Soirée cinéma
Voici une bande annonce aux dialogues enlevés pour un film très agréable qui vient de sortir dans les salles.
Certains diront que tout n’est pas à 100% crédible dans cette histoire de famille où les milieux sociaux se téléscopent comme jamais vraiment dans la vie. Mais ce n’est pas grave, on est au cinéma et on est pris par ce beau portrait de femme, joué à la perfection par Karin Viard et filmé avec une belle lumière qui rend les visages très expressifs.
Toujours est-il que j’ai passé un très bon moment en compagnie de Mélina, très classe sur ses hauts talons et jusque dans ses contradictions et ses peurs ! Peut-être aimerez-vous aussi, si vous avez l’occasion.
Pour regarder la bande annonce, c’est ici.
Transcription:
- Bonsoir à tous et bienvenue. C’est Mélina pour A vous et librement.
A 60 ans, vous avez encore des choses à vivre ! Vous pouvez encore vivre une sexualité très épanouissante. Vous rencontrez un jeune amant, vous baisez (1) toute la journée !
- Oui, oui.
- Eh beh oui ! Bien sûr !
- Merci Mélina.
- Au revoir, Josyane.
- Au revoir.
- Au record d’audience !
Mais qu’est-ce qui te prend ? (2)
- Et ça tombe particulièrement mal (3) au moment où on investit dans une campagne de pub autour de votre anonymat.
- Est-ce que vous vivez seule ?
- Oui.
- Et est-ce que vous êtes heureuse ?
- C’est pour le bénévolat ?(4)
- Bah oui… Peut-être.
- Alors, c’est par là.
- Tiens. On se tutoie, c’est plus pratique.
- Est-ce qu’il y a une certaine Joëlle qui travaille avec vous ?
- Ah oui. Jojo. Tu la connais ?
- Salut (5). Vous êtes nouvelle ?
- Oui.
- Est-ce qu’il serait possible de faire quelque chose sans être en contact avec les vêtements ? Parce que je suis allergique à la poussière, aux fibres et aux matières plastiques.
- Oh bah dites-donc (6) ! Il vous reste plus grand-chose !
- Je peux m’asseoir ?
- Ah non !
- Eh oh, faut te détendre deux secondes, là !
- Mais je ne suis pas détendue (7). Je n’ai pas besoin de me détendre.
- Ecoutez jeune homme, si mademoiselle veut pas vous parler, vous lui foutez la paix (8), c’est tout !
- Qu’est-ce que tu as, toi ? (9)
- On vous a jamais dit que vous aviez la même voix que la conne (10) de la radio ?
- Ah bon ?
Quelques explications:
1. baiser: faire l’amour. (très, très familier, plutôt vulgaire)
2. Qu’est-ce qui te prend ? : on pose cette question quand on est très surpris ou choqué par l’attitude de quelqu’un. (familier). Elle exprime de la désapprobation.
3. ça tombe mal: ce n’est pas le bon moment du tout. (Le contraire, c’est: ça tombe bien.)
4. le bénévolat: c’est lorsqu’on travaille sans être payé, parce qu’on veut contribuer à une cause particulière. Là, Claire -alias Mélina- vient aider au Secours Populaire, une association qui aide les plus défavorisés. On dit qu’on fait du bénévolat.
5. Salut: il dit ça plutôt que bonjour parce qu’il connaît les autres femmes qui font du bénévolat là. C’est familier.
6. Dites donc !: cette expression marque la surprise. Si on tutoie la personne, on dit: Eh ben dis donc !
7. je ne suis pas détendue: c’est une réplique bizarre. On s’attendrait plutôt à : Je suis détendue. En tout cas, c’est vrai qu’elle n’est pas détendue du tout ! Alors c’est peut-être un lapsus révélateur.
8. foutre la paix à quelqu’un: laisser quelqu’un tranquille. C’est très direct et brutal, plutôt grossier.
9. On n’entend en fait pas tous les mots, comme très souvent avec cette expression plutôt agressive. On entend juste: Qu’est-ce t’as, toi ? (que est avalé et tu est raccourci.)
