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Pair ou impair ?

Circulation alternée Comm gouv

Il fait très beau sur la France depuis quelque temps. Tout le monde revit ! Mais le revers de la médaille, c’est que ce temps calme et stable laisse la pollution stagner notamment sur les grandes villes. Alors, pour que l’air redevienne plus respirable dans la capitale, les Parisiens ont dû abandonner leur voiture au garage lundi. Mais pas tous, selon le principe de la circulation alternée, en fonction de la plaque d’immatriculation de leur véhicule, terminée par un chiffre pair ou impair.
Personne en France n’est habitué à ce genre de mesure, alors les réactions étaient mitigées, même si les transports en commun étaient gratuits pour tout le monde depuis quelques jours. Voici quelques échos des « privés de voiture ». Il reste du chemin à faire ! (à pied bien sûr !)

Transcription:
– Ça va être difficile pour les Parisiens, pour ceux qui utilisent la voiture tous les jours pour… pour travailler.
– Les entreprises, les camions, on n’a qu’un numéro (1) en fait, nous. On peut pas choisir son côté, quoi.
– Pour moi qui vais de Vanves à Orly, ça va être un peu difficile, quoi, le long de la semaine (2) mais je vais être obligé de prendre les transports. Enfin, si ça dure pas trop longtemps, ça va.
– Bah moi, je travaille à dix minutes de chez moi, donc je peux me débrouiller (3). Mais mon mari, c’est impossible.
– Moi, j’ai une voiture hybride (4) donc ils vont pas m’empêcher de rouler.
– C’est encore une invention à bon compte (5) pour emmerder (6) les gens et montrer qu’ils font quelque chose alors qu’ils font rien depuis deux ans ! (7)
– Là où j’habite, il y a pas de transports en commun, 25 km. C’est la voiture ou je peux pas venir, parce que mes horaires en plus correspondent pas pour l’école de mes enfants. Donc j’ai pas le choix.
– Non, c’est… c’est une très, très mauvaise idée. Bah ça fait perdre du temps, se lever plus tôt, puis marcher. C’est du grand n’importe quoi ! (8)
C’est compliqué juste avant les élections (9) de faire un truc comme ça (10), mais si ils estiment que c’est la seule solution pour que la pollution baisse sur Paris, voilà.
– Vu les seuils de pollution qu’on atteint, oui, ça me paraît être une bonne chose. Ce qu’il aurait fallu, c’est peut-être arrêter le programme des diesels (11) avant ou mettre en place les filtres à particules beaucoup plus tôt. Mais la situation aurait été bien différente si les mesures qui auraient été nécessaires avaient été prises au bon moment.
– Je trouve ça très bien ! On devrait même interdire toutes les voitures personnelles. Ceux qui peuvent prendre les transports devraient prendre les transports. C’est hyper important (12). Je me demande pourquoi on l’a pas fait plus tôt. Moi, je peux plus respirer, quoi ! J’ai des enfants, tout le monde tousse, enfin c’est… c’est insupportable !
Très content aussi, Hicham. Il est chauffeur de taxi.
– La circulation alternée, ça se passe comment pour vous ?
– Pour nous, ça se passe très bien (13). On a… On ressent qu’il y a beaucoup moins de circulation sur Paris (14). J’ai pu faire beaucoup plus de courses (15) ce matin. J’ai commencé à 5 heures, j’ai dû (16) faire sept, huit courses, alors que d’habitude, je suis à quatre, cinq. Mais nous, ça nous arrange (17), hein, faut le dire clairement. Si… si les gens ne peuvent pas circuler, ils prennent… ils prennent le taxi, les transports en commun, etc.

Quelques détails :
1. un numéro : il s’agit du numéro d’immatriculation des véhicules, qui est pair ou impair.
2. Le long de la semaine : normalement, le long de est une expression utilisée pour parler d’un lieu : le long de la rivière / le long de l’autoroute. Ici, il devrait dire : tout au long de la semaine, qui marche pour parler du temps. Par exemple : tout au long de l’année / tout au long de la vie.
3. Je peux me débrouiller = je n’aurai pas trop de problèmes, je vais trouver une solution, donc c’est faisable.
4. Les voitures hybrides (électriques et à essence en même temps, comme les Toyota Prius) avaient le droit de circuler car moins polluantes.
5. À bon compte : qui ne vaut pas grand chose. Il veut dire que ça n’est pas compliqué pour le gouvernement de prendre cette décision, que ça les dispense de vraiment réfléchir au problème en profondeur.
6. Emmerder : poser des problèmes aux gens, les embêter. (plutôt vulgaire)
7. depuis deux ans : il fait allusion à la date de l’élection de l’actuel gouvernement il y a deux ans. Il n’a pas dû voter pour eux, ou en tout cas, il ne votera pas pour eux aux prochaines élections !
8. C’est du grand n’importe quoi : c’est vraiment nul, ça n’a aucun sens. (familier) D’habitude, on dit juste : C’est n’importe quoi / N’importe quoi. Donc là, c’est encore plus fort.
9. Les élections : dimanche, ce sont les élections municipales, pour choisir les conseils municipaux et les maires de toutes les communes de France.
10. Un truc comme ça : quelque chose comme ça (familier)
11. le programme des diesels : les Français ont beaucoup de voitures diesel, encouragés par les différences de prix entre l’essence et le gasoil pendant longtemps. (Mais l’écart de prix est devenu plus faible récemment.)
12. hyper important : c’est encore plus fort que super important. (oral uniquement)
13. ça se passe très bien  = tout va très bien.
14. Sur Paris : encore cet emploi bizarre mais qui devient ordinaire de « sur » devant le nom des villes. On doit dire : à Paris. Je ne comprends toujours pas quelle nuance cela apporte et pourquoi tout le monde dit ça !
15. Faire des courses : le déplacement d’un taxi pour transporter un client s’appelle une course.
16. J’ai dû : ici, le verbe devoir n’exprime pas l’obligation mais la supposition. Il n’est pas tout à fait sûr du nombre exact.
17. Ça nous arrange = c’est pratique et positif pour nous (les chauffeurs de taxis)

