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Métiers d’hommes, métiers de femmes ?

Moteur La Journée de la Femme hier était l’occasion de rappeler qu’on est encore loin de l’égalité parfaite, aussi bien sur le plan des carrières que celui des salaires. On peut faire ses petits calculs en cliquant ici.

On peut aussi écouter ces deux Françaises. L’une conduit des engins de chantier dans une mine en Nouvelle Calédonie, l’autre travaille dans un atelier de mécanique en métropole.


Transcription :
On se dit à partir du moment qu’on (1) choisit ce métier d’homme, donc nous, on a ce côté homme. Certains, ils sont machos (2) mais après il faut les remettre en place (3) et leur répondre tac au tac (3), hein ! Si par exemple il dit : « Tu connais pas faire ça (5) », bah moi, je lui dis : « Si, je sais faire ». C’est pas parce que nous, on est des femmes qu’on peut pas le faire. On peut le faire. On est plus douces, on est plus consciencieuses, on fait attention aux règles de sécurité tandis que les hommes, ils sont un peu plus brutal (6). Maintenant que j’ai ma… ma petite (7) depuis 2011, c’est vrai que c’est dur. Mais à partir du moment où tu dis : Voilà, et tu veux travailler sur mines et tu veux avoir un enfant, tu es obligée de concilier les deux.

En bleu de travail (8), les cheveux courts (9), cette mécano (10) a toute la journée les mains dans le cambouis (11).
Quand les gens rentrent quelque part où j’ai mes collègues, ils disent : Bonjour messieurs. Et puis moi, je crie bien fort : Bonjour madame ! Ils ont même pas l’idée qu’il puisse y avoir une femme dans un métier technique.
Seule femme de son équipe, elle a constaté des écarts de salaire de 4 à 500 euros avec ses collègues.
Ça joue sur (12)… sur ma vie. Ça joue sur les études de mes enfants, sur plein de (13) choses. Donc effectivement (14), moi, régulièrement, j’entends les collègues dire : J’ai acheté une voiture, j’ai acheté une maison. Moi, aujourd’hui, je peux pas me permettre ça (15). J’ai le sentiment de (16) faire mon boulot (17) comme les hommes donc il y a pas de raison que j’aie pas le même salaire, quoi.

Quelques explications :
1. à partir du moment : cette expression est suivie de , pas de que. C’est équivalent à Quand / Si.
2. macho : abréviation de machiste, pour désigner les hommes qui considèrent les femmes comme inférieures.
3. remettre en place quelqu’un : on dit plutôt Remettre quelqu’un à sa place. Cela signifie qu’on fait comprendre à quelqu’un qu’on n’approuve pas ce qu’il ou elle vient de dire ou de faire et qu’on ne se laisse pas faire ou dominer par lui. Remettre en place s’applique plutôt aux choses et signifie qu’on les range.
4. tac au tac : l’expression complète, c’est répondre du tac au tac, ce qui veut dire répondre immédiatement à quelque chose, réagir et en général corriger ce qui a été dit.
5. tu connais pas faire ça : normalement, il faut dire : Tu ne sais pas faire ça. Le verbe connaître ne s’emploie pas suivi d’un autre verbe.
6. brutal : au masculin pluriel, c’est normalement : brutaux.
7. ma petite = ma fille
8. un bleu de travail : c’est la combinaison que portent les mécaniciens par exemple pour ne pas salir leurs vêtements.
9. les cheveux courts : je me demande bien pourquoi la journaliste mentionne ça ! On n’en est plus au temps où les femmes devaient absolument avoir les cheveux longs.
10. un(e) mécano : abréviation de mécanicien / mécanicienne. (familier)
11. avoir les mains dans le cambouis : Le cambouis, c’est la graisse qu’on trouve dans les moteurs. On utilise souvent cette expression pour décrire ce travail.
12. Ça joue sur… : ça a une influence / un impact sur… (On utilise souvent cette expression à propos du moral : ça joue sur mon moral.)
13. plein de : beaucoup de. (plus familier)
14. effectivement = c’est vrai que
15. ne pas pouvoir se permettre quelque chose : ne pas pouvoir faire quelque chose, notamment par manque d’argent. Par exemple : Il ne peut pas se permettre de partir en vacances à la montagne l’hiver car c’est trop cher.
16. J’ai le sentiment que : Je suis convaincue que / Je suis sûre que
17. mon boulot = mon travail (familier)

Taper plus vite que son ombre !

Populaire - Affiche du film Elle s’appelle Rose Pamphyle. Elle a une vingtaine d’années. Elle vit dans une toute petite ville de province où il ne se passe rien. Elle rêve d’être secrétaire, comme beaucoup d’autres à l’époque. On est à la fin des années 50. Les concours de vitesse dactylographique sont à la mode, organisés par les fabriquants de machines à écrire !