10. une conne: c’est le masculin de un con. C’est vulgaire et agressif bien sûr, pour les femmes qu’on trouve stupides, bêtes et qu’on n’aime pas.
Stendhal, Astérix, ou comment grandir avec les livres
Souvenirs d’enfance, souvenirs de lectures.
Stendhal, Astérix: des classiques, chacun à leur manière !
Mais le même pouvoir, la même capacité à susciter l’envie et à donner le plaisir de lire, très tôt.
Ce serait si étrange une vie sans livres, qu’ils soient de papier ou un peu magiques sur nos liseuses aujourd’hui. Etre riche de tous ces univers, de tous ces mots, de tous ces possibles.
Voici ce que disent ces deux grands lecteurs.
Transcription
En fait, si on me demandait le combustible de ma vie, je dirais: ce sont les bouquins (1). Au gré des (2) lectures, on est amenés finalement à… à s’augmenter de la pensée des autres, hein, à être prolongés en quelque sorte. Moi, les livres, ils me prolongent. Je dirais que le théâtre aussi, hein, hein. Mais le livre, il a un avantage énorme, c’est qu’on l’a. Vous voyez, j’en ai amenés avec moi. Mais j’aime bien, je souligne, je marque des choses. Ça… ça fait vraiment partie de ma vie et des fois, je me dis: Mais d’où ça me vient, ça ? Familialement, je peux pas dire que ma famille était riche, riche en livres. Mais enfin, maman (3), elle considérait qu’on devait lire. Pour elle, c’était comme une espèce de code pour être un homme ou une femme, puisque j’ai des soeurs.On devait lire. Et ça a été un… un immense bonheur. Moi je dirais que le premier livre – j’avais douze ans, peut-être treize – que j’ai lu et qui m’a marqué pour la vie et que je relis d’ailleurs, c’est Le Rouge et le Noir de Stendhal. Je suis tombé amoureux de Mme de Raynal. Je me demande si je ne le suis pas toujours.
Maman est allée à l’école. Papa, il est allé travailler à la mine, il avait quatorze ans, donc c’était le plus jeune mineur du bassin de Charleroi (4). Et maman est allée à l’école jusque (5) quinze ans quand même. On habitait dans les anciens camps de prisonniers allemands. C’était des baraques (6). Donc c’était vraiment la… Le seul moyen de s’en sortir (7), c’était les livres. Voilà pourquoi ils ont décidé que leurs enfants seraient parfaitement intégrés par la culture. Donc ils nous ont inscrits en bibliothèque (8). Le jour où j’ai détesté ma mère le plus au monde, c’est quand elle m’a inscrite à la bibliothèque parce que en fait, à l’époque, pour pouvoir avoir un roman ou une histoire rigolote (9), il fallait prendre deux documentaires – un livre sur la vie animalière ou sur l’histoire des planètes ou…enfin peu importe (10), sur le Moyen Age (11), enfin peu importe. Et puis après, bah, j’ai découvert les bandes dessinées. Et j’ai découvert Astérix (11) et là, je me suis plongée… Enfin c’était délicieux. D’ailleurs je vais toujours en rechercher de temps en temps.
Quelques détails:
1. un bouquin: un livre (familier)
2. au gré de… : au hasard de… / en fonction de…
3. maman: je trouve toujours ça touchant quand un adulte dit “maman” en parlant à quelqu’un d’autre de sa mère. C’est intime. La plupart du temps, quand on parle aux autres de ses parents, on dit: Mon père, ma mère.
4. Charleroi: en Belgique. C’est un bassin houiller. (donc avec des mines de charbon, qui ont fermé.)
5. jusque 15 ans: on dit normalement Jusqu’à 15 ans.
6. des baraques: ce n’était pas des maisons en dur, juste des constructions en planches par exemple. Dans ce sens, ce mot n’est pas familier du tout. Mais dans d’autres contextes et très familièrement, il peut signifier “maison”,comme dans: Ils ont une belle baraque.