Ministère de l ecologie
Et pour tout savoir, voici les infos données par le Ministère du Développement Durable en cliquant ici.

L’abeille et le romarin

Abeille et romarin1

Abeille et romarin2

Abeille
Comme toujours, le romarin est en fleurs depuis la fin du mois de janvier. J’aime les romarins dans la garrigue et dans notre jardin, pour leur vigueur été comme hiver, pour leur parfum, pour le mauve bleuté de leurs petites fleurs. Et parce que les abeilles encore engourdies par l’hiver y puisent leurs premières forces, quand il n’y a pas encore grand-chose d’autre à butiner.

Jolie agitation donc des abeilles dans le romarin, qu’on observe avec d’autant plus d’envie qu’on nous parle régulièrement des menaces qui pèsent sur ces butineuses. Voici la parole d’un apiculteur qui a la passion de son métier:Transcription :
– On sait que la disparition des abeilles, c’est un problème qui est multifactoriel, entre nosema (1), entre le varois (1), l’acarien, entre les néonicotinoïdes (1), entre les pesticides, certes, le frelon asiatique aussi, vous n’y échappez pas, mais il y a aussi le rôle de l’apiculteur. Alors, là, racontez-nous parce que la manière, on va dire, de mener son cheptel aura des conséquences.
– Eh oui, malheureusement, et moi, je suis à peu près sûr que dans la mortalité des abeilles, surtout les mortalités massives d’abeilles, bah l’apiculteur a bien une responsabilité, étant donné qu’il a joué un petit peu à l’apprenti-sorcier (2), en voulant faire des croisements, faire venir des abeilles de la planète entière et tout ça. Et on se retrouve avec des abeilles qui sont beaucoup trop croisées pour pouvoir résister aux virus, aux produits de traitement et tout ça, et il y a des comportements qui sont vraiment très, très particuliers et qui font mourir les abeilles en masse au mois de mars, notamment au moment des virus, là…
– C’est-à-dire que lorsque les abeilles ressortent, il faut bien comprendre qu’elles ont faim, qu’elles sont affaiblies.
– Voilà.
– Il y a le froid dehors.
– On est… on est au mois de mars. On se retrouve avec une abeille, au niveau vitamines, qui est un petit peu à zéro (3). On se retrouve avec une végétation extérieure qui est pas luxuriante, de qualité moyenne. Tout ça fait que, beh, quand les virus passent, les abeilles meurent vraiment massivement, quoi.
– Lorsque vous parlez justement de croisements, alors on connaît l’abeille noire, hein. Donc l’abeille noire, c’était évidemment l’une des premières, une des premières souches. Il faut saluer d’ailleurs aussi les conservatoires d’abeilles qui elles gardent, on va dire, la génétique de cette abeille. Plus on aura de croisements, et moins il y aura de défenses immunitaires ? Que l’on comprenne comment ça fonctionne, ou…
– Si on fait un premier croisement, si on prend deux races pures, qu’on les croise, on fait un stade F1, et là, on améliore tout. On a… On fait des individus plus beaux, plus forts, plus résistants, il y a pas de problème. Mais comme l’abeille se fait féconder dans l’espace aérien, on maîtrise pas la fécondation. Donc on sait pas quels sont les mâles qui vont venir féconder nos reines et du coup, on dépasse le stade F1, on est en stade F2, F3, F4 et ainsi de suite (4), on va de plus en plus loin. Plus on avance dans les stades et plus on crée d’individus, un pourcentage d’individus avec des défauts, des faiblesses, des défaillances, ça tient plus.
– Racontez-moi bien quand même le processus. Un apiculteur se rend compte que , bah il peut pas gagner sa vie (5) avec ses abeilles noires parce que il y a pas assez de rendement et qu’il s’en sort pas (6). Donc qu’est-ce qu’il va faire ?
– Dans mon cas, il a fallu que je prenne une décision qui m’a fait énormément mal au ventre (7) de laisser tomber pour le moment mon abeille noire – je vais y revenir après – mais pour maintenir mon cheptel, il a fallu que j’achète carrément des essaims de… d’abeilles buckfast, donc de… C’est une abeille qui a été créée par un moine dans l’abbaye de Buckfast en Ecosse. Et je me suis dit si cette abeille déjà a été créée en Ecosse, vu le climat un peu proche de celui du Limousin (8), elle devrait tenir le coup en Limousin, voilà. Et donc il a fallu acheter des essaims carrément, quoi. Et j’ai acheté des essaims dans les Landes que j’ai ramenés dans le coin (9), là, des marchands de génétique, donc des marchands d’abeilles, qui, pour gagner leur vie, vont faire croire tout et n’importe quoi (10) à leurs clients, et sans vergogne (11), venir introduire des gènes d’abeilles de n’importe où, en disant qu’elles sont meilleures, en disant qu’elles piquent moins, en disant que ceci, que cela. Et puis tout le monde tombe dans le panneau (12), quoi ! Avec les abeilles, ça y est, on a atteint le même niveau qu’avec les semences ! Pour continuer à vivre et à récolter du miel, il va falloir revenir chercher tous les ans des cellules des reines inséminées chez le producteur de reines et de ceci. On en est arrivé au même cirque (13) qu’avec les semences ! On peut…
– Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter, ici, dans ce Limousin, Eric ?
– Eh beh que les fleurs reviennent et que nos agriculteurs nous replantent des haies partout. Et puis que d’ici une dizaine d’années, je me retrouve avec un cheptel d’abeilles noires qui tienne la route (14).