Voici une comédie très fraîche comme les Français en font peu, à la manière des comédies américaines. L’histoire est prévisible mais on ne s’ennuie pas un instant aux côtés de Rose et de Louis, son patron. Elle a du répondant, beaucoup de charme, c’est difficile d’avoir le dernier mot avec elle.

Bref, c’est une très jolie vision des années 50, où les femmes entraient enfin en masse dans le monde du travail salarié et commençaient à accéder à l’autonomie que donne un métier.

Et pour nous qui sommes tous aujourd’hui sur nos claviers d’ordinateurs avec plus ou moins de dextérité, (avec combien de doigts tapez-vous?), c’est aussi la découverte de ces compétitions pleines de suspense qui opposaient des dactylos entraînées comme des sportives de haut niveau ! J’adore le geste qu’elles font en relevant leurs mains du clavier quand la cloche de fin des épreuves retentit ! Le tout filmé avec un sens du rythme, des plans et des couleurs.

La bande annonce est ici.

Transcription :
- Etre secrétaire, c’est moderne. C’est rencontrer un tas de gens (1), faire le tour du monde (2), travailler pour de grands hommes.
- Enfin, si vous travaillez pour moi, vous ferez simplement le tour de Lisieux (3).

- Agence Echard et Fils, j’écoute.
- Elle est comment, alors ?
- Vous êtes une secrétaire lamentable (4).
- La seule chose que je fais vraiment bien, c’est taper à la machine.
- Enfin taper à la machine, c’est le minimum pour une secrétaire !

- Je ne pense tout simplement pas que votre avenir soit auprès de moi, à moins que vous acceptiez de faire un petit quelque chose.
- Si vous pensez que c’est aussi facile que ça de m’avoir dans son lit !
- C’est là que je vous veux. Pas dans mon lit !
- Particper à un concours ?
- Pas participer. Gagner ! Je vous entraîne, je prends tout en charge (5). (Plus vite) Je vous installe chez moi.

- On se croirait dans Autant en emporte le vent (6).
- Tu crois vraiment que je vais lui donner des cours de piano !
- Tu lui plais, Louis.
- Et elle te plaît.
- Rose ne doit penser qu’au championnat ! Elle se rend pas compte (7) du don qu’elle a. Je peux mettre le monde à ses pieds.

- Vous croyez vraiment que vous êtes l’homme de la situation (8) ?
- Tu comptes (9) l’appeler encore combien de fois avant de comprendre qu’il décrochera jamais ? N’importe quel homme qui passe à côté (10) de toi est un imbécile.
- Elle a l’impression que je me sers d’elle, à part que (11) c’est pour elle que je fais tout ça.
- Vous pensez vraiment que la vitesse dactylographique est un sport ?

Quelques détails :
1. un tas de gens : beaucoup de gens (familier, employé à l’oral)
2. faire le tour du monde : voyager dans le monde entier.
3. Lisieux : petite ville de Normandie, très provinciale (par opposition à la vie parisienne), où on imagine qu’il ne se passe rien de passionnant.
4. lamentable : très mauvais. Ce terme est fort et très critique.
5. Prendre en charge quelque chose : s’occuper de quelque chose, en prendre la responsabilité.
6. Autant en emporte le vent : c’est la traduction française du titre du roman de Margaret Mitchell (et du film de Victor Fleming) Gone with the wind.
7. Se rendre compte de quelque chose : comprendre quelle est la situation, ce qui se passe. Louis pense qu’elle n’a pas conscience du don qu’elle possède en tapant si vite.
8. L’homme de la situation : la seule personne capable de gérer tous les problèmes liés à une situation particulière et d’obtenir un résultat, un peu comme un sauveur.
9. Compter faire quelque chose: avoir l’intention de faire quelque chose. Par exemple, on peut dire: Tu comptes rester combien de temps ? / Que comptes-tu faire une fois là-bas ? / Il compte partir quelques mois à l’étranger et chercher du travail.
10. passer à côté de quelqu’un: ne pas se rendre compte de la valeur, des qualités de cette personne. On dit aussi, avec le même sens: passer à côté de quelque chose.
11. À part que = sauf que

Populaire - Making of 2
Allez aussi écouter le cinéaste et ses acteurs ici.
(Et en plus de cette petite vidéo, il y en a quatre autres sur d’autres aspects du film et de son tournage.)

