travail scientifique et des observations. Mais aussi futur simple, comme un engagement de la part de nos météorologues qui savent prévoir le temps à quelques jours.

Transcription :
Un bon répit sur les régions de l’ouest et du nord. Cette journée dominicale se déroulera dans une atmosphère bien plus tranquille que ces derniers jours. Le vent, généralement orienté à l’ouest, de plus en plus discret, accompagnera un ciel assez changeant. Il y aura des averses de plus en plus espacées et ces averses en atténuation dans l’après-midi, alterneront avec de très belles périodes de soleil. Sur le centre, le Bassin Parisien et sur le quart nord-ouest, dans un air plus frais qu’hier, soleil et nuages se partageront le ciel. Les averses ne seront pas très nombreuses. En descendant vers l’Auvergne, vers le sud-ouest, le temps va s’améliorer. Les nuages, qui laisseront passer un peu de soleil, ne donneront que rarement une averse. En allant vers les Pyrénées, vers l’est de la chaîne pyrénéenne, l’amélioration sera un peu plus laborieuse. Puis sur les régions proches de la Méditerranée et sur les Alpes, les nuages, majoritaires aujourd’hui, peu menaçants sur le littoral méditerranéen où l’on apercevra un peu le soleil, ces nuages, porteurs de quelques gouttes dans l’arrière-pays provençal, donneront sur les Alpes de la neige. Ces chutes de neige, assez régulières dans la matinée, s’espaceront dans l’après-midi. Et puis les températures partout en baisse ce matin – il fera nettement plus frais qu’hier matin – comprises entre 8 et 11° sur le nord, ces températures atteindront 11 à 14° sur le sud, avec encore des pointes à plus de 20° sur le sud de la Corse.

Temps maussade

Mauvais temps Marseille

Mauvais temps le chene

Il fait mauvais temps aujourd’hui. Ciel très chargé, pluie, vent et même un ou deux coups de tonnerre, plutôt inhabituels en hiver.
C’est l’occasion de prendre quelques photos aux teintes assez rares ici.

Et également de faire un petit tour de ce que nous disons quand le temps est si maussade. Parce que dans le fond, c’est un peu compliqué pour un non-francophone de savoir quand utiliser: Il fait…, Il y a…, C’est…, dans des conversations ordinaires.
(Je ne parle pas des bulletins météo, qui ont leur style propre, ni de descriptions rencontrées dans des romans, donc à l’écrit.)

Les nuages :
On ne dit pas: Il fait nuageux.
Mais on dit: C’est nuageux. / C’est très nuageux aujourd’hui.
Et plus naturellement encore: Le temps est couvert. / Nous avons un temps très couvert aujourd’hui. / C’est légèrement couvert aujourd’hui.

La pluie:
On ne dit pas: C’est pluvieux. / Il fait pluvieux.
Mais on dit: Il pleut. / Nous avons de la pluie.
On dit aussi: Nous avons un temps très pluvieux. C’est une journée pluvieuse.
Et si la pluie n’est pas encore tout à fait là mais que le ciel ne trompe pas: Il va pleuvoir. / Le temps est à la pluie.

L’orage:
On ne dit pas: Il fait orageux.
Mais en attendant l’orage, on dit: C’est orageux. / Le temps est orageux. / Le temps est à l’orage.
Et quand l’orage a éclaté: Nous avons de l’orage. / Il y a de l’orage. / Il y a un bel orage, un gros orage.

Le vent:
On ne dit pas: Il fait venteux. / Et rarement: C’est venteux.
Mais on dit: Il y a du vent. / Il y a beaucoup de vent. / Il y a un peu de vent. / Nous avons du vent, beaucoup de vent, un peu de vent.

Et à Marseille, quand le vent du nord souffle, on dit:
Nous avons du mistral, un fort mistral / Il y a du mistral. / Le mistral souffle.
Sinon, le vent qui amène en général la pluie, c’est le vent d’est. Et les Marseillais disent:
C’est vent d’est. / On a vent d’est.