Quelques détails :
1. nosema – le varois – les néonicotinoïdes: le premier est un champignon qui s’attaque aux abeilles. Le second est un parasite, comme une sorte de pou des abeilles. Le troisième est un insecticide.
2. Jouer à l’apprenti-sorcier : mener des expériences scientifiques ou des actions dans lesquelles on ne maîtrise pas tous les risques, où on n’évalue pas les conséquences. On dit aussi : jouer les apprentis-sorciers.
3. Être à zéro : manquer totalement de quelque chose.
4. Ainsi de suite : cette expression signifie qu’un processus est en route et se reproduit sans cesse. On continue donc de la même manière.
5. Gagner sa vie : gagner assez d’argent pour vivre
6. Il ne s’en sort pas : il n’y arrive pas / ça ne marche pas pour lui / Il n’a pas assez pour vivre. Cela peut être financier mais pas toujours. Par exemple: Il a trop de travail. Il ne s’en sort pas.
7. Ça m’a fait mal au ventre de… : ça a été très difficile pour moi / ça m’a en quelque sorte rendu malade.
8. Le Limousin : c’est une région composée des départements ruraux de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute Vienne.
9. Dans le coin : dans la région / ici (familier)
10. tout et n’importe quoi : cette expression désigne quelque chose de très mauvaise qualité, quelque chose de nul.
11. Sans vergogne : sans avoir honte / de manière effrontée
12. tomber dans le panneau : être trompé / croire ce qu’on nous raconte alors que ce sont des mensonges / se faire piéger par ce que nous dit quelqu’un.(familier) Par exemple : Il avait l’air tellement respectable que tout le monde est tombé dans le panneau.
13. Le cirque : au sens figuré, c’est péjoratif, pour désigner une situation confuse et compliquée, pas positive du tout. Par exemple, on dit : Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? (familier)
14. Tenir la route : fonctionner, marcher / être solide / être crédible, plausible, cohérent. Par exemple : Pour justifier son retard, il nous a raconté une histoire qui ne tient pas la route.

Voici le lien pour écouter l’émission en entier.

Et vous pouvez aussi aller sur France Bienvenue écouter ou ré-écouter Michel qui avait répondu à mes questions sur ses abeilles.

Le Japon, les Français et le nucléaire

La vie est toujours bien difficile pour de nombreux Japonais, rescapés du tsunami. La situation à la centrale nucléaire de Fukushima est très préoccupante. En France, les journaux télévisés et les bulletins d’info à la radio en parlent tous les jours. Il paraît que ce n’est pas le cas dans de nombreux autres pays, où on trouve, depuis l’explosion des réacteurs, que les Français et leurs médias sont trop alarmistes.
Alors pourquoi cette approche en France ?

D’abord, quand un accident nucléaire se produit, les conséquences sont toujours désastreuses, à court et à long terme. Greenpeace vient de mesurer des taux de radioactivité bien trop élevés au-delà du périmètre défini par les autorités japonaises. La situation à Fukushima ne s’arrange pas du tout.

Ensuite, les Français sont sensibles au risque nucléaire car la France a fait le choix de cette énergie depuis des années. Résultat: 58 réacteurs, qui produisent 80 % de notre électricité. Autant dire qu’il y a des centrales nucléaires un peu partout sur notre territoire. Alors, ce qui se passe au Japon est loin mais nous touche de près.

