Sans fioritures
Est-ce que parfois, vous avez du mal à vous souvenir de la fin exacte d’un film ? Vous ne vous rappelez plus tout à fait les dernières images ?
Désormais, ce n’est plus un problème avec ce site très bien nommé:
Et en fait à la fin…
Qui n’a pas un jour commencé une phrase de cette manière: Et en fait à la fin, le héros… ? Le meilleur moyen moyen de gâcher le plaisir de celui qui n’a pas encore vu le film !
Allez sur le site et cliquez et recliquez pour vous remettre en mémoire tous ces films connus.
Petites phrases courtes et directes.
Un français percutant et sans fioritures.
Des intrigues réduites à leur plus simple expression.
Adieu suspense, romantisme et complexité !
En voici juste un petit avant-goût en images:

Cloclo: Eh oui, c’est aussi bête et aussi peu glorieux que ça, même pour les stars ! Nous avons pourtant tous appris que l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage.

La planète des singes: Connaissez-vous le roman de Pierre Boulle qui l’a inspiré ? C’était grandiose aussi ! A lire absolument, même si vous connaissez la fin !
Quelques détails:
1. La planète des singes: ce roman a été écrit par Pierre Boulle en 1963, célèbre aussi pour Le pont de la rivière Kwaï.
2. Cloclo: c’était le surnom de Claude François, ce chanteur français très à la mode dans les années 60-70 et mort électrocuté.
3. larguer quelqu’un: abandonner quelqu’un avec qui on a eu une relation amoureuse. (familier) Donc se faire larguer, c’est être rejeté par celui ou celle dont on est amoureux.
4. sans fioritures: sans ornements, sans détails inutiles.
5. ne pas faire bon ménage: On utilise cette expression quand deux choses ne vont pas ensemble, quand elles ne sont vraiment pas compatibles.
Taper plus vite que son ombre !
Elle s’appelle Rose Pamphyle. Elle a une vingtaine d’années. Elle vit dans une toute petite ville de province où il ne se passe rien. Elle rêve d’être secrétaire, comme beaucoup d’autres à l’époque. On est à la fin des années 50. Les concours de vitesse dactylographique sont à la mode, organisés par les fabriquants de machines à écrire !
Voici une comédie très fraîche comme les Français en font peu, à la manière des comédies américaines. L’histoire est prévisible mais on ne s’ennuie pas un instant aux côtés de Rose et de Louis, son patron. Elle a du répondant, beaucoup de charme, c’est difficile d’avoir le dernier mot avec elle.
Bref, c’est une très jolie vision des années 50, où les femmes entraient enfin en masse dans le monde du travail salarié et commençaient à accéder à l’autonomie que donne un métier.
Et pour nous qui sommes tous aujourd’hui sur nos claviers d’ordinateurs avec plus ou moins de dextérité, (avec combien de doigts tapez-vous?), c’est aussi la découverte de ces compétitions pleines de suspense qui opposaient des dactylos entraînées comme des sportives de haut niveau ! J’adore le geste qu’elles font en relevant leurs mains du clavier quand la cloche de fin des épreuves retentit ! Le tout filmé avec un sens du rythme, des plans et des couleurs.
Transcription :
- Etre secrétaire, c’est moderne. C’est rencontrer un tas de gens (1), faire le tour du monde (2), travailler pour de grands hommes.
- Enfin, si vous travaillez pour moi, vous ferez simplement le tour de Lisieux (3).
- Agence Echard et Fils, j’écoute.
- Elle est comment, alors ?
- Vous êtes une secrétaire lamentable (4).
- La seule chose que je fais vraiment bien, c’est taper à la machine.
- Enfin taper à la machine, c’est le minimum pour une secrétaire !
- Je ne pense tout simplement pas que votre avenir soit auprès de moi, à moins que vous acceptiez de faire un petit quelque chose.
- Si vous pensez que c’est aussi facile que ça de m’avoir dans son lit !
- C’est là que je vous veux. Pas dans mon lit !
