Comme on parle
Vous le savez, j’aime écouter et "observer" comment nous parlons, dans notre vie quotidienne, quand nous ne faisons pas particulièrement attention à notre style !
Dans cette petite vidéo, cette écoute de la langue est à l’œuvre à deux niveaux: petit catalogue humoristique d’expressions ou de tics de langage recensés par Norman et que vous avez sûrement remarqués en nous écoutant. Pas toujours faciles à expliquer. J’ai un peu souffert pour mettre en mots ce que nous exprimons à travers ces expressions !
Et en même temps, écouter Norman, c’est être en direct avec ce français oral qui n’a pas grand chose à voir avec ce qu’on apprend dans les manuels.
Et vous saurez même éternuer en français !
Transcription :
Bon là, je voulais faire la liste des expressions ou des trucs que les gens font quand ils parlent, qui m’énervent.
Par exemple, dans la vie, des fois, il y a… il y a des mecs, quand tu les fais rire, ils t’insultent : Tu es con (1) !
Attends (2), moi, quand on me fait rire, je fais pas : Fils de pute, je te baise ! (3).
Après, il y a la phrase fantôme, c’est-à-dire c’est des… des mecs qui disent des mots, mais au final (4), ils ont toujours rien dit :
Ouais… Non mais… Mais voilà, après, bon… D’accord, mais personnellement, c’est vrai que bon… voilà, mais… Mais clairement, ouais.
Zéro idée exprimée !
Sans fioritures
Est-ce que parfois, vous avez du mal à vous souvenir de la fin exacte d’un film ? Vous ne vous rappelez plus tout à fait les dernières images ?
Désormais, ce n’est plus un problème avec ce site très bien nommé:
Et en fait à la fin…
Qui n’a pas un jour commencé une phrase de cette manière: Et en fait à la fin, le héros… ? Le meilleur moyen moyen de gâcher le plaisir de celui qui n’a pas encore vu le film !
Allez sur le site et cliquez et recliquez pour vous remettre en mémoire tous ces films connus.
Petites phrases courtes et directes.
Un français percutant et sans fioritures.
Des intrigues réduites à leur plus simple expression.
Adieu suspense, romantisme et complexité !
En voici juste un petit avant-goût en images:

Cloclo: Eh oui, c’est aussi bête et aussi peu glorieux que ça, même pour les stars ! Nous avons pourtant tous appris que l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage.

La planète des singes: Connaissez-vous le roman de Pierre Boulle qui l’a inspiré ? C’était grandiose aussi ! A lire absolument, même si vous connaissez la fin !
Quelques détails:
1. La planète des singes: ce roman a été écrit par Pierre Boulle en 1963, célèbre aussi pour Le pont de la rivière Kwaï.
2. Cloclo: c’était le surnom de Claude François, ce chanteur français très à la mode dans les années 60-70 et mort électrocuté.
3. larguer quelqu’un: abandonner quelqu’un avec qui on a eu une relation amoureuse. (familier) Donc se faire larguer, c’est être rejeté par celui ou celle dont on est amoureux.
4. sans fioritures: sans ornements, sans détails inutiles.
5. ne pas faire bon ménage: On utilise cette expression quand deux choses ne vont pas ensemble, quand elles ne sont vraiment pas compatibles.
Comment savoir quand on est vieux !
Il suffit de regarder cet épisode de la série Bref.
Où il est question en un peu plus d’une minute de ce qui se passe quand on fête… ses 30 ans ! C’est un tournant dans la vie d’un homme ! Il y a des signes qui ne trompent pas.
Dans cette série, tout va vite. Moins de deux minutes par épisode.
Alors, la diction est identifiable entre toutes, les mots, les images et l’humour se bousculent.
Bref, on est (presque) tous fans !
Une grande leçon de français comme on le parle. Un peu vite quand même ! Ne vous désespérez pas !
Bref, c’est bien sûr un adjectif qui signifie "court".
Mais c’est aussi un adverbe qu’on utilise souvent quand on veut conclure ou résumer ce qu’on vient de raconter ou d’expliquer. C’est ce que fait à chaque fois le héros de cette mini-série.
Pour regarder, cliquez ici: Bref. J’ai eu 30 ans. – Episode du 08/02
Je ne sais pas si ça marche dans tous les pays ou s’il y a des restrictions.
Sinon cliquez ici.
Sinon voici juste le son:
Transcription:
"Happy birthday !"