Et puis, les Français n’ont pas oublié la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986. Ils n’ont pas oublié la façon dont le gouvernement français et les autorités nucléaires ont menti sur les conséquences de l’accident et n’ont pris aucune mesure de protection dans les jours qui suivirent, contrairement aux autres pays européens. Il ne fallait pas remettre en question la place de l’industrie nucléaire. Trop d’intérêts en jeu, trop de certitudes. Bref, nous avons tous passé les journées qui ont suivi dehors car il faisait beau. Nous avons tous continué à consommer les jolis légumes de printemps de nos marchés. Comme si de rien n’était*, ou presque.

Voici donc quelques échos de ces problèmes, d’hier et d’aujourd’hui, avec d’abord ce qu’ont à en dire des enfants.


Transcription:
Ce matin, la maîtresse (1) a apporté des journaux adaptés à leur âge, histoire de (2) parler du drame japonais, histoire aussi d’évacuer le trop-plein d’émotions. Car ils ont 9 ans et ils ont vu à la télévision, le tsunami, la vague, le désarroi.
– Je voyais plein de gens qui essayaient d’éviter la vague en voiture.
– Je voyais des familles en pleurs, et ça me fait de la peine.
– Ça te fait penser à la guerre.
– Et tous les Japonais qui… qui sont disparus, qui… qui ont perdu des frères, des soeurs, des parents. C’est… c’est très choquant.
– Ça leur brise le coeur, ils pleurent. Moi… Moi aussi, parfois, ça me fait pleurer. Mais… C’est triste.
– C’est un peu bizarre que nous… nous… on soit bien à l’aise, mais eux, ils sont en danger, quoi, eux.
– Ils ont la chance d’en parler chez eux et je pense que les parents sont… leur expliquent ce qu’ils voient et qu’ils les laissent pas tout seuls face à l’image.
– Il y a eu deux usines nucléaires qui ont explosé. Si la radioactivité entre dans notre corps, on peut mourir.
– Ils vont essayer de… d’envoyer de l’eau de mer dans les réacteurs. C’est de mieux en mieux car on a réussi à stabiliser la… la chaleur du réacteur.

(Bulletin météo du journal télévisé fin avril 86)
Seule une petite partie du territoire pourrait être concernée:
« L’Italie, la Yougoslavie et le sud-est de la France qui sont beaucoup plus touchés. Les Alpes, Monaco, on a vu que le taux de radioactivité était un peu plus fort. Le reste de la France est pour le moment totalement protégé parce que, je vous le disais, cet anticyclone est en train de mourir. »
La réalité est bien différente.

Mon mari de l’époque était pilote d’avion. Et il revenait avec des informations comme quoi (3) les pays, que ce soit (4) l’Allemagne, que ce soit la Suisse, que ce soit l’Italie, prenaient des mesures, notamment de protection sur la consommation du lait, des aliments, etc… Donc on s’est dit: « Il faut absolument qu’on en ait le coeur net (5) », parce qu’on avait un doute sur cette information officielle. On a fait des prélèvements, notamment d’eau, de sol, de légumes, de lait. Et première chose, on s’adresse à la centrale nucléaire qui est en face de nous, qui est la centrale de Cruas. On nous dit: « On répond pas à la demande des particuliers (6). »
En fin de compte (7), c’est l’Institut de Physique Nucléaire de Lyon qui, quelques jours plus tard, confirme la forte radioactivité de ces échantillons.
C’était complètement verrouillé (8). C’était des pressions d’abord, par l’intermédiaire des journaux, où le préfet (9) disait: »Mais la CRIIRAD (10), c’est mensonger ce qu’ils disent, ça n’a aucune valeur scientifique, etc… » Et puis il y a les agriculteurs qui nous menaçaient au téléphone en disant « On va brûler votre maison, on va kidnapper vos enfants, etc… » Et moi ici, j’avoue que j’étais pas tranquille (11) pendant quelques mois parce que… Et j’avais même confié mes enfants à mes parents qui sont à Montélimar en me disant « Si jamais (12) il arrive quelque chose, je veux absolument pas que mes enfants, si vous voulez, puissent en porter les conséquences ».

(Extrait des infos de 13h sur France Inter, 29 mars 2011)
La présence de plutonium confirme que les barres de combustible sont bien entrées en fusion et que l’enceinte de confinement des réacteurs 2 et 3 n’est plus étanche. L’Institut Français de Protection Nucléaire remarque qu’à l’intérieur, la pression est égale à la pression atmosphérique. Cela signifie que les fuites sont continues mais elles sont indétectables, noyées dans l’ambiance radioactive générale sur le site. Le plutonium en revanche a été détecté dans des prélèvements de sol effectués sur cinq endroits différents dans la centrale: du plutonium 238, 239 et 240. Ce dernier met plus de 24 000 ans pour perdre la moitié de sa radioactivité. Le plutonium est un élément lourd, peu volatile, il se disperse peu dans l’environnement. A Tchernobyl, il est resté dans ou juste à côté du réacteur accidenté. Mais sa présence à Fukushima prouve que la bataille est loin d’être gagnée pour les hommes de TEPCO qui travaillent dans un enfer radiocatif.