7. s’en sortir: réussir dans la vie
8. en bibliothèque: on dit aussi plus souvent: à la bibliothèque.
9. rigolo (rigolote au féminin): drôle, amusant (familier)
10. peu importe: ça n’a pas d’importance, ce n’est pas ça qui est important.
11. le Moyen Age: la période de l’histoire après l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance.
12. Astérix: c’est ce Gaulois très malin qui fait partie de la culture française, avec ses aventures en compagnie d’ Obélix et du chien Idéfix et qui triomphe toujours des Romains. Tous les Français connaissent Astérix. (par les BD ou par les films qui en sont tirés.) Incontournable comme on dit aujourd’hui !
Reprendre le rythme
Pour ceux qui ont peu de vacances pour les fêtes de fin d’année, ce n’est pas drôle quand Noël et le Jour de l’An tombent un dimanche ! Peu de temps pour se remettre des réveillons. Déplacements parfois un peu précipités. Et retour au travail dès le lundi matin.
Les petits Français, eux, ont toujours deux semaines de vacances à cette période. Parfois, elles sont tardives et commencent juste avant Noël. Parfois, elles démarrent plus tôt, comme cette année. L’inconvénient, c’est qu’il faut retourner en classe très peu de temps après le Jour de l’An. Alors, le calendrier avait été légèrement modifié cette année et les enfants ne sont retournés à l’école que ce mardi matin au lieu d’hier. N’empêche* ! Les mines étaient un peu fatiguées. Tout ce petit monde avait oublié comme un réveil peut être brutal ! (Et ils n’étaient pas les seuls !)
Transcription:
Mais tout d’abord, c’est la rentrée (1). La plupart des élèves reprennent le chemin de l’école ce matin. L’Education Nationale (2) avait repoussé d’un jour cette rentrée 2012 pour laisser 24 heures supplémentaires aux enfants afin de récupérer de la nuit de la Saint Sylvestre (3), mais aussi des couchers tardifs et de la fatigue des multiples voyages pour aller voir la famille car parents et enseignants (4) le confirment: les vacances de Noël sont les plus fatigantes pour les enfants.
Difficile de sortir du lit pour la plupart des écoliers (5) ce matin. Amélie n’a que neuf ans. Pourtant, comme beaucoup d’enfants, elle a veillé (6) pour les fêtes de fin d’année, comme les grands.
- Le soir du réveillon (7), c’était 2 heures et le Jour de l’An (8), c’était 6 heures du matin.
Sa mère, Julie, n’a pas voulu imposer de rythme de sommeil pendant les vacances même si, elle le sait bien, les premiers jours d’école sont durs à vivre pour ses enfants.
- Pour se lever le matin, c’est très difficile. Pour les emmener à l’école, c’est très difficile aussi. Ils veulent pas y aller. Les devoirs le soir, c’est pénible. Forcément au quotidien, c’est plus difficile à gérer. En général, effectivement (9), il faut une semaine, dix jours d’adaptation pour reprendre un rythme un peu normal, sachant que, de toute façon, la fatigue accumulée pendant les 15 jours (10) est une fatigue qui est difficile à récupérer (11). Donc même en les couchant tôt, ils ont un petit peu de mal (12) à être opérationnels le… comme normalement en fait.
Les enseignants aussi constatent cet état de fatigue généralisé. Sylvain Grandcer est professeur des écoles (13) en Haute-Normandie. Chaque année, il adapte son emploi du temps pour les premiers jours de janvier.
- Ce qu’on peut faire quand même dans la classe, bah bien entendu, c’est de donner peut-être un peu plus de place… ben au chant, à l’anglais, au sport, parce que si la classe consiste à rester six heures par jour assis, attentif, ça va être effectivement très, très pénible pour tout le monde.
La rentrée 2013, elle (14), aura lieu le 7 janvier. Les élèves auront donc six jours l’année prochaine pour se reposer avant de reprendre l’école.
