Lecture silencieuse

J’ai découvert cet album lors d’un voyage en Australie un peu après sa parution là-bas. Regret de ne pas l’avoir rapporté ! Je l’ai donc retrouvé avec bonheur quelque temps plus tard dans une librairie en France, du côté des BD et romans graphiques, sous le titre Là où vont nos pères.
Tout est beau dans cet univers couleur sépia qui touche au fantastique, à la fois étrange et familier, féérique et réaliste, intemporel et actuel.

Là où vont nos pères 1

Vous n’y apprendrez ni l’anglais ni le français car cette histoire racontée par Shaun Tan ne passe pas par des mots écrits, mais par la minutie des détails de ses dessins magnifiques, que chacun habite de ses propres mots et remplit de ses émotions.
C’est une histoire cent fois répétée au cours des âges, par tous ceux qui ont un jour tout quitté pour vivre ailleurs, une histoire de déracinement, de départ, de solitude, qui devient une histoire d’intégration, une histoire de vie, quand là-bas finit par devenir ici. C’est aussi un très bel hommage à son père, arrivé de Malaisie en Australie en 1960.

Pour ne pas oublier d’où nous venons tous, d’où sont venus nos pères. Pour garder en mémoire qu’on naît quelque part par hasard et que le hasard fait plus ou moins bien les choses pour tous les enfants qui viennent au monde.

Là où vont nos pères2

Là où vont nos pères3

Là où vont nos pères4

Là où vont nos pères5

Pour lire une critique (en français) de cet album

Là-bas, là, ici: quelques exemples pour ne pas se tromper.
Là-bas, c’est ce lieu où n’est pas celui qui parle, ou un lieu un peu éloigné.
Il s’est installé en Italie. Il vit là-bas depuis dix ans. Il ne revient pas souvent ici.
– Il part en Australie. Il espère trouver du travail là-bas.
– Tu le vois, le lapin, là-bas, au fond du jardin ?
– Assieds-toi là-bas.

Là: cet adverbe signifie très souvent ici.
Tu peux repasser demain ? Il n’est pas là aujourd’hui. Il sera là demain matin.
Viens là.
– Mets-toi là, à côté de moi.

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2 responses to “Lecture silencieuse”

  1. edelweiss says :

    Bonjour Anne,

    Cette histoire fait réfléchir sur tous ceux qu’on voit aujourd’hui traverser l’Europe en quête d’un avenir.
    J’ai été très etonnée, agréablement, de voir à la télé l’accueil que le Canada donne aux réfugiés. Bienvenue du Premier ministre, souriant, à l’aéroport, comité d’accueil chaleureux, bref, loin de ce que les attend ici.
    Est-ce qu’on a oublié que, cela fait quelques années, c’était nous qui fuyions? J’avais une tante qui, comme beaucoup de catalans et espagnols républicains, ont fui l’Espagne à cause de la guerre civile. Ils ont été internés en France dans un camp, à Argelès-sur-Mer, dans des conditions épouvantables.
    Nos jeunes partent aussi à l’étranger à la recherche d’un travail digne. L’histoire recommence toujours, mais on espère que, là-bas ou ici, tous les gens soient bien accueillis.

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    • Anne says :

      Bonjour Edelweiss,
      Merci pour ton beau message et ton témoignage personnel qui fait bien écho à tout ce qui se passe aujourd’hui.
      Bien sûr, individuellement, nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes. Mais au moins, gardons en tête, comme tu le dis, que nous pouvons tous être dans de telles situations et que nous aimerions dans ce cas pouvoir survivre et vivre. C’est ce que j’ai dit à certains de mes étudiants qui ont tendance à être réceptifs au discours du Front National, faute de réflexion et de mémoire.
      A bientôt et bonnes fêtes de fin d’année à toi.
      Anne

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