Quelques explications:
1. la maîtresse: l’institutrice.
2. histoire de parler: afin de parler
3. comme quoi: selon lesquelles / qui disaient que…
4. que ce soit l’Allemagne, la Suisse: cette construction signifie que tous ces pays qu’elle cite prenaient des précautions. C’est plus fort que de dire simplement: l’Allemagne, la Suisse…
5. il faut qu’on en ait le coeur net: il faut qu’on sache avec certitude.
6. les particuliers: les gens ordinaires, par opposition par exemple aux entreprises, aux professionnels.
7. en fin de compte: finalement
8. verrouillé: l’information était contrôlée et filtrée. Aucune autre voix que les communiqués de presse du gouvernement français ne pouvait se faire entendre.
9. le préfet: les départements français ont à leur tête un préfet qui représente le gouvernement de Paris.
10. la CRIIRAD: la Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité, créée en 1986, juste après l’accident de Tchernobyl, « indépendante des exploitants du nucléaire, de l’Etat et de tous partis politiques ».
11. j’étais pas tranquille: je n’étais pas rassurée, j’étais inquiète.
12. si jamais: au cas où

* comme si de rien n’était: comme s’il ne s’était rien passé de spécial.

Témoignages du Japon

Depuis une semaine, le monde a les yeux tournés – avec effroi – vers le Japon, pays martyrisé par le tremblement de terre et le raz de marée de vendredi dernier. Avec effroi quand on voit ce que les survivants doivent affronter. Avec effroi aussi face à la menace de catastrophe nucléaire qui couve à la centrale de Fukushima.

Tout cela a relancé les questions sur l’utilisation de l’énergie nucléaire: la France a 58 réacteurs sur son territoire. 80% de notre électricité vient de ces centrales nucléaires dont on nous dit qu’elles sont absolument sûres…

Voici des témoignages de Français qui avaient choisi de vivre au Japon.
Le premier, marié à une Japonaise, y a fait toute sa vie et s’inquiète pour son beau-frère employé à la centrale nucléaire de Fukushima.
Marie vit à Tokyo avec son mari et son bébé.
Jean-Christophe vit à Sendai et a échappé au tsunami car il ne résidait pas juste sur la côte.
Alors, que faire ? Partir ? Rester ?

Une chose est sûre, c’est que le monde de la finance, lui, ne perd pas le nord*… Cynisme absolu et obscène de ce système.


Transcription:
– A dire vrai (1), on n’a depuis avant-hier soir aucunes nouvelles de lui. Donc je ne saurais vous dire pour l’instant, si vous voulez, pour l’instant bien sûr.
– Et est-ce qu’il avait communiqué* avec vous par mail pendant les… les quelques jours…
– Oui, il a communiqué* par mail. Il a juste envoyé* jour par jour un email du genre: « ça va, pas de problème. » Enfin, « ça va, pas de problème », il parlait pour lui, j’entends (2) . Je dirais que son premier email était le… le pire – c’était il y a trois ou quatre jours, je me souviens plus maintenant avec tous ces événements – où donc sa femme et ses enfants avaient été héliportés dans un endroit sécurisé. Et donc lui (3) envoyait un email un petit peu à toute la famille, en disant « Bon bah, je fais mon devoir. Et puis peut-être à bientôt ».
– Donc de façon totalement volontaire ?
– Ouais, tout à fait.
– Est-ce que vous savez s’il avait* beaucoup de… de… de collègues autour de lui, prêts à rester comme ça jusqu’au… jusqu’au bout, quitte à (4)… à payer de leur vie pour…
– Ouais, oh bah, tous.
– … sauver le… la centrale.
– Il sont* tous…. tous fidèles au poste (5).
– Et comment la famille réagit-elle à cela ?
– Je dirais que ils ont… Personne dit rien, quoi, mais bon, qui ne dit mot (6)… Vous voyez ce que je veux dire. Mais on n’en pense pas moins (7). Donc c’est sûr que bon bah, ils sont tous angoissés, je dirais. Même mon épouse n’en parle pas. Ou je dirais, si moi je pose une question, elle va me répondre, mais elle ne m’en parle pas. Mais je dirais, je vois… Elle va… Elle s’éloigne de moi, va dans une autre pièce et s’en va en pleurant.
– Et là, vous, vous êtes donc à 100 km, je le disais, des centrales. Inquiet ? Vous avez l’intention de partir un peu plus loin?
– Bah, c’est à dire que jusqu’à maintenant… jusqu’à maintenant… Oh là, attendez, ça secoue encore ! Oh là, là, là, là ! Oh là là là ! (8) Gros… gros tremblement de terre en ce moment pendant que je vous parle.
– Grosse réplique.
– C’est angoissant. Bon, ça s’arrête. Je me rapproche des portes. Bon, ça y est (9), c’est passé. On va savoir de combien il est encore, celui-là. Bon donc…
– Il y en a eu beaucoup… Il y en a eu beaucoup là, depuis cinq jours ? C’est… c’est fréquent ?
– Ah! Depuis cinq jours ? Dans la région du Japon côte est, on vient d’en avoir plus de 480 en une semaine ! 480, je parle pas des tout petits, hein ! Je parle de… des… de ceux de force, minimum force 4. Et je dirais que vous êtes sans arrêt en train de… Vous savez pas sur quel pied danser (10), au sens propre du terme. Vous… Ça tremble sans arrêt, je dirais, ça, c’est… c’est physiquement épuisant. Et quand ça s’arrête par un heureux hasard de trembler, vous… N’importe où vous vous asseyez, vous avez l’impression que ça tremble tout le temps, quoi.
– Vous êtes donc à 100 km des centrales. Est-ce que vous êtes inquiet ? Est-ce que vous allez…
– Ouais, alors je vais vous dire…
– … quitter votre domicile?
– Ensuite, je veux dire, on n’a pas de coupures d’électricité, on n’a pas de coupures de gaz. Il y a des restrictions sur tout un tas de (11) produits. Mais je dirais c’est… Les seules choses qui nous manquent, c’est l’essence.
– D’accord.
– Mais à part ça, je dirais que je suis dans un coin… Dans cet enfer, je suis dans un petit coin de paradis, si je puis dire ! Donc j’ai décidé aujourd’hui de ne pas partir. Enfin, j’ai décidé après avoir discuté avec des amis et avec mon épouse (12), nous avons… et ma famille et ma fille qui est en France, nous avons décidé de ne pas bouger.