Quelques détails:
1. la rentrée: c’est la période où les enfants reprennent l’école, donc après chaque période de vacances. Mais si on ne précise pas quand, le mot rentrée renvoie en général à la rentrée de septembre, quand une nouvelle année scolaire ou universitaire commence.
2. l’Education Nationale: c’est le nom du ministère qui gère l’enseignement en France et qui fixe par exemple le calendrier de l’année scolaire pour tous les établissements scolaires.
3. La Saint Sylvestre: c’est la dernière nuit de l’année. On parle donc du réveillon de la Saint Sylvestre.
4. parents et enseignants: on pourrait bien sûr dire: Les parents et les enseignants. L’omission de “les” donne un côté encore plus général à cette affirmation. Elle n’est pas rare, notamment quand il s’agit du sujet du verbe.
5. les écoliers: ce sont les enfants qui vont à l’école primaire. Ensuite, ils deviennent des collégiens (au collège), puis des lycéens (au lycée). Et s’ils continuent leurs études dans l’enseignement supérieur, ce sont des étudiants.
6. veiller: rester debout tard le soir. Se coucher tard.
7. le réveillon: il y en a deux dans l’année: celui du 24 décembre et celui du 31 décembre. Ici, elle veut parler de Noël.
8. Le Jour de l’An: c’est comme ça qu’on appelle le 1er janvier.
9. effectivement = c’est vrai.
10. 15 jours: c’est comme ça que les Français désignent le plus souvent une période de deux semaines, alors qu’il n’y a que 14 jours dans deux semaines ! On utilise beaucoup cette expression: J’ai quinze jours de vacances / Il arrive dans 15 jours. (Deux semaines est bien sûr tout à fait possible.)
11. récupérer: la phrase est un peu bizarre, même si on comprend parfaitement. On dit normalement qu’on récupère de quelque chose (d’une grande fatigue, du voyage, d’une nuit blanche, etc…), avec la préposition de. Alors, il faudrait dire: c’est difficile de récupérer de cette fatigue. / une fatigue dont il est difficile de récupérer . Ou alors, changer de verbe: une fatigue difficile à effacer, à surmonter.
12. avoir du mal / un peu de mal / beaucoup de mal à faire quelque chose: avoir des difficultés (plus ou moins grandes) à faire quelque chose.
13. un professeur des écoles: c’est le nom officiel qui a remplacé il y a quelques années les termes instituteur et institutrice (cependant encore très utilisés par les Français)
14. la rentrée 2013, elle, aura lieu… : le pronom “elle” est utilisé pour marquer le contraste entre cette rentrée à venir et celle d’aujourd’hui. (Il ne s’agit pas d’un style familier, oral où on reprend souvent le sujet par le pronom, comme dans: Les enfants, ils sont fatigués. / Amélie, elle ne veut pas aller à l’école.) Il faut absolument mettre le pronom entre virgule et marquer une légère pause à l’oral. De toute façon, pour mettre en relief,il ne s’agit pas des mêmes pronoms: Les enfants, eux, sont contents. (par opposition à leur parents par exemple) / Le frère d’Amélie, lui, s’est couché tôt. (par opposition à Amélie par exemple).
* N’empêche ! : cependant / pourtant
Le chocolat guérit de tout !
En ces périodes de fêtes, comme tous les ans, les chocolats sont à l’honneur. Mais si le chocolat – le vrai – est votre péché mignon*, nul besoin d’attendre le mois de décembre pour vous régaler !
A Marseille, les deux magasins de la Chocolatière du Panier – du nom du quartier où cette chocolaterie artisanale est née – vous feront succomber pour leurs barres aux arômes et au goût puissants.
Et à Paris, dans un autre style, les chocolats de Patrick Rogé, dans leurs belles et sobres boîtes vertes, sont incomparables. Vraiment ! Il n’y a pas d’autre mot. C’est à se damner. (Non, non, je n’aime pas le chocolat !)
Il raconte dans cet enregistrement comment tout a commencé pour le mauvais élève qu’il était ! Très beau parcours, pour notre plus grand plaisir.