Transcription:
- C’est une comédie romantique et sportive, presque d’action aussi parce que finalement, le sport, à filmer, c’est presque comme filmer des scènes d’action.
- C’est une jeune fille qui vient d’une petite ville et qui… qui devient quelque chose auquel elle s’attend pas, et voilà, quoi. Un premier regard sur… sur la ville, sur le monde, sur les garçons.
- Le personnage de Louis, il est quand même très sombre.
- C’est un vieux garçon (1), le Louis Echard. (2) Enfin il a mis un peu une croix (3) sur l’histoire d’amour.
- Et le personnage de Rose, dans sa transformation, n’est pas que une Julia Roberts. Elle est beaucoup plus que ça.
- Rose Pamphyle, elle sait pas que elle devrait faire comme ci ou comme ça parce que les filles sont censées (4) faire comme ça, parce qu’on lui a pas appris.
- Vous vous croyez malin (5) dans vos costumes comme il faut (6)? Vous me faites ni chaud ni froid (7), Monsieur Echard !
- Il y a l’histoire d’amour qui prend du début à la fin. Et où est-ce qu’elle naît exactement, comment elle va être nourrie, où est-ce qu’on va d’un coup lâcher ? C’est pas tout rose (8), quoi. C’est pas… On fait pas une histoire d’une championne et tout va bien, non, non, non. Il y a de l’âme, il y a du… il y a du tourment, voilà.
- Pourquoi une fille vaudrait (9) moins qu’un garçon ? Ou pourquoi une fille pourrait moins faire de choses qu’un garçon ? Et c’est vrai que c’est quelque chose qui est très, très… très moderne à l’époque (10).

Quelques détails :
1. un vieux garçon : un homme qui ne s’est pas marié. C’est péjoratif, contrairement à célibataire qui dit juste que la personne n’est pas mariée. L’équivalent féminin, c’est une vieille fille. L’idée, c’est que dans une société qui valorise le mariage, ce sont des gens qui n’ont pas réussi à se marier et qui mènent une vie plutôt sclérosée, monotone et rigide.
2. Le Louis Echard : ajouter le devant un nom propre, c’est en général plutôt péjoratif. (sauf dans le sud-ouest où ils le font souvent, contrairement aux autres régions où c’est rare)
3. mettre une croix sur quelque chose : renoncer à quelque chose. On dit aussi : faire une croix sur quelque chose.
4. Être censé faire / dire quelque chose : agir comme ce que les gens attendent, comme les conventions l’exigent.
5. Malin : intelligent, supérieur.
6. Comme il faut : convenable / respectable
7. ne faire ni chaud ni froid à quelqu’un : ne pas troubler cette personne, n’avoir aucun impact sur elle.
8. C’est pas tout rose: ce n’est pas facile tout le temps. Il y a des difficultés.
9. Vaudrait : c’est le conditionel du verbe valoir.
10. À l’époque : en ce temps-là / dans ces années-là.

Les beaux nuages

Agde
Les grandes chaînes de télévision en France ont toutes leur Météo, après les journaux télévisés. Regarder la météo est comme un rituel quotidien, préparation au lendemain et aux jours à venir.
La carte de France sous les yeux jour après jour, les noms des régions égrenés, les villes associées à leurs températures matinales et à celles de l’après-midi: voyage quotidien, organisé et commenté par des présentateurs et des présentatrices qui s’y connaissent*, à force de travailler avec les prévisionnistes de Météo France ! Et qui aiment ça !


