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En retard

Voyage TGVIl faut à peu près trois heures en TGV pour aller de Paris à Marseille. C’est presque la porte à côté. Sauf lorsque des imprévus viennent perturber ce trajet si facile et confortable.
Donc mercredi dernier, départ pile à l’heure, comme d’habitude, de la gare de Lyon à Paris, voyage sans encombre, arrivée à l’heure à la gare Saint-Charles de Marseille. Enfin presque. Il s’en est fallu de peu.

Nous nous sommes arrêtés à une centaine de mètres des quais, comme cela arrive parfois pour laisser passer un train en partance. (La gare Saint Charles est un cul-de-sac.) Mais l’arrêt a duré plus d’une heure, avec la gare juste là, à portée de main : colis suspect dans la gare, selon la formule malheureusement souvent utilisée ces temps-ci. Arrêt total du trafic, évacuation du périmètre et arrivée des démineurs, pour un bagage sans propriétaire, déposé là par des gens qui ont soit un curieux sens de l’humour, soit des têtes de linotte ! (Pourtant, des annonces sont diffusées sans cesse dans les gares et dans les transports en commun, demandant aux étourdis de vérifier qu’ils n’ont pas oublié une valise ou un sac dans un coin.)

Donc nous avons pris notre mal en patience, en attendant les nouvelles que nous communiquait le personnel du train au fur et à mesure. Dans ma voiture, il y avait des étrangers qui ont eu du mal à comprendre : situation inhabituelle et son moyen dans les hauts-parleurs. Alors voici les messages diffusés : j’ai manqué le premier, un peu prise de court, mais quand j’ai vu que l’attente s’éternisait, j’ai pensé qu’après tout, cela pourrait faire un petit cours de français, tout en espérant que c’était bien une fausse alerte ! On s’occupe comme on peut !

En retard. Colis suspect

Transcription :

– Mesdames et Messieurs, je vous informe que, actuellement, les démineurs sont sur place en gare de Marseille-Saint Charles (1). La totalité de notre retard à l’arrivée devrait (2) se situer aux alentours de (3) 40 minutes environ. Je répète : actuellement, les démineurs sont sur place en gare de Marseille-Saint Charles. La durée totale de notre retard devrait être de 40 minutes à 50 minutes en gare de Marseille-Saint Charles. Je vous remercie de bien vouloir patienter… en attent[…] (4)… en attendant que notre train puisse repartir.

– Mesdames et Messieurs, je vous informe que les démineurs viennent de faire exploser le colis suspect. (5)
– Et alors ?
– Notre conducteur attend l’ouverture du signal pour pouvoir repartir d’ici quelques instants. Merci de votre compréhension.

– Mesdames et Messieurs, je viens de recevoir une nouvelle estimation de notre retard, qui est passé à une heure quinze.
– Oh putain ! (6)
– L’arrivée prévue en gare de Marseille-Saint Charles se fera donc aux alentours de 15h05, 15h10 à 15h15. Je répète, nouvelle estimation de notre retard qui vient de me parvenir : retard estimé à une heure quinze. Arrivée en gare de Marseille-Saint Charles… Arrivée en gare de Marseille-Saint Charles aux alentours de 15h10 à 15h15. Je vous remercie de votre attention et de votre compréhension.

Quelques explications :
1. en gare de Marseille : c’est la formulation officielle utilisée par la SNCF, avec la préposition en. Bien sûr, cela correspond aux prépositions ordinaires : Nous arrivons en gare Saint-Charles = Nous arrivons à la gare Saint Charles. / Nous entrons en gare = Nous entrons dans la gare. / Il y avait un colis suspect en gare de Marseille = Il y avait un colis suspect dans la gare.
2. devrait : ce conditionnel exprime une éventualité. L’agent de la SNCF n’est pas sûr des délais d’attente.
3. Aux alentours de 40 minutes : autour de 40 minutes. L’agent ajoute encore « environ » ensuite, ce qui est redondant, mais exprime son incertitude.
4. en attendant : l’agent a un peu bafouillé et une fraction de seconde, nous avons cru qu’il disait « attentat », avant qu’il ne se corrige !
5. Un colis suspect : c’est la formule consacrée dans ce genre de situation. En général, il s’agit plutôt de bagages.
6. Oh putain ! : cri du cœur de ce passager qui commence à trouver l’attente un peu longue ! (Comme juste avant, celui qui dit : Et alors ?)