Transcription:
- Notre vie, c’était vraiment de jouer. Et après, les études, ça allait bien suivant (1) les disciplines et suivant le professeur, hein, finalement. On était très… très indisciplinés. On n’écoutait rien du tout, à part certaines matières – géographie, histoire, où là, ça pouvait être passionnant. Mais faire des maths, de l’anglais… pff… c’était pas très marrant (2) ! Mais vraiment, ça dépendait quand même du prof. On avait le prof de français, il pouvait piquer des crises (3), balancer (4) les cahiers bleus, les cahiers rouges parce que forcément, il y avait une couleur de cahier pour chaque discipline. Mais il piquait des crises parce que il savait qui avait copié sur qui. On faisait que de (5) tricher finalement. C’était pomper (6) l’orthographe, la grammaire, jamais faire nos devoirs, jamais les leçons, jamais rien fait, quoi !
- Et vos parents, quel regard ils portaient sur votre scolarité ?
- Le regard, c’était terrible, parce que tu rentrais du conseil de classe (7), ma mère, elle pleurait et tu prenais une soufflante (8), mais alors là, fallait voir ! Plus des baffes (9). Ça tombait mais… mais ça servait à rien de toute façon ! On n’avait rien envie de faire, mais vraiment, ça dépendait du prof, quoi. En tout cas, jusqu’à la 3ème (10), on n’avait aucune projection de l’avenir, et fin de 3ème, il a fallu… Là, c’est les parents qui ont décidé, quoi. J’ai… j’ai pas choisi ce que j’ai fait, hein.
- Vous regrettez pas, finalement.
- Ah bah aujourd’hui, je donnerais pas ma place ! Mais parce que il va se passer un déclic (11), à partir de la 3ème, quand je rentre en apprentissage (12). C’est que, bah quand on rentre en apprentissage, déjà, bah tu as seize ans. Tu commences à travailler à 2 heures du matin. Et quand tu as 16 ans et 27 jours par… par mois, tu as trois… simplement trois jours de repos dans… dans le mois, c’est là où tout va commencer, quoi. D’abord, tu fermes ta grande gueule (13), ça, c’est clair, parce que en apprentissage, c’était vraiment une éducation comme il y a cinquante ans. Et c’est ce qui va me sauver la vie. Plus le prof après en… en pratique, parce que on va une semaine sur trois… sur quatre à l’école. Et alors là, c’est pareil. Par contre, en maths et en français, c’est toujours le même bordel (14). Mais dans la discipline essentielle qui est la pratique et la technologie, ils vont nous sauver la vie. Bah c’est ce qui va surtout me cadrer (15). Et grâce aussi à ce début d’apprentissage et à gagner un peu d’argent aussi, je vais comprendre que je vais pouvoir me payer des choses. Et c’est tout ça qui va faire que ça va s’enchaîner plutôt pas mal (16). Donc on était une centaine d’apprentis. Je finis dans les deux meilleurs apprentis et grâce à ça, j’ai Pierre Mauduit à Paris qui… qui venait aussi du Perche (17), lui, il prenait que les deux meilleurs apprentis de chaque département. C’était son critère de sélection pour les apprentis. C’est comme ça que je vais découvrir Paris et c’est comme ça aussi que je vais arriver au poste de chocolatier chez… chez Pierre Mauduit. Et là, pour le coup, ça va être la vraie révélation. C’est le chocolat qui va me découvrir. Et ça, c’était en 86. Bah depuis, bah j’ai rencontré plein de gens et c’est… Pour rien au monde, je changerais ma vie !
- Pour un élève, un collégien ou un lycéen qui vous entend, là, et qui finalement se reconnaît un petit peu dans ce que vous décrivez, à savoir (18) un élève qui se fichait pas mal (19) de ce qui se passait en cours et qui était plutôt indiscipliné, avec le recul, est-ce que vous lui donneriez un conseil particulier?
