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Ils ont ça dans le sang

Plusieurs fois par an, l’Etablissement Français du Sang vient dans les universités pour que tous ceux qui le souhaitent – étudiants et personnel – donnent leur sang. Depuis les attentats de 2015 à Paris et de 2016 à Nice, davantage de Français se sentent concernés et participent à ces collectes afin que les hôpitaux ne manquent jamais de sang ou de plaquettes pour les malades qui en ont besoin.

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Ce matin, il y avait donc la voiture des médecins chargés de cette collecte garée sur le parking mon l’université. Rouge bien sûr, et avec un slogan percutant : La vie, on a ça dans le sang.

Au sens propre, le sang qui coule dans nos veines est notre vie.
Mais avoir quelque chose dans le sang est aussi une expression qui signifie qu’on a une passion pour quelque chose, que c’est en quelque sorte inné, que cela fait totalement partie de nous. Ce On, c’est nous tous: ces professionnels de la santé qui font bien sûr tout pour protéger la vie des malades ou des blessés – ils ont ça dans le sang. Et tous ceux qui donnent leur sang et ont ce même souci de sauver des vies. Eux aussi ont ça dans le sang.

C’est une expression très forte, probablement parce qu’elle touche au corps.
En voici une autre, tout aussi forte et assez proche : avoir quelque chose dans la peau.
Mais en fait, on l’emploie très souvent à propos de quelqu’un: quand on a quelqu’un dans la peau, c’est qu’on aime cette personne passionnément. On ne peut pas vivre sans elle, c’en est presque déraisonnable.

Les choses peuvent être situées ailleurs dans le corps ! Et là, plus rien à voir avec la passion :
– Si vous dites de quelqu’un qu’il n’a rien dans le ventre, c’est que vous estimez que cette personne est lâche. C’est un jugement péjoratif. Quand on teste quelqu’un, de façon familière, on dit souvent qu’on veut voir ce qu’il a dans le ventre. Il faut qu’il montre ce qu’il a dans le ventre.

Avoir un coup dans le nez signifie qu’on a trop bu, qu’on est ivre. (familier)

Pour en revenir au don du sang, c’est intéressant de répondre à ce questionnaire pour savoir qui peut donner son sang. Toutes ces questions sont posées à ceux qui se présentent lors des collectes.

Aviez-vous écouté Manon sur France Bienvenue ? Elle m’avait expliqué pourquoi elle avait décidé de donner son sang.

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L’ouvrir ou pas ?

louvrir

Non, non, je ne vais pas vous parler de bière – je ne suis vraiment pas spécialiste – ni des qualités esthétiques de cette pub – assez sommaires !
Sa principale qualité, c’est donc bien sûr de jouer sur les mots.

Vous savez ce que signifie le verbe ouvrir. On peut effectivement ouvrir une bouteille de bière.
Mais l’ouvrir, comme ça, tout seul ?

L’ouvrir, en langage très familier, c’est parler alors qu’on devrait se taire, c’est donner son avis alors qu’on devrait se faire discret :
Il m’énerve ! Il ne peut pas s’empêcher de l’ouvrir quand je lui fais des remarques !
Je te conseille de ne pas l’ouvrir ! Tu as compris ?
C’est plutôt agressif – et même vulgaire – de demander à quelqu’un de ne pas l’ouvrir.

Le contraire, en langage tout aussi familier et abrupt, c’est la fermer, ce qui laisse deviner que le pronom la ou l’ évoque la bouche, par où sortent les paroles.

Et donc, parfois, c’est vrai, il faut savoir l’ouvrir, c’est-à-dire oser exprimer son opinion, même si elle n’est pas la bienvenue, revendiquer au lieu de ne rien dire.

Pour en revenir à cette bière, ce n’est pas trop compliqué de l’ouvrir. C’est écrit (sans le pronom) sur la capsule.

La rentrée

rentree-des-classesLa rentrée est comme un second début d’année, au moins aussi important que le 1er janvier. Début septembre, après les vacances d’été, tout recommence, ou plutôt tout commence: rentrée scolaire et rentrée universitaire. Mais aussi rentrée littéraire, avec la parution de centaines de livres à ce moment-là. Rentrée dans les salles de spectacles avec une nouvelle saison jusqu’en juin prochain. Rentrée cinématographique aussi avec la sortie de films qui ont été primés au festival de Cannes. Et comme la rentrée entraîne des achats, les supermarchés et les centres commerciaux ont le droit d’ouvrir un ou deux dimanches début septembre. (Oui, en France, la plupart des magasins sont fermés le dimanche.)

Donc j’ai fait ma rentrée la semaine dernière. Et je fais aussi ma rentrée ici ! Un peu en retard car la rentrée est toujours une période chargée. La rentrée, c’est reprendre le rythme.
Etes-vous toujours là ?

il-y-a-des-reglesA la rentrée, on prend de bonnes habitudes, en classe notamment. Et cela concerne les petits et les grands ! J’ai trouvé cet album qui s’adresse aux petits écoliers. Mais je me demande si cela ne ferait pas du bien à certains de mes grands étudiants de méditer quelques unes des recommandations qu’on y lit !