Maintenant, j’ai plus un sentiment de honte et de culpabilité d’être partie, d’avoir laissé mes collègues et mes amis qui sont restés sur Tokyo (13), les gens qui sont au charbon (14) et qui travaillent tous les jours et qui ont pas… parce qu’ils ont pas justement eu le choix de partir, si vous voulez.

Au début, j’avais planifié de partir à l’ouest. Mais la France proposant un vol gratuit, un rapatriement en fait, donc j’ai préféré partir.

On culpabilise (15) quand même de partir, quoi. On laisse des amis derrière qui ont besoin de nous, qui ont besoin de nous pour faire face à la catastrophe, quoi, pour reconstruire, quoi. On culpabilise.
Aujourd’hui, Jean-Christophe ne pense qu’à son retour à Sendai, pour retrouver ceux qu’il a laissés.

Quelques explications:
1. à dire vrai: pour être tout à fait exact / honnête. On utilise cette expression pour introduire une restriction. C’est comme si on disait « J’avoue que… / Je dois reconnaître que… » On peut dire aussi « A vrai dire« .
2. j’entends = je veux dire / Comprenez-moi bien.
3. lui: on l’emploie comme sujet ici pour marquer le contraste avec les autres personnes mentionnées avant.
4. quitte à payer de leur vie : même si ça signifie mourir.
5. être fidèle au poste: être là pour faire son travail ou son devoir, même si c’est dur.
6. qui ne dit mot: cette expression signifie « celui qui ne dit rien… »
7. on n’en pense pas moins: ce n’est pas parce qu’on ne dit rien qu’on n’est pas inquiet.
8. Oh là, là !: façon typique en français d’extérioriser ses émotions dans une situation difficile.
9. ça y est: voilà.
10. ne pas savoir sur quel pied danser: cette expression signifie normalement qu’on ne sait pas quoi penser, quoi faire, quelle décision prendre. Elle s’emploie toujours au sens figuré. Mais là, il veut dire qu’on ne sait pas comment tenir debout à cause des tremblements de terre.
11. tout un tas de produits: de très nombreux produits (familier)
12. mon épouse: ma femme. (On emploie plus souvent « femme » que « épouse »)
13. sur Tokyo: à Tokyo. (Ce n’est pas considéré comme correct d’employer « sur ». Mais on l’entend de plus en plus.)
14. être au charbon: être au travail, avec l’idée que ce travail est difficile. (argot) L’expression de base, c’est « aller au charbon », qui signifie accepter d’accomplir une tâche plutôt difficile. mais elle peut signifier aussi simplement aller au travail pour gagner sa vie.
15. on culpabilise: on se sent coupable.

* Remarque sur les temps employés au début:
Est-ce qu’il avait communiqué…? : l’emploi de ce temps par la journaliste donne vraiment l’impression que cet homme est mort. Il y a un côté définitif. Pourtant, elle ne sait rien sur l’état de santé de ces employés de la centrale nucléaire.
Il a communiqué: c’est pour cette raison que Bernard reprend avec le passé composé, parce que pour lui, son beau-frère est en vie. Ce n’est pas du tout la même perspective.
Est-ce qu’il avait beaucoup de collègues… : c’est la même chose, avec « avait ». La phrase de la journaliste met mal à l’aise car c’est comme si elle voyait déjà le pire. Elle aurait dû dire: « Est-ce qu’il a… » Cela montre qu’elle ne croit pas à leurs chances de survie.
Ils sont tous fidèles au poste: il reprend avec un présent, parce que pour lui, ils sont vivants.

* ne pas perdre le nord: continuer ses activités quelle que soit la situation, ne pas se laisser déstabiliser et savoir préserver ses avantages. (C’est plutôt péjoratif.)