Sans-gêne

Sans-gêne

Illustration de ce dont il était question dans un billet précédent il n’y a pas longtemps ! Marseille la belle… et ses mauvais côtés, hélas.

Pourquoi s’embêter à plier ce carton ?
Pourquoi se compliquer la vie à le déposer dans une poubelle, je vous le demande ! Il y aura bien quelqu’un pour le faire.

« Vous comprenez, nous, on est pressé, on n’a pas que ça à faire.
Et puis, on s’en fout !
Et puis, on vous emmerde ! »
Le monde est simple.

On appelle ça du sans-gêne. Ou comme on dit maintenant, des incivilités.
C’est agaçant, quand même ! Même sur un parking de supermarché.
Et je me dis que le petit gars ou la petite fille qui va s’asseoir dans ce siège-auto n’est pas à très bonne école.

Côté français: sans-gêne est un nom mais aussi un adjectif invariable.
– Leur sans-gêne me dépasse !
– Ils sont vraiment sans-gêne !
– Ce gars, c’est un sans-gêne.
– Mais quel sans-gêne !

Ce bleu

DSC_4261 Morgiou
DSC_4265 Morgiou
DSC_4270 Morgiou
DSC_4278 entre morgiou et Sugiton
DSC_4279 Vue sur Cassis et La Ciotat
DSC_4295 Au-dessus de Sugiton

Ce bleu des calanques.
Marcher jusqu’au bout, avec Morgiou sur la droite, monter, descendre, atteindre le cap et basculer sur Sugiton, avec l’ocre de la falaise de Cassis dans le lointain et La Ciotat encore plus loin, remonter de la mer, puis redescendre vers les Baumettes, vers la ville. Marcher longtemps au soleil de février.

Ce bleu.
Et le poème de Shainesse:

Ce soir je fais le geste d’éteindre ma bouche
de suivre le noir
Je décolle toutes les pierres de mon visage
ce visage.
Je fais le geste de courir sur le ventre
vers le bleu, vers la rivière.
Et je jette ce visage
mon visage
en offrande à la mer.

Je lis ce poème ici:
Ce soir – Shainesse

Shainesse écrit des poèmes. Nous avons parlé de poésie sur France Bienvenue.

Bleu blanc rouge

Bleu blanc rouge

Bleu, blanc, rouge, dans cet ordre, ce sont les couleurs du drapeau français. Donc j’ai des tasses très patriotiques ! Fête Nationale oblige ! Nous sommes le 14 juillet.

Le 14 juillet :
– c’est la date de la prise de la Bastille, pendant la Révolution Française. Tous les petits Français connaissent cette histoire, de façon plus ou moins caricaturale. Cela fait partie de notre mythologie: symbole de la fin de la monarchie absolue et de l’arbitraire royal, pour simplifier.
– c’est un des jours fériés en France. On dit juste « Le 14 juillet ». (Au passage, je n’ai jamais bien compris pourquoi les Américains l’appellent « Bastille Day ». Ils pourraient dire The 14th of July, comme nous disons Le 4 juillet en parlant de leur Fête Nationale.)
– Pour un certain nombre de Français, cette date coïncide avec le début de leurs vacances d’été, pour une durée variable, deux ou trois semaines en général. En fait, maintenant, les vacances ne sont plus aussi homogènes qu’il y a quelques années où en gros, elles s’étalaient du 14 juillet au 15 août. Désormais, c’est plus variable et plus fractionné.
– Cette année, comme c’est un lundi, ça tombe bien ! Les weekends prolongés sont appréciés par ceux qui ne sont pas encore ou plus en vacances.
– C’est une journée marquée par des défilés militaires dans certaines villes et à Paris sur les Champs Elysées. (Je n’y suis jamais allée.)
– C’est le jour où sont tirés des centaines de feux d’artifice dans tout le pays. (Dans certaines communes, le feu d’artifice du 14 juillet est tiré dans la nuit du 13 au 14 !)
– Et dans beaucoup de villes et villages, il y a ensuite un bal dans la rue. On dit toujours « le Bal du 14 juillet », comme autrefois, alors qu’il n’y a plus beaucoup de bals par ailleurs.

Et pour ceux qui auraient envie, voici un enregistrement où je vous parle un peu plus de cette fête : (Mais toute seule, alors c’est peut-être un peu plus ennuyeux !)