- Particper à un concours ?
- Pas participer. Gagner ! Je vous entraîne, je prends tout en charge (5). (Plus vite) Je vous installe chez moi.
- On se croirait dans Autant en emporte le vent (6).
- Tu crois vraiment que je vais lui donner des cours de piano !
- Tu lui plais, Louis.
- Et elle te plaît.
- Rose ne doit penser qu’au championnat ! Elle se rend pas compte (7) du don qu’elle a. Je peux mettre le monde à ses pieds.
- Vous croyez vraiment que vous êtes l’homme de la situation (8) ?
- Tu comptes (9) l’appeler encore combien de fois avant de comprendre qu’il décrochera jamais ? N’importe quel homme qui passe à côté (10) de toi est un imbécile.
- Elle a l’impression que je me sers d’elle, à part que (11) c’est pour elle que je fais tout ça.
- Vous pensez vraiment que la vitesse dactylographique est un sport ?
Quelques détails :
1. un tas de gens : beaucoup de gens (familier, employé à l’oral)
2. faire le tour du monde : voyager dans le monde entier.
3. Lisieux : petite ville de Normandie, très provinciale (par opposition à la vie parisienne), où on imagine qu’il ne se passe rien de passionnant.
4. lamentable : très mauvais. Ce terme est fort et très critique.
5. Prendre en charge quelque chose : s’occuper de quelque chose, en prendre la responsabilité.
6. Autant en emporte le vent : c’est la traduction française du titre du roman de Margaret Mitchell (et du film de Victor Fleming) Gone with the wind.
7. Se rendre compte de quelque chose : comprendre quelle est la situation, ce qui se passe. Louis pense qu’elle n’a pas conscience du don qu’elle possède en tapant si vite.
8. L’homme de la situation : la seule personne capable de gérer tous les problèmes liés à une situation particulière et d’obtenir un résultat, un peu comme un sauveur.
9. Compter faire quelque chose: avoir l’intention de faire quelque chose. Par exemple, on peut dire: Tu comptes rester combien de temps ? / Que comptes-tu faire une fois là-bas ? / Il compte partir quelques mois à l’étranger et chercher du travail.
10. passer à côté de quelqu’un: ne pas se rendre compte de la valeur, des qualités de cette personne. On dit aussi, avec le même sens: passer à côté de quelque chose.
11. À part que = sauf que

Allez aussi écouter le cinéaste et ses acteurs ici.
(Et en plus de cette petite vidéo, il y en a quatre autres sur d’autres aspects du film et de son tournage.)
Transcription:
- C’est une comédie romantique et sportive, presque d’action aussi parce que finalement, le sport, à filmer, c’est presque comme filmer des scènes d’action.
- C’est une jeune fille qui vient d’une petite ville et qui… qui devient quelque chose auquel elle s’attend pas, et voilà, quoi. Un premier regard sur… sur la ville, sur le monde, sur les garçons.
- Le personnage de Louis, il est quand même très sombre.
- C’est un vieux garçon (1), le Louis Echard. (2) Enfin il a mis un peu une croix (3) sur l’histoire d’amour.
- Et le personnage de Rose, dans sa transformation, n’est pas que une Julia Roberts. Elle est beaucoup plus que ça.
- Rose Pamphyle, elle sait pas que elle devrait faire comme ci ou comme ça parce que les filles sont censées (4) faire comme ça, parce qu’on lui a pas appris.
- Vous vous croyez malin (5) dans vos costumes comme il faut (6)? Vous me faites ni chaud ni froid (7), Monsieur Echard !
- Il y a l’histoire d’amour qui prend du début à la fin. Et où est-ce qu’elle naît exactement, comment elle va être nourrie, où est-ce qu’on va d’un coup lâcher ? C’est pas tout rose (8), quoi. C’est pas… On fait pas une histoire d’une championne et tout va bien, non, non, non. Il y a de l’âme, il y a du… il y a du tourment, voilà.