- Qu’il faut commencer à travailler très tôt. Très, très tôt, parce que après, il faut ramer (20) pour arriver à revenir à… à un niveau qui est correct. De toute façon, c’est que du travail. Et c’est à partir de… Le jour où tu commences à comprendre ça, ben, c’est ce qui fait que tu t’en sors (21) dans la vie, tout simplement.
Quelques explications:
1. suivant: selon / en fonction de
2. c’était pas marrant: ce n’était pas drôle, pas intéressant. C’était pénible.
3. piquer une crise (ou des crises): piquer une colère, se mettre en colère, s’énerver vraiment.
4. balancer: ici = jeter. (familier)
5. on faisait que de… : il faut dire: On ne faisait que (tricher) = on n’arrêtait pas de tricher / on trichait tout le temps.
6. pomper: tricher, copier sur un autre élève ou en utilisant des “pompes“, des antisèches, c’est-à-dire des papiers sur lesquels on a recopié ce qui était à apprendre et qu’on sort en cachette pendant un test. (Aujourd’hui, ça peut être plus sophistiqué grâce aux téléphones portables…)
7. le conseil de classe: les profs se réunissent à la fin du trimestre et font le bilan des résultats de leurs élèves. Ensuite, chaque famille reçoit un bulletin trimestriel.
8. une soufflante: c’est le fait de disputer quelqu’un. (familier) = une engueulade (familier aussi)
9. une baffe: une gifle, une claque (argot)
10. la troisième: c’est la dernière classe du collège. Les élèves ont à peu près 14-15 ans. Ensuite, certains vont au lycée, d’autres vont dans des lycées professionnels.
11. un déclic: un événement qui tout d’un coup enclenche un processus positif et change la situation.
12. l’apprentissage: c’est un type d’études dans lequel il y a des périodes en entreprise, où on apprend un métier sur le terrain et des périodes à l’école. Aujourd’hui, on peut même faire une école d’ingénieur en apprentissage.
13. fermer sa grande gueule: c’est se taire et apprendre à obéir. (très familier). La gueule, en argot, c’est la bouche ou le visage.
14. le bordel: le bazar, le désordre. (très familier, vulgaire)
15. cadrer quelqu’un: donner un cadre, des limites à quelqu’un. Le discipliner.
16. ça va s’enchaîner plutôt pas mal: ensuite, les choses vont bien se dérouler, les unes après les autres. Un processus est enclenché.
17. le Perche: c’est une région rurale de l’ouest de la France.
18. à savoir = c’est-à-dire
19. qui se fichait pas mal de… : qui se moquait de… / qui n’était pas intéressé du tout par…
20. ramer: en argot, ça signifie rencontrer des difficultés pour obtenir quelque chose. On dit aussi galérer. (familièrement aussi)
21. s’en sortir: réussir.
* c’est mon péché mignon: c’est mon faible pour quelque chose, en général à manger. (C’est la chose pour laquelle je craque.)
Ça décoiffe !
Sous nos latitudes, où le temps change avec nos quatre saisons, au gré des anticyclones et des dépressions, la plupart des gens veulent savoir quel temps il va faire dans la journée ou dans les quelques jours à venir. Alors, ils regardent la Météo à la télé ou écoutent les bulletins à la radio.
Et à chaque fois, c’est un petit voyage dans les différentes régions de France. En fin de compte, c’est un bon moyen d’apprendre la géographie d’un pays ! Prenez une carte !
Alors voici un petit écho des conditions météo de ces dernières heures avec le passage de la tempête Joachim qui a bousculé une partie de la France, en arrivant sur les côtes de l’Atlantique comme d’habitude.
Un bulletin météo, les infos du matin, des témoignages.
Des noms de lieu qui nous sont familiers et des chiffres qui nous parlent immédiatement.
Comme si vous vous réveilliez en France.
Transcription:
- Jean-Michel Golinski, ça souffle (1), hein, ce matin !