Bref, un jour, j’ai eu 30 ans. Tout le monde m’a répété: "Ça y est, tu es vieux."
Et je crois qu’ils ont pas tort, parce que:
J’ai un pote (1) qui a eu un enfant, un pote qui est devenu médecin (2) et un pote qui est parti du jour au lendemain dans un pays étranger.
J’ai eu quatre pannes sexuelles très exactement.
Je me suis demandé ce que je voulais faire de ma vie.
J’ai dit: "Non, je préfère pas (3) me coucher tard" à des potes.
Je suis rentré chez moi, j’ai pris un bain et en plus, j’ai mis de la mousse.
J’ai dit à quelqu’un: "Tu dis ça maintenant, mais tu verras plus tard."
Quand je vais aux toilettes, j’attends 1, 2, 3 4 secondes avant de pouvoir pisser.
Mes potes me parlent de crédit d’impôts (4) et de retraite (5).
Quand je joue avec mes Transformers, on me demande si je suis un collectionneur.
One more time des Daft Punk à 11 ans, Jurassic Park à 19 ans et les Simpsons en 23 ans.
L’hiver, je prends des vitamines.
J’ai déjà marché près de la mer avec un pull autour du cou (6) et j’ai aimé ça.
J’ai dit: "Baisse le son" à quelqu’un qui écoutait de la musique.
J’ai dit: "Oh, ça monte !", essoufflé, dans une rue qui montait.
J’ai entendu des jeunes parler entre eux: "Trop [...]. Elle voulait cé-su mais j’avais ap de pote-ca." (7) Et j’ai rien compris. Je me suis rendu compte que je les appelais "des jeunes".
Un dimanche, j’ai brunché. (8)
J’ai pris un taxi (9) parce que j’avais la flemme (10) de prendre le métro.
J’ai trouvé qu’un jeu vidéo allait trop vite.
J’ai acheté une théière et j’ai une marque de thé préférée (11).
Je suis trop vieux pour la carte 12-25 et pas assez vieux pour la carte senior. (12)
J’ai acheté des boîtes pour ranger.
Je mélange plus les couleurs quand je fais une machine (13) et je comprends l’étiquette de mes pulls. (14)
Je suis déjà parti en vacances pour me reposer et j’ai utilisé le mot "Farniente".
Une bougie est restée allumée et j’ai hésité à la souffler. Kheiron l’a éteinte.
Bref, j’ai eu 30 ans.
Oh ! "Découverte autour du vin. Votre forfait oenologie". (15) Depuis le temps que je dis qu’il faut qu’on le fasse ! Pas vrai, ma chérie ? Allez, je fais la bise à tout le monde !
Quelques commentaires:
1. un pote: un copain (familier)
2. être médecin: il faut entre 8 et 12 ans d’études après le bac pour devenir médecin. Donc on le devient à la trentaine.
3. je préfère pas me coucher tard: il manque "ne" = Je préfère ne pas me coucher tard. (style oral)
4. quand on est jeune, avant de travailler, on ne paie pas d’impôts évidemment. Donc ce n’est pas un sujet de conversation entre jeunes. C’est le truc des parents.
5. la retraite: quand on commence à travailler et qu’on a donc un salaire, les banques, les assurances vous contactent pour vous proposer des plans d’épargne retraite.
6. L’idée, c’est qu’il s’embourgeoise, va au bord de la mer quand il ne fait pas si chaud que ça (et fait attention à ne pas prendre froid), ou se balade en marchant le long de la plage le soir au lieu d’aller en boîte par exemple. Marcher pour le plaisir n’est pas si souvent que ça une activité de jeune!
7. Ils parlent en verlan: il est question de se faire sucer par une fille et de ne pas avoir de capotes (c’est-à-dire des préservatifs). (Conversation très crue bien sûr, pour épater les copains.)
8. bruncher: quand on est jeune, on se lève en début d’après-midi le dimanche pour récupérer d’une nuit blanche à faire la fête avec ses potes ou à jouer en réseau (toujours avec ses potes), donc trop tard pour un brunch.
9. Les taxis sont chers en France. Les jeunes ne les prennent pas, d’autant plus qu’avec le métro, à Paris, on va partout.
10. avoir la flemme: ne pas avoir le courage de faire quelque chose parce qu’on a l’impression que c’est un effort.