La conclusion, c’est qu’il fait mauvais temps, qu’il fait gris, tout gris aujourd’hui ! Il ne fait vraiment pas beau. Mais il ne fait pas froid. (Pour un mois de janvier)
Avec le verbe faire cette fois.

Et si vous voulez écouter comment on dit tout ça :

Envie de fraîcheur

Escargots
Envie de fraïcheur
Au frais

Un printemps qui ne ressemblait pas tout à fait au printemps.
Puis l’été s’est installé, un vrai été, très chaud ! Presque la canicule.
Il fait bon à l’ombre.

Avoir, être, faire ? C’est finalement un peu compliqué de parler du temps qu’il fait en français ! Voici quelques exemples de saison:
Il fait chaud, très chaud. Il fait 35°.
C’est orageux. Le temps est à l’orage.
Il y a du vent. Un vent chaud. Il y a eu de gros orages.
Et un peu de fraîcheur – si on peut dire – matinale et bienvenue !

Chez Gabrielle aussi, il fait chaud ! Rendez-lui visite pour savoir dire tout ça.

Des nuages, encore des nuages

Nuages par la fenêtre

Nuages

Nuages du soir

En ce moment, tout le monde se plaint du temps qui ne correspond pas à ce que chacun attend d’un printemps qui touche à sa fin.
Mais cela nous donne des ciels nuageux plutôt inhabituels à Marseille. Profitons !

D’ailleurs, certains pensent qu’après tout, c’est aussi beau que « des ciels toujours bleus, des pays imbéciles où jamais il ne pleut, où l’on ne sait rien du tonnerre ». (Georges Brassens, L’orage)

Vous pouvez aussi aller écouter Romain qui nous explique tout sur les nuages ici.

Et comme les noms de nuages se terminent tous par le même son, qui est parfois un problème quand on apprend le français, voici les dix genres de nuages dans ce petit enregistrement, si vous avez envie de travailler votre prononciation !
les cirrus, les cirro-stratus, les cirro-cumulus, les alto-cumulus, les alto-stratus, les nimbo-stratus, les strato-cumulus, les stratus, les cumulus, les cumulo-nimbus

Pluie printanière

Pluie

Iris après la pluie

La pluie, toute la journée. Régulière.
De quoi comprendre l’expression Ennuyeux comme la pluie ! (En moins poli et distingué, ça donne: Chiant comme la pluie.)
Mais dans le fond, l’occasion de faire autre chose.
La terre qui s’amollit, avant la grande sécheresse des étés méditerranéens.
Les couleurs des iris, pour quelques jours seulement, la promesse du parfum des petits oeillets. On aime davantage la pluie quand on a un jardin !

Et puis comme ça, ça donne un sujet de conversation:
Mais qu’est-ce que c’est que ce temps ! (En fait, c’est notre petite saison des pluies habituelle ici en Provence. On fait des réserves.)
On n’a jamais vu ça ! (Mais si, ça arrive régulièrement mais on oublie d’une année sur l’autre.)
On est quand même fin avril ! (Et que dit le dicton bien connu ? En avril, ne te découvre pas d’un fil.)

Bref, tout le monde parle de la pluie et du beau temps, au sens propre comme au sens figuré. Encore une jolie expression, pour dire qu’on parle de tout et de rien, de petits sujets anodins, de la vie comme elle va.

Les beaux nuages

Agde
Les grandes chaînes de télévision en France ont toutes leur Météo, après les journaux télévisés. Regarder la météo est comme un rituel quotidien, préparation au lendemain et aux jours à venir.
La carte de France sous les yeux jour après jour, les noms des régions égrenés, les villes associées à leurs températures matinales et à celles de l’après-midi: voyage quotidien, organisé et commenté par des présentateurs et des présentatrices qui s’y connaissent*, à force de travailler avec les prévisionnistes de Météo France ! Et qui aiment ça !

