Voir rouge

Poivrons

Premières fraises

Stylos rouges

Rouge de saison,
Le rouge des poivrons
Le rouge des fraises du jardin
… Et le rouge de mes stylos
Pour faire mes corrections.
La partie fastidieuse de mon travail !

Et une expression en couleur: voir rouge.
Voir rouge, c’est se mettre en colère.
Quand il lui a annoncé qu’il n’avait pas terminé le travail, elle a vu rouge.

Bricolons !

OutilsJ’ai dit récemment dans un autre billet que la première personne du pluriel à l’impératif était rarement employée. Et voici qu’une publicité en use et abuse ! Mais bon, c’est de la publicité: attirons l’attention et marquons les esprits !

En tout cas, grâce à cette toute petite série en cinq volets, vous saurez tout sur le bricolage, vous saurez tout sur les prix, vous serez prêts pour les travaux (d’été) dans la maison.
Et vous saurez tout sur la vie de couple ! Ces dames mettent ces messieurs au travail, c’est bien connu… Mais il paraît aussi que les femmes bricolent de plus en plus. (Les chaînes de magasins de bricolage l’ont bien compris.) Même plus besoin des hommes !
(Enfin si, un peu, quand même.)

Pour regarder, cliquez ici.

Juste le son (mais c’est moins bien sans les images bien sûr):


Transcription :
Vidéo 1 :
Cassons, coupons, scions, démolissons, décollons, perçons, défonçons, arrachons, trouons, éclatons, abattons !
Castorama invente le Système C, comme Castorama, tout un système de solutions, prix, produits.
Alors changeons tout chez nous ! Réalisons tous nos projets ! Tout est enfin* permis, tout est enfin* possible.
Castorama, c’est castoche*.

Vidéo 2: (la cuisine)
- Vous avez des projets pour cet été ?
- On refait (1) du kayak.
- Et nous, la cuisine (2) !
- Mais enfin Jacqueline, ça coûte une tonne (3), une cuisine !
- Mais non ! Système C, comme Castorama !
- Pas comme kayak.
Deux cent cinquante-neuf euros plus tard, une cuisine design + un logiciel intuitif (4) gratuit pour la concevoir. C’est ça, le Système C…

Vidéo 3: (le sol)
Bonjour, c’est madame Duval. Je voulais juste annuler notre demande de prêt. Non, non, on renonce pas ! On va refaire le sol de la chambre de Thomas et puis peut-être la terrasse… Comment ça (5), avec quoi ? Système C…
Quatre-vingt dix-neuf euros plus tard, des lames de stratifié clipsables avec sous-couche + des plinthes et des angles prédécoupés assortis, c’est ça le système C…

Vidéo 4 : (la terrasse)
- J’aimerais tellement avoir une terrasse ! Mais bon, on n’a pas les moyens (6).
- Eh bah profitons-en  (7)! Faisons-là, cette terrasse !
- Mais avec quoi ?
- Système C , comme C. Et je vais te dire, non seulement on va la faire, mais on va en faire une belle !
Trois cent quatre-vingt dix-neuf euros plus tard, des lames de terrasse + des plots béton pour une pose facile sans dalle à couler, c’est ça le système C.

Vidéo 5 : (le dressing)
- J’avais une idée.
- Ouh là ! (8)
- Faire un dressing (9), avec toutes mes affaires (10)… et les tiennes.
- A moins de vendre toutes tes fringues (11), je vois pas comment on va se le payer.
- Système C… Et puis de toute façon, toi, tu as pas besoin de beaucoup de place.
- Bah, un peu !… Non.
Quatre cent quarante euros plus tard, un dressing facile à monter + un logiciel intuitif gratuit pour le concevoir.