Je vous ai donc sélectionné celles que je trouve tout à fait transposables aux bancs de l’université.
L’éducation, ça peut prendre du temps chez certains !

la-bonne-tenue

lecoute

les-gros-yeux

les-vacances

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Pour écouter ces quelques règles de base mais pas nécessairement évidentes pour tous :
Il y a des règles

Des expressions :
faire les gros yeux à quelqu’un: c’est lui faire comprendre par le regard qu’on n’est pas content du tout de son comportement.
Je ne suis pas un perroquet : cela signifie qu’on en a assez de redire les mêmes choses. (familier)

Bonne rentrée à vous !

Ah bon ? Y a foot ce soir ?

A Marseille, le foot, on connaît. Difficile d’y échapper. Et on s’en est bien rendu compte avec les violences des hooligans déchaînés ce weekend au centre-ville. Une chose est sûre, il est partout et sert à tout, même là où il paraît le plus incongru.

Et comme le foot et la gastronomie ne vont pas tout à fait ensemble et qu’il faut se nourrir – à défaut de boire – pendant les matches, les marques de surgelés n’allaient pas laisser passer l’occasion.

Donc voici une pub reçue par mail, avec, comme souvent, jeux de mots, expressions, formules. Bref du français en action. C’est le bon côté des pubs !

Foot et surgelés

C’est foot, alors restons dans le registre du foot : à l’heure du coup d’envoi du match, il faut être prêt devant sa télé. Donc c’est aussi l’heure du coup d’envoi – un peu avant – pour les commandes par internet de bonnes pizzas surgelées.

Les enfants regardent aussi (davantage de garçons que de filles en France) . Ambiance familiale. Tout le monde vit à l’heure du foot. (Il paraît qu’on est parti pour une cinquantaine de matches, en un mois…)

Foot et glaces pour enfants

Alors, voici des glaces pour les enfants, qui ne resteront pas sur la touche, c’est-à-dire pour nos petits qu’on n’oublie pas, qu’on fait participer à l’événement. Rester sur la touche, c’est regarder ses coéquipiers courir sur le terrain lorsqu’on est le joueur puni pour faute ou le joueur remplaçant qui attend son heure sur le banc de touche. Des jolies glaces comme des ballons de foot bien sûr.

Mais le foot s’est glissé dans un tout autre univers, sur un compte instagram qu’on pouvait penser imperméable à cet événement sportif ! Humour, second degré, téléscopage de deux mondes.

Foot et musée Rodin

Mais aussi téléscopage des styles : je n’aurais pas pensé à employer le qualificatif de « beaux mecs » à propos des sculptures de Rodin ( et pas forcément non plus à propos des footballeurs!) , même s’il a effectivement travaillé certains de ses modèles comme des athlètes. Terme un peu trop familier ! Tout comme le ton, oral, du « Y’a » qui nous interpelle au début de la phrase. Humour décalé, pour « dépoussiérer » les musées ?

A ce propos, je ne sais pas pourquoi on trouve très souvent écrit : Y’a, avec cette apostrophe qui n’a pas de sens, et qui tend probablement à restituer le côté oral de « Il y a » prononcé ainsi quand on parle de façon familière. L’apostrophe sert en général à indiquer qu’on a supprimé une lettre, comme par exemple « que » qui devient qu’. Mais ici, il ne manque rien entre Y et a.

Bon, en attendant, y a 80 minutes que le match du jour est commencé et les beaux mecs de l’équipe de France ne brillent pas en face des beaux mecs de l’équipe albanaise au stade Vélodrome de Marseille ! A l’heure où j’écris, y a toujours 0-0. Mais qu’est-ce qu’ils font, tous ces beaux mecs avec leur ballon rond ?

Comme par enchantement

Navette magique

En fin de compte, Paris est très proche de Marseille : en TGV, il faut environ trois heures de gare à gare, c’est-à-dire du centre-ville de Marseille à Paris intra-muros. Et pas besoin d’arriver des heures à l’avance : on peut monter dans le TGV au dernier moment (entre deux et cinq minutes juste avant que les portes se ferment). Pas besoin non plus d’enregistrer ses bagages : ils voyagent dans le même wagon que vous. Pas besoin de se ruiner non plus : en s’y prenant bien – traduisez par à l’avance – on trouve des tarifs intéressants.

Alors, pour concurrencer le train, les avions doivent offrir la même sensation de facilité : c’est ce que nous vend cette publicité rencontrée hier dans la rue sur un abri-bus.

On ne monte plus dans un avion pour partir en voyage, on prend une navette, c’est-à-dire un moyen de transport quotidien qui fait la navette entre le nord et le sud. Et bien sûr, il y a plusieurs vols allers-retours par jour, à des heures pratiques pour partir et revenir.
Donc, hop, on part pour Paris ! Vous êtes à Marseille, et d’un coup de baguette magique… Pardon, d’un coup de navette magique, hop, en une heure, vous voilà à Paris ! ( Enfin presque, parce qu’il faut aller à l’aéroport, arriver en avance. Et côté prix, ce n’est pas toujours aussi magique que les 49€ annoncés : tout est dans le « à partir de… ». Et parce que vous atterrissez à Orly, bien relié à Paris, mais quand même. )

En tout cas, la pub est jolie, avec son jeu de mots basé sur les sonorités proches de navette et de baguette. Un bon slogan, qui met un peu de féérie dans notre quotidien où parfois, au milieu de la frénésie des transports pour aller à droite, à gauche, on se prend à rêver de télétransportation ! Vive les navettes magiques !