11. le thé: ce n’est pas la boisson la plus répandue chez les Français, notamment chez les hommes, et encore moins chez les jeunes. Boire du thé est souvent perçu comme une habitude de plus vieux, de quelqu’un qui fait attention à la qualité de sa vie, qui se tourne vers un certain raffinement dont ne se préoccupent pas les plus jeunes.
12. Ce sont les cartes de réduction de la SNCF pour voyager en train. Il y en a une pour les jeunes entre 12 et 25 ans. Donc après 26 ans, on n’y a plus droit. On entre dans l’âge adulte !
13. faire une machine = faire la lessive.
14. C’est donc la fin de la période des catastrophes de lavage où on faisait déteindre ses vêtements parce que ce n’était plus maman qui le faisait ! Savoir lire les symboles de lavage sur les vêtements est un des signes qu’on a vieilli !
15. Votre forfait oenologie: ce sont les boîtes cadeau qu’on offre (grande mode quand on est en panne d’inspiration) et qui donnent droit à des séjours quelque part, ou des cours de quelque chose, comme la découverte du vin. Quand on est jeune, le vin n’est pas la boisson alcoolisée qu’on consomme. Et apprendre à déguster les vins est un loisir qui coûte cher, donc qui vient en général quand on est un peu plus installé dans la vie.
La grosse tête ou pas ?
Vous connaissez déjà Norman si vous avez écouté par exemple ce qu’il a à dire sur ceux qui sont toujours en retard.
C’est très à la mode en ce moment de faire ce genre de vidéos – solitaires – avec des moyens limités. Et ensuite, si ça fait rire, elles circulent sur internet, notamment parmi les ados ou les jeunes.
Il y a un côté sympathique à ce que les choses puissent se faire – parce que la technique accessible à tous les rend possibles – sans passer par les circuits habituels de production. Chacun peut tenter sa chance ! Et la notoriété peut venir très vite. A condition d’être plutôt bon. Mais gloire éphémère, comme tout ce qui va vite et qu’on consomme dans l’instant ?
Petite interview sympathique donc de Norman, à qui le succès n’est pas encore monté à la tête ! (et qui parle, vite, de tout ça.)
- C’est ici que se font vos vidéos alors, dans cet appartement.
- Alors tout à fait. C’est mon petit appartement du 93 (1), plutôt moyennement entretenu, me direz-vous.
- Combien de personnes ont vu vos vidéos ? Vous savez ça aujourd’hui ?
- Mais en terme de vues, il y a à peu près 120 millions de vues, hein, déjà sur You Tube. 120 millions en un an et demi.
Alors il faut savoir que les gens du Code de la Route, ils ont un vocabulaire bien à eux, tu vois. Eux, ils disent pas "voiture". Eux, ils disent: "Pour la série de questions qui suit, nous imaginons que vous utilisez un véhicule de tourisme citadin de catégorie A".
- Quand on a ses vidéos vues 120 millions de fois, est-ce qu’on prend pas un peu la grosse tête (2) ?
- Ma vie est toujours la même, j’habite toujours dans le même endroit. J’ai toujours les mêmes amis. Après, j’ai pas l’impression d’avoir accompli quelque chose d’héroïque ou quoi que ce soit, quoi, hein. Ce que je fais, on va dire que ça… ça plaît aux gens. J’en suis content mais ça s’arrête là. Et puis, on va dire que c’est simplement que les projets, du coup, sont de plus en plus imposants. En ce moment, j’ai des… des portes ouvertes (3) au cinéma. Mais sinon, le reste de ma vie, les choses ne bougent pas.
- Est-ce qu’on vous demande des autographes, dans la rue ?
- Ouais, ça… ça… ça arrive, en effet. Ils me prennent comme un vieux pote (4), quoi ! Genre limite, ils me disent "Hé Norman! Ça va? Qu’est-ce qui se passe ?" Ils me serrent la main: "Je te checke (5), je te paye un verre", alors que moi, du coup, pour moi, c’est des parfaits inconnus (6). Le seul point négatif là-dedans, c’est peut-être que du coup, je mets peut-être plus de temps à aller à certains endroits ! Mais c’est pas un problème.
- Et avec les filles, c’est mieux ?
- Je suis en couple, n’est-ce pas (7) ? Donc la question, je ne me la pose pas. On va dire qu’il y a pas non plus des centaines de bimbos en bikini qui viennent devant la porte chaque jour. Pour le moment en tout cas, j’ai… j’ai pas de problème avec la gent féminine (8).