Transcription :
- Comment naît cette vocation, Catherine Laborde ? Comment devient-on présentatrice Météo ?
- Ah ! Eh bien je n’en sais rien, Guillaume. Franchement, si je…
- D’abord, vous êtes frileuse, parce qu’il faut quand même le dire à nos auditeurs que vous êtes enfouie sous trois, quatre pulls…
- Ne me trahissez pas !
- Donc voilà, apparemment vous avez froid. Alors peut-être que c’est la raison pour laquelle vous êtes devenue…
- Mais peut-être, en effet, c’est la raison inconsciente. En effet, j’ai… j’ai toujours froid. J’aime beaucoup, beaucoup la chaleur. Mais… mais c’est un secret ! Il faut pas dévoiler tous les secrets. Non, moi, je suis en effet très frileuse. Comment on devient présentatrice météo ? Je n’en ai pas la moindre idée (1). C’est… c’est le hasard. Moi, mon hasard, ça a été ma sœur Françoise Laborde qui travaillait à TF1 (2), copine avec Michel Cardoze qui cherchait quelqu’un pour la météo le matin. Moi j’étais une comédienne au chômage avec un enfant en bas-âge. Et puis voilà ! C’est… c’est les hasards de la vie vraiment, c’est….
- Bon alors si vous ne savez pas comment on le devient, vous savez pourquoi on le reste en tout cas, puisque vous êtes une authentique passionnée par la météo aujourd’hui.
- Pourquoi on le reste ? Par passion. Ça, c’est vrai que le terme est juste. Parce que… parce que c’est… c’est jamais la même chose, parce que c’est toujours différent, parce que… Souvent, on me pose la question :
« Mais ça vous embête (3) pas ? » – Enfin, ça fait très longtemps que je présente la météo maintenant, plus de vingt ans – « Et ça vous embête pas ? » Bah non ! C’est… Ça change tout le temps, quoi ! C’est les nuages, les merveilleux nuages, quoi, de Baudelaire (4). C’est… c’est magnifique, la météo ! Il y a des situations qui se ressemblent mais il y a jamais exactement la même situation. Quelquefois, il faut resserrer la météo parce qu’il y a le programme précédent qui a été enregistré et qui est plus long qu’on ne le pensait. Donc on pense qu’on va avoir deux minutes de météo, ce qui est peu, et puis on se trouve avec quatre minutes, ou le contraire. Donc il faut s’adapter très, très vite. Et puis, c’est vrai que nous, à la météo, on peut pas non plus lire un prompteur (5) qu’on aurait écrit, on peut pas dire par coeur puisque les infos prévisionnelles arrivent deux heures avant. C’est-à-dire que moi, je fais fabriquer les cartes par les graphistes une fois que j’ai parlé avec les ingénieurs de Météo France, puisque ce sont eux qui ont… qui ont l’info, hein, c’est les ingénieurs de Météo France. Et puis je fais fabriquer par les graphistes et après, roule ma poule (6) ! C’est moi qui improvise. Mais je sais où je vais, je sais comment j’ai fait fabriquer les cartes, pourquoi, pour dire quoi. Et… et je pense qu’on a un… une… C’est un métier très pédagogique, quoi, c’est ça, notre truc: c’est de… de reprendre une parole scientifique pour essayer de la dire simplement, sans trop simplifier parce que dans ce cas-là, on trahirait les… les prévisionnistes.
- Joël, vous, vous dites qu’il y a des météo-susceptibles (7), et des régions où il faut faire attention à ce que l’on dit !
- Oui, oui, oui. C’est vrai. Je pense que Catherine sera d’accord avec moi.
- Oh mais je sais de quelles régions tu vas parler !
- Alors… alors, de quelles [régions, va] Catherine ?
- Faut pas (8) que tu te mettes devant, hein, sur la carte !
- Voilà, c’est la Bretagne ! C’est la Bretagne. Mais… mais pourquoi ? Parce que d’abord, comme dit Joël, il faut pas se mettre devant. Souvent, on a tendance à cacher la Bretagne parce que la Bretagne, c’est la pointe la plus occidentale (9). Mais aussi parce que la Bretagne est peuplée de Bretons qui, comme chacun sait, est un peuple de marins ; et la météo, les marins sont les premiers concernés par la météo. Ce sont d’excellents météorologues. D’ailleurs, à Météo France, il y beaucoup d’ingénieurs météo qui sont des bretons. Donc c’est… c’est une vraie culture, la météo. Donc ils s’agit pas de dire des bêtises ! (10)

Quelques détails :
1. Je n’en ai pas la moindre idée  = je ne sais pas du tout pourquoi. Mais cette façon de dire a plus de force car c’est un style plus soutenu, d’autant plus qu’ici, Catherine L. emploie bien une négation complète, avec ne… pas.
2. TF1 : l’une des chaînes de télévision principales en France. C ’est la chaîne qui a été créée en premier. Elle a été privatisée il y a quelques années.
3. Embêter : ennuyer (familier).
4. Les merveilleux nuages : ce sont les derniers mots du poème de Charles Baudelaire, L’étranger : Et qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ? J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages. (1869)
5. un prompteur : c’est le système qui permet à un présentateur à la télé de lire le texte qu’il doit dire tout en regardant la caméra. Pas de risque d’oublier quoi que ce soit puisque cette machine lui souffle ce qu’il doit dire. Encore un exemple de l’assimilation d’un mot anglais, avec une orthographe à la française.
6. Roule ma poule ! : Vas-y, sans hésiter, sans te poser de question. (familier)
7. être susceptible : c’est se vexer facilement. Ce mot «météo-susceptible » n’existe pas mais signifie que certains se vexent, ne sont pas contents si on ne parle pas de leur région, ou si on en parle mal, ou trop vite.
8. Faut pas que… : tournure très orale puisque normalement, il faut dire : Il ne faut pas que… (= on ne doit pas / tu ne dois pas, etc…). Très orale mais très ordinaire dans les situations où on n’est pas obligé de surveiller sa façon de parler.
9. La pointe occidentale : la Bretagne a une forme particulière et c’est la partie la plus à l’ouest. D’ailleurs, un des départements de cette région s’appelle le Finistère, c’est-à-dire la fin des terres.
10. Il s’agit pas de dire des bêtises : il ne faut surtout pas raconter n’importe quoi, dire quelque chose qui soit faux. (style familier) C’est totalement exclu !

* s’y connaître: être compétent dans un domaine.
Si tu ne sais pas quel vin acheter, tu peux lui demander conseil. Il s’y connaît.

Si vous ne connaissez pas encore Romain, un autre passionné de météo, allez l’écouter ici !