Quelques explications :
1. refaire du kayak : cela signifie qu’ils en ont déjà fait aux vacances précédentes par exemple. Ils vont en faire de nouveau / à nouveau.
2. Refaire la cuisine : on utilise le verbe refaire pour parler des travaux de rénovation dans une maison: refaire la salle de bains, refaire les peintures, refaire le papier peint, refaire le carrelage, refaire le sol, etc…
3. ça coûte une tonne = ça coûte très cher. (Je n’avais jamais entendu cette expression !)
4. intuitif : facile à comprendre (sans avoir à lire un mode d’emploi compliqué)
5. Comment ça ? : cette expression sert à exprimer la surprise et l’incompréhension .
6. On n’a pas les moyens = on n’a pas assez d’argent pour se le payer = on ne peut pas se le permettre.
7. Profitons-en ! : il faut saisir l’occasion.
8. Ouh là ! : cette exclamation sert en général à montrer qu’on est un peu inquiet, qu’on se dit que ce qui va suivre n’est pas forcément parfait. Elle exprime la méfiance.
Par exemple : J’ai une grande nouvelle à t’annoncer.
Hou là !
( = Je crains le pire.)
9. un dressing : les anglophones vont rire de voir comment, encore une fois, la langue française incorpore un mot étranger en le transformant ! C’est comme : un parking, du shampoing, etc…
10. mes affaires = tout ce qui m’appartient. (les vêtements, mais pas seulement)
11. Les fringues : les vêtements, les habits (familier)

* Le jeu de mots dans le slogan : C’est castoche.
Ce mot n’existe pas. Normalement, on dit :C’est fastoche, qui est le mot familier pour dire que c’est facile. Donc avec ce magasin, le bricolage est un jeu d’enfant. (enfin presque…)

* Un peu de prononciation : Les deux liaisons dans Tout est enfin permis !
- La première entre Tout et est est obligatoire. Tout le monde la fait.
- La seconde, entre est et enfin est moins courante. Personnellement, je ne la fais pas de façon spontanée, probablement parce qu’il y a déjà une liaison avec un autre "t" juste avant.
En revanche, je dirai sans problème: C’est enfin terminé ou encore: Il est enfin permis de rêver en faisant la liaison, alors que certains ne la font pas. C’est une question de dosage !


Des nuages, encore des nuages

Nuages par la fenêtre

Nuages

Nuages du soir

En ce moment, tout le monde se plaint du temps qui ne correspond pas à ce que chacun attend d’un printemps qui touche à sa fin.
Mais cela nous donne des ciels nuageux plutôt inhabituels à Marseille. Profitons !

D’ailleurs, certains pensent qu’après tout, c’est aussi beau que "des ciels toujours bleus, des pays imbéciles où jamais il ne pleut, où l’on ne sait rien du tonnerre". (Georges Brassens, L’orage)

Vous pouvez aussi aller écouter Romain qui nous explique tout sur les nuages ici.

Et comme les noms de nuages se terminent tous par le même son, qui est parfois un problème quand on apprend le français, voici les dix genres de nuages dans ce petit enregistrement, si vous avez envie de travailler votre prononciation !
les cirrus, les cirro-stratus, les cirro-cumulus, les alto-cumulus, les alto-stratus, les nimbo-stratus, les strato-cumulus, les stratus, les cumulus, les cumulo-nimbus


Promenons-nous dans les champs

Promenons nous dans les champs

Promenons-nous… Promenons-nous… C’est rare en français aujourd’hui de parler à l’impératif à cette personne. Promène-toi, Promenez-vous ne surprennent personne. Mais Promenons-nous… A la place, c’est plutôt: Allez, on va se promener.

Pourtant, voici ce qui se passe dans nos têtes en lisant ces mots. Impossible de ne pas entendre immédiatement une petite chanson que nous connaissons tous depuis l’enfance:
Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas.
Si le loup y était, il nous mangerait.
Mais comme il n’y est pas, il nous mangera pas.
Loup, y es-tu ? Que fais-tu ? M’entends-tu ?
Je mets ma chemise!

Promenons-nous dans les bois…
…Je mets ma culotte !
Promenons-nous dans les bois…
…Je mets mes bottes !
Et j’arrive !

