Faites gaffe aux camions !

Il y a beaucoup de jolis villages en France. Historiquement, ils se sont développés autour de leur rue principale, où c’était bien d’avoir sa maison. Mais aujourd’hui vivre sur cette rue principale n’est bien souvent plus un avantage: les voitures, les camions ont envahi cet espace qui était le coeur du village. Difficile de s’y déplacer à pied, difficile d’éviter les embouteillages, impossible d’échapper au bruit et à la pollution…
La solution, c’est une déviation. Mais il n’y en a pas partout.
C’est le cas dans cette petite ville de 3000 habitants dans l’Hérault. Une jolie rue, de jolies maisons anciennes avec des balcons, typiques de la région, du soleil parce qu’on est dans le sud. Un petit coin de paradis ? Pas tout à fait.
Ambiance sonore et témoignages d’habitants qui en ont assez.


Transcription:
Cinq mètres, c’est la distance entre les deux maisons. Un camion moyen fait 2,50 mètres (1) de large. Alors forcément… (2)
– Il y a un camion qui a essayé d’en croiser un autre et finalement, il est parti avec un morceau de notre balcon. Heureusement, il s’est arrêté et donc on a pu faire un constat (3), mais les dégâts sont là, quoi.

Et ce n’est pas la première fois. Sur cet axe passent en moyenne 300 camions (4) par jour: des véhicules qui vont vers le port de Sète ou les entrepôts de carburants à Frontignan. A l’heure de la sortie de l’école, c’est tous les jours le même cauchemar pour les mamans.
– On chevauche (5). Quand il y a… on peut pas passer au… sur le chemin, eh beh, on est obligé d’empiéter un peu sur la route. Donc faut faire toujours gaffe (6) aux voitures, aux camions, aux cars, à tout.
– Ma fille qui arrive du collège (7) ici, elle part à pied donc jusqu’à la maison et… Je… Ça me fait peur quand même, hein. Au bout d’un moment, ça prend… ça prend la tête (8) vraiment.

D’autant que (9) les trottoirs sont inexistants et la vitesse souvent excessive.
– Il y a quelques bornes qui délimitent le… ce qu’on… ce qu’on ne peut pas appeler un trottoir, dans la mesure où il y a aucun obstacle, il y a aucune bordure. Donc… Et les camions roulent allègrement (10) sur ces bornes en plastique.
– Deux fois j’ai manqué (11) me faire écraser ! Quand les camions se croisent, ils passent là-dessus. En plus ça, c’est de la guimauve. (12) Moi je le dis au Maire.

Depuis 12 ans, les riverains (13) de la route départementale N°2 attendent une déviation, un projet bien avancé selon le Conseil Général de l’Hérault puisque le chantier était programmé en 2010 mais qu’il n’a pu être réalisé faute de moyens (14). Villeveyrac ne fait pas partie des priorités du département.

Quelques détails:
1. 2,50 mètres ou 2,50 m: on écrit ça comme ça et on dit: « Deux mètres cinquante ».
2. forcément: obligatoirement, nécessairement.
3. faire un constat: c’est remplir les papiers officiels pour les compagnies d’assurance, pour se faire rembourser les travaux nécessaires pour réparer les dégâts.
4. passent en moyenne 300 camions: Deux remarques:
– le journaliste fait la liaison entre passent et en. Ce n’est pas fréquent dans une conversation normale. Mais là, c’est le commentaire qu’il a préparé et écrit, donc ce n’est ni improvisé ni spontané. Dans ce cas, il y a davantage de liaisons.
– Le signe que c’est un style plus écrit aussi, c’est l’ordre des mots: le verbe est en premier puis le sujet alors que c’est une phrase affirmative. Jamais on ne dira ça spontanément. Dans une conversation, on dirait: Il y a en moyenne 300 camions qui passent par jour.
5. on chevauche: ici, cette dame veut dire qu’elle est obligée de marcher par moment sur la route elle-même. Elle passe à cheval sur le trottoir et sur la route.
6. faire gaffe à quelque chose: faire attention à quelque chose. (familier)
7. le collège: ça veut dire que sa fille a entre 11 et 15 ans.
8. ça prend la tête = ça cause des soucis, c’est une préoccupation. (familier)
9. d’autant que = d’autant plus que: et surtout puisque
10. faire allègrement quelque chose: c’est le faire régulièrement, sans se poser de questions.
11. J’ai manqué me faire écraser: j’ai failli me faire écraser / je me suis presque fait écraser.
12. la guimauve: c’est une sucrerie très molle et souple. Donc dire « C’est de la guimauve », ça signifie que ces bornes ne sont pas solides. Donc les véhicules peuvent passer dessus sans être endommagés. Donc  les piétons ne sont pas protégés.
13. Un riverain: quelqu’un qui habite à côté de…
14. faute de moyens: par manque de moyens financiers

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