Un poids plume dans un poids lourd

Y a-t-il une Barbie conductrice de poids lourd pour modeler les rêves des petites filles ? La réponse est non. Barbie conduit une voiture – en général rose et petite, genre une Fiat 500 ou une Mini Cooper, c’est redevenu la mode – ou un camping car. Mais pas de 38 tonnes. Les clichés ont la vie dure*. Pas facile de mettre les pieds dans des univers très masculins depuis toujours en France !
Alors voici Valentine qui a choisi de passer derrière le volant de ces véhicules longtemps réservés aux seuls hommes.
Jolie conversation où il est question de compétences, de machisme, de radio et du plaisir de faire jour après jour un métier qu’on aime. Elle m’a bien plu, Valentine. Pas question de lui dire qu’elle ne fait pas le poids !*


Transcription:
- Bonjour Valentine.
- Bonjour Brigitte.
- Alors, vous conduisez, Valentine, essentiellement des semi-remorques. Ça… Ça fait (1) quelle longueur, pour être très pratique ?
- Alors, en moyenne, ça dépend des remorques, mais en moyenne, ça fait dans les 16 mètres (2) de long.
- D’accord. Comment êtes-vous devenue chauffeur routier (3), Valentine ?
- Bah, c’est un long parcours.
- Oui ? Qu’on ne peut pas détailler mais… mais en bref (4), c’est un métier que vous avez pratiqué dès la sortie de vos études ?
- Non, non. En fait, j’ai fait un bac littéraire. Ensuite, j’ai fait un an aux Etats-Unis et je me destinais à des études de langues. J’ai gardé un peu ce… cette passion de l’anglais. Mais je voyais pas trop où ça allait me mener en fait à la fac (5). Du coup, j’ai arrêté. Comme j’avais des amis dans le transport, en partant une nuit avec eux, je me disais: "Oh là, là ! C’est trop bien (6) !… Enfin, c’est ça que je veux faire. " Et en fait, ça me convient très bien. Là, ça fait six ans que je suis dans la même boîte (7). J’ai toujours autant de passion à faire ça.
- Donc pour être chauffeur routier, il faut un permis poids lourds, hein, c’est… c’est la base, sans doute. Est-ce que c’est un examen difficile à passer ?
- Ouais ! C’est plus compliqué qu’on pense en fait. Il faut déjà avoir le permis B – le permis voiture. Ensuite le permis poids lourds. Et pour les véhicules comme je conduis, les véhicules articulés, les semi-remorques, c’est un permis EC. Donc un véhicule articulé mais de grande longueur. Mais, ouais, il y a deux parties. C’est un peu comme le permis moto. On a une partie théorique, une partie pratique, on a des manoeuvres (8) à faire. C’est beaucoup plus complet qu’un permis juste de voiture.
- Faut-il apprendre la… la mécanique ?
- Il y a des notions de mécanique, oui, à apprendre. Et puis ouais, c’est vraiment complet… enfin… En plus du permis… en plus on peut pas travailler comme ça. On a aussi une FIMO (9): c’est une formation sur un peu tout ce qui est sécurité, lois. Il y a vraiment beaucoup, beaucoup de choses, qui régissent un peu tout ce métier-là. Donc ouais, c’est pas… Enfin, je dirais pas que c’est pas adapté à tout le monde, mais ouais, il y a quand même pas mal de choses à faire, à apprendre.
- Et au niveau de… de la santé, évidemment, j’imagine qu’il faut être en bonne santé, mais par exemple, y a-t-il un poids minimum à avoir, pour… pour qu’on puisse représenter une certaine force ?
- Ah non ! Bah, pour vous dire (10), je fais 50 kg. Donc si ça peut vous donner une idée, c’est pas… C’est plus comme avant où justement, fallait (11)… C’était vraiment un travail de force. Après, ça dépend des… du métier qu’on fait parce que même dans le transport, il y a plein, plein de transports différents, mais aujourd’hui, il y a plus de… enfin, on n’a pas… on n’a pas besoin d’être très costaud (12) pour faire ce métier. Tout est assisté. Franchement, ça a beaucoup, beaucoup changé, hein. C’est…
- J’imagine que si, oui, vous avez un problème technique avec votre… votre poids-lourd, eh bien, vous… vous êtes immédiatement assistée parce qu’aujourd’hui, il y a beaucoup d’électronique. Donc vous ne pouvez pas réparer toute seule, quoi.
- Même une roue en fait, on les change plus comme avant. Maintenant, enfin, tout le monde touche pratiquement plus (13) à rien. On connaît les notions de mécanique mais c’est vraiment rare qu’on fasse. Nous, on bidouille (14) un peu, mais on fait pas de…
- Et Valentine, les employeurs embauchent-ils normalement ou facilement des femmes comme chauffeurs ou est-ce que c’est encore difficile ?
- Moi je trouve que c’est encore difficile. Après (15), ça… ça a quand même beaucoup évolué aussi. Ils sont moins réticents qu’avant. Mais après (15), enfin, on sait qu’il y a des endroits, c’est même pas la peine de (16) postuler parce que justement, ils ont encore cette mentalité assez macho (17), on va dire, ou… ou parce que justement, ils ont eu des exemples… enfin, il y a des femmes qui sont venues travailler, ça s’est pas bien passé. Mais dans l’ensemble, quand même si, ça… ça a bien évolué. Puis on est de plus en plus, donc ils voient bien que bah… la compétence n’a pas de sexe comme on dit tout le temps. On est capables ou… c’est pas parce qu’on est un homme ou une femme. C’est…
- Alors, Valentine, on en vient quand même… Qu’est-ce qui est agréable pour vous dans ce métier ? Parce que vous faites… Vous faites combien d’heures par jour ? Vous faites neuf heures ?
- Au volant, ouais, je fais 9 heures à peu près, plus après, bah les… le chargement, le déchargement. Mais ouais, ça fait à peu près 9 heures de pure conduite, ouais.
- Oui. Donc qu’est-ce que vous trouvez de… de… plutôt sympathique à vivre dans… au volant de votre… de… de votre poids lourd ?
- Bah déjà, oui, faut (18) aimer conduire. Donc moi, j’aime bien ça. Après, j’adore écouter France Inter, surtout. Donc toute la journée, je passe un peu… enfin, je connais toutes les émissions, à la suite. Ça permet de se cultiver. Et aussi alors après… Avant, je partais à la semaine. C’était vachement plus (19)… un peu l’aventure. On savait pas trop où on allait dormir…
- Vous dormiez dans votre cabine ?
- Oui, oui, je dormais dans mon camion, ouais.
- Qui sont très confortables, j’imagine.
- Oh oui, maintenant, c’est… c’est super. On a le chauffage de nuit.
- Oui.
- C’est comme une petite maison, quoi. Moi, ça me plaisait beaucoup, ouais.
- Et vous ne le faites plus ?
- Non, j’ai arrêté en fait. Et du coup, je fais toujours le même travail. Là, je fais vraiment la même route tous les jours. C’est une navette en fait.
- Hm, hm. Et vos collègues, la plupart du temps, sont des hommes. Comment… comment ça se passe entre vous quand vous vous arrêtez dans les stations services ? Est-ce qu’il y a de la bienveillance ? Est-ce que c’est vraiment très macho ? Est-ce que c’est plutôt agréable ?
- Bah là aussi, c’est vrai que ça change beaucoup. Il y a un peu de tout (20). Et ça dépend pas forcément de l’âge, que ce soit des jeunes chauffeurs routiers ou des anciens, il y en a que ça dérange vraiment pas, qui nous prennent justement un peu sous… sous nos… sous leur aile (21), qui sont très bienveillants. J’ai eu beaucoup de collègues qui m’ont aidée, parce qu’ils sont contents justement, ça les change un peu d’avoir des femmes… des collègues femmes. Mais il y a toujours des gens qui vont faire des réflexions hyper machos… enfin, j’en ai entendu… Et on devient très féministe, hein, dans ce travail !
- Oui, c’est ce que j’ai l’impression que vous êtes en train de devenir, très féministe ! Valentine, merci.
- Merci à vous.
- Bonne journée.