La terre tremble

Tremblement de terre majeur et tsunami au Japon, après plusieurs secousses cette semaine qu’on peut désormais considérer comme annonciatrices de la catastrophe d’aujourd’hui.
Alerte dans le Pacifique. Evacuation des populations menacées par les vagues générées par ce séisme.
La planète est brutale encore une fois.


Voici les témoignages ce matin de deux Français installés à Tokyo, habitués – plus ou moins – comme les Japonais aux tremblements de terre fréquents. Mais cette fois-ci, les minutes leur ont semblé vraiment très longues. Transcription:
L’épicentre est situé à 380 km (1) au nord de Tokyo dans… dans la région de Sendai, une ville qui abrite un… un million d’habitants environ, des industries high-tech, treize centrales nucléaires. La plupart ont arrêté de fonctionner automatiquement. La secousse a été ressentie presque aussi fortement à Tokyo que dans la région de… de Sendai. Je me trouve au 20è étage (2) de l’immeuble qui abrite le press-club ici. Et la secousse s’est produite d’abord de façon verticale. Et ça, c’est un mauvais signe, comme si l’immeuble sortait de terre. Et ensuite, il y a eu un… un mouvement latéral très long, qui a duré une éternité, avec un déplacement d’un mètre, peut-être plus, à tel point que l’on (3) se demandait si l’immeuble allait s’appuyer ou s’affaisser sur un… une autre tour qui se trouve peut-être à une vingtaine de… de… (4) du gratte-ciel qui abrite le club. Et on ne pouvait plus tenir debout. C’est la première fois depuis 29 ans que je suis au Japon qu’un tel phénomène est… est ressenti. Les étagères de la bibliothèque sont tombées. L’immeuble abrite plusieurs centaines de personnes qui travaillent dans des bureaux, et les… le tangage, le… le roulis (5) que l’on a pu subir pendant plusieurs minutes dans ce… dans ce gratte-ciel a… a causé une énorme frayeur. Mais ce qui est aussi intéressant à dire, c’est que les gens ici réagissent avec un… un calme que l’on trouve nulle part ailleurs, et comme s’ils intégraient depuis leur naissance la possibilité qu’une telle catastrophe puisse survenir à tout moment. Il ne faut pas oublier que le Japon est le pays au monde qui recense 20 % (6) de tous les séismes les plus puissants chaque année. Cette… cette secousse, c’est la plus importante que connaisse le Japon depuis un… un siècle et demi. Le Japon résiste mieux à ce genre de catastrophes car il a investi des centaines de milliards de dollars dans le renforcement de ses infrastructures depuis un demi-siècle au moins.

Moi, j’étais coincée dans le métro à ce moment-là et les gens ont compris tout de suite que c’était pas une secousse normale car elle a duré presque une minute. Le train a été bloqué pendant plusieurs minutes avant qu’on arrive à… à nous faire sortir. Et les gens en fait se sont… se sont précipités dehors et étaient quand même paniqués. Moi, je… j’ai mis une heure et demie juste pour rentrer, là, chez moi. Depuis la secousse, il n’y a plus de trains, ils ont même stoppé le Shinkansen en fait. Donc plus personne ne peut bouger dans Tokyo, sauf à pied. La circulation est terrible, il y a plus aucun taxi. C’est complètement bloqué, les bus aussi sont bloqués dans la circulation. Donc c’est un peu… enfin, il n’y a plus que la marche à pied. Après (7), maintenant, les gens marchent tranquillement et ça va mieux. Mais sur le moment, non, les gens étaient quand même paniqués.

Quelques détails:
1. 380 kilomètres: on écrit en chiffres et on dit: « trois cent quatre-vingts kilomètres ».
2. au 20è étage: au vingtième étage
3. l’on se demandait: Utiliser « l’on » au lieu de « on » est plus soutenu. On ne le dit pas naturellement dans une conversation plus spontanée.
4. une vingtaine de… : il oublie de dire de quoi il s’agit ! (centimètres, mètres ?)
5. le tangage et le roulis: ce sont les mouvements d’un bateau sur la mer. D’avant en arrière, c’est le tangage. Le roulis est le mouvement transversal.
6. 20%: on écrit toujours ça en chiffres et avec le symbole. Mais on dit « vingt pour cent ».
7. Après: ce n’est pas le sens temporel habituel. C’est ici l’équivalent de « ceci dit », pour annoncer un contraste.

Apprenons à nous en passer !

Le gouvernement français lance régulièrement des campagnes de prévention publiques, contre les excès en tout genre :
contre l’abus d’alcool,
contre l’abus de tabac,
contre l’abus de sucre,
contre l’abus de gras,
contre l’abus d’antibiotiques.

Celle-ci pointe l’utilisation mal contrôlée des pesticides par Monsieur Tout Le Monde* dans son jardin:
Les pesticides, apprenons à nous en passer !*

Eh oui, c’est un vrai apprentissage et une remise en cause de nos habitudes.
C’est aller à l’encontre des messages – souvent mensongers – diffusés depuis des décennies par les fabricants de tous ces produits et par les magasins de jardinage qui ont le droit de nous les vendre à longueur de rayonnages.