Transcription :
Comment naît cette vocation, Catherine Laborde ? Comment devient-on présentatrice Météo ?
– Ah ! Eh bien je n’en sais rien, Guillaume. Franchement, si je…
D’abord, vous êtes frileuse, parce qu’il faut quand même le dire à nos auditeurs que vous êtes enfouie sous trois, quatre pulls…
– Ne me trahissez pas !
Donc voilà, apparemment vous avez froid. Alors peut-être que c’est la raison pour laquelle vous êtes devenue…
– Mais peut-être, en effet, c’est la raison inconsciente. En effet, j’ai… j’ai toujours froid. J’aime beaucoup, beaucoup la chaleur. Mais… mais c’est un secret ! Il faut pas dévoiler tous les secrets. Non, moi, je suis en effet très frileuse. Comment on devient présentatrice météo ? Je n’en ai pas la moindre idée (1). C’est… c’est le hasard. Moi, mon hasard, ça a été ma sœur Françoise Laborde qui travaillait à TF1 (2), copine avec Michel Cardoze qui cherchait quelqu’un pour la météo le matin. Moi j’étais une comédienne au chômage avec un enfant en bas-âge. Et puis voilà ! C’est… c’est les hasards de la vie vraiment, c’est….
Bon alors si vous ne savez pas comment on le devient, vous savez pourquoi on le reste en tout cas, puisque vous êtes une authentique passionnée par la météo aujourd’hui.
– Pourquoi on le reste ? Par passion. Ça, c’est vrai que le terme est juste. Parce que… parce que c’est… c’est jamais la même chose, parce que c’est toujours différent, parce que… Souvent, on me pose la question :
« Mais ça vous embête (3) pas ? » – Enfin, ça fait très longtemps que je présente la météo maintenant, plus de vingt ans – « Et ça vous embête pas ? » Bah non ! C’est… Ça change tout le temps, quoi ! C’est les nuages, les merveilleux nuages, quoi, de Baudelaire (4). C’est… c’est magnifique, la météo ! Il y a des situations qui se ressemblent mais il y a jamais exactement la même situation. Quelquefois, il faut resserrer la météo parce qu’il y a le programme précédent qui a été enregistré et qui est plus long qu’on ne le pensait. Donc on pense qu’on va avoir deux minutes de météo, ce qui est peu, et puis on se trouve avec quatre minutes, ou le contraire. Donc il faut s’adapter très, très vite. Et puis, c’est vrai que nous, à la météo, on peut pas non plus lire un prompteur (5) qu’on aurait écrit, on peut pas dire par coeur puisque les infos prévisionnelles arrivent deux heures avant. C’est-à-dire que moi, je fais fabriquer les cartes par les graphistes une fois que j’ai parlé avec les ingénieurs de Météo France, puisque ce sont eux qui ont… qui ont l’info, hein, c’est les ingénieurs de Météo France. Et puis je fais fabriquer par les graphistes et après, roule ma poule (6) ! C’est moi qui improvise. Mais je sais où je vais, je sais comment j’ai fait fabriquer les cartes, pourquoi, pour dire quoi. Et… et je pense qu’on a un… une… C’est un métier très pédagogique, quoi, c’est ça, notre truc: c’est de… de reprendre une parole scientifique pour essayer de la dire simplement, sans trop simplifier parce que dans ce cas-là, on trahirait les… les prévisionnistes.
Joël, vous, vous dites qu’il y a des météo-susceptibles (7), et des régions où il faut faire attention à ce que l’on dit !
– Oui, oui, oui. C’est vrai. Je pense que Catherine sera d’accord avec moi.
– Oh mais je sais de quelles régions tu vas parler !
Alors… alors, de quelles [régions, va] Catherine ?
– Faut pas (8) que tu te mettes devant, hein, sur la carte !
– Voilà, c’est la Bretagne ! C’est la Bretagne. Mais… mais pourquoi ? Parce que d’abord, comme dit Joël, il faut pas se mettre devant. Souvent, on a tendance à cacher la Bretagne parce que la Bretagne, c’est la pointe la plus occidentale (9). Mais aussi parce que la Bretagne est peuplée de Bretons qui, comme chacun sait, est un peuple de marins ; et la météo, les marins sont les premiers concernés par la météo. Ce sont d’excellents météorologues. D’ailleurs, à Météo France, il y beaucoup d’ingénieurs météo qui sont des bretons. Donc c’est… c’est une vraie culture, la météo. Donc ils s’agit pas de dire des bêtises ! (10)