Quelques explications:
1. ça fait combien de long ? : en français, on utilise très souvent le verbe faire pour parler des mesures : ce camion fait 16 mètres de long. / Il fait 30 tonnes.
2. dans les seize mètres: on ajoute dans quand un chiffre n’est pas précis, comme on dirait environ. (C’est un peu plus familier). Par exemple:  Cette jeune femme a dans les 30 ans je pense.
3. chauffeur routier: il n’y a pas de féminin pour le nom de ce métier qui a longtemps été exclusivement masculin.
4. en bref: sans entrer dans les détails. En revanche, on dit bien un conducteur / une conductrice. (Le problème, c’est qu’une chauffeuse en français, c’est tout à fait autre chose: il s’agit d’un sorte de petit fauteuil bas.)
5. la fac: abréviation de faculté qui est synonyme de université.
6. c’est trop bien: c’est vraiment très bien. Trop est souvent utilisé dans ce sens, différent de son sens de base, pour renforcer un jugement qu’on porte sur quelque chose. (plutôt familier et fréquent à l’oral)
7. une boîte: une entreprise (familier)
8. des manoeuvres: faire des manoeuvres (ou manoeuvrer), c’est déplacer son véhicule dans des situations différentes : reculer, se garer, faire demi-tour, etc…
9. une FIMO: une Formation initiale Minimale Obligatoire, c’est-à-dire une attestation nécessaire pour travailler dans les transports.
10. pour vous dire: on utilise cette expression pour annoncer qu’on va donner un exemple significatif de ce qu’on veut prouver.
11. fallait: il manque "Il", comme souvent à l’oral dans ce genre d’expression. Mais ne l’oubliez pas à l’écrit, car ça fait bizarre, même si personnellement, vous ne le diriez pas à l’oral, dans des situations familières.
12. costaud: fort physiquement. (plutôt familier)
13. pratiquement plus = quasiment plus
14. bidouiller: bricoler, réparer quelque chose en bricolant. (familier)
15. après: ce n’est pas le sens temporel habituel. On l’emploie à l’oral pour marquer le contraste avec quelque chose qu’on vient de dire, pour nuancer. C’est comme dire: Bien sûr… Mais / Cependant
16. c’est même pas la peine de… : il manque ne. = ça ne sert absolument à rien de…
17. macho: abréviation de machiste, c’est-à-dire un homme qui fait sentir sa supériorité de mâle aux femmes. On peut l’employer comme nom: c’est un macho. Ou comme adjectif: Il est macho / Il a une attitude macho.
18. Faut = il faut (uniquement à l’oral, dans un style familier)
19. vachement plus = beaucoup plus (familier, oral)
20. Il y a (un peu) de tout: c’est varié. (familier)
21. prendre quelqu’un sous son aile: l’aider, le guider en le protégeant. (comme une maman oiseau avec ses oisillons)