L’expression « d’un coup de baguette magique / en un coup de baguette magique » signifie que quelque chose se fait très facilement, sans effort.
Par exemple, on dit : ça ne se fera pas d’un coup de baguette de magique.
Tu crois que tu vas réussir à trouver un appartement comme ça, en un coup de baguette magique ?

Sans-gêne

Sans-gêne

Illustration de ce dont il était question dans un billet précédent il n’y a pas longtemps ! Marseille la belle… et ses mauvais côtés, hélas.

Pourquoi s’embêter à plier ce carton ?
Pourquoi se compliquer la vie à le déposer dans une poubelle, je vous le demande ! Il y aura bien quelqu’un pour le faire.

« Vous comprenez, nous, on est pressé, on n’a pas que ça à faire.
Et puis, on s’en fout !
Et puis, on vous emmerde ! »
Le monde est simple.

On appelle ça du sans-gêne. Ou comme on dit maintenant, des incivilités.
C’est agaçant, quand même ! Même sur un parking de supermarché.
Et je me dis que le petit gars ou la petite fille qui va s’asseoir dans ce siège-auto n’est pas à très bonne école.

Côté français: sans-gêne est un nom mais aussi un adjectif invariable.
– Leur sans-gêne me dépasse !
– Ils sont vraiment sans-gêne !
– Ce gars, c’est un sans-gêne.
– Mais quel sans-gêne !

Détecteur d’arnaque

Voici un mail que j’ai reçu hier, présenté comme envoyé par Free Mobile, à propos de ma facture de téléphone. Le problème, c’est que je ne suis pas chez Free et que tout va bien du côté de mon abonnement chez un autre opérateur.

Phishing

De toute façon,quand on reçoit ce genre de message, ce n’est pas très difficile d’éviter de tomber dans le panneau*. A condition d’avoir une bonne orthographe et un français correct.

Six lignes de texte, six sortes de fautes d’orthographe et de français:
1- L’absence de ponctuation: il manque une virgule après situation et après la formule de politesse. En français, nous aimons les virgules pour bien séparer les propositions. Et comme dans toutes les langues, nous mettons un point à la fin des phrases: il en manque un après facturée.

2- Le problème des articles: nous aimons les articles devant les noms, y compris dans la signature de ce mail: Le service clientèle. L’absence de « le » ne nous paraît pas naturelle.

3- Les fautes d’orthographe : elles ne sont pas encore la norme dans les courriers officiels ! C’est donc la moindre des choses de vérifier si un mot prend un « f » ou deux. Manque de chance, le verbe « référer » n’en prend qu’un.

4- Les fautes de frappe : elles ne passent pas très bien non plus : suspension conviendrait mieux que supsension !
Consul tez en deux mots sort de nulle part !

5- Les fautes de grammaire: elles sont plus que surprenantes. Veuillez est toujours suivi d’un infinitif. Ce n’est donc pas difficile de vérifier comment va s’écrire un verbe du premier groupe, en faisant cette petite manipulation qu’on apprend enfant: on remplace les verbes en -er par le verbe prendre et on se dit mentalement : Veuillez prendre, ce qui permet d’écrire: Veuillez vous référer, au lieu de mettre bêtement -ez, juste parce qu’il y a vous devant !

6- Les fautes de vocabulaire : mais qu’est-ce que c’est que ce charabia dans un courrier soit-disant officiel ?
Le verbe consulter ne s’emploie pas sans indiquer ce qu’il faut consulter: une facture, un compte, etc.
Lors d’échec de régularisation ne veut rien dire. En français, il ne s’agit pas d’un échec mais d’une absence de régularisation. La formule est donc : En l’absence de régularisation de votre part.

Comme quoi, avoir une orthographe correcte ne sert pas seulement à être bon en dictée à l’école ! Cela peut vous mettre la puce à l’oreille* et vous éviter de cliquer là où il ne faut pas.

Et comme ce genre de situation est monnaie courante, voici des expressions que nous employons pour en parler:
tomber dans le panneau. (plutôt familier): Cela signifie qu’on se laisse prendre au piège. Il est tombé dans le panneau et a donné ses coordonnées bancaires.
Plus familièrement, on emploie aussi l’expression se faire avoir:
Je me suis bien fait avoir ! / Elle s’est fait avoir. (pas d’accord féminin pour « fait » ici.)
Ou encore, se faire arnaquer:
Si tu n’es pas vigilant, tu risques de te faire arnaquer.

n’y voir que du feu : cela indique qu’on ne s’est pas rendu compte de la supercherie, de l’arnaque.
Le mail avait l’air tellement officiel qu’il n’y a vu que du feu et il a vraiment cru qu’il venait de sa banque.

mettre la puce à l’oreille (familier): attirer l’attention et susciter la méfiance.
Le style du message m’a mis la puce à l’oreille. Et effectivement, c’était bien un faux.