Quelques détails :
1. Je n’en ai pas la moindre idée  = je ne sais pas du tout pourquoi. Mais cette façon de dire a plus de force car c’est un style plus soutenu, d’autant plus qu’ici, Catherine L. emploie bien une négation complète, avec ne… pas.
2. TF1 : l’une des chaînes de télévision principales en France. C ‘est la chaîne qui a été créée en premier. Elle a été privatisée il y a quelques années.
3. Embêter : ennuyer (familier).
4. Les merveilleux nuages : ce sont les derniers mots du poème de Charles Baudelaire, L’étranger : Et qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ? J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages. (1869)
5. un prompteur : c’est le système qui permet à un présentateur à la télé de lire le texte qu’il doit dire tout en regardant la caméra. Pas de risque d’oublier quoi que ce soit puisque cette machine lui souffle ce qu’il doit dire. Encore un exemple de l’assimilation d’un mot anglais, avec une orthographe à la française.
6. Roule ma poule ! : Vas-y, sans hésiter, sans te poser de question. (familier)
7. être susceptible : c’est se vexer facilement. Ce mot «météo-susceptible » n’existe pas mais signifie que certains se vexent, ne sont pas contents si on ne parle pas de leur région, ou si on en parle mal, ou trop vite.
8. Faut pas que… : tournure très orale puisque normalement, il faut dire : Il ne faut pas que… (= on ne doit pas / tu ne dois pas, etc…). Très orale mais très ordinaire dans les situations où on n’est pas obligé de surveiller sa façon de parler.
9. La pointe occidentale : la Bretagne a une forme particulière et c’est la partie la plus à l’ouest. D’ailleurs, un des départements de cette région s’appelle le Finistère, c’est-à-dire la fin des terres.
10. Il s’agit pas de dire des bêtises : il ne faut surtout pas raconter n’importe quoi, dire quelque chose qui soit faux. (style familier) C’est totalement exclu !

* s’y connaître: être compétent dans un domaine.
Si tu ne sais pas quel vin acheter, tu peux lui demander conseil. Il s’y connaît.

Si vous ne connaissez pas encore Romain, un autre passionné de météo, allez l’écouter ici !

Sale temps sur la France !

C’est l’automne, il pleut, il y a du vent. Rien de surprenant. Mais dimanche, dès le matin, il a fait vraiment très mauvais temps en Vendée, sur la côté atlantique. Et l’après-midi, Marseille et les alentours ont été touchés. Les prévisionnistes de Météo France ne s’était pas trompés. Mais ce qui a pris tout le monde au dépourvu, ce sont les deux tornades qui se sont formées dans ces régions: sur une petite ville en Vendée et dans une zone commerciale très fréquentée le dimanche près de Marseille.

Transcription:
(Le bulletin météo du matin:)
Vigilance Orange (1) sur sept départements entourant le Val de Loire, de la Vendée et de la Loire-Atlantique jusqu’au Loiret pour cause de pluies intenses qui arrosent actuellement ces départements, en outre (2) exposés à de fortes rafales de vent. Cette zone très pluvieuse va se décaler au cours des prochaines heures du sud du Bassin Parisien vers le nord-est du pays: Champagne-Ardennes et Lorraine.