- Ouais, comme dirait l’autre, ça décoiffe (2), hein ! Sur une zone allant de la… du sud Bretagne à la région parisienne jusqu’au sud de la Champagne, et entre l’Aquitaine, le Massif Central et le Val de Saône, bon, nous aurons des rafales (3) à peu près équivalentes à celles de la nuit une bonne partie de la matinée, c’est-à-dire 100 à 130 km à l’heure sur les côtes atlantiques et puis 80 à 100 km à l’heure dans l’intérieur des terres. Il y a éga[...] une autre vigilance orange (4) en cours actuellement… concerne le littoral de la Corse du Sud et du Finistère à la Gironde en raison des vagues localement qui pourraient submerger les parties basses du littoral aux heures de pleine mer (5). Alors les nuages de la perturbation en elle-même recouvrent encore une bonne partie des deux-tiers nord du pays en ce moment. Outre (6) le vent, c’est la pluie qui…qui donne assez fort… Elle est tombée assez fortement cette nuit. Elle va continuer à tomber une bonne partie de la matinée. Cet après-midi, le ciel couvert et pluvieux va s’échouer sur l’est et le sud du pays, donnant parfois de fortes chutes de neige sur l’ensemble des massifs (7). Alors, attention aux risques d’avalanches, notamment sur les Alpes du Nord. Et dans un même temps, un grand quart nord-ouest va passer dans un ciel de traîne, avec un air beaucoup plus frais et des giboulées (8) qui seront parfois mêlées de neige au nord de la Seine.
Des rafales de vent jusqu’à 135 km/heure tout à l’ouest de la Bretagne, les pompiers sur le pont (10), les agents ERDF (11) aussi, 80 000 foyers (12) privés d’électricité en Bretagne, 40 000 en Loire-Atlantique, 40 000 en Vendée. La tempête Joachim touche la façade atlantique de plein fouet (13) en ce moment. Et vigilance crues (14) en plus pour le Pas-de-Calais.
- Mais hier soir et cette nuit, ce sont surtout les côtes bretonnes et vendéennes qui ont été secouées. Rafales à 138 km/h enregistrées dans le Finistère, plus de 120 à la Tranche-sur-Mer en Vendée, où l’on ne s’affole pas, même si le souvenir de la tempête Xynthia est évidemment dans tous les esprits.
- 130 à l’heure, c’est pas… c’est pas une grosse catastrophe, hein. Par rapport à 99 (15) ou Xynthia (16), bon c’est pas le… c’est pas des choses qui se reproduisent tous les… tous les dix ans, hein. Qu’est-ce que vous voulez faire contre la force de la nature, le vent et la mer ? [...] Bon regarder si votre voiture est bien garée et si vos affaires sont bien rangées et puis voilà, quoi.
- On a eu un appel téléphonique cet après-midi. C’était la mairie de la Tranche-sur-Mer en fait, en nous disant de rester chez nous parce qu’il allait y avoir de… de fortes rafales de vent et donc fallait nous caserner (17), fermer les fenêtres, les volets (18), puis voilà, surtout pas sortir.
- Les appels des autorités (19) comme ça, ça n’était jamais arrivé avant ?
- Non, c’est la première fois qu’on reçoit, bah, depuis Xynthia.
- Vous en avez quel… quel souvenir de… de Xynthia ?
- C’est comme si c’était frais dans notre tête, quoi. On est… Ça a quand même choqué, quoi !
- Alors, les personnes qui ont été évacuées sont à la Maison des Associations de Saint-Hilaire-de Riez, où je me trouve. Et à mes côtés, Michel Ménard. Michel, vous avez été surpris ce matin qu’on vous réveille pour quitter votre maison ?
- Alors, surpris, oui, puisque ça fait maintenant 22 ans qu’on a cette maison et que nous avons subi plusieurs tempêtes sans avoir aucun problème jusqu’à présent. Donc à 5 heures ce matin, nous avons entendu frapper contre… sur les volets, et c’était la Gendarmerie qui venait donc nous demander d’évacuer les maisons.
A noter qu’un cargo de 110 mètres transportant du ballast, s’est même échoué dans le Morbihan. Il y a d’ores et déjà (20) une fuite de carburant qui touche la côte.