J’ai l’impression que les bilingues, ils ont une sorte de besoin de te foutre la honte (9). Et ils aiment bien te mettre dans des situations de manière à te rappeler que tu es une merde (10) à côté d’eux.
… Boiling water and let it cook for two or three minutes, approximately. Yeah
Je… je suis désolé. J’ai… j’ai pas compris, je parle pas… pas bien l’anglais comme toi.
Tu parles pas anglais ? C’est génial ! Tu parles quelle langue ?
- Est-ce que c’est pas (11) une notoriété précaire ? Une célébrité qui risque de (12) partir aussi vite qu’elle est venue ?
- Ouais, c’est-à-dire que les cas où en effet, c’est… la notoriété a fait… on va dire un aller et retour, c’est un cas de figure où les créatifs qui faisaient ça justement étaient pas forcément des créatifs mais plus des gens qui ont fait un… un buzz (13) sans le faire exprès. Moi, dans mon cas, c’est quelque chose que je travaille, et c’est vraiment une activité que je revendique. J’ai pas fait un petit sketch pour m’amuser, qui a marché une fois, point (14). Des sketches, j’en ai fait des centaines, voire (15) des milliers.
- Pour vous, quelle est la particularité de la célébrité, de la notoriété sur internet, par rapport à d’autres médias ?
- Contrairement à la télévision, le piston (16) est impossible sur internet. Donc en fait, le seul… la seule arme qu’on a, c’est la créativité, et surtout l’innovation qui va surprendre les gens et donner envie de… de partager et d’en parler, quoi. Parce que un buzz, avant tout, faut pas (17) oublier que c’est ça, hein. Le principe du buzz, c’est que quelqu’un… il y a quelqu’un qui lui-même dit à quelqu’un et en fait, ça fait une… une tache d’encre (18) et ça fait ensuite… comment dire… un retour massif, quoi.
- Est-ce que vous avez peur que tout ça s’arrête un jour ?
- Mais non, c’est pas quelque chose qui me fait peur parce que j’ai rien à perdre, quoi. C’est que… c’est que du bonus (19), ce qui m’arrive. Pour l’instant, le seul truc (20) que je sais, c’est que j’ai envie de faire plein de trucs, j’ai plein de portes ouvertes. Et on va dire que j’ai encore du pain sur la planche (21).
Quelques explications:
1. le 93: c’est le département de la Seine-Saint-Denis, dans la banlieue parisienne.
2. prendre la grosse tête: devenir prétentieux, se croire supérieur aux autres parce qu’on a du succès, ou parce qu’on a de bons résultats. (familier) On dit de quelqu’un: Il a la grosse la tête. (Ou l’inverse: il n’a pas la grosse tête, s’il est resté simple et modeste malgré sa réussite.)
3. des portes ouvertes: il ne fait pas la liaison entre portes et ouvertes, alors que beaucoup d’autres Français la feraient, ce qui est correct. (Personnellement, l’absence de liaison ici me gêne un peu !)
4. un pote / un vieux pote: un copain (familier)
5. je te checke: je te regarde. (argot des jeunes, basé sur le mot anglais check)
6. des parfaits inconnus: là non plus, il ne fait pas la liaison, alors qu’elle est normalement courante. Ce qu’on constate, c’est que les liaisons ont tendance à reculer, dans un langage plus familier.
7. n’est-ce pas : c’est relativement rare de dire "n’est-ce pas" en français, surtout dans un style familier. Donc il le fait de façon un peu ironique, un peu appuyée, justement pour souligner le fait qu’il n’est pas libre.
8. la gent féminine: le groupe constitué par les femmes, par opposition à la gent masculine. Ce terme est ancien et donne un côté désuet à sa phrase.
9. foutre la honte à quelqu’un: faire / ou dire quelque chose qui cause un sentiment de honte à cette personne. (très familier)
10. une merde: un minable, quelqu’un de nul. (vulgaire)
11. Est-ce que c’est pas… : omission de ne, comme d’habitude dans un style oral familier. (= Est-ce que ce n’est pas…?)
12. qui risque de partir = qui pourrait partir. (Risquer exprime l’idée que c’est une possibilité).
13. un buzz: cet anglicisme a envahi le français ces derniers temps ! On fait le buzz, on crée le buzz, c’est un buzz, etc… Légèrement agaçant… Non, très agaçant et pas très joli en français qui déforme tout… Mais bon !
14. point = et c’est tout / et c’est terminé.