Le 14 juillet

Transcription :
Alors, le 14 juillet, donc, c’est la Fête Nationale en France, et après les défilés et les commémorations de la journée, le soir, bah il y a donc le feu d’artifice, le feu d’artifice du 14 juillet et ça fait vraiment partie des traditions françaises. Ils sont tirés partout en France, dans toutes les communes, à des horaires variables parce que en fait, il faut qu’il fasse nuit.
Lire la Suite…

Herbier de mai

Fleurs de mai

Petit tour dans mon jardin du mois de mai :
des alysses corbeille d’argent, des sauges décoratives, des cistes, des népétas, du thym en fleur, un rosier ancien, un citronnier aux fleurs odorantes, des diascias, des iris, une spirée, des anthémis, des pâquerettes, des marguerites jaunes et des petites clochettes violettes dont j’ai oublié le nom, des vraies lavandes et bientôt du lavandin.

A force d’essais pas toujours réussis, je sais ce qui pousse ici à peu près sans arrosage autre que les pluies de printemps !

Sur les toits

Toits de Montségur en Ariege

Toits de MarseilleLes toits de Montségur, vus du château (Ariège)
Les toits de Marseille, vus de Notre Dame de la Garde

Des toits en tuiles qui dessinent le tracé des rues.

Et une expression : crier quelque chose sur les toits.
Cela signifie qu’on rend publique une nouvelle au lieu de faire preuve de discrétion. On dit par exemple:
Voici ce qui s’est passé. Mais garde ça pour toi. Ce n’est pas la peine de le crier sur les toits.

2A et 2B

Si nous étions le 1er avril, j’aurais cru à un poisson d’avril !
Cependant, ce titre de presse n’a pas l’air d’une plaisanterie…

plaques corses
* faire fureur: être très populaire, très à la mode.

Reprenons donc l’histoire depuis le début:
– La France est divisée en départements qui portent tous un numéro, en fonction de l’ordre alphabétique: l’Ain (01), l’Aisne (02), l’Allier (03), etc. On retrouve ces deux chiffres dans le code postal de nos adresses.
– Jusqu’en 2009, le numéro d’immatriculation de nos voitures se terminait pas les deux chiffres du département de notre domicile.
– Nos plaques minéralogiques françaises ont été transformées en plaques européennes, indépendantes de notre lieu de résidence.
– Certains (ou beaucoup) ont râlé face à la disparition du numéro de département. Alors, pour ne pas trop les brusquer, il a été admis qu’on pouvait ajouter malgré tout ces deux chiffres sur nos plaques, accompagnés en général d’un écusson ou d’un petit symbole de la région choisie.
– Et grande nouveauté, on était même libre de mettre n’importe quel numéro, indépendamment de l’endroit où on habite vraiment.

Donc désormais, voici ce qu’on peut se dire en voyant un numéro de département sur une voiture :
– soit elle a été immatriculée dans ce département-là, mais ça ne veut pas dire que les gens à qui elle appartient sont de cette région. Ils l’ont peut-être simplement achetée là-bas et n’ont pas vu la nécessité de changer la plaque juste pour ces deux chiffres facultatifs.
– soit ce numéro a été choisi par nostalgie par ses conducteurs, obligés de vivre ailleurs que dans cette région où ils ont peut-être leurs racines. Un numéro choisi par amour pour ce département. (A Marseille, on voit beaucoup de voitures en 2A ou 2B, parce que les Corses sont nombreux à vivre ici: Marseille est à une nuit en bateau d’Ajaccio, Calvi ou Propriano.)

Plaques 2A et 2B

Donc une preuve d’attachement – ou un peu plus !

plaques corses nationalistes

Du moins, c’est ce que je pensais jusqu’à la lecture de cet article :

Plaques corses force

Alors, tous les 2A et 2B qu’on voit circuler à Paris ou à Lyon ne sont pas de pauvres Corses obligés de « monter » travailler là-haut parce qu’il n’y a pas de travail dans leur île ?

Il s’agirait plutôt d’être à la hauteur de la (mauvaise) réputation des automobilistes français ? La route comme terrain d’agressivité pour certains ?
Et cerise sur le gâteau, le cliché du Corse qui ne se laisse pas faire ? C’est ce qui transparaît dans ces témoignages:

Transcription :
– C’est ce côté rebelle, le côté un petit peu… du logo qui peut plaire aussi, par rapport à d’autres logos. Et ce côté où les gens pensent qu’ils vont pas se faire embêter. C’est souvent des personnes masculines et ça va souvent être pour des grosses voitures.
– On peut choisir et pour des raisons aussi de vol et de machin (1), on se fait moins suivre en voiture.
– Selon les villes où on va, à Paris, Lyon, Grenoble, pour tout ce qui est les footeux (2), on n’est pas… Les voitures sont moins abîmées.