Alors, convaincus par le message de ce bébé abeille ? Prêts à laisser tomber le Round Up et à désherber à la main ?

* Monsieur Tout le Monde : une personne ordinaire
* se passer de quelque chose : vivre sans quelque chose.

Eruption volcanique et pagaille dans les airs

Un volcan islandais qui entre en éruption, des images incroyables comme toujours avec les volcans. Mais aussi la vie qui se complique sérieusement pour les Islandais. Et un nuage de cendres, de glace, de vapeur d’eau qui obscurcit le ciel sur une zone impressionnante et empêche les avions de voler. Tous les aéroports européens ou presque, grands et petits, sont paralysés depuis plusieurs jours. Roissy et Orly, les 2 grands aéroports parisiens, n’y échappent pas.

Et ça tombe mal pour les voyageurs et les compagnies aériennes en cette période de plus forte activité du fait des vacances de printemps. Dans ce petit reportage, certains voyageurs sont carrément désabusés, et ça s’entend! D’autres ont finalement de la chance.


Transcription :
Voilà, alors, Roissy et… et Orly, c’est ce que l’on vient d’apprendre, ne rouvriront pas avant demain dans la matinée. C’est ce qu’indique la Direction Générale de la… de l’Aviation Civile. Alors, je vous refais le film (1) pour bien comprendre ce qui passe ici dans la tête des passagers notamment. Normalement, on disait l’aéroport devrait… devait rouvrir aujourd’hui à 14 heures. Et puis finalement, ça a été reporté à 20 heures, en disant peut-être ce sera plus tard. Et donc maintenant, on apprend que c’est demain matin, et pourquoi pas encore plus tard. Et c’est ça qui est le plus difficile pour les passagers ici. Bien évidemment pour ceux qui habitent à Paris, eh bien, ils rentrent chez eux et puis ils espèrent partir un petit peu plus tard. Mais pour ceux qui viennent… Par exemple là, je viens de voir des gens qui viennent de Saint Etienne, qui sont montés à Paris, avec les grèves à la SNCF. Ils arrivent épuisés ici. Ils pensaient pouvoir partir. Leur avion devait partir après 23 heures. Eh bien non, ils sont coincés. Et ils ne savent pas quand ils pourront repartir. C’est ça le plus difficile, c’est cette notion d’expectative et de ne pas pouvoir savoir quand le trafic reprendra.

Et en tout cas, concrètement dans les allées de cet aéroport, Guillaume, vous avez constaté que il vaut mieux être passager de certaines compagnies que d’autres en matière de prise en charge. (2)
Voilà. Bon après, le résultat évidemment est le même : on ne peut pas partir. Mais c’est vrai que dans la manière d’être accueilli, il y a une différence entre Air France et les grandes compagnies, et puis les compagnies low-cost. Air France est la première ici en terme de trafic : 60 % du trafic. Derrière, vous avez Easy Jet. Chez Air France, il y a plusieurs heures de file d’attente mais il y a du personnel pour vous accueillir. Regardez chez Easy Jet ce que ça donne (3):

– Moi je me suis présentée au guichet Easy Jet. Mais en fait, ils en ont rien à foutre. (4)
– Le seul interlocuteur finalement que vous avez, c’est cette borne, c’est ça ?
– C’est la borne informatique, oui. Et puis… et puis le désarroi, quoi. Voilà, mais bon, ça dérange personne. Du côté humain, tout le monde s’en fout. Tu parles aujourd’hui à des machines, et voilà.

Allez, la petite pastille qui va faire des envieux : il y a, disons, quelques avions qui ont pu décoller cet après-midi. Mais vraiment ils sont très rares, et notamment un qui partait vers les Seychelles. Et une dame a eu beaucoup de chance. Elle a téléphoné à Air Seychelles. Et voici ce qu’elle a appris : elle pouvait partir. Elle est en train de monter dans l’avion à l’heure où je vous parle. Regardez.

– On n’y croyait pas. On était resté à la maison. Et puis on a téléphoné. On nous a dit : « Venez vite, ça part ». Donc on est arrivé en quatrième vitesse (5), voilà.
– Bon courage.
– Donc on va profiter des petits poissons et du soleil. On pensera bien à vous !

Mais cet avion, il a été avancé. Et une vingtaine de passagers n’ont pas été prévenus et en ce moment même, ils sont en train de râler (6) juste derrière cette vitre. Ils sont en train de râler parce que l’avion a été avancé. On a fermé les portes pour eux alors…

Quelques détails :
1. je vous refais le film : je vous redis tout ce qui s’est passé.
2. la prise en charge : la façon dont on s’occupe de vous, dont on vous prend à charge.
3. voici ce que ça donne : voici ce qui se passe.
4. Ils en ont rien à foutre : ils s’en fichent complètement. (très, très familier).
5. en quatrième vitesse : très vite, à toute allure. (familier)
6. râler : protester, se plaindre (familier).

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