15. voire = et même
16. le piston = le favoritisme. Quand on obtient un poste parce qu’on connaît des gens bien placés et non pas pour ses compétences, on dit qu’on est pistonné. (familier).
17. Faut pas oublier = il ne faut pas oublier (oral uniquement et familier). Même quelqu’un qui parle comme ça (et c’est très fréquent) n’écrira pas de cette manière.
18. ça fait une tache d’encre: l’image la plus habituelle n’est pas celle de l’encre mais celle de l’huile. On entend plus souvent: faire tache d’huile, c’est-à-dire se propager peu à peu comme l’huile (ou l’encre) une fois répandue.
19. c’est que du bonus: ça ne peut être que positif de toute façon puisqu’il ne s’attendait pas à ce succès.
20. un truc = une chose (familier)
21. avoir du pain sur la planche: avoir du travail / plein de choses à faire. (familier)
Toujours en retard
Etes-vous du genre plutôt toujours en avance, et donc toujours à l’heure ? Ou l’inverse ?
Et si vous faites partie de ceux qui ne peuvent pas arriver à l’heure, est-ce que ça vous stresse ou pas ? Il y a fort à parier que non. (Sinon, vous feriez tout ce qu’il faut pour éviter de vous trouver dans cette situation !)
Alors, quand un de mes étudiants arrive en retard – et il y en a toujours au moins un le matin. Ce matin encore – et m’explique le pourquoi du comment, je ne peux pas m’empêcher de penser à cette vidéo de Norman !
Réalisme, sens de l’observation et humour.
Et aussi bel exemple d’une façon de parler – tout à fait ordinaire – que vous ne trouverez pas dans les manuels de français mais que vous êtes certains d’entendre si vous venez en France ! La leçon d’oral parfaite !
Transcription:
Moi, dès que je dois aller quelque part ou quand on me donne un rendez-vous, il y a un truc (1) qui est sûr, c’est que je serai toujours à l’heure.
FAUX !
Je suis toujours en retard. Ouais, c’est vrai que je suis toujours en retard. C’est super chiant (2), et en plus, je fais pas exprès et les gens, ils m’engueulent (3). Mais si jamais je suis toujours en retard, je me suis rendu compte que c’était à cause d’un mec (4). C’est à cause du mec qui a inventé la touche "Répéter dans 5 minutes" sur les réveils. Tu la connais, cette touche ?
Oh putain ! (5)
Mais en plus, elle sert à rien, cette touche ! Sérieux (6) ! Tu as dormi pendant huit heures, tu as pas besoin de cinq minutes en plus !
- Excuse-moi, j’ai pas compris ce que tu viens de dire, là. Non, parce que je suis bilingue.
– Ah oui, pour les bilingues, cette touche s’appelle "Snooze".
– Ah Snooze ! Ah ! La touche Snooze ! Amazing !
Il y a une autre raison pour laquelle je suis souvent en retard, c’est que, à la seconde où je dois partir, j’ai toujours envie de faire un truc mais (7) que je ferais jamais en temps normal !
"Allez, c’est parti." Mais c’est quoi, ce pied de table bancal ? Faut absolument que je le répare.
"OK, c’est bon, je peux y aller."
En plus, dans ces moments-là, je suis… je suis stressé, parce que je dois partir et je sais que je suis en retard, tu vois. Et je me mets à faire des trucs un peu chelous (8).
Est-ce que j’ai bien fermé la lumière (9) de la salle de bains ?
Moi, j’arrive pas à partir zen, serein, l’esprit libre, tu vois. J’ai forcément besoin d’être en stress et en panique pour y aller, quoi. En fait, je crois que j’ai besoin d’adrénaline.
Il y a un truc que je comprends pas, c’est que quand tu es en retard et que tu arrives au rendez-vous, tu as couru, tu as sué (10), tu es en nage (11), tu en peux plus (12), tu as tout donné, tu étais dans le stress, la panique, et… et tu arrives devant le mec, tu vois, tu t’écroules et tu te dis: "Ça y est, je suis arrivé". Bah le mec, il t’engueule ! Putain ! Mais à ce moment-là, tu… tu mérites juste une médaille, quoi !
Ouh ! Je suis en retard de 50 minutes, les mecs !
Le pire, c’est au travail, je me fais toujours défoncer (13). Il faut savoir que dans le milieu du travail, tu as pas le droit d’être en retard. Tu sais pas pourquoi, mais quelques secondes, c’est pas possible. Dans la tête de ton patron (14), c’est forcément: NON.