* avoir la vie dure: résister, durer. (à propos de croyances, de clichés, traditions par exemple)
* ne pas faire le poids: ne pas avoir les capacités nécessaires pour faire quelque chose, pour réussir une mission en face d’un adversaire par exemple.
* Pas question de… : impossible de…

L’école et les chiffres

- Le budget de l’Education est passé de 28% à 21% du budget de l’Etat entre 2007 et 2010.
- 60 000 postes ont été supprimés entre 2007 et 2011.
- 14 000 autres suppressions sont prévues d’ici fin 2012.
- 1422 classes ont été supprimées dans le primaire en 2011.
- 1407 suppressions sont prévues en 2012.

- Les effectifs dans les écoles primaires, les collèges et les lycées ont augmenté de 65 000 élèves depuis 2008.
- Les heures supplémentaires des enseignants représentent l’équivalent de 40 000 postes.

Alors, on arrive à des situations comme celle qui a fait les titres hier dans la presse:

Et à la radio:


Transcription:
Une des deux annonces a été publiée le 1er avril mais ce n’était pas une blague (1). Pour la FCPE (2), ce genre de démarche est une des conséquences des suppressions de postes dans l’Education.
- Quand le rectorat n’a plus personne sous la main (3), ils essaient de faire un peu comme ils peuvent, hein, pour trouver quelqu’un. Et c’est ça qui est gênant, parce que si le rectorat (4) n’a personne à proposer, c’est que ces suppressions ont amené à faire disparaître un vivier (5) de remplaçants et de remplacements. Donc pourquoi aller sur la Toile (6) que la maison-mère (7) n’a pas ? C’est du n’importe quoi (8) ! Aller sur la Toile, ça ne répond pas aux suppressions de postes, ça ne répond pas à la casse (9) de l’Education Nationale.
- Je crois qu’il faut quand même faire attention à la nature du support et je veux dire qu’on ne recrute pas un professeur (10) comme on achète une voiture d’occasion ou une salle à manger Louis XV.
Pour la FCPE, il y a rupture de contrat dans l’obligation de transmettre la connaissance et elle envisage d’aller en justice pour obtenir réparation.

Quelques explications:
1. le 1er avril, comme vous le savez, c’est le jour des poissons d’avril, où certains annoncent des nouvelles farfelues ou font des blagues aux autres.
2. la FCPE: la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves.
3. avoir quelqu’un sous la main: avoir quelqu’un qui est disponible.
4. le rectorat: c’est l’organisme qui gère tous les établissements d’enseignement dans un département.
5. un vivier: une réserve
6. la Toile: c’est le mot français pour Web (mais qui est assez peu utilisé en fait.)
7. la maison mère: ici, c’est le ministère de l’Education Nationale, dont dépend toute l’éducation en France. (ce qui garantit un accès équivalent à l’éducation sur tout le territoire, de façon égale. C’est un des principes de la République française.)
8. C’est du n’importe quoi = c’est absolument nul.
9. la casse = la destruction
10. le recrutement des professeurs en France: il se fait sur concours (des concours bien sélectifs, exigeants et uniformes pour garantir les mêmes conditions d’enseignement dans toute la France.) Les enseignants sont des fonctionnaires, recrutés par le Ministère de l’Education Nationale et qui savent quelle est leur mission.

C’était déjà annoncé avant la rentrée:

D’un côté, un gouvernement qui applique sa politique du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux et qui rend les conditions de travail des enseignants tellement difficiles que le métier finit par perdre toute attractivité auprès des jeunes.