Souvenir de la tension qui monte, frisson du danger qu’on sent approcher à mesure que le loup s’habille. Et le délice de la fuite pour finir.
Jeux d’enfants.
Promenons-nous…

Monter les marches

Festival de CannesOn a vu des acteurs, des actrices et des cinéastes monter des marches sur un tapis rouge, les photographes ont fait leur métier, les curieux ont applaudi et pris des photos avec leurs smartphones, il y a eu plus d’émissions sur le cinéma que d’ordinaire, des articles dans tous les magazines, le Grand Journal de Canal Plus a quitté son studio parisien pour une dizaine de jours, il a plu, le jury a annoncé ses choix et son palmarès. On peut déjà voir certains de ces films, d’autres sortiront en septembre. Cannes et son festival, comme toujours. Il y a quelques jours, à la radio, l’actrice Emmanuelle Devos racontait son festival à elle (et comment on peut se faire un film*).


Transcription :
- Le Carnaval des Animaux (1). Le générique (2) de Cannes, sur lequel on monte les marches (3) et qu’on entend avant chaque film. J’adore ! Les applaudissements. J’adore. Pourvu qu’ils (4) ne changent jamais la musique de ça ! C’est comme les trompettes de… de Bidule (5), là, de… au Festival d’Avignon (6)… de… Jarre. Pas Jean-Michel, mais papa Jarre.
- Maurice.
- Maurice… Pour appeler les spectateurs à rejoindre le Palais des Papes. Et ça, pareil, c’est mythique, ce… ce… ! Monter les marches avec cette musique, c’est super.
- C’est un moment que vous aimez, Cannes ?
- Oui. Oui, c’est un moment que j’ai… j’ai apprivoisé (7), parce que c’est pas facile. Mais j’y ai été beaucoup, beaucoup. J’ai eu beaucoup de films en sélection. Et l’année dernière, j’étais… Alors là, c’était le comble (8), le comble de… du bonheur, jétais… je faisais partie du jury, ce qui est une super expérience. C’est… Cétait dément (9) ! Et… Et Cannes, oui, ça peut vous mettre mal à l’aise. Quelquefois, on se retrouve dans des situations un peu… bon… c’est pas toujours très…
- Vous mettre mal à l’aise pourquoi ?
- Vous avez toujours un… Vous voulez tout le temps être premier de la classe à Cannes. Enfin… Il faut vraiment avoir… Je sais pas pourquoi, on a l’ego qui se surdimensionne (10) à peine (11) on pose les pieds à l’aéroport de Nice. Un truc très bizarre, une alchimie. Et tout le monde est pareil. On peut très vite se sentir abandonné si l’attaché de presse a pas fait… Vous arrivez, personne ne vous attend. On devient complètement débile (12) ! Complètement débile de… d’ego ! Je sais pas, l’ego prend… mange tout. Et donc, franchement, la meilleure place à Cannes, c’est être dans le jury. On devient fou pour des films, c’est très drôle, hein ! C’est vraiment marrant (13), hein ! Mais c’est extra (14) ! On va à la pétanque (15) avec le maire… enfin on a des… On a l’impression d’être un peu une Miss France, vous savez !