A écouter ici:
arnaques et orthographe

Pot de rentrée

On a fait un pot

Comme cette entreprise fête les 20 ans d’existence de sa marque de laitages bio, on trouve cette affiche dans nos rues. Le bio est à la mode car de plus en plus en gens en ont assez de manger de la nourriture industrielle et ont envie d’avoir (ou de retrouver) une alimentation plus « vraie ». Vrai est donc la marque des laitages bio qu’on trouve en grande surface, c’est-à-dire dans les supermarchés.

Alors pour nous rappeler qui ils sont, ils ont imaginé cette publicité, qui joue sur les mots :
– Ils font des pots tous les jours puisque nous achetons tous les jours des pots de yaourt, des pots de fromage blanc, des pots de crème dessert.

– Mais faire un pot, c’est aussi une expression qui signifie qu’on célèbre quelque chose avec ses amis, ses collègues, autour de bonnes choses à boire et à manger. On peut faire un pot pour son anniversaire, pour la naissance d’un enfant, pour son arrivée dans un nouveau poste, pour son départ à la retraite, pour une promotion ou une mutation, un pot de fin d’année, bref, pour tout ce qui mérite qu’on partage un moment particulier avec son entourage.

En cette période de retour des vacances d’été, ce sont les pots de rentrée qui sont d’actualité.
Je vous souhaite une bonne rentrée !

Tu as vu sa robe ?

Il y a quelques jours, j’ai lu le nouveau billet de Danah Boyd, qui publie des articles très intéressants à propos des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. (en anglais)
Le titre m’avait interpellée. Elle explique dans cet article qu’elle est partenaire d’une campagne de Dove et Twitter en faveur de la tolérance des femmes envers les autres femmes et d’une façon plus générale, en faveur d’un usage civilisé des réseaux sociaux, non pour véhiculer des commentaires agressifs mais au contraire bienveillants et positifs.

Voici pourquoi : « Plus de 5 millions de tweets négatifs sur la beauté et l’image corporelle ont été postés en 2014 et 4 sur 5 de ces messages ont été envoyés par des femmes. Nous vivons dans un monde dans lequel l’auto-critique et la méchanceté non seulement sont acceptées mais sont la norme. Tout particulièrement vis-à-vis des femmes. Et pourtant, il y a énormément de femmes qui ne se rendent pas compte que ce qu’elles disent atteint non seulement leur propre valeur mais blesse aussi les autres. Chaque fois que nous avons des propos dégradants sur une personne pour les vêtements qu’elle porte ou pour ses actes – et chaque fois que nous nous dévalorisons nous-mêmes – nous contribuons à cette culture de la cruauté dans laquelle les femmes sont systématiquement perdantes. Il faut que cela change. » (Petite traduction personnelle)

Juste après, le lendemain de la cérémonie des Oscars, voici un des gros titres qu’on pouvait lire, parfaite illustration des propos de Danah Boyd :La risée de la toile

Etre la risée d’un groupe de personnes, c’est être la cible de leurs attaques pleines de mesquinerie. Le groupe déchaîné contre une personne qu’on ridiculise. (et bien souvent pour une raison futile, comme l’apparence ou le physique.)

Oui, il y a du travail pour changer les choses !
Je le constate régulièrement, à mon humble niveau, avec certaines de mes étudiantes, qui ont ces comportements intolérants et blessants vis-à-vis d’autres étudiantes ou étudiants. Pour certaines, préoccupées avant tout par le paraître, cela devient un mode de fonctionnement systématique, à un âge où on est encore en train de se construire, face au regard des autres.

Dove fait de la publicité pour ses produits.
Mais depuis longtemps, ils ont choisi le créneau de la beauté ordinaire, au lieu de celle retouchée des mannequins ou des actrices, plus inaccessible et pourtant convoitée par beaucoup, au prix de leur santé physique (et mentale parfois).

Connaissez-vous ces petites vidéos ?
L’occasion d’écouter des témoignages très naturels.

Dove le regard de nos amiesLe regard des amies: cliquez ici.

Transcription :
Dove a demandé aux femmes quelle partie de leur corps elles aimaient le plus.
– Ah d’accord !
– Je te dis ce que…
– Ouh là ! Bonne question !
– Ben… ça, c’est dur !
– Ouais, c’est super dur.
– Ah Mireille, trouvez quelque chose quand même !
– A notre âge, hein, franchement, ils exagèrent !
– Ouais, là, maintenant…

Ensuite, nous leur avons demandé quelle partie du corps elles aimaient chez leur amie.
– J’aime bien sa bouche, un peu pulpeuse, un peu gonflée.
– Sa poitrine.
– Ses fesses.
– La forme de ses yeux.
– Sa bouche. Moi, j’aime beaucoup son sourire.
– Euh oui…
– Ses seins. Bah je suis désolée, c’est vrai, hein !
– Elle est… elle est belle en fait. Elle est naturelle.
– Ah, je vais rougir.
– Je la trouve magnifique.
– Merci.
– Pas de problème.
– J’aime bien les yeux de Joséphine. Ils sont assez grands.
– J’aimerais bien avoir la même taille qu’elle.
– On devrait faire un mix de nous deux en fait.
– Voilà.
– Beh, tout ! Elle est grande, jolie, magnifique. Elle est parfaite, voilà.
– Oh merci !
– Tout.
– Ah ! C’est beau, ça !
– Petit calin.
– Je me perds en général.
Si nous sommes capables de voir la beauté chez les autres, pourquoi ne pas la voir en nous-mêmes ?
Ensemble, nous pouvons changer la façon dont les femmes perçoivent la beauté.