Alors, j’ai essayé toutes les excuses du monde, mais laisse tomber (15), ça marche jamais !
- Excusez-moi, monsieur, c’est… c’est la touche Snooze.
– NON !
Alors que, je sais pas si tu as remarqué, mais les filles, quand elles trouvent une excuse, ça marche toujours, déjà (16). Et deuxièmement, c’est quoi, ces excuses nulles ?
- Je suis vraiment désolée, monsieur, mais ce matin, j’étais pas très bien.
– Tu te sentais pas très bien ? Ah ouais, c’est pas mal, comme excuse, ça. Ouais, bon OK, ça marche. Allez, on oublie, tu peux rentrer. Excuse-moi.
C’est génial, ça ! Pas très bien !
Alors comme les excuses, ça marche jamais, moi je pratique un truc, c’est le semi-mensonge. Je sais pas si tu connais ? C’est que à la fois, tu mens pas vraiment mais en même temps, tu abuses (17) un peu quand même. Par exemple, tu es super en retard (18) à un rendez-vous, et à la seconde où tu poses ton premier pied dehors, tu envoies un message au mec qui t’attend: "J’arrive, je suis en chemin". Ça s’appelle un semi-mensonge.
Bécassine (19) ! OK.
Il y a des gens qui croient que quand tu es en retard, tu fais ça exprès pour te la raconter (20), tu vois, parce que c’est un peu cool et tout. Bah non, c’est pas cool.
- Excuse-moi, René, je suis un peu en retard. Je suis complètement chépère (21). J’ai pas regardé l’heure. Enfin d’ailleurs, je sais pas lire l’heure.
– Hein ? Ah non, tu es viré (22). Tu te casses (23).
– Ah… sinon… en fait je suis pas… je suis pas chépère. Je… je rigolais (24). Ah ah.
– Tu es viré. Tu te barres (25) maintenant. Et je fais la forme du pistolet, OK ? Donc maintenant, tu t’en vas.
Maintenant que je suis devenu un adulte, j’ai enfin compris que, en fait, pour être à l’heure, c’est pas compliqué, ça demande juste un seul truc: ça demande du courage.
Ça demande du courage, Pokemon.
J’ai vu que vous étiez plus de 30 000 sur la page Facebook "Norman fait des vidéos" et je me suis dit peut-être que ça pourrait remplir un stade de… de foot et que un jour, on pourrait faire un match.
Le site de Norman fait des vidéos
(J’adore la vidéo sur les Apple addict. Transcription à venir…)
Explications:
1. un truc: une chose, quelque chose (familier, oral)
2. c’est chiant: c’est énervant. (très familier, plutôt vulgaire) – C’est super chiant: c’est très chiant. (familier aussi)
3. engueuler quelqu’un: le disputer. (plutôt vulgaire)
4. un mec: un homme (familier)
5. Putain ! : exclamation courante chez certains, notamment dans le sud de la France, mais plutôt vulgaire. A remplacer de façon plus neutre par quelque chose comme: Zut ! / Oh là là !
6. sérieux ! : sans plaisanter.
7. un truc mais que je ferais jamais: ce mais n’a pas son sens habituel. Il sert juste à renforcer la suite, dans un style familier.
8. chelou: louche en verlan, c’est-à-dire bizarre / étrange. Le verlan, c’est une forme d’argot où on inverse les syllabes des mots, qui sont donc prononcés à l’envers.
9. fermer la lumière: normalement, on dit plutôt éteindre la lumière. Mais c’est assez fréquent d’entendre ça.
10. suer: transpirer. Transpirer est plus courant.
11. être en nage: être tout transpirant / être en sueur
12. tu n’en peux plus = tu es épuisé.
13. se faire défoncer: se faire disputer, subir les critiques. (argot)
14. le patron: le directeur de l’entreprise.
15. laisse tomber = tu peux renoncer / Ce n’est pas la peine d’essayer. (familier)
16. déjà: premièrement.
17. abuser: exagérer / dépasser les limites
18. super en retard: très en retard (familier)
19. Bécassine: c’est le nom de la chatte de Norman, d’après une héroïne de livre pour enfants, très populaire. Le terme a fini par signifier un peu naïve, pas très fûtée.
20. se la raconter: essayer de se faire passer pour très intelligent ou malin, essayer de se faire remarquer. (familier). On dit aussi: se la péter.