Quelques détails :
1. Le Carnaval des Animaux : du musicien français Camille Saint Saëns, composé à la fin du 19è siècle et adopté par le Festival.
2. Un générique : dans un film ou un documentaire, c’est la partie qui mentionne tous les acteurs et tous ceux qui ont fait ce film.
3. Monter les marches : cette expression résume symboliquement le Festival de Cannes, avec des spectateurs qui se pressent pour voir des acteurs et des réalisateurs qui font le spectacle en montant les marches du palais du festival où sont projetés tous les films. Monter les marches, c’est faire partie des acteurs et cinéastes reconnus.
4. Pourvu que… : C’est une expression qui sert à exprimer un souhait qui nous est cher. C’est comme J’espère que… mais en plus fort et plus expressif. Le verbe qui suit doit être au subjonctif, contrairement à ce qui se passe avec le verbe espérer: Pourvu qu’il soit content / Pourvu que ça lui plaise ! / Pourvu qu’il ne fasse pas trop froid ! Pourvu que je sache répondre ! / Pourvu que je n’aie rien oublié !
5. Bidule : un bidule, c’est un truc, un machin. C’est donc un mot familier qu’on emploie quand on ne trouve pas le bon mot ou qu’on ne le connaît pas : C’est quoi, ce bidule ? On l’emploie aussi en parlant de quelqu’un dont on a oublié le nom : Je vais demander à… tu sais, Bidule, là… Celui qui… On peut le remplacer par Machin ou Truc dans ce cas-là aussi. Je dirais qu’actuellement, ce mot est moins employé qu’il ne l’a été, surtout par les jeunes. Il y a des modes dans le vocabulaire familier.
6. Le Festival d’Avignon : le grand festival de théâtre qui a lieu tous les étés à Avignon avec des spectacles dans la cour du Palais des Papes et des dizaines d’autres pièces un peu partout dans la ville, jouées dehors ou dans de petites salles.
7. Apprivoiser : normalement, on apprivoise un animal sauvage. Mais au sens figuré, on peut apprivoiser sa peur par exemple, c’est-à-dire apprendre à vivre avec.
8. Le comble : le maximum. Le comble du bonheur = le bonheur le plus grand qui puisse nous être donné.
9. Dément : complètement fou. Evidemment, ici, cet adjectif a un sens positif, c’est-à-dire qu’il décrit une expérience incroyable.
10. L’ego qui se surdimensionne : le moi qui devient plus grand que d’habitude, c’est-à-dire que la personne se sent le centre de l’univers. On utilise souvent l’expression : avoir un ego surdimensionné pour parler de quelqu’un qui n’est pas très humble !
11. À peine : aussitôt que…
12. débile : stupide, complètement idiot (familier). On peut l’employer en parlant de choses ou de personnes.
13. marrant : amusant (un peu plus familier)
14. extra : super. Ce mot aussi est moins employé qu’avant.
15. La pétanque : c’est ce jeu de boules typique du sud de la France, qu’on voit sur les places des villages ou les boulodromes.

* se faire un film: s’inventer une histoire, modifier la réalité à son avantage en général, s’imaginer des choses qui ne correspondent pas tout à fait à la réalité. (familier)

En terrasse ?

Pas de terrasse

Vous préférez en terrasse ou à l’intérieur ?
Question classique au restaurant ou au café.
Question printanière ou estivale. Question de saison.
En ce moment, ce sera sans hésiter à l’intérieur !
Quel est ce printemps qui annonce… l’hiver ? Déjà ?

Etoiles

Il y a les livres, les musiques, les films, les photos, les tableaux qu’on n’oublie pas, qui vous accompagnent et rendent la vie plus belle. Il y a aussi la danse qui métamorphose les gestes et les corps. Ces chorégraphes et ces danseurs qui travaillent, répètent, cherchent. Répétitions toujours fascinantes. Comme celle-ci, à l’Opéra de Paris, avec Aurélie Dupont et Manuel Legris, filmés dans leur travail avec Angelin Prejlocaj. Des gestes,des mots, des émotions.
Je peux les regarder et les écouter encore et encore. Attendre encore et encore que Manuel Legris se mette à tourner.

Transcription :
[...] Le fait que je les ai déjà beaucoup dansés. Donc quand tu le réabordes, tu l’abordes de façon différente. Physiquement […]
Comme le disait Marie-Agnès, tu as une rencontre avec un chorégraphe, une rencontre humaine, qui est très chaleureuse, qui te met à l’aise et c’est des gens qui te… C’est presque parfois une psychanalyse, des gens qui te regardent et mettent en valeur, et ça, pour ça, en tant que personne, ça m’apporte énormément.

- Tu dégages pas ta jambe droite, là , quand je te fais faire le petit machin (1) ?
- Si, si. Je fais ça, bien sûr.
- Là, je te tourne les épaules.
- C’est… c’est pas…
- Je suis sûr qu’il y a un truc.
- C’est ça, c’est ça.
- C’est ça ?
Lire la Suite…

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 187 followers

%d bloggers like this: