Profession interprète

27 Etats
492 millions d’Européens
23 langues officielles, et d’autres
3 alphabets : latin, grec, cyrillique
1 500 personnes pour traduire des milliers de documents et des centaines de conférences
400 interprètes permanents
C’est aussi ça, l’Union Européenne.

Paule, Estelle et d’autres travaillent comme interprètes de conférence auprès des institutions de Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg.
Franchement, ça m’a toujours impressionnée de voir les interprètes exercer leur métier parce que c’est une chose de comprendre et parler parfaitement une langue étrangère, mais c’en est une autre de passer d’une langue à l’autre dans l’instant avec autant d’aisance !


Transcription :
Quand après l’apprentissage de l’interprétation consécutive, on est passé à l’apprentissage de la simultanée, après la première séance, je me suis dit : « C’est impossible ! J’abandonne ! C’est pas possible d’écouter, de parler en même temps, de comprendre». Mais… mais c’est faisable, c’est-à-dire que on… on pratique cette technique et finalement on l’intègre.

C’est très enrichissant parce que forcément, on prépare les différentes réunions. Donc on apprend des tas de choses (1) en préparant. On découvre des tas de sujets intéressants. Ça peut aller de… de l’agriculture à la culture comme aujourd’hui. (On parlait du patrimoine culturel européen.)

Je pense que quelqu’un qui est attaché à la routine aurait beaucoup de mal à… à s’adapter à un métier d’interprète. Je trouve que ça demande beaucoup de facultés d’adaptation, un amour du changement et une curiosité pour des choses différentes et puis aussi de savoir maîtriser l’inattendu. Autre avantage, eh ben justement (2), les voyages, le fait de pouvoir se déplacer.

On voyage beaucoup, oui. Et les voyages ne se font pas uniquement dans l’Union Européenne. Ils se font dans le monde entier.

On est là pour rendre un service, pour permettre aux gens de communiquer entre eux dans la langue de leur choix et de faire en sorte justement qu’on ne nous remarque pas.

En travaillant ici, on travaille en plus dans de très, très bonnes conditions. C’est vraiment un… un métier très agréable à exercer, même s’il est stressant, même s’il est fatigant, même si parfois, on se déplace beaucoup. Mais malgré tout, je trouve que les retombées positives sont beaucoup plus importantes. Donc je garde mon enthousiasme !

Quand j’ai commencé à travailler, on m’a conseillé d’ajouter l’allemand (3) parce que c’était une langue déficitaire (4) en cabine française. Donc j’ai suivi ces conseils et ça a beaucoup changé le nombre de jours de recrutement quand j’étais free-lance. J’ai beaucoup plus travaillé à partir du jour où j’ai ajouté l’allemand.

Ce que l’on (5) a tendance à penser, c’est que l’interprète est un polyglotte qui maîtrise de nombreuses langues étrangères. Ce n’est pas ce que nous recherchons. Nous recherchons quelqu’un qui comprend de nombreuses langues étrangères mais qui maîtrise particulièrement bien la langue maternelle.

Quelques détails :
1. des tas de choses : beaucoup de choses (très fréquent à l’oral)
2. eh ben justement : eh bien précisement
3. l’allemand : le nombre d’élèves français qui choisissent allemand au collège a énormément diminué, sauf dans les départements frontaliers avec l’Allemagne. L’anglais domine évidemment et ensuite, c’est surtout espagnol.
4. une langue déficitaire : une langue pour laquelle on manque d’interprètes.
5. l’on : rajouter « l’ » devant « on » donne un style plus recherché.

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