Toute une vie à l’infinitif

Imparfait ou passé composé ?
Etre ou avoir ?
Futur ou conditionnel ?
Indicatif ou subjonctif ?

Cela fait des semaines, ou des mois que vous vous battez avec les verbes français, pleins de subtiles métamorphoses selon les personnes et les temps employés…

Mais en fin de compte, est-ce bien nécessaire ?
La preuve avec ce texte. Tout est dit !

Transcription :
Ça commence par :
Pour tout le monde, c’est pareil. Naître, arriver, se faire frapper, crier, se faire laver, se faire habiller.
Et puis manger. Manger, manger, puis dormir, pleurer, crier, manger dormir, pleurer, crier, crier, manger, manger, manger, manger… Dormir, manger. Manger, c’est important de manger !
Et tout savoir, et ne rien comprendre. Puis se lever, tomber, se relever et retomber, se relever encore, retomber. Et enfin, marcher !
Et puis les mots. Parler, rire et puis mentir, et avoir honte d’avoir menti. Alors demander pardon. Et juste après, re-mentir.
Rêver, aimer, et croire que c’est pour la vie. Et se faire quitter. Et aimer de nouveau, et croire encore que c’est pour la vie. Et de nouveau, se faire quitter.
Etre sûr qu’on a gagné, et perdre. Etre sûr qu’on a perdu alors qu’on a gagné. Etre sûr qu’on est perdu alors qu’on s’est trouvé. Etre sûr qu’on s’est trouvé alors qu’on est perdu. Compliqué !
Alors manger ! Manger, manger, manger. Grossir. Avoir honte d’avoir grossi. Alors maigrir. Et juste après, re-manger.
Trahir. Et se faire trahir. Se plaindre. Se faire plaindre. Adorer se faire plaindre mais détester faire pitié.
Ne plus essayer de comprendre. Vouloir tout oublier. Et puis, se rappeler. D’abord souffrir. Et puis en rire. Et tomber. Se relever, retomber, se relever encore, retomber. Se faire soigner et re-marcher.
Vieillir. Et à la fin, à la fin, mourir.
Mais pas tout de suite…
Encore un petit peu…
Aimer. Se faire quitter et s’en foutre* . Manger, manger, grossir et s’en foutre aussi.
Mentir et avoir eu raison d’avoir menti.
Et à la fin, mais seulement à la toute fin, mourir.
Mais pas tout de suite…
Encore un petit peu.
Manger, manger, manger, manger. Devenir gros et beau. Et puisque beau, aimer. Mais difficile parce que gros. Alors maigrir.
Et à la fin, mais seulement à la fin, mourir, mourir.
Mais pas tout de suite.
Encore un petit peu… Rire, dormir, etc…

* s’en foutre : s’en moquer. Ne pas y attacher d’importance. C’est de l’argot et c’est très familier. Dans l’ordre, du plus poli au moins poli : ça m’est égal – Je m’en fiche – Je m’en fous.

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4 responses to “Toute une vie à l’infinitif”

  1. Svetlana says :

    Dire bonjour, écouter, lire, prendre plaisir, plaisenter, s’amuser, adorer, reécouter, apprécier et à la fin remercier.

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  2. Anne says :

    Très joli message tout à l’infinitif, Svetlana ! Je le prends pour moi !
    (juste une faute de frappe à plaisanter)

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  3. Svetlana says :

    Merci beaucoup, Anne!

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  4. wishiya says :

    j’aime tro l’argo

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