Ça sert ou ça serre ?

Hier, c’était la cérémonie de passation des pouvoirs entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.
L’un quitte l’Elysée, l’autre s’y installe.
Tapis rouge.
Costumes stricts.
Couples présidentiels, l’ancien et le nouveau.
Poignées de main.

Et belle double faute d’orthographe sur internet, dans la légende à droite d’une des nombreuses photos de l’événement.
Comme quoi, on ne se relit jamais assez…

Orthographe à revoir !

Gros plan sur une grosse erreur

Gros plan sur une grosse erreur

Premier problème: de quel verbe s’agit-il ?
Se sert, c’est le verbe se servir. Or on ne se sert pas la main, on se serre la main, du verbe se serrer.

Deuxième problème: Le verbe est-il au singulier ou au pluriel ?
Ils sont deux à se serrer la main. Tout seul, c’est plus difficile !
Donc se sert est doublement bizarre puisqu’en plus d’être le verbe se servir, au pluriel ce serait de toute façon se servent.

Alors, ça ira beaucoup mieux en écrivant:
Nicolas Sarkozy et François Hollande se serrent la main !
La prononciation est la même, donc à l’oral, il n’y aurait pas de problème en fin de compte !
Mais un mot écrit renvoie immédiatement à une idée bien précise et l’orthographe (parfois compliquée certes) est un code commun qui sert à se comprendre, d’où ce petit moment de flottement* à la lecture d’une telle phrase.

J’ai lu récemment qu’il y a de plus en plus de fautes d’orthographe (et de frappe) dans la presse parce qu’il y a de moins en moins de personnes dont le travail consiste à relire ce qui va être publié. Et de moins en moins de temps consacré à cette étape si nécessaire.
Relecture d’autant plus importante aujourd’hui où, si on y réfléchit bien, les occasions d’écrire sont de plus en plus nombreuses pour tous: SMS, emails, forums, dans lesquels l’expression est souvent purement phonétique ou hautement approximative et donc très difficile à suivre !

Petit détail de vocabulaire aussi: je n’avais jamais entendu parler du parvis de l’Elysée. D’habitude, il est question du perron de l’Elysée, ce petit espace où se font les photos officielles avec les chefs d’Etat, juste en haut des quelques marches, à gravir ou descendre avec aisance et naturel quand les journalistes et les photographes sont là.
Un parvis, c’est beaucoup plus grand, comme le savent ceux qui se sont promenés sur le parvis de Notre Dame à Paris.

* un moment de flottement: un moment d’incertitude, d’hésitation.

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3 responses to “Ça sert ou ça serre ?”

  1. Fredrik Pettersson says :

    Ouais c’est pareil en Suède. On appelle ce type de personnes korrekturläsare. Je ne sais pas si vous avez un mot pour eux ? (Qui relisent les articles). Et de plus en plus on aperçoit des fautes dans nos magazines.

    Ce n’est pas peut-être la meilleure façon d’apprendre une langue par lisant les journaux…

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  2. Anne says :

    Bonjour Fredrik,
    On les appelle correcteurs-réviseurs, ou correcteurs d’épreuves.
    J’ai l’impression que c’est sur internet que les erreurs sont les plus fréquentes pour le moment, sans doute parce que les publications se font dans l’instant. Il faut que tout soit actualisé le plus vite possible. Après, je suppose que des lecteurs signalent les fautes et elles sont corrigées (ou pas !)

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