21. chépère: perché en verlan. C’est quand on est encore sous l’effet d’une drogue et qu’on n’est pas encore redescendu (donc on est perché). Donc par extension, on l’emploie à propos de quelqu’un qui est un peu perdu, qui plane, qui n’est pas vraiment dans la vie réelle.
22. tu es viré: tu es renvoyé / licencié. (familier et agressif)
23. tu te casses: Pars / Va-t-en. (très familier et agresif aussi)
24. rigoler: rire, donc aussi plaisanter / ne pas être sérieux. (familier)
25. Tu te barres: c’est comme Tu te casses. (même niveau de langue) Au passage, vous remarquez sans doute que ces ordres ne sont pas à l’impératif: Barre-toi / Casse-toi, ce qui les rend encore plus agressifs.
Clichés
Tics de langage, expressions à la mode, snobismes affichés dans nos conversations, intonations et mimiques expressives… Difficile d’échapper à ces façons de parler qui marquent une époque.
Voici une petite vidéo pleine d’humour et d’auto-dérision pour faire le tour de ce qui se dit en 2012 à Paris (et ailleurs, malgré le titre.) Un vrai petit cours de français branché !
Transcription parce que ça va vite et petit décryptage personnel de ce qui se cache derrière ces mots.
Et si vous voulez la regarder sur le site, c’est ici.
Transcription:
A New York, tu vois, il y a une énergie qu’on trouve pas ici !
Attends, mais c’est un village, Paris, à côté (1) !
C’est juste énorme ! (2)
Tu connais le nouveau bar à eau ? (3)
Tu es au courant qu’il y a un nouveau bar à pain ?
Tu connais le nouveau bar à soupe.
Ah non, c’est le meilleur burger de Paris.
C’est le meilleur bo bun (5) de Paris.
Ah, c’est le meilleur Thai de Paris.
Mais c’est énorme !
L’hallu ! (6)
Moi, j’aime les gens vrais.
Le patron, tu commandes du ketchup, il t’insulte. C’est génial ! (7)
Ah j’ai rien contre la province (8). Ma mère vient de Montpellier.
C’était très sympa, cette soirée.
J’ai envie de vacances.
On s’est fait un petit brunch (9) dans le Marais (10), du fait maison. Superbe.
Je vais tout plaquer (11), je prends une année sabatique.
Le mois prochain, j’arrête mon boulot.
Je vais peut-être faire le tour du monde.
Cette année, je monte ma boîte (12).
Je me casse (13).
Cette année, je passe mon permis (14).
Et je vais ouvrir des chambres d’hôtes (15) dans le Périgord (16)
La meuf (17) qui m’invite à une soirée en banlieue ! Non mais l’invitation trop relou (18) !
Suresnes ? Ah non ! Non, non !
Saint-Ouen ? On peut y aller par la route ?
Non mais c’est à Levallois !
Vélisy ? Vélisy, Vélisy. (19)
Ah je sais pas, tu sais, moi je lis que Télérama. (20)
Ils en ont pas parlé sur France Inter (21) hier ?
Tu t’es fait Matisse ? (22)
Tu es allé voir Munch à Pompidou (23)?
Tu t’es fait Diane Arbus au Jeu de Paume (24)?
Attends, mais c’est so 2010 ! (25)
Attends je peux pas, j’ai yoga.
C’est clair. (26)
Ah non je peux pas, j’ai yoga bikram.
Je me suis trouvé un petit maraîcher bio (27) mais du tonnerre (28) !
Ça, tu vois, c’est de la bonne tomate. Regarde, tu vois, là, ça, ça a un vrai goût de tomate (29), ça.
Ah mais putain ! (30)
Mais décroche, décroche, décroche !
Je suis à Châ… à Châtelet, là. (31)
Pardon. (32)
Mais c’est bon (33), je sors aussi, là.
Non mais c’est bon, je vous dérange pas là ? (34)
Les gens sont égoïstes !
Non mais les gens sont tarés ! (35)
Les gens sont vraiment trop cons.
Les gens sont stressés !
Le 16è (36), c’est mort, c’est mort, mort, mort.
Non mais le 20è, c’est le nouveau 12è.
La rue Saint Denis, c’est le nouveau Montorgueil.
OK. Cia cia ciao.
C’est beau quand même, hein.
Pff ! Par contre demain, j’ai une journée qui me soûle (37)!







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