Dove2
Voici la seconde vidéo. Toutes ces femmes avaient à répondre à la question suivante: Quelle est la partie de votre corps que vous aimez le moins? Le plus? Ecoutez-les ici.

Transcription
– Mes jambes. Faut que je fasse du sport.
– Les hanches*. Peut-être un peu grosses. Je veux être plus maigre.
– Mes mains, parce qu’elles sont petites, et…
– Mes seins. Ils sont un peu trop généreux.
– Mes fesses, parce qu’elles sont pas musclées et parce que mes mollets, pour le coup, sont trop musclés.
– Mon ventre, parce que j’ai pas la chance d’avoir un ventre très plat. Je fais tout pour, hein, mais voilà.
– Mes cheveux. Ils sont raides.
– Mes fesses. Elles sont plates.

– Hum… Ce que j’aime bien ?
– Heu… Pff… Je sais pas.
– J’aime bien mes… Ouais, mais non.
– Non, c’est pas l’âge.
– C’est horrible ! Je sais pas ! Je réfléchis mais… Je sais pas si j’en ai une.

*Un petit détail de prononciation : la jeune femme qui parle de ses hanches n’est pas française. Elle parle très bien français mais se trompe dans la liaison avec le mot hanche : nous ne faisons pas la liaison avec ce mot-là.

Les idées larges

Pub Citadine aux idées larges

C’est bien, je passe devant un abri-bus où les publicités affichées sont renouvelées chaque semaine. Certaines sont belles, d’autres sont sans grand intérêt, d’autres encore jouent avec les mots. Et ça, ça me plaît ! Les publicitaires ont des trouvailles verbales.

Avoir les idées larges, cela signifie d’habitude qu’on est ouvert d’esprit, qu’on est tolérant. Rien à voir avec une voiture. Les voitures n’ont pas d’idées.

Mais lorsque cette voiture appartient à la catégorie que les constructeurs automobiles ont baptisé « les citadines », on peut détourner le sens de l’expression, parce qu’une citadine, c’est aussi une femme qui vit en ville, et qui peut effectivement avoir les idées larges.

Alors, je retiens le message !
Avec ses idées larges :
– cette voiture doit être spacieuse.
– ses concepteurs ont dû être inventifs pour en faire une voiture bourrée d’astuces, parfaitement adaptée à sa vie en ville.

Mais j’avoue que sur le moment, je n’ai même pas retenu sa marque !
Je suis bon public pour la publicité mais médiocre consommatrice en général.

Accord ou désaccord

Forts ensemble

On est singulier. Donc il est suivi d’un verbe au singulier.
Mais ensuite, que fait-on des adjectifs ou des participes passés qui suivent ?

Les puristes extrêmes refusent un accord de pluriel :
– soit On est une sorte de neutre pour désigner quelqu’un, n’importe qui et il n’y a pas lieu de se poser la question : On n’est jamais déçu quand on n’attend rien.
– Soit il est employé improprement à la place de Nous, et dans ce cas, employons Nous, ce qui éliminera le problème : On est allé(s) au cinéma, à remplacer par Nous sommes allés au cinéma.

Mais il faut bien admettre qu’oralement, On est devenu plus fréquent que Nous. On accepte donc très souvent l’accord de pluriel ( de genre aussi : on est allées) de l’adjectif ou du participe passé.

Sur ce panneau publicitaire, on trouve donc On est forts. J’avoue que souvent, j’ai encore un petit moment de doute quand je vois ou fais cet accord singulier-pluriel. Mais ici, on a bien l’emploi parfait de On, puisqu’il s’agit de de vous, de moi, d’eux, donc de n’importe qui. En même temps, comment pourrait-on laisser fort au singulier ? Le mot ensemble implique fondamentalement un pluriel. Donc tout va bien ! (Sinon, il faudrait dire: On est fort quand on est avec les autres.)

Oui, je viens de faire la Française qui coupe les cheveux en quatre à propos de la grammaire! Oui, juste en passant dans la rue, une rue très ordinaire, et en lisant une pub, une pub sans caractère. Tout cela parce que nous avons une grammaire impossible et bizarre !

Un café, s’il vous plaît

Mamie Nova Café

Les publicitaires ont le sens de la formule. Et ils savent jouer avec les mots. Voici une publicité qui me plaît bien !

– Au restaurant, à la fin du repas, c’est l’heure du café. Le serveur ou la serveuse vous pose la question rituelle : « Vous prendrez des cafés ? » La réponse peut être oui ou non mais très souvent, on en profite pour poser l’autre question rituelle, histoire de ne pas perdre trop de temps à la fin : « Un café / Deux cafés. (petite pause) Et l’addition, s’il vous plaît. »

– Alors, « Un café et l’addiction », c’est vraiment bien trouvé dans cette publicité pour une crème dessert au café ! Car c’est vrai que les yaourts Mamie Nova sont des gourmandises auxquelles on s’habitue très facilement. (J’ai un petit faible pour ceux au chocolat, crémeux, onctueux…) Impossible de résister à Mamie Nova. (Allez, il y a des addictions plus dangereuses que celle-ci )

Mamie Nova… Drôle de nom pour une marque, vous dites-vous peut-être. Pour nous, elle fait partie du paysage français. J’ai toujours vu des yaourts Mamie Nova, même si à un moment donné, ils ont traversé une passe difficile. Mais ils occupent à nouveau une place de choix au rayon yaourts de nos supermarchés. Bel exemple de ces marques qui traversent le temps et redeviennent à la mode, en changeant un peu d’image. Je vous en parlerai un de ces jours.

