C’est trop cher en France !

Les jeunes Français aiment de plus en plus aller étudier à l’étranger. Evidemment, une de leurs grandes motivations, c’est de parler anglais couramment, donc l’étranger, ce sont souvent les pays anglophones.
Mais pas seulement. Les raisons de partir peuvent être bien différentes. C’est le cas des jeunes qui veulent devenir kinésithérapeutes* par exemple: le problème, c’est que la formation en France est ouverte à un nombre limité de candidats qui doivent d’abord passer le barrage d’un concours difficile. C’est le cas aussi des étudiants en Arts Plastiques, qui veulent devenir designers, architectes d’intérieur, stylistes.

Alors, si ailleurs, c’est plus ouvert, pourquoi ne pas s’expatrier ? Si en plus, c’est moins cher que dans certaines écoles françaises très sélectives… Et si ce n’est pas trop loin…


Transcription:
– Bon, c’est un cours de quoi, alors ? (1)
– Arts Plastique, Aménagement – Arts Plastiques.
– Vous êtes en première année ?
– Deuxième.
– Deuxième. Quelle filière ? (2)
– Création d’intérieurs.
– D’accord. Vous êtes français ou belge ?
– Belge ?
– Ouais.
– Vous êtes rares alors, ici.
– Bah, on est trois ou quatre, je pense.
– Trois- quatre dans la classe ?
– Ouais, sur 22 je pense.

– Vous êtes française ou belge ?
– Française.
– Pourquoi vous avez choisi de faire vos études en Belgique ?
– Bah déjà (3) par rapport à l’école, qui est une très bonne école.
– Il y a des différences financières aussi ?
– Oh oui ! Plus d’écoles privées en France, qui sont en plus très, très chères généralement.
– Il y a aussi des filières gratuites en France, il y a les Beaux Arts, les Arts Déco, ça c’est… ça, c’est pas cher.
– Ouais. C’est aussi beaucoup plus dur d’y rentrer.
– Donc si je comprends bien, en France, soit c’est trop dur d’y entrer, soit c’est trop cher. Il y a pas de juste milieu. (4)
– Non. C’est toujours ça. Ou alors, c’est très dur d’y rentrer et c’est très cher aussi.
– Par exemple ?
– J’avais… Je m’étais renseignée sur Camondo qui est une excellente école et c’est… C’est un… sur concours (5). C’est très, très dur d’y rentrer et c’est du 9000€ à l’année (6).
– Donc ça, c’est pas possible pour vous.
– Non.
– Les parents peuvent pas suivre derrière (7).
– Ah non ! Faut quand même pas abuser ! (8)

– Ici, le minerval est à 800 € par an.
– Le… ?
– Le minerval. C’est la somme à payer pour toute l’année en fait.
– D’accord. La scolarité, quoi.
– Voilà, exactement.
– Les frais de scolarité, le minerval. J’ai appris un mot! La plupart des Français ici rentrent chez eux le soir ? Il y a pas beaucoup d’implication dans la vie belge…
– En fait, il y a… Il y a un train qui s’arrête directement donc à Froyennes qui dessert toute l’école. Donc ouais, les trains sont bondés (9)le matin. Pas mal de personnes (10) aussi kotent sur… kotent sur Tournai.
– Kotent ?
– Kotent. Le kot en fait, c’est « k-o-t », c’est un logement étudiant.
– Ça c’est un mot belge aussi.
– Exactement.

– Vous êtes en quelle filière ?
– Stylisme de mode. Première année.
– Vous payez un loyer moins cher à Tournai qu’à Paris, j’imagine.
– Bah, 500 € pour un appartement à Paris qui en vaudrait dans les 1200-1300 (11), voire même plus. Enfin tout dépend le quartier (12) mais… Donc oui, bon, ça va mais… mais ça reste Tournai (13), quoi. Ça reste Tournai.