- Pourquoi une fille vaudrait (9) moins qu’un garçon ? Ou pourquoi une fille pourrait moins faire de choses qu’un garçon ? Et c’est vrai que c’est quelque chose qui est très, très… très moderne à l’époque (10).
Quelques détails :
1. un vieux garçon : un homme qui ne s’est pas marié. C’est péjoratif, contrairement à célibataire qui dit juste que la personne n’est pas mariée. L’équivalent féminin, c’est une vieille fille. L’idée, c’est que dans une société qui valorise le mariage, ce sont des gens qui n’ont pas réussi à se marier et qui mènent une vie plutôt sclérosée, monotone et rigide.
2. Le Louis Echard : ajouter le devant un nom propre, c’est en général plutôt péjoratif. (sauf dans le sud-ouest où ils le font souvent, contrairement aux autres régions où c’est rare)
3. mettre une croix sur quelque chose : renoncer à quelque chose. On dit aussi : faire une croix sur quelque chose.
4. Être censé faire / dire quelque chose : agir comme ce que les gens attendent, comme les conventions l’exigent.
5. Malin : intelligent, supérieur.
6. Comme il faut : convenable / respectable
7. ne faire ni chaud ni froid à quelqu’un : ne pas troubler cette personne, n’avoir aucun impact sur elle.
8. C’est pas tout rose: ce n’est pas facile tout le temps. Il y a des difficultés.
9. Vaudrait : c’est le conditionel du verbe valoir.
10. À l’époque : en ce temps-là / dans ces années-là.
Le cinéma du mercredi
Les films nouveaux sortent le mercredi. Alors le mercredi, on regarde les programmes et les horaires des cinémas pour toute la semaine à venir. Et on se dit: J’aimerais bien voir Dans la maison, le dernier film de François Ozon. Pour ce qu’on a entendu dire de cette histoire, pour les souvenirs qu’on a des autres films de ce cinéaste, pour Fabrice Luchini et sa diction inimitable, pour Kristin Scott Thomas et son français impeccable. Il y aura sûrement ceux qui aiment et ceux qui n’accrochent pas. Comment savoir autrement qu’en y allant ?

En attendant, la bande annonce est ici.
Transcription:
- Cette année sera donc l’occasion d’étudier les grands auteurs de la langue française et surtout vous inciter à vous exprimer, à raconter des histoires.
- Zéro, six (1)… Ouah ! Ils sont si mauvais que ça cette année ?
- C’est la classe la plus nulle (2) de ma vie. Ecoute ça: "Samedi, j’ai mangé une pizza et regardé la télé. Dimanche, je n’ai rien fait." Je leur ai pas demandé de me faire un poème en alexandrins (3), hein ! Je leur ai demandé de me raconter leur weekend.
"Samedi, je suis allé étudier chez Raphaël Artol. Je découvrais la maison. Une odeur retint mon attention, l’odeur si singulière des femmes de la classe moyenne."
- Tu trouves pas ça choquant qu’un élève de 16 ans écrive un truc pareil (4) ?
- Oh non, moi, ça me choque pas.
- Tu as un don.
- Tu lui mets 17 alors qu’il se moque de son copain et de sa mère.
- De retour dans la maison de la famille normale, j’aide à nouveau Rapha.
- Hé, hé !
- Tu t’es lancé dans une parodie. Ce qui est rare, c’est de s’approcher au plus près des personnages. Pourquoi tu es passé au présent ?
- C’est une manière de rester dans la maison.
- Je ne sais pas ce que tu cherches.
- J’essaie juste de lui apprendre la littérature.
- Il y a une seule question que tu dois te poser: que va-t-il se passer ?
- Il les a regardés faire l’amour !
- Mais ce sont des personnages de fiction, Jeanne !
- Tout ça devient de plus en plus crédible et de plus en plus dangereux.
- Tu es allé trop loin.
- C’est vous qui m’avez poussé là-dedans.
- Oublie les Rapha.
- Je veux continuer [?].