En attendant, petite leçon de fin de repas au restaurant, pour ceux qui viendraient en France un de ces jours :
– Le serveur : Des cafés ? / Combien de cafés ? / Qui prendra des cafés ? / Vous prendrez des cafés ?
– Vous : Un café / Deux cafés / Trois cafés (Le soir, certains demandent : Un déca*.) Et l’addition, s’il vous plaît. / Et vous nous apporterez l’addition, s’il vous plaît. / Vous nous porterez l’addition ? (ton interrogatif ou pas) / Et on peut avoir l’addition, s’il vous plaît ?
– Le serveur : Je vous apporte ça. / Je vous apporte ça tout de suite.

Vous pouvez refuser bien sûr !
Non merci, c’est bon.
Non merci, pas de café.

(* un déca : un décaféiné. Mais personne ne dit le mot en entier.)

En tout cas, ça se passe toujours comme ça. C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison qu’ils ont pris soin d’écrire le C en plus gros dans cette publicité. Vous n’avez pas remarqué comme très souvent, quand on lit des formules toutes faites, très habituelles, on ne voit même pas les fautes de frappe ou les modifications orthographiques, volontaires ou non ?

Café

Et pour écouter :
ici :Un café et l’addition
Ou ici:

2A et 2B

Si nous étions le 1er avril, j’aurais cru à un poisson d’avril !
Cependant, ce titre de presse n’a pas l’air d’une plaisanterie…

plaques corses
* faire fureur: être très populaire, très à la mode.

Reprenons donc l’histoire depuis le début:
– La France est divisée en départements qui portent tous un numéro, en fonction de l’ordre alphabétique: l’Ain (01), l’Aisne (02), l’Allier (03), etc. On retrouve ces deux chiffres dans le code postal de nos adresses.
– Jusqu’en 2009, le numéro d’immatriculation de nos voitures se terminait pas les deux chiffres du département de notre domicile.
– Nos plaques minéralogiques françaises ont été transformées en plaques européennes, indépendantes de notre lieu de résidence.
– Certains (ou beaucoup) ont râlé face à la disparition du numéro de département. Alors, pour ne pas trop les brusquer, il a été admis qu’on pouvait ajouter malgré tout ces deux chiffres sur nos plaques, accompagnés en général d’un écusson ou d’un petit symbole de la région choisie.
– Et grande nouveauté, on était même libre de mettre n’importe quel numéro, indépendamment de l’endroit où on habite vraiment.

Donc désormais, voici ce qu’on peut se dire en voyant un numéro de département sur une voiture :
– soit elle a été immatriculée dans ce département-là, mais ça ne veut pas dire que les gens à qui elle appartient sont de cette région. Ils l’ont peut-être simplement achetée là-bas et n’ont pas vu la nécessité de changer la plaque juste pour ces deux chiffres facultatifs.
– soit ce numéro a été choisi par nostalgie par ses conducteurs, obligés de vivre ailleurs que dans cette région où ils ont peut-être leurs racines. Un numéro choisi par amour pour ce département. (A Marseille, on voit beaucoup de voitures en 2A ou 2B, parce que les Corses sont nombreux à vivre ici: Marseille est à une nuit en bateau d’Ajaccio, Calvi ou Propriano.)

Plaques 2A et 2B

Donc une preuve d’attachement – ou un peu plus !

plaques corses nationalistes

Du moins, c’est ce que je pensais jusqu’à la lecture de cet article :

Plaques corses force

Alors, tous les 2A et 2B qu’on voit circuler à Paris ou à Lyon ne sont pas de pauvres Corses obligés de « monter » travailler là-haut parce qu’il n’y a pas de travail dans leur île ?

Il s’agirait plutôt d’être à la hauteur de la (mauvaise) réputation des automobilistes français ? La route comme terrain d’agressivité pour certains ?
Et cerise sur le gâteau, le cliché du Corse qui ne se laisse pas faire ? C’est ce qui transparaît dans ces témoignages:

Transcription :
– C’est ce côté rebelle, le côté un petit peu… du logo qui peut plaire aussi, par rapport à d’autres logos. Et ce côté où les gens pensent qu’ils vont pas se faire embêter. C’est souvent des personnes masculines et ça va souvent être pour des grosses voitures.
– On peut choisir et pour des raisons aussi de vol et de machin (1), on se fait moins suivre en voiture.
– Selon les villes où on va, à Paris, Lyon, Grenoble, pour tout ce qui est les footeux (2), on n’est pas… Les voitures sont moins abîmées.

1. Machin : on peut utiliser ce mot à l’oral quand on ne veut pas donner plus de détails. (familier)
2. les footeux : les passionnés de foot. (familier) Elle veut dire que parfois, certains supporters des clubs de foot s’en prennent aux voitures immatriculées dans les départements « adversaires », notamment quand leur équipe perd face à l’ennemi juré, comme lorsque Paris et Marseille s’affrontent!