– C’est l’orage qui m’a réveillé. Je me suis levé pour débrancher… Je voulais débrancher ma télé, je voulais débrancher deux-trois trucs (3), quoi. Je suis sorti (4) donc dans le couloir, là, de la maison, hein, et j’ai entendu un espèce (5) de brouhaha (6) impressionnant. Ça venait sur la maison. Tout d’un coup, j’ai entendu la toiture se lever et j’ai entendu des tuiles qui retombaient après sur la toiture. Ça a pas duré longtemps, hein! Ça a pas duré une minute, je pense pas, hein. C’est impressionnant, très, très impressionnant quand même !
– Vous avez eu peur ?
– Oh bah, oui ! Pour avoir eu peur, oui, j’ai eu peur (7), oui ! J’ai jamais connu ça. Ça fait tout drôle (8), hein ! J’ai un grand sapin qui faisait 25 à 30 mètres qui est tombé aussi. J’ai cru que c’était un… je sais pas… Ça m’est jamais arrivé, j’ai cru que c’était un avion ou je sais pas trop ! Mais c’est vrai que c’est venu d’un seul coup, en l’espace d’une fraction de seconde, hein. On n’a pas le temps de réagir, je vous le dis tout de suite, hein. C’est impressionnant ! Impressionnant, impressionnant ! On a eu la trouille (9).

La maison s’est mis (10) à trembler. On avait l’impression qu’il y avait des explosions et puis j’ai pris les enfants. Tout de suite, je les ai mis en sécurité. Et en passant dans une des pièces, les… les volets (11) étaient pas fermés, il y avait plein de débris qui volaient de partout par… enfin les… les toits s’envolaient. C’était l’apocalypse !

Il y a une branche qui est tombée sur la maison, quoi, qui m’a cassé toutes les tuiles, tout. Moi j’attends les pompiers. Mais bon, le nécessaire est fait. Il faut attendre que, bon, que ça sèche. J’ai les maçons qui viennent demain. J’ai mis des seaux partout parce que les plafonds… Il y a plein de boue, quoi. Bon, ça me fait mal. C’était mon dernier chantier, en plus, que j’ai fait.

(La suite du bulletin météo:)
D’autres pluies abondantes sont par ailleurs prévues pour l’après-midi dans le sud-est sous forme d’orages, de la Provence-Côte d’Azur aux Alpes, des orages qui atteindront la Corse en soirée. Pour l’instant, c’est plutôt du beau temps dans le sud et le sud-est du pays.

La tornade nous est arrivée dessus. Il y a plein de ferraille, de… Tous les panneaux publicitaires de la zone se sont envolés. Les voitures qui étaient là sur le bord ont pris des panneaux publicitaires dessus, donc elles ont les pare-brise cassés. C’est un paysage incroyable ! Cinq minutes, ça a duré ! Même pas plus ! Tout le monde était paniqué et courait dans tous les sens. Tout le monde essayait de trouver un abri mais franchement, c’était… Tout le monde était en panique (12), hein !

Quelques explications
1. Vigilance orange: Météo France place des zones en vigilance lorsque des conditions météo plus extrêmes le nécessitent, pour que les gens prennent leurs précautions. Selon la couleur, c’est plus ou moins intense.
2. en outre: de plus, également
3. un truc: une chose. On emploie ce mot familier quand on ne fait pas l’effort de chercher le mot exact dont on a besoin. Ici, cet homme  aurait pu employer le mot appareil, pour parler de tout ce qui fonctionne à l’électricité.
4. sortir: ce verbe s’emploie avec l’auxiliaire « être ». (sauf s’il s’agit de sortir quelque chose: par exemple: j’ai sorti la poubelle. / J’ai sorti mes clés de ma poche.) Pourtant, on dirait qu’il dit « J’ai sorti ».
5. un espèce: il faut dire une espèce de, même si le mot qui suit est masculin. Beaucoup de Français se trompent, alors qu’avec « une sorte de », qui est synonyme, personne ne fait la faute.
6. le brouhaha: beaucoup de bruit.
7. Pour avoir eu peur, j’ai eu peur! : Le début de la phrase n’exprime pas le but ici. C’est un moyen de renforcer ce qui est dit. (style familier)
8. ça fait tout drôle: c’est très bizarre. (familier)
9. avoir la trouille: avoir peur (familier)
10. s’est mis à trembler: il faudrait dire: La maison s’est mise à trembler, en accordant « mise »  car le mot maison est féminin.
11. Les volets: voilà une situation dans laquelle les volets (dont sont équipées les maisons françaises) peuvent servir, pour protéger contre les intempéries !
12. tout le monde était en panique: ce n’est pas très correct comme expression en français. Si on veut employer le nom, il faudrait dire: C’était la panique.

