Internes et heureux

La semaine dernière, c’était la rentrée des classes. Retour à l’école pour des millions de petits Français à l’école maternelle, à l’école primaire, au collège ou au lycée.
En général, leur établissement scolaire n’est pas trop loin de chez eux. Mais pour certains, ce n’est pas le cas. Alors pas question de rentrer chez eux tous les soirs après les cours. Ce sont les internes, qui vivent pendant la semaine dans leur école, à l’internat. Certains trouvent ça un peu dur. D’autres s’y sentent parfaitement bien. Petits témoignages de rentrée dans un collège du sud de la France.


Transcription:
– Ben l’an dernier, en fait, déjà (1), en cours, je travaillais pas trop. Donc vu que… vu que je travaillais pas, les notes, c’était pas ça (2). Et j’avais un but précis pour mon avenir, quoi, je veux faire infirmier (3). Donc le seul moyen pour moi, c’était de… de me prendre en main (4). Alors, c’était soit je me mets à… à étudier et le meilleur moyen pour moi, c’était de venir à l’internat. Ou soit (5) je restais chez moi à… à regarder la télé, quoi, et… et à pas travailler, quoi.
Par exemple, quoi, l’an dernier, j’avais 7 de moyenne (6). Cette année, je suis passé à 13, quoi. C’est doublé, donc… Ouais, je me suis… ouais habitué. Et je m’y suis fait (7), ouais.

Pour vous, c’était… c’était s’éloigner des tentations ? C’est ça ?
– Non, du tout ! Au contraire, aller vers d’autres ! Moi, ce qui m’attirait le plus, c’était les discussions, les copines, enfin tout ce que… La collectivité, en fait. Avant, quand je rentrais chez moi, c’était… Il y avait la télé, mon petit frère… enfin, il y avait plein de… d’éléments extérieurs pour me déconcentrer. Et là, en étude (8), je suis obligée de… de rentrer dans ce que je fais… enfin dans mon travail.

– Ben en fait, cette case (9), c’est encore plus (10) chez nous que… que notre chambre de notre… dans notre maison, parce que on est vraiment que toutes les trois. On a fait notre déco (11) vraiment qu’à nous (12). Et moi je trouve que ça nous caractérise.
Il y a pas d’adultes.
– Ouais, il y a que nous.
Et vous arrivez à avoir une certaine intimité, avec ces grandes portes ouvertes ?
Ben d’un côté, quand on vit en internat, c’est pas trop ce qu’on cherche, l’intimité, hein ! Enfin on cherche pas à… à pouvoir lire notre BD (13) toute seule dans notre coin (14).

– Le soir, on parle des choses intimes, garçons, ce qu’on pense.
Est-ce que vos parents vous manquent (15) quand même là le soir, quand vous allez vous coucher ?
– Non !

– Je pense que l’internat, ça a apporté que… que du… que du positif, quoi, enfin. Les… les parents, je les vois plus (16) pour passer de bons moments avec eux que pour me disputer avec eux.

Quelques explications:
1. déjà: ce mot a le sens de « premièrement » ici.
2. les notes, c’était pas ça: ça signifie que ses résultats scolaires n’étaient pas bons. = ça n’allait pas.
3. faire infirmier: façon familière de dire: « être infirmier« .
4. se prendre en main: réagir et se comporter de manière responsable.
5. ou soit: normalement, on dit juste « Soit… Soit… »
6. 7 de moyenne: les élèves français sont notés sur 20. Donc Benoît n’avait pas la moyenne générale. (la moyenne de toutes les matières étudiées.)
7. se faire à quelque chose: s’habituer à quelque chose.
8. en étude: après les cours, les internes vont faire leur devoirs, leur travail personnel en étude, c’est-à-dire une salle où ils sont surveillés et aidés par des enseignants ou des surveillants.
9. une case: c’est le nom que donne les internes à leur coin dans la chambre qu’ils partagent avec deux ou trois autres élèves en général.
10. c’est plus chez nous = c’est davantage chez nous. (Dans ce cas, on prononce le « s » à la fin de « plus ».)
11. notre déco = notre décoration. Elles ont décoré leur chambre librement.
12. qu’à nous = seulement à nous. (familier)
13. une BD = une bande dessinée.
14. dans notre coin: isolé des autres, à part.
15. vos parents vous manquent ? = Etes-vous tristes parce que vos parents ne sont pas là ? Elles répondent que leurs parents ne leur manquent pas. Mais on peut imaginer qu’elles manquent un peu / beaucoup à leurs parents !
16. plus = davantage. (On prononce le « s ».)

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