Transcription:
– Est-ce que c’est pas pour la mauvaise réputation des Corses, qui se laissent pas marcher sur les pieds (1) ?
– Non, ils ont pas… Ils ont bonne réputation, les Corses. Ils sont très aimables, ils sont très gentils.
– Puis peut-être parce que les Corses, ils ont le sang chaud (2).
– Mais bon, ça reste des Parisiens ! (3)

1. ne pas se laisser marcher sur les pieds : ne pas se laisser faire, défendre son honneur, etc…
2. avoir le sang chaud : s’énerver facilement, se mettre en colère immédiatement.
3. ça reste des Parisiens: cette Corse veut dire que ce n’est pas la plaque qui fait de vous un vrai Corse !

Bon, tout cela ne repose sans doute pas sur grand chose. (Où sont les vrais chiffres, les statistiques ?) Somme toute, un sujet facile dans la presse.
Mais quand même, je ne vais plus regarder les plaques d’immatriculation de la même manière ! (J’ai tendance à oublier que souvent, la voiture est bien plus qu’un moyen de transport et que dans ce domaine, l’affectif et l’irrationnel ne sont jamais très loin.)

Mais peut-être avoir les plaques magiques qui protègent de tout et repoussent les méchants nous aurait-il évité, un matin, de retrouver notre voiture dans cet état il y a quelques jours !

Quatre roues en moins
Quatre parpaings en échange de quatre roues…
« Elle va marcher beaucoup moins bien, forcément ! » – (Bourvil, dans Le Corniaud)

Jardin secret

Voici un petit moment que je voulais parler de cette découverte que j’ai faite il y a quelques mois. Et comme une photographe que j’aime bien suivre vient d’écrire un bel article à ce sujet, c’est l’occasion.
Histoire qui avait retenu mon attention, d’abord parce que c’est l’histoire d’une vie restée longtemps anonyme. Ensuite, parce qu’il s’agit d’une histoire surprenante, celle d’une femme singulière. Et aussi parce que c’est une histoire de création. Et pour finir, une histoire de photographe et de photographie, une histoire de regard. Pour toutes ces raisons à la fois, dans n’importe quel ordre.

C keller site
Alors, allez lire les mots évocateurs de Christine Keller et admirer les quelques photos qu’elle a choisies et mises en valeur pour nous emmener dans cette découverte.

Cela commence ainsi: « Découverte d’un joyau inconnu, chasse au trésor, personnage mystère…  »

Une exposition se tient en ce moment à Tours.
Voici ce que disait l’autre jour à la radio la commissaire de cette exposition.

Transcription :
– C’est un jeune garçon de 28 ans qui faisait une recherche sur les quartiers huppés (1) de Chicago où a vécu Vivian Maier près de… près du Lac Michigan, dans la partie nord de Chicago, et il avait besoin de… d’images pour illustrer ses propos. Et curieusement, coïncidence, il vivait en face d’un garde-meubles, et en passant devant un jour, il a su qu’il y avait des cartons qui contenaient des images de Chicago – exactement ce qu’il cherchait. Il a mis 300 dollars (2) sur la table et il a gagné… enfin (3) il a gagné, il a obtenu effectivement le… un des premiers lots – 30 000 négatifs (4). Et puis fi[…]… finalement, il s’est dit : « Mais qui était donc (5) cette Vivian Maier ? » Et au mois d’avril 2009, il a regardé sur Google qui était donc Vivian Maier et c’était… ainsi qu’il a découvert qu’elle était décédée trois jours avant.
Elle était gouvernante. Il y a un déterminisme qui était très fort, puisque sa mère et sa grand-mère étaient aussi des gardes d’enfants ou des dames d’intérieur, enfin qui s’occupaient des autres en fait, donc des gens qui étaient destinés d’une certaine manière à une certaine invisibilité, un anonymat, des gens dont on ne parle pas et des gens qui n’ont pas la possibilité, ni même la prétention (6) de sortir de cela. Donc aussi, c’était quelqu’un qui était assez singulier, puisque très introvertie, donc quelqu’un qui n’a effectivement jamais montré ses photographies, qui n’a jamais partagé. Juste simplement un exemple, lorsqu’elle a vécu chez les Gensburg entre 1966 et 1972…
– Une famille bourgeoise de Chicago, hein.
– Une famille bourgeoise. La première chose qu’elle leur dit, elle leur dit : « D’accord. Je viens vivre ici mais je veux un loquet (7) à ma chambre. » Elle disposait d’ailleurs d’un petit laboratoire, d’une salle de bains qu’elle avait transformée en laboratoire. Mais étonnamment, eux (8) n’étaient pas au courant de (9) cette espèce de chose débordante qui était en train de se construire dans cette chambre de bonne. Et voilà. Donc ils ont été très, très surpris de savoir que… qu’elle avait cette espèce (10) de double-vie finalement.