Ah ! Le temps n’est plus ce qu’il était…

La France a un climat tempéré qui la met normalement à l’abri de phénomènes météorologiques comme les tornades. Normalement…

Mais dimanche, ce n’était pas un orage ordinaire qui s’est formé sur Toulouse et sa proche région. De quoi surprendre, inquiéter, ou fasciner tous ceux qui ont observé la supercellule – c’est le nom de ces énormes nuages d’orage – qui est apparue dans le ciel et a donné naissance à une tornade.

Endroit bien choisi puisque c’est à Toulouse que se trouve Météo France, le centre météorologique national !
Moment bien choisi aussi car les élèves de l’Ecole de Météo France avaient eu un cours là-dessus vendredi – j’ai mes sources ! – cours dont la conclusion était que c’est un phénomène très rare en France. Gâtés donc, les jeunes météorologues: ils ont eu la théorie dans la semaine et le TP* d’observation sur le terrain le weekend !

Mais ce n’est pas un bulletin météo que vous allez regarder maintenant.
Petite vidéo amateur. Et réactions à chaud dans la voiture !
Exactement le genre de conversation difficile à suivre mot par mot dans une langue étrangère: peu de vocabulaire pourtant, mais des émotions exprimées sans filtre et comme elles viennent, avec l’accent toulousain. La vie, donc !


Transcription:
– Elle… Elle est solide, votre voiture ?
– Regarde, regarde, il y a des trucs (1) qui tombent, là, hé ! On va pas rester là, hein !
– Non. Bah non, parce que ça va déglinguer (2) la carrosserie…
– Regarde, regarde ! C’est de la neige !
– Non, c’est des grêlons.
– Va (3) par là-bas. Au soleil, au soleil, au soleil !
– Bon vas-y (3), avance ! J’ai… J’ai trop… J’ai la trouille (4) quand même.
– Mais non. Mais non.
– C’est de la neige. C’est pas des grêlons. C’est de la neige.
– Si on passe dedans, ça craint pas (5). C’est pas comme aux Etats-Unis.
– Oh oh oh ! Attends ! Là, il y a un sacré truc (6) quand même ! Regarde-moi ça (7) ! Tu as filmé ?
– Je filme.
– Arrête-toi, arrête-toi ! Je vais filmer. Attends, je sors l’appareil.
– Vous êtes sûrs que vous voulez traîner (8) là ? ça sert à rien, oh putain (9) !
– Il y a une voiture qui arrive derrière. ça vient vers nous, on peut attendre si vous voulez. On le voit…
– Regarde les trucs ! Regarde, on voit les trucs dedans !
– On avance, on avance ! C’est pas tranquille, là !
– On va être en plein dedans, ça va être sympa.
– Regarde dedans: on voit les trucs qui volent. Mais là, c’est… il y a des maisons, non ?
– Tu filmes, Mimine (10) ou pas ?
– Oui, oui, je filme, là.
– Mais qu’est-ce que c’est que ce truc de branques (11), là ?
– Mais attends, mais on n’est pas aux Etats-Unis !
– Mais qu’est-ce que c’est que ce pays ? Nous sommes bien à Toulouse, ne vous inquiétez pas.
– Regarde. Il y a des trucs qui sont pris dedans qui tournent.
– Elle se termine, là.
– Ouais, elle se termine.
– Regarde-moi ça !
– ça y est, elle s’arrête.
– ça y est, c’est parti…
– Ah, mais c’est au milieu d’un champ, ou il y a des maisons quand même ? C’est impressionnant, hein!
– C’est impressionnant. C’est la première fois de ma vie que je le vois en vrai, hein.
– Une tornade, quoi.
– Première fois. Ouais. Moi aussi, ouais.
– Tu as filmé, Mimi ?
– Ouais, ouais, j’ai filmé.
– C’est la première fois que… Et parce que si on le dit par chez nous (12), ils vont nous prendre pour des tarés (13) !
– Non, non, mais c’est clair (14), hein !
– Ils vont… Ils vont nous prendre… C’est comme aux Etats-Unis, hé !
– J’en avais jamais vu de ma vie !
– Mais c’était impressionnant quand même, hein !
– Ouais, franchement ! Franchement ouais, impressionnant, quand même!
– Regarde les enfants ! Ils ont les oreilles bouchées tous les deux.
– Regarde le mec (15), c’est pareil, il regarde. Je crois qu’il a jamais vu ça de sa vie non plus, hein.
– Bah non mais attends ! (16)
– J’ai le coeur qui a battu super vite, moi. J’imagine ma baraque (17) là-bas et tout ! Allez, on s’en va.
– Non, non (18), mais impressionnant quand même !