– Le bistrot (14) en face de l’Ecole Saint Luc, alors.
– Oui.
– Qu’est-ce que vous pensez, vous, de tous ces Français à l’école Saint Luc ?
– Tant qu’il y a de la place pour les Belges, ça nous dérange pas, quoi.
– C’est vrai que… que ça fait bizarre de pouvoir dire d’une école qu’il y a plus de 80 % d’étudiants qui ne sont pas belges. C’est l’Etat belge qui paye les salaires des profs et… et des membres du personnel de cette école-là, quoi. Ça c’est le… c’est le négatif entre guillemets (15) qui n’en est pas pas vraiment un*. Mais c’est vrai qu’il y a du positif à côté. Ça fait vivre Tournai, la région et… et voilà, quoi. Ces gens-là, ils font leurs courses ici dans la région.
– Donc c’est bon pour le commerce.
– Donc voilà, il y a pas que du négatif. Il y a autant de positif que de négatif. Et donc je pense qu’on n’a pas à se plaindre.

Quelques explications :
1. C’est un cours de quoi ? : question typiquement orale et tout à fait naturelle. Sinon, on pourrait dire : Qu’est-ce que c’est comme cours ?
2. une filière : une voie particulière dans un cursus d’études. Par exemple, à l’université ou au lycée, on parle de filière scientifique, de filière littéraire.
3. déjà : ici, c’est l’équivalent de « premièrement ». C’est la première raison d’une liste.
4. le juste milieu : un compromis, une solution équilibrée qui n’est pas dans les extrêmes.
5. un concours : un examen très sélectif car il y a un nombre de places fixés d’avance. Donc avoir un bon résultat ne suffit pas, il faut être dans les premiers. On dit que l’entrée dans ces écoles est sur concours.
6. c’est du 9000 € : en rajoutant « du » devant la somme à payer, on indique que c’est une somme approximative, qui tourne autour des 9000 €. (familier). On dit aussi « c’est dans les 9000 €. »
7. ils ne peuvent pas suivre derrière : ils n’ont pas les moyens financiers. (familier)
8. Faut pas abuser = Il ne faut pas abuser / exagérer.
9. bondé : très plein. On utilise cet adjectif pour les moyens de transports : un train / un métro / un bus bondé.
10. Pas mal de personnes : un nombre plutôt important de gens.
11. dans les 1200-1300 : elle dit juste «dans les mille deux – mille trois » au lieu de « mille deux cents – mille trois cents ». Elle a utilisé « cent » juste avant dans « 500 », donc on comprend de quoi elle parle. Elle évite de répéter « cent » , mais c’est très oral.
12. Tout dépend le quartier : de plus en plus de gens, notamment les jeunes, disent ça au lieu de « Tout dépend du quartier » qui est la forme correcte. (dépendre de / du…)
13. ça reste Tournai : ce n’est que Tournai = une petite ville comparée à Paris.
14. un bistro / un bistrot : un café. (familier). L’autre mot familier très utilisé, c’est «un troquet».
15. entre guillemets : on emploie cette expression pour atténuer un mot ou le nuancer.

* un kinésithérapeute = c’est la personne qui vous fait faire de la rééducation, c’est-à-dire qui vous réapprend à vous servir de vos bras, de vos jambes, de vos muscles après un accident par exemple. La plupart du temps, on utilise l’abréviation : un kiné.

L’accent des deux femmes du café: c’est un accent belge. Evidemment, les Belges diront qu’ils n’ont pas d’accent ! En tout cas, nous Français, nous situons tout de suite cette manière de parler  chez nos voisins de l’autre côté de la frontière ! Et comme vous l’avez entendu, certains mots sont employés uniquement en Belgique.

* Et pour finir, quelque chose qui n’est ni belge ni français:
une liaison « interdite« , entre vraiment et un dans « pas vraiment un« , avec un « z » parasite très tentant, comme si vraiment se terminait par un « s » !

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