Quelque détails :
1. un quartier huppé : un quartier riche. On parle aussi par exemple de milieu huppé, de famille huppée.
2. 300 : trois cents
3. Enfin il a gagné : très souvent à l’oral, on utilise enfin quand on veut corriger et nuancer ce qu’on vient de dire.
4. 30 000 négatifs  : trente mille.(mille est invariable) A l’époque, il n’y avait que des appareils photos argentiques, donc avec des négatifs, tirés à partir des pellicules sur lesquelles se fixaient les photos. Pas d’appareils ni de photos numériques.
5. Mais qui est donc… ?: Donc sert ici à renforcer la question et à souligner l’étonnement de la personne qui se la pose.
6. Ne pas avoir la prétention de faire quelque chose = ne pas même imaginer faire quelque chose, ne pas même l’envisager.
7. Un loquet : un système très simple qui permet de fermer la porte.
8. Eux : ce pronom remplace Ils, c’est-à-dire ses employeurs, et permet de bien marquer le contraste (entre elle et eux) et donc le côté paradoxal de la situation: ils la côtoyaient tous les jours mais ne savait pas grand-chose d’elle et de cette passion.
9. Être au courant de quelque chose : savoir quelque chose, en avoir connaissance
10. cette espèce de… = cette sorte de…

Et bien sûr, perdez-vous dans toutes les autres photos sur le site consacré à Vivian Maier.

Personnellement, ce qui me parle, c’est d’abord ce magnifique noir et blanc, ainsi que le format carré de ses photos.
Puis les situations, avec tous ces gens qu’elle a photographiés, de très près. Il fallait sûrement parfois un sacré culot* pour oser « voler » ces portraits au détour des rues. On sent que certains n’appréciaient pas ! Les regards de ces bourgeoises de Chicago ne sont pas vraiment bienveillants face à cette femme, d’un autre milieu social, qui se livrait à cette drôle d’activité, pas encore aussi à la mode qu’aujourd’hui. Des regards qui en disent long* !

VM

Il y a aussi tous ces regards curieux tournés vers son appareil avec lequel elle visait par-dessus, ce qui devait l’aider à être un peu moins « visible ».

VM Regards

Il y a ces cadrages qui conduisent notre regard vers des détails significatifs toujours, contrastés souvent, drôles parfois. Quel regard !

VM cadrage

* avoir du culot: oser des choses pas vraiment acceptées.
* en dire long: être très significatif.

Fâché avec les é

Voici ce qu’on pouvait lire il y a quelques jours sur le site d’un journal français tout en ligne*, dont le slogan est « Un vent nouveau sur l’info ». Mais apparemment, ce vent nouveau souffle aussi sur l’orthographe et la grammaire, plutôt malmenées tout au long de cet article sur les téléphones portables.
Un vrai concentré d’erreurs de terminaisons, classiques chez ceux qui sont fâchés avec l’orthographe et gênantes pour la compréhension: il faut s’y reprendre à deux fois, car un -é ou un -er à la fin d’un mot ne signifient pas la même chose. Quand l’écriture devient vaguement phonétique et aléatoire, la communication et la lecture se font un peu plus difficiles !

atlantico
En particulier ne prend pas de « s ». Il ne s’agit pas du nom un particulier, qui au pluriel devient effectivement des particuliers.
– Le verbe perturber s’accorde avec le sujet, même s’il n’est pas juste à côté de lui : Nos multiples écrans… perturberaient…

à l'inverse de ce que l'on penser
à l’inverse de ce que l’on pensait: comment peut-on écrire ici penser qui n’est pas une forme conjuguée ? L’auteur de ces lignes est peut-être du sud de la France : apparemment, il prononce de la même façon penser et pensait et écrit phonétiquement en quelque sorte. Ailleurs, on fait la différence entre les deux sons, si on a conscience de la grammaire évidemment !

deux fois plus de faciliter.
– Cette fois-ci, il y a confusion entre le verbe faciliter et le nom employé ici: deux fois plus de facilité.

il à démontrer.
Oh là, là ! Cela devient incompréhensible, on se dit qu’il manque des mots et on se demande ce qui est à démontrer. Mais non, il voulait bien dire: Un chercheur américain a démontré

discret est pratique.
Avec indulgence, on pense d’abord qu’il s’agit peut-être de ces erreurs que nous faisons tous sur nos écrans: on tape une première version qu’on modifie légèrement, en laissant des bouts de phrase qui ne s’enchaînent pas bien. Voulait-il dire : Le smartphone est discret, il est pratique ? Hélas, je pense qu’il voulait bien écrire: Il est discret et pratique.

rendre névroser.
Névroser est le verbe à l’infinitif. Mais rendre n’est pas suivi d’un infinitif. Il lui faut un adjectif ou un participe passé : Rend-il névrosé ?

Une expression: être fâché avec…
Normalement, on est fâché avec quelqu’un.
Mais on peut aussi être fâché avec l’orthographe, la grammaire, les maths par exemple, ce qui signifie qu’on n’est pas bon dans ces domaines-là.

* Petite remarque de vocabulaire: tout en ligne.
Le site France Terme vient de recommander de ne plus employer l’expression « pure player ». Dans ce cas précis, on peut reconnaître que l’expression française équivalente est plus parlante pour un francophone et comme elle passe bien, elle devrait être facilement adoptée.

tout en ligne

Et pour terminer avec humilité, j’espère ne pas avoir laissé d’erreurs, ne pas avoir oublié ma grammaire, ne pas avoir manqué un seul accord dans ce que je viens de publier !

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