Quelques détails:
1. des trucs: des choses (familier)
2. déglinguer: casser (argot)
3. Va par là / Vas-y: à l’impératif, Va, qui est la forme normale, prend un « s » pour faire la liaison avec « y ».
4. avoir la trouille: avoir peur (argot) Quelqu’un qui a la trouille est un trouillard (ou une trouillarde.)
5. ça craint pas: ce n’est pas dangereux. (argot) Le contraire, c’est : ça craint.
6. un sacré truc: on utilise le mot sacré pour renforcer le mot qui suit. Ce n’est pas un truc ordinaire, c’est quelque chose d’incroyable.
7. Regarde-moi ça: c’est comme « Regarde ça », mais le fait d’utiliser « moi » montre que la personne qui parle exprime une vraie émotion.
8. traîner là: s’attarder là.
9. Putain ! : cette exclamation, qui exprime toutes sortes d’émotions (la peur, la surprise, la satisfaction) selon les situations, est très fréquente dans le sud de la France. Style très familier, pas très poli.
10. Mimine: surnom affectueux.
11. un branque: un fou (abréviation de branquignol) (argot)
12. par chez nous: ce « par » est très toulousain.
13. un taré: un fou / un idiot (familier)
14. c’est clair = c’est vrai / c’est sûr.
15. le mec: l’homme (familier)
16. Bah non mais attends ! : il ne faut surtout pas prendre les mots séparément, avec leur sens habituel. Il n’est pas question d’attendre, mais et non ne sont pas employés dans leur sens ordinaire. C’est donc juste une exclamation (courante) qui sert à commenter ce qui a été dit avant. Ici, ça signifie quelque chose comme: « c’est normal » (que le gars n’ait jamais vu ça de sa vie.)
17. une baraque: une maison (familier)
18. non, non mais… : très souvent, dans les conversations familières, non n’a pas son sens habituel de refus ou de dénégation. Ici, la personne ne refuse pas de partir. Ce non sert à enchaîner et à renforcer la réaction qu’on a. C’est comme auparavant, dans la note 14: « Non non mais c’est clair« , qui au contraire sert à approuver ce qui a été dit juste avant. (« Ils vont nous prendre pour des tarés. »)

* TP : abréviation de travaux pratiques. On l’utilise comme un nom à part entière, plus souvent que l’expression entière. Donc on peut dire: un TP, des TP. (Vous avez remarqué, il n’y a jamais de « s » de pluriel au bout des abréviations, contrairement à l’anglais.)

Et pour conclure, petit clin d’oeil, dans la rubrique culture:
Si vous regardez attentivement la page de La Dépêche – le quotidien régional du sud-ouest – en haut de ce billet (cliquez dessus pour mieux lire), vous verrez des publicités régionales.
Très régionales…
Pas de doute, on est bien dans le sud-ouest.

Le sud-ouest, pays du foie gras

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