De l’autre, ce même gouvernement qui fait des campagnes de pub (débiles) dans les journaux et sur internet pour vanter la grandeur du métier de prof ! On n’est pas à un paradoxe près.

Ce qui, pour finir, oblige, dans l’urgence, certains chefs d’établissements publics à passer des annonces pour trouver quelqu’un – n’importe qui – à mettre en face des élèves !

Trop de profs ?

En période électorale, les candidats ne sont pas à court de bonnes idées ! Evidemment, certaines touchent à l’enseignement et à notre système éducatif.

En voici une qui va, paraît-il, résoudre tous les problèmes du collège ! Pour que les petits sixièmes réussissent, il faudrait que leurs professeurs enseignent plusieurs matières, afin que les enfants de 11-12 ans n’aient pas trop d’enseignants différents en face d’eux. Solution miracle, d’après notre président, pour qu’ils s’adaptent mieux… En fait, solution pour gérer plus facilement, entre autres, la pénurie de professeurs remplaçants, supprimés au fil des années.

Moi, j’ai d’autres idées plus simples: mettons devant nos enfants assez d’enseignants pour que les classes ne soient pas surchargées, arrêtons de dimninuer le nombre d’adultes chargés de les encadrer, de les entourer, acceptons de dépenser l’argent nécessaire pour former les jeunes professeurs. Mais pour cela, il faudrait que nos dirigeants soient convaincus de la nécessité d’offrir un vrai service public d’éducation, à tous ! il faudrait qu’ils cessent de démanteler ce qui existe. Il faudrait qu’ils y consacrent les moyens nécessaires. Tout le reste, c’est du blablabla !
Alors, des profs polyvalents ? Voici ce qu’en pensent les intéressés, côté profs et côté élèves.


Transcription:
Pour Nicolas Sarkozy, il faut réduire le nombre d’enseignants intervenant auprès des élèves de sixième et cinquième (1). Cela faciliterait la transition CM2 (2) – collège où les élèves passent d’un maître (3) à plusieurs enseignants. Ce système, c’est la polyvalence. Un même prof enseignerait le français, l’histoire et la géographie (4). Un autre enseignerait à la fois les maths et les sciences (5). Une proposition qui n’enthousiasme pas cette enseignante en histoire:
- Moi, a priori (6), je suis plutôt opposée à ce genre de bivalence parce que chaque… chaque matière demande quand même une certaine spécialisation, et le fait d’être bivalent ou polyvalent réduit obligatoirement, hein, cette spécialisation. Et on peut pas enseigner correctement toutes les matières, même deux matières. C’est déjà difficile de dominer correctement une discipline. En dominer plusieurs, c’est quelque chose d’extrêmement difficile.

De l’autre côté de l’estrade, (7) les élèves. Dans l’ensemble, ils apprécient d’avoir un prof par matière, comme Juliette, en classe de 6è:
- Chaque professeur a une personnalité qui est bien collée à sa matière. Par exemple, mon prof d’histoire est vraiment passionné par ce qu’il raconte. La prof de français tient vraiment à la langue française. Elle l’aime beaucoup. Donc, non, moi je pense qu’un professeur par matière, c’est vraiment bien. Et c’est mieux aussi parce que quand on change tout le temps de… de personne, on s’endort pas en fait, ça nous réveille à chaque fois toutes les heures. Donc par rapport au CM2, de voir toujours la même tête, c’est un peu ennuyeux !

Quelques détails:
1. la sixième et la cinquième: ce sont les deux premières classes au collège, après l’école primaire.
2. le CM2: abréviation de Cours Moyen 2è année. Mais plus personne n’utilise cette expression complète. C’est la dernière classe de l’école primaire.
3. un maître: c’est le maître d’école, ou l’instituteur. (au féminin: la maîtresse ou l’institutrice). Normalement, le terme aujourd’hui, c’est professeur des écoles. Mais tout le monde utilise encore ces mots.
4. Il y avait une catégorie de profs comme ça avant. Mais ensuite, ils ont disparu. Donc on est prof de français (ou de Lettres) par exemple. (Certains de ces enseignants enseignent aussi le latin ou / et le grec, en tant que langues mortes) Pour l’histoire et la géographie, c’est un même enseignant qui enseigne ces deux disciplines.
5. Les sciences: ce qui est groupé actuellement, c’est la physique et la chimie, deux disciplines enseignées par un même professeur. Toutes les autres sciences sont séparées.
6. a priori: au premier abord.
7. l’estrade: il y en avait souvent une dans les classes autrefois, pour que l’enseignant "domine" sa classe: c’est une sorte de plancher un peu plus haut que le reste du sol dans la classe, en-dessous du tableau.

Vous pouvez aussi aller écouter Enzo qui parle de son entrée en sixième sur france bienvenue1 avec Eve.

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