1. Machin : on peut utiliser ce mot à l’oral quand on ne veut pas donner plus de détails. (familier)
2. les footeux : les passionnés de foot. (familier) Elle veut dire que parfois, certains supporters des clubs de foot s’en prennent aux voitures immatriculées dans les départements « adversaires », notamment quand leur équipe perd face à l’ennemi juré, comme lorsque Paris et Marseille s’affrontent!

Transcription:
– Est-ce que c’est pas pour la mauvaise réputation des Corses, qui se laissent pas marcher sur les pieds (1) ?
– Non, ils ont pas… Ils ont bonne réputation, les Corses. Ils sont très aimables, ils sont très gentils.
– Puis peut-être parce que les Corses, ils ont le sang chaud (2).
– Mais bon, ça reste des Parisiens ! (3)

1. ne pas se laisser marcher sur les pieds : ne pas se laisser faire, défendre son honneur, etc…
2. avoir le sang chaud : s’énerver facilement, se mettre en colère immédiatement.
3. ça reste des Parisiens: cette Corse veut dire que ce n’est pas la plaque qui fait de vous un vrai Corse !

Bon, tout cela ne repose sans doute pas sur grand chose. (Où sont les vrais chiffres, les statistiques ?) Somme toute, un sujet facile dans la presse.
Mais quand même, je ne vais plus regarder les plaques d’immatriculation de la même manière ! (J’ai tendance à oublier que souvent, la voiture est bien plus qu’un moyen de transport et que dans ce domaine, l’affectif et l’irrationnel ne sont jamais très loin.)

Mais peut-être avoir les plaques magiques qui protègent de tout et repoussent les méchants nous aurait-il évité, un matin, de retrouver notre voiture dans cet état il y a quelques jours !

Quatre roues en moins
Quatre parpaings en échange de quatre roues…
« Elle va marcher beaucoup moins bien, forcément ! » – (Bourvil, dans Le Corniaud)

Au bout du Vieux Port

La passerelle du Fort Saint Jean AG

Au pied du Fort Saint Jean AG

Au pied du mucem AG

Sortie du Vieux Port AG

Une passerelle qui relie le bout du Vieux Port au Fort Saint Jean devenu accessible. Des promeneurs disséminés dans tous les recoins de ce bâtiment ancien joliment mis en valeur.
Un peu plus loin, des ouvriers qui travaillent à fignoler le nouveau musée tourné vers la mer à travers sa dentelle noire.
Et des bateaux qui continuent à sortir du port.
Paysage de la ville, de la mer et du ciel sans cesse renouvelé.
Cette ville n’est pas une carte postale. Cette ville est belle, humaine et vivante !

Ça saute aux yeux

La soif

La laisse rose

Bavardages au  Vieux Port

Promenons-nous dans la ville… à la recherche des couleurs assorties.
Vous voyez ?

Rien n’est laissé au hasard – ça saute aux yeux – dans le mariage des couleurs qu’a choisies cette petite fille coquette et sautillante.
C’est beaucoup plus fortuit et furtif sur la deuxième photo; une laisse rose, en écho à l’un des motifs de la tunique que porte la maîtresse de ce petit chien patient ! Cette promeneuse doit aimer le rose, mais j’en déduis surtout que son chien est une chienne. (J’exagère ?)
Et comme le monde est vraiment bien fait, la tache colorée d’un long t-shirt, comme s’il avait pris le turquoise des rebords et du fond de la barque qui vient de passer devant cette jeune fille qui ne regarde pas les bateaux passer.

Le soleil est revenu. Lumière et couleurs.
Nous flânons. Les enfants courent.

* Ça saute aux yeux: on utilise cette expression quand quelque chose est tellement évident qu’on ne peut pas ne pas le voir. Evidemment, on dit souvent aussi que ça ne saute pas aux yeux: Il dit qu’il fait des efforts mais ça ne saute pas aux yeux ! / Des couleurs assorties ? Mais qu’est-ce que tu racontes ? Franchement, ça ne saute pas aux yeux !

Ça tombe bien !