- Ça va mal finir, je le sens, ça va mal finir.
- Vous avez humilié mon fils en public.
- Tu as merdé (5).
- J’ai corrigé son devoir !
- Là, il te manipule. Tu veux lui apprendre la littérature mais c’est lui qui te donne une leçon.
- Je pars à la recherche d’une fin, une fin pour Monsieur Germain. Une fin pour mon professeur.
Quelques détails:
1. Les tests des élèves français sont notés entre 0 et 20.
2. nul: mauvais
3. les alexandrins: ce sont des vers de 12 syllabes, composés de deux parties de 6 syllabes chacune, utilisés en poésie et dans le théatre de Corneille, Racine par exemple.
4. un truc pareil: quelque chose de cette sorte
5. merder: rater / faire une grosse erreur. (argot) On dit aussi: foirer. (argot aussi)
Chapeau bas
Il y a les films qu’on voit dès qu’ils sortent au cinéma.
Il y a ceux qu’on a ratés pour des raisons diverses et pour lesquels on s’est dit: "ça ne fait rien, je le regarderai quand il sortira en DVD". Et puis on oublie. Et un jour, par hasard, en feuilletant le programme de la télé, ils sont là. Alors s’asseoir, parce que dans le fond on est disponible et regarder, enfin.
Hier soir, sur Arte, j’ai vu Le scaphandre et le papillon. Enfin. Après tout le monde. Mais avec les mêmes sentiments.
Un si beau film, tiré du livre de Jean-Dominique Bauby, victime d’un AVC* et qui a raconté comment on sort d’un coma qui vous laisse enfermé dans le scaphandre de votre corps, définitivement. Privé de tous ces mots qu’on dit et écrit tout seul mais habités par eux, ces mots relayés par des gens formidables qui se font vos interprètes.
Un si beau film, loin du pathétique, avec toutes ces voix si belles, voix intérieure de cet homme, voix d’enfants, de femmes aimées, d’un père qui a vieilli, d’un ami pour la vie.
Un si beau film, loin du chagrin dans le fond, avec toutes ces images comme perçues de l’intérieur du scaphandre, ou filmées sur des plages du nord, d’enfants qui continuent à jouer et chanter pour ce père abîmé. Des images de ce qui ne sera jamais plus et celles d’un présent impensable mais si simplement réel. Des images si sobres.
Transcription:
- Regarde, il se réveille !
- Docteur! Docteur !
- Je sais à quel point tout ça est difficile pour vous.
- Vous ne m’entendez pas ?
- Vous souffrez de… de ce qu’on appelle un Locked-in syndrom.
- Je sais que vous pouvez cligner des yeux. Alors vous allez cligner une fois pour oui, deux fois pour non.
- J’ai eu une attaque. Je vais retrouver la parole, je vais retrouver la mémoire.
- Ça va aller, monsieur Bauby, ça va aller.
- Ça va aller!
- Il comprend tout. Il comprend tout.
- L’imagination et la mémoire sont mes deux seuls moyens de m’évader de mon scaphandre.
- Au sujet du livre…
- Ah oui, il a… il a conclu un contrat avec nous.
- … il voudrait le faire.
- Mais il parle ? Je croyais qu’il pouvait pas parler.
- Il… il parle. Il s’exprime d’une certaine manière.
- Aujourd’hui, il me semble que toute mon existence n’aura été qu’un enchaînement de petits ratages.
- Envoyez-moi un baiser.
- Qu’est-ce qu’elle est belle !
- Allez !
- Les chances qu’on n’a pas voulu saisir. Les instants de bonheur qu’on a laissé s’envoler. Etais-je aveugle et sourd ? Ou bien fallait-il nécessairement la lumière d’un malheur pour m’éclairer sur ma vraie nature ?
- Il faut vous accrocher à l’humain qui est en vous. Et vous survivrez.
- Je peux imaginer n’importe quoi, n’importe qui, n’importe où, vivre mes rêves d’enfant.