Dernière précision sur le… la pollution au large de la… de la Bretagne: le… le cargo qui s’est échoué contient 180 tonnes de fuel (21), 40 tonnes de gazole (22) et des… des barrages flottants vont être déployés. Les autorités préparent une opération de pompage et de dépotage vers des bacs de décantation à terre pour vider le navire.
Dans le Finistère à Brest, tous les avions sont pour l’instant cloués au sol. On roule à nouveau en revanche sur le pont de l’Iroise, l’entrée sud de Brest, qui était fermé hier soir. Joachim est donc en train de quitter la Bretagne mais le vent a soufflé jusqu’à 135 km/h cette nuit, notamment à la Pointe du Raz (23). Ce qui attire l’attention maintenant, ce sont les cours d’eau. Il est tombé entre 40 et 50 mm (24), l’équivalent de 15 jours de pluie. On n’est donc pas à l’abri de débordements.
Quelques explications:
1. ça souffle: on dit plus souvent ça que “Le vent souffle”.
2. comme dirait l’autre: cette expression sert en général à introduire une remarque plutôt familière.
3. ça décoiffe = ça souffle très fort. (Il y a tellement de vent qu’on est décoiffé, ou que les chapeaux s’envolent.)
4. une rafale (de vent): un brusque coup de vent plus fort.
5. la vigilance orange: Météo France utilise des couleurs pour informer de l’intensité des dangers. Ils placent certaines régions, certains départements en vigilance orange, rouge, etc…
6. les heures de pleine mer: quand la marée est au plus haut.
7. outre le vent: en plus du vent.
8. les massifs = les massifs montagneux, comme les Alpes, les Pyrénées, le Massif Central.
9. une giboulée: une grosse averse, pas très longue, qui survient brutalement.
10. être sur le pont: c’est une image qui signifie qu’on est en alerte et mobilisé, prêt à intervenir.
11. ERDF: c’est l’entreprise qui fournit l’électricité dans tout le pays. (Electricité Réseau Distribution France)
12. un foyer: une maison ou un appartement. On emploie toujours ce mot dans cette expression toute faite: des foyers privés d’électricité. Dans une conversation normale, les gens diront: On n’a plus d’électricité.
13. toucher de plein fouet: toucher directement, car il n’y aucune protection, rien qui amortit. Donc cette expression donne une idée de violence.
14. une vigilance crues: une alerte à cause des risques de crues des rivières et des fleuves.
15. 99 = 1999, lors des grandes tempêtes qui ont touché le nord de l’Europe fin décembre.
16. Xynthia: la tempête qui a frappé le nord de l’Europe fin février 2010 et fait des victimes en Vendée notamment, à cause de la mer qui a envahi certains quartiers pendant la nuit.
17. caserner: enfermer
18. les volets: les fenêtres en France ont des volets (en bois ou en PVC), contrairement aux traditions d’autres pays. (pour se protéger de la chaleur, du soleil, du froid et des intempéries, et aussi des regards des passants. Et aussi de la lumière du jour, pour bien dormir !)
19. les autorités: les représentants de l’Etat.
20. d’ores et déjà: dès à présent, dès maintenant. C’est quasiment comme déjà, mais c’est peut-être un peu plus fort.
21. le fuel: on trouve aussi l’orthographe fioul, qui est une transcription à la française du mot anglais. Il paraît d’ailleurs que c’est mieux d’utiliser cette orthographe francisée.
22. le gazole: qu’on écrit aussi gasoil ou gas-oil.
23. la Pointe du Raz: c’est l’extrémité de la Bretagne, dans le Finistère. (Ce nom, Finistère, signifie “la fin des terres”.)
24. mm: on écrit cette unité en abrégé, et on dit “millimètres”. (De la même manière, on écrit: 10 cm pour “dix centimètres”, 10 km pour “dix kilomètres”.)
Et si vous voulez vous entraîner à dire les nombres que vous avez entendus, vous pouvez les réécouter tranquillement ici. (Parce que les nombres, c’est toujours un problème quand on apprend une autre langue !)





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