Comme il pleuvait

Parlez-moi de la pluieJ’ai emprunté ce film à la bibliothèque de mon quartier. Petite séance de rattrapage puisqu’il est sorti il y a quelques années déjà.

Voici donc une comédie douce-amère pour passer un bon moment, avec de très bons acteurs, à condition de ne pas être agacé par le débit de parole de chacun d’entre eux ! Parce qu’il faut reconnaître que ça va vite et que les répliques fusent, comme toujours avec Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri.

Et quand en plus, Jamel Debbouze fait partie de la troupe, ça va vraiment très vite, pour raconter cet enchevêtrement de relations humaines et familiales bien observées et dépeintes avec humour. Avec, dans un des petits rôles, un troupeau de moutons très drôle, dans un épisode burlesque !

Voici le premier extrait, à regarder en cliquant ici.

Et pour écouter juste le son:
Parlez-moi de la pluie 1

Transcription :
– Je voulais te voir pour te parler mais je… Je sais pas, tu as pas le temps, là ?
– Mais si, vas-y, vas-y (1), dis-moi.
– Je sais pas, là, comme ça, on peut pas… ?
– Je… Je peux te rappeler dans… dans cinq minutes ? Hein, je te rappelle. Vas-y, je t’écoute.
– C’est à propos d’un documentaire, parce que en ce moment, je travaille avec un reporter… enfin, un documentariste.
– Quoi ? Tu travailles avec un reporter ? Tu travaillais pas dans… dans un restaurant, ou dans… dans un hôtel ?
– Dans un hôtel. Je suis réceptionniste dans un hôtel. Mais je fais ça pour vivre, c’est pas une vocation. A côté de ça, je fais des petits films depuis pour…
– Ah bon ! Tu fais des petits films ? Mais c’est bien, ça ! Quel… Quel rapport avec moi ?
– C’est une série de films sur les femmes qui ont réussi.
– Les femmes qui ont réussi ? C’est ridicule !
– Voilà. Et on pense à toi.
– Plus elle sera à l’aise et plus elle parlera volontiers.
– Donc là, quand elle arrive, je lui dis pas : « Dis-donc grosse connasse (2), tu te prends pour qui (3) de nous faire attendre une demi-heure »? Je lui dis pas, ça.

Quelques explications :
1. Vas-y : c’est ce qu’on dit pour encourager quelqu’un à faire quelque chose ou à parler. Le « s » au bout du verbe à l’impératif n’est là que pour faire la liaison avec « y ». Dans les autres cas, à l’impératif, il n’y a pas de « s » : Va chercher du pain.
2. connasse: c’est le féminin de connard, qui vient de con et encore plus péjoratif. C’est donc une insulte. Très souvent, les termes d’argot qui se terminent par -asse sont péjoratifs.
3. Tu te prends pour qui ! : cette exclamation sert à exprimer la désapprobation, face à quelqu’un dont on critique l’attitude. On peut l’employer aussi indirectement : Non mais il se prend pour qui, celui-là !

Voici un second extrait à regarder ici.
Agriculture, politique, Union Européenne et gars du terroir, avec l’accent et le franc-parler ! Pas facile pour Agathe, parachutée pour cause de parité hommes-femmes pour faire campagne dans cette région qu’elle a quittée depuis un bon moment.

Pour écouter juste le son:
Parlez-moi de la pluie 2

Transcription:
– Alors comme ça, il paraît qu’elle (1) fait de la politique ?
– Failli ! (2) Merci, hein, au fait, de nous accueillir comme ça. On vous envahit , là.
– Il faudrait peut-être un peu leur remonter les bretelles (3) aux technocrates, là-haut, à Bruxelles (4) ! Parce qu’ils y comprennent rien à l’agriculture. Il faut quand même qu’ils viennent nous emmerder (5), là, hein !
– Il y a pas que des technocrates à Bruxelles. Et puis ils y comprennent peut-être rien mais ils donnent d’énormes subventions pour l’agriculture, vous savez bien !
– Des subventions ? Mais j’ai rien du tout, moi ! Les subventions, c’est pour les gros (6) ! Avec mon frère, on se tape quinze heures par jour (7), sept jours par semaine. Vous savez ce qui nous reste à la fin ? Il y a plus personne qui voudrait travailler comme ça. Ça, de toute façon, tout le monde s’en fout (8) ! Nous, on compte pas (9), nous, on est des misérables. Et puis ce temps pourri, là, hé, depuis trois semaines, vous croyez que ça m’arrange (10), ça ?
– Enfin, le temps qu’il fait, c’est quand même pas la faute de la politique !
– Autrement dit, c’est jamais de votre faute !

Quelques explications:
1. elle : il lui parle en utilisant ce pronom au lieu de lui dire : Il paraît que vous faites de la politique. Cela donne l’impression qu’il met un peu de distance. Il a un ton méfiant. (envers elle, qui est une femme, et qui plus est une femme qui fait de la politique !)
2. Failli : tournure très elliptique ou qu’on entend très mal tellement Agathe parle vite. Elle veut dire qu’elle a failli faire de la politique. Dans le film, elle vient de manquer un rendez-vous important dans sa campagne de terrain et pense donc que sa carrière politique va s’arrêter là.
3. Remonter les bretelles à quelqu’un : critiquer quelqu’un de façon virulente, montrer qu’on n’est pas d’accord du tout. (familier). Cet agriculteur ne porte pas l’Union Européenne dans son coeur ! On dit aussi : Je me suis fait remonter les bretelles, pour dire qu’on s’est fait disputer par quelqu’un pour quelque chose qu’on n’a pas fait correctement.
4. Là-haut, à Bruxelles : Bruxelles, siège et symbole de la politique européenne, est « en haut » sur une carte par rapport à cette région du sud de la France. Il emploie ce terme qui insiste sur le fossé entre les décideurs et les agriculteurs.
5. Emmerder quelqu’un : causer des problèmes à quelqu’un, embêter quelqu’un (très familier)
6. pour les gros : pour les gros agriculteurs, pour ceux qui ont de l’argent et font des bénéfices.
7. On se tape 15 heures par jour : on fait 15 heures par jour, on est obligé de faire 15 heures par jour. (familier) Ce verbe argotique indique que c’est une contrainte, quelque chose qu’on subit. Par exemple, on dit : C’est moi qui me tape tout le boulot et lui, il ne fait rien !
8. Tout le monde s’en fout = tout le monde s’en fiche, ça n’intéresse personne, personne n’y prête attention. (très familier)
9. On ne compte pas : on n’a pas d’importance, personne ne s’occupe de nous.
10. Ça m’arrange : ça me convient, c’est bien pour moi.

Si vous avez envie d’en lire un peu plus sur ce film, voici un article paru dans Télérama en 2008.

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