- Il m’entend ?
- Ça ne doit pas être facile pour un père de parler à un fils quand on sait trop bien qu’il ne va pas vous répondre.
- Tu es l’homme le plus surprenant que j’aie jamais rencontré.
- Maintenant, je veux me souvenir de moi tel que j’étais.
* un AVC: un accident vasculaire cérébral.
* Chapeau bas: cette expression sert à exprimer son admiration.
Au-delà de la leçon de vie de cette histoire, je suis admirative de la façon dont le cinéaste l’a racontée, avec sa caméra et une si belle lumière.
Soirée cinéma
Voici une bande annonce aux dialogues enlevés pour un film très agréable qui vient de sortir dans les salles.
Certains diront que tout n’est pas à 100% crédible dans cette histoire de famille où les milieux sociaux se téléscopent comme jamais vraiment dans la vie. Mais ce n’est pas grave, on est au cinéma et on est pris par ce beau portrait de femme, joué à la perfection par Karin Viard et filmé avec une belle lumière qui rend les visages très expressifs.
Toujours est-il que j’ai passé un très bon moment en compagnie de Mélina, très classe sur ses hauts talons et jusque dans ses contradictions et ses peurs ! Peut-être aimerez-vous aussi, si vous avez l’occasion.
Pour regarder la bande annonce, c’est ici.
Transcription:
- Bonsoir à tous et bienvenue. C’est Mélina pour A vous et librement.
A 60 ans, vous avez encore des choses à vivre ! Vous pouvez encore vivre une sexualité très épanouissante. Vous rencontrez un jeune amant, vous baisez (1) toute la journée !
- Oui, oui.
- Eh beh oui ! Bien sûr !
- Merci Mélina.
- Au revoir, Josyane.
- Au revoir.
- Au record d’audience !
Mais qu’est-ce qui te prend ? (2)
- Et ça tombe particulièrement mal (3) au moment où on investit dans une campagne de pub autour de votre anonymat.
- Est-ce que vous vivez seule ?
- Oui.
- Et est-ce que vous êtes heureuse ?
- C’est pour le bénévolat ?(4)
- Bah oui… Peut-être.
- Alors, c’est par là.
- Tiens. On se tutoie, c’est plus pratique.
- Est-ce qu’il y a une certaine Joëlle qui travaille avec vous ?
- Ah oui. Jojo. Tu la connais ?
- Salut (5). Vous êtes nouvelle ?
- Oui.
- Est-ce qu’il serait possible de faire quelque chose sans être en contact avec les vêtements ? Parce que je suis allergique à la poussière, aux fibres et aux matières plastiques.
- Oh bah dites-donc (6) ! Il vous reste plus grand-chose !
- Je peux m’asseoir ?
- Ah non !
- Eh oh, faut te détendre deux secondes, là !
- Mais je ne suis pas détendue (7). Je n’ai pas besoin de me détendre.
- Ecoutez jeune homme, si mademoiselle veut pas vous parler, vous lui foutez la paix (8), c’est tout !
- Qu’est-ce que tu as, toi ? (9)
- On vous a jamais dit que vous aviez la même voix que la conne (10) de la radio ?
- Ah bon ?
Quelques explications:
1. baiser: faire l’amour. (très, très familier, plutôt vulgaire)
2. Qu’est-ce qui te prend ? : on pose cette question quand on est très surpris ou choqué par l’attitude de quelqu’un. (familier). Elle exprime de la désapprobation.
3. ça tombe mal: ce n’est pas le bon moment du tout. (Le contraire, c’est: ça tombe bien.)
4. le bénévolat: c’est lorsqu’on travaille sans être payé, parce qu’on veut contribuer à une cause particulière. Là, Claire -alias Mélina- vient aider au Secours Populaire, une association qui aide les plus défavorisés. On dit qu’on fait du bénévolat.