Fin d’un long weekend pour beaucoup de Français. C’est que cette année, par le hasard des dates, deux jours fériés se suivaient dans la même semaine: le 8 mai et l’Ascension. Et comme c’était un mercredi et un jeudi, c’était l’occasion de faire ce que nous appelons Faire le pont, c’est-à-dire prendre aussi le vendredi pour enchaîner avec le weekend. Cette année, c’est bien tombé !

.

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Mais bien sûr, tous les ans, invariablement, il y en a pour nous expliquer que ça tombe très mal. Rendez-vous compte, l’économie est en danger, avec tous ces Français qui ne pensent qu’à se reposer. Quelle calamité, ces jours fériés qui tombent en mai-juin ! Eh oui, le 1er mai, fête du travail et le 8 mai tombent toujours en mai, et qui plus est, le même jour de la semaine … L’Ascension est toujours un jeudi, le lundi de Pentecôte – sans surprise un lundi – est (plus ou moins) férié aussi, en mai ou juin selon les années.

Ces gardiens de notre productivité oublient en général de dire que cela s’équilibre au fil du temps et que certaines années, le 1er et le 8 mai tombent le weekend. Tout comme Noël et le Jour de l’An.
Ils oublient aussi de mentionner que de plus en plus de Français travaillent ces jours-là, dans les magasins et les supermarchés, parce que ce serait dommage quand même de ne pas pouvoir consommer, acheter, dépenser !
Ils oublient aussi que la terre ne va pas s’arrêter de tourner pour ça.

Long weekend donc, et beaucoup de monde à Marseille, touristes (c’est bon pour l’économie!) et Marseillais, pour flâner du côté des nouveaux musées de la ville, installés dans des lieux rendus au public ou du côté du Vieux Port, qui vient de faire peau neuve, avec son ombrière aux multiples reflets.

Musée

Marseille L' Ombrière du Vieux Port

Une chose est sûre, c’est que ces jours fériés sont d’abord des jours de congé ! Certains et certaines sont un peu dans le vague quant au pourquoi de ces dates. (Ce qui reflète la place de la religion catholique et montre que les Français n’ont pas tous retenu les cours d’histoire !) A écouter ici:Transcription :
– Je me suis pas posé la question, je vous avouerais !
– Non non, je suis pas au courant (1). Il y a un jour férié ?
– Ben oui. C’est l’Ascension.
– Oui, oui, c’est l’Ascension, non ?
– Bien sûr, le 8 mai, c’est la fin de la deuxième guerre mondiale. Comme d’habitude, depuis toujours (2), un défilé et un hommage, sous l’Arc de Triomphe, au Soldat Inconnu.
– Le 8 mai ? L’Ascension !
– Alors, attendez, le 8 mai 45, c’était la Libération de Paris (3).
– C’est la Pentecôte, c’est ça ? Ou l’Ascension. Je sais plus. Je sais pas exactement.
– Moi, je sais pas. Tout ce que je sais, c’est que je bosse (4) pas !
– Bah, la Libération de 45. On fête la victoire, de l’arrêt de la guerre entre l’Allemagne et les pays alliés.
– Ça représente d’abord des souvenirs personnels puisque à cette époque-là, j’avais neuf ans et je venais de recevoir, sur les maisons que j’habitais, à deux reprises (5), des obus qui venaient de je ne sais où et où j’ai failli (6) perdre ma grand-mère d’une part et ma petite sœur d’autre part. Pour moi, c’est fondamental, d’une part parce que j’ai vécu cette période et puis d’autre part pour les jeunes générations. Ils ont besoin – et j’ai une petite fille qui a dix ans et qui a besoin de savoir – et donc il est important pour les générations qui viennent derrière nous que ces cérémonies se poursuivent dans le temps.

Quelques détails :
1. ne pas être au courant : ne pas savoir
2. depuis toujours : en fait, le 8 mai n’a plus été un jour férié pendant longtemps. Il a été rétabli en 1981.
3. la Libération de Paris : c’est en fait en août 1944. Le 8 mai 45 est le jour où a été annoncée la capitulation de l’Allemagne.
4. bosser : travailler (familier)
5. à deux reprises : deux fois
6. j’ai failli (+ verbe) : c’est presque arrivé mais finalement, non. Par exemple : J’ai failli l’appeler. Mais finalement, je me suis débrouillée toute seule. / Il a failli perdre la vie en faisant l’ascension de l’Everest. On emploie ce verbe (faillir) au passé composé uniquement aujourd’hui. (Parfois au plus-que-parfait: il avait failli… et au passé simple dans les romans: il faillit…)

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