5. Salut: il dit ça plutôt que bonjour parce qu’il connaît les autres femmes qui font du bénévolat là. C’est familier.
6. Dites donc !: cette expression marque la surprise. Si on tutoie la personne, on dit: Eh ben dis donc !
7. je ne suis pas détendue: c’est une réplique bizarre. On s’attendrait plutôt à : Je suis détendue. En tout cas, c’est vrai qu’elle n’est pas détendue du tout ! Alors c’est peut-être un lapsus révélateur.
8. foutre la paix à quelqu’un: laisser quelqu’un tranquille. C’est très direct et brutal, plutôt grossier.
9. On n’entend en fait pas tous les mots, comme très souvent avec cette expression plutôt agressive. On entend juste: Qu’est-ce t’as, toi ? (que est avalé et tu est raccourci.)
10. une conne: c’est le masculin de un con. C’est vulgaire et agressif bien sûr, pour les femmes qu’on trouve stupides, bêtes et qu’on n’aime pas.
Difficile de savoir ce qu’il y a dans la tête des gens
Quand un film sort sur les écrans, les acteurs font la tournée des plateaux de télévision et des stations de radio. On les voit et on les entend partout. C’est le cas avec Benoît Poelvoorde, dans une comédie qui sort mercredi. Cela m’a fait repenser à un autre film dans lequel il joue un rôle diamètralement opposé: personnage à la fois très ordinaire et inquiétant qui porte le suspense à son comble aux côtés d’Isabelle Carré, toujours superbe et toute en finesse. Le quotidien qui bascule, l’inquiétude qui grandit, c’est magistralement mené et joué.
(Benoît Poelvoorde parle toujours très vite, voire très, très vite!)
Pour regarder la bande annonce, c’est ici.
Transcription:
- C’est impressionnant de vous regarder travailler. Votre concentration, c’est fascinant. On va boire un café ?
- Alors là, ça va pas être possible.
- Non, non, attendez. Je vous informe: on va boire un café.
- C’est qui, ce type (1) ?
- Enfin, c’est quelqu’un qui a eu un dégât des eaux (2). Je me suis occupée de son dossier.
- Et tu l’as revu ?
- Bonjour. C’est bien que vous soyez venue.
- Ah bon ? Combien de fois ?
- Je sais pas. Deux ou trois fois.
- Vous êtes mariée ?
- Oui.
- Et vous aimez votre mari ? Enfin je veux dire, vous l’aimez encore ?
- Mais pourquoi vous me posez toutes ces questions ?
- Ce que vous aimez en fait, c’est draguer (3)?
- Non, je dirais pas ça. Vous savez, j’ai pas un physique facile (4), hein. Non, ce qui m’intéresse, moi, c’est l’instant. Je suis content de vous avoir rencontrée. Dès que je vous ai vue, j’ai su que c’était pas pour rien.
Je vais y aller.
- Allo ?
- Faut absolument qu’on se voie, Claire.
- C’est avec ça qu’il les tue, le type, là.
- Qui ça ?
- Vous lisez pas les journaux ?
- Non je vous disais, et si je vous offre des fleurs pour me faire pardonner ?
- Putain (5), mais qu’est-ce qui se passe ? C’est qui, ce type ?
- C’est difficile de savoir ce qu’il y a dans la tête des gens.
- Qu’est-ce qui se passe, Claire ? Pourquoi tu me regardes pas, là ? Qu’est-ce que tu as cru ?
Tu as cru que je pourrais te faire du mal ?
Quelques explications:
1. ce type: cet homme. (plutôt péjoratif et familier)
2. un dégât des eaux: c’est le terme employé par les assurances quand il y a une inondation ou une fuite d’eau chez vous.
3. draguer: essayer de séduire une femme de façon pas très subtile.
4. un physique pas facile: c’est une façon de dire qu’il n’est pas beau, donc avec un tel physique, ce n’est pas facile
5. Putain ! : exclamation fréquente, pas très polie, pour exprimer la surprise, la colère, l’énervement, etc… Il aurait pu dire aussi: Mais